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Père riche, père pauvre

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Année:
2015
Editeur::
Monde Différent (Un)
Langue:
french
ISBN 13:
9782892258707
Fichier:
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4 comments
 
Nana09
Je recommande ce site
16 November 2021 (23:51) 
Djibrilla amadou
Merci beaucoup ce site m'aide énormément et je le recommande à tous
24 November 2021 (14:23) 
Ajun
je donne un
5 étoiles!
25 November 2021 (16:17) 
lila
meilleur site, merci vraiment
27 November 2021 (01:33) 

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PÈRE RICHE,

PÈRE PAUVRE





Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Kiyosaki, Robert T., 1947-

[Rich dad, poor dad. Français]

Père riche, père pauvre : devenir riche ne s’apprend pas à l’école : ce que les gens riches enseignent à leurs enfants à propos de l’argent et que ne font pas les gens pauvres et de la classe moyenne!

Nouvelle édition.

Traduction de : Rich dad, poor dad.

Comprend des références bibliographiques.

ISBN 978-2-89225-857-8

1. Finances personnelles. 2. Investissements. 3. Riches. I. Titre. II. Titre : Rich dad, poor dad. Français.

HG179.K59514 2014 332.024 C2014-942234-2



Adresse municipale :

Adresse postale :



Les éditions Un monde différent

Les éditions Un monde différent



3905, rue Isabelle, bureau 101

C.P. 51546



Brossard (Québec) Canada

Greenfield Park (Québec)



J4Y 2R2

J4V 3N8



Tél. : 450 656-2660 ou 800 443-2582



Téléc. : 450 659-9328



Site Internet : www.umd.ca



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Cet ouvrage a été publié en anglais sous le titre original :

RICH DAD, POOR DAD, WHAT THE RICH TEACH THEIR KIDS ABOUT MONEY – THAT THE POOR AND MIDDLE CLASS DO NOT!

Published by Plata Pulishing, LLC

4330 N.Civic Center Plaza, Suite 100, Scottsdale, Arizona 85251 U.S.A. (480) 998-6971

Sites Web : PlataPublishing.com et RichDad.com

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Tous droits réservés

©, Les éditions Un monde différent ltée, 2000, 2004, 2014

Pour l’édition en langue française

Nouvelle édition 2014

Dépôts légaux: 4e trimestre 2014

Bibliothèque nationale du Québec

Bibliothèque nationale du Canada

Bibliothèque nationale de France

Conception graphique française de la couverture :

OLIVIER LASSER

Photo de la couverture :

SEYMOUR & BRODY STUDIO

Version française:

JEAN-PIERRE MANSEAU

Photocomposition et mise en pages:

LUC JACQUES, COMPOMAGNY ENR.

ISBN 978-2-89225-857-8

(ISBN 978-2-89225-580-5, 2e publication, 2004)

(ISBN 978-2-89225-447-1, 1re publication)

(Édition originale: ISBN 978-1-61268-020-0, Plata Publishing Edition, Arizona)

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.

Gouvernement du Québec – Programme d’aide à l’édition de la SODEC.





ROBERT T. KIYOSAKI

PÈRE RICHE,

PÈRE PAUVRE



CE QUE LES GENS RICHES ENSEIGNENT À LEURS ENFANTS À PROPOS DE L'ARGENT

–

ET QUE NE FONT PAS LES GENS PAUVRES ET DE LA CLASSE MOYENNE !





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Ce livre est dédié

à tous les parents

du monde, car ils sont

pour leurs enfants

les premiers et les plus importants

pédagogues, et également à tous ceux

qui éduquent, influencent

et guident par l’exemple.





TABLE DES MATIÈRES

Remerciements

Introduction

Père riche, Père pauvre

Chapitre un

Première leçon : Les riches ne travaillent pas pour l’argent

Chapitre deux

Deuxième leçon : Pourquoi enseigner l’a b c du domaine financier ?

Chapitre trois

Troisième leçon : Occupez-vous de vos propres affaires

Chapitre quatre

Quatrième leçon : L’historique des taxes et le pouvoir des entreprises

Chapitre cinq

Cinquième leçon : Les riches engendrent l’argent

Chapitre six

Sixième leçon : Travaillez pour apprendre, ne travaillez pas pour l’argent

Chapitre sept

Comment surmonter les obstacles

Chapitre huit

Lancez-vous !

Chapitre neuf

Voulez-vous en savoir davantage ? Voici certaines choses à faire…

Dernières réflexions

Agissez !

À propos de l’auteur : Robert T. Kiyosaki





REMERCIEMENTS



Comment une personne peut-elle dire merci à tout le monde quand il y a autant de gens à remercier ? Évidemment, par ce livre, je veux dire merci à mes deux pères qui représentèrent dans ma vie deux puissants modèles à imiter, et à ma mère qui m’a enseigné l’amour et la bienveillance.

De plus, parmi les gens qui ont collaboré très étroitement à la réalisation de ce livre, j’inclus mon épouse Kim qui sait si bien me combler. Kim est ma partenaire dans le mariage, en affaires et dans la vie.





INTRODUCTION


Père riche, Père pauvre


Ayant deux pères pour me conseiller me donna l’occasion de choisir entre des points de vue opposés : ceux d’un homme riche et ceux d’un homme pauvre.

J’ai eu deux pères, l’un riche et l’autre pauvre. L’un était très instruit et très intelligent ; il était titulaire d’un doctorat et avait complété quatre années d’études postdoctorales en moins de deux ans. Il fréquenta ensuite l’université Stanford, l’université de Chicago et l’université Northwestern pour y faire d’autres études supérieures entièrement défrayées grâce aux bourses qu’il mérita. L’autre père ne termina même pas sa huitième année.

Les deux hommes eurent du succès dans leur carrière, travaillant dur toute leur vie. Tous deux gagnèrent des revenus substantiels. Et pourtant, l’un d’eux éprouva toujours des difficultés financières. L’autre devint l’un des hommes les plus riches d’Hawaï. L’un mourut léguant des dizaines de millions de dollars à sa famille, aux organismes de charité et à son église. L’autre laissa des dettes à rembourser.

Ces deux hommes étaient solides, charismatiques et influents. Tous deux me prodiguèrent des conseils, mais pas sur les mêmes sujets. Les deux hommes croyaient fermement dans l’enseignement, mais ils ne me recommandèrent pas le même programme d’études.

Si j’avais eu un seul père, il m’aurait fallu accepter ou rejeter ses conseils. Ayant deux pères pour me conseiller me donna l’occasion de choisir entre des points de vue opposés : ceux d’un homme riche et ceux d’un homme pauvre.

Au lieu de simplement accepter ou rejeter les points de vue de l’un ou de l’autre, je me suis retrouvé à réfléchir davantage, à comparer, puis, à choisir par moi-même.

Il y avait pourtant un petit problème : l’homme riche n’était pas encore riche et l’homme pauvre ne l’était pas encore devenu. Tous deux venaient tout juste d’entreprendre leur carrière et tous deux éprouvaient de la difficulté avec les questions familiales et monétaires. Mais ils avaient des opinions très différentes en ce qui a trait à l’argent.

Par exemple, l’un de mes pères disait : « L’amour de l’argent est la racine de tous les maux. » L’autre affirmait sans l’ombre d’un doute : « Le manque d’argent est la racine de tous les maux. »

Quand j’étais tout jeune, ce fut difficile pour moi d’être influencé par deux pères à la forte personnalité. Je voulais être un bon garçon et les écouter, mais mes deux pères ne disaient pas les mêmes choses. Leurs avis contradictoires, surtout en ce qui a trait à l’argent, étaient tellement drastiques que je devins de plus en plus intéressé et intrigué. Je me mis à réfléchir pendant de longues périodes à propos de ce que chacun d’eux me disait.

Je passais la plus grande partie de mes temps libres à méditer, à me poser des questions comme celle-ci : Pourquoi donc dit-il cela ? et je me posais ensuite la même question à propos d’une déclaration de mon autre père. Il aurait été beaucoup plus facile de dire simplement : « Oui, il a raison. Je suis d’accord avec sa position. » Ou de rejeter simplement ce point de vue en disant : « Il ne sait vraiment pas de quoi il parle. » Le fait d’avoir deux pères que j’aimais me força à réfléchir et à choisir, en dernière analyse, ma propre façon de penser. Le fait de choisir par moi-même s’avéra un procédé beaucoup plus profitable à long terme, au lieu de simplement accepter ou rejeter un unique point de vue.

Une des raisons pourquoi le riche s’enrichit davantage, le pauvre s’appauvrit encore plus et la classe moyenne est aux prises avec des dettes est que la question de l’argent est inculquée à la maison, mais pas à l’école. La plupart d’entre nous apprennent de leurs parents les rudiments de l’argent. Mais que peut donc dire un parent pauvre à son enfant concernant l’argent ? Il lui dit : « N’abandonne pas l’école et étudie de ton mieux. » Il se peut que l’enfant obtienne un diplôme avec d’excellentes notes, mais il héritera peut-être d’une mentalité et d’un conditionnement de pauvre.

Malheureusement, on n’enseigne pas l’a b c de l’argent dans les écoles. Les institutions d’enseignement se concentrent sur les aptitudes scolaires et professionnelles, et non pas sur les compétences financières. Cela explique pourquoi des banquiers, des médecins et des comptables intelligents, ayant obtenu d’excellentes notes à l’école, se débattent quand même pendant toute leur vie sur le plan financier. Notre dette nationale astronomique est attribuable, en majeure partie, à des politiciens très instruits et à des fonctionnaires du gouvernement qui prennent des décisions, sur le plan financier, avec peu ou pas de formation dans ce domaine.

Il m’arrive souvent de me demander ce qui va se produire quand des millions de personnes auront besoin d’aide financière et médicale. Ils devront dépendre de leurs familles ou du gouvernement pour un soutien financier. Qu’arrivera-t-il quand l’assurance médicale aux personnes âgées et la sécurité sociale n’auront plus d’argent dans leurs coffres ? Comment la nation survivra-t-elle si on continue de laisser aux parents le soin d’éclairer leurs enfants sur les questions d’argent, lesquels parents deviendront ou sont déjà pauvres ?

Étant donné que j’ai eu deux pères qui m’ont influencé, j’ai appris de l’un et l’autre. Je devais réfléchir aux conseils de chaque père, et ce faisant, cela m’a permis de comprendre davantage le pouvoir et l’effet de nos propres pensées sur notre vie. Par exemple, l’un de mes pères avait l’habitude de dire : « Je ne peux pas me permettre d’acheter cela. » L’autre père refusait que j’emploie de tels mots. Il m’incitait plutôt à dire : « Comment puis-je me permettre d’acheter cela ? » L’une de ces phrases est une affirmation et l’autre une question. L’une ne vous oblige à rien et l’autre vous oblige à réfléchir.

Celui de mes pères qui allait bientôt devenir riche m’expliqua que le fait de dire sans réfléchir la phrase suivante : « Je ne peux pas me permettre d’acheter cela », fait en sorte que le cerveau arrête de chercher. En posant la question : « Comment puis-je me permettre d’acheter cela ? » ton cerveau se met en branle. Il ne m’encourageait pas ainsi à m’acheter tout ce que je voulais. Il était presque fanatique quand il était question d’entraîner son esprit, cet ordinateur le plus puissant au monde. « Mon cerveau se renforce chaque jour parce que je l’exerce. Plus il devient puissant, plus je peux gagner d’argent. » Il croyait que le fait de dire sans réfléchir : « Je ne peux pas me permettre d’acheter cela », était un signe de paresse intellectuelle.

Même si mes deux pères travaillaient dur, je remarquai que l’un d’eux avait pris l’habitude d’endormir son cerveau quand il était question de finances tandis que l’autre exerçait le sien. Résultat à long terme : un de mes pères devint plus fort sur le plan financier et l’autre plus faible. Cela ne diffère pas tellement d’une personne qui se rend régulièrement au gymnase pour s’entraîner par opposition à une autre qui reste assise sur son divan à regarder la télévision. Les exercices physiques adéquats accroissent vos chances de bonne santé, et les exercices mentaux appropriés augmentent vos chances d’être riche.

Mes deux pères avaient deux manières de penser opposées et cela se reflétait dans leur façon d’aborder la réalité. L’un d’eux croyait que les riches devaient payer plus de taxes pour prendre soin des êtres moins fortunés. L’autre disait : « Les taxes punissent ceux qui produisent et récompensent ceux qui ne produisent pas. »

Un de mes pères me fit la recommandation suivante : « Étudie avec ardeur afin de pouvoir travailler dans une bonne entreprise ». L’autre me donna ce conseil : « Étudie avec ardeur afin de trouver une bonne entreprise à acheter. »

L’un de mes pères me disait : « La raison pourquoi je ne suis pas riche c’est que vous êtes là, les enfants. » L’autre disait : « La raison pourquoi je dois devenir riche c’est que vous êtes là, les enfants. »

L’un d’eux nous encourageait à parler d’argent et d’affaires à la table familiale. L’autre nous interdisait de parler d’argent au cours des repas.

L’un disait : « Quand il s’agit d’argent, ne joue pas avec le feu, ne prends pas de risques. »

L’autre affirmait : « Apprends à gérer les risques. »

L’un croyait : « Notre maison est notre investissement le plus important, notre plus grand actif. » L’autre croyait : « Ma maison est un passif, et si votre maison est votre investissement le plus important, vous êtes en difficulté. »

Mes deux pères payaient leurs factures avant échéance même si l’un des deux les réglait avant l’autre.

L’un croyait qu’une entreprise ou le gouvernement pouvait prendre soin de toi et de tes besoins. Il était toujours préoccupé par les augmentations de salaire, les régimes de retraite, les prestations médicales, les congés de maladie, les vacances et autres avantages. Il était impressionné par deux de ses oncles qui s’étaient enrôlés dans l’armée et qui avaient mérité une retraite et une allocation à vie après 20 ans de service actif. Il aimait l’idée des prestations médicales et des privilèges que la coopérative militaire fournissait à ses retraités. Il appréciait aussi le système des postes permanents qu’on retrouve dans une université. L’idée d’un poste protégé à vie et les avantages qui en découlent semblaient plus importants, bien souvent, que l’emploi lui-même. Il disait fréquemment : « J’ai travaillé dur pour le gouvernement et j’ai droit à ces avantages. »

L’autre avait foi en une totale indépendance financière. Il s’élevait contre une certaine mentalité qui exigeait des allocations obligatoires, car il était conscient à quel point cette mesure créait des gens faibles et pitoyables sur le plan financier. Il insistait sur le fait qu’il fallait être financièrement compétent.

L’un de mes pères se débattait pour sauver quelques dollars. L’autre créait tout simplement des investissements.

L’un d’eux m’enseigna comment écrire un impressionnant curriculum vitae pour que je puisse me trouver un bon emploi. L’autre m’enseigna comment rédiger de solides projets financiers et d’affaires pour que je puisse créer des emplois.

Le fait d’être le produit de deux pères influents m’a donné le luxe de pouvoir constater tous les effets que des pensées différentes peuvent avoir sur notre vie. J’ai remarqué que les gens façonnent vraiment leur vie par le moyen de leurs pensées.

Par exemple, mon père pauvre disait toujours : « Je ne serai jamais riche. » Et cette prophétie se réalisa. D’un autre côté, mon père riche parlait toujours de lui-même comme de quelqu’un de riche. Il disait des choses comme celle-ci : « Je suis un homme riche et les gens riches ne font pas cela. » Même quand il fut fauché comme les blés après un désastre financier majeur, il continua de se considérer comme un homme riche. Il se justifiait lui-même en disant : « Il existe une différence entre être pauvre et être sans le sou. Quand on est pauvre c’est pour toujours, être sans le sou c’est temporaire. »

Mon père pauvre disait : « Je ne suis pas intéressé par l’argent », ou « l’argent m’importe peu. » Mon père riche disait : « L’argent c’est le pouvoir. »

Donc, la puissance de nos pensées ne pourra peut-être jamais être mesurée ou estimée à sa juste valeur, mais il devint évident pour moi, alors que j’étais encore tout jeune, qu’il me fallait prendre conscience de mes pensées et de ma façon de m’exprimer. Je constatai que mon père pauvre était pauvre non pas à cause du salaire qu’il gagnait – qui était loin d’être négligeable – mais à cause de ses pensées et de ses actions. Encore jeune garçon, avec deux pères, je devins extrêmement conscient qu’il me fallait être prudent quant aux pensées que j’allais choisir d’adopter comme miennes. Devais-je écouter mon père riche ou mon père pauvre ?

Il existe une différence entre être pauvre et être sans le sou. Quand on est pauvre, c’est pour toujours ; être sans le sou, c’est temporaire.

Les deux hommes avaient un immense respect pour l’éducation et les études ; ils différaient d’avis sur ce qu’il était important d’apprendre, selon eux. L’un voulait que j’étudie avec ferveur, que j’obtienne un diplôme et que je trouve un emploi payant. Il voulait que j’étudie pour devenir un professionnel, un avocat, un comptable ou que je fasse des études commerciales pour obtenir une maîtrise en administration des affaires. L’autre m’encouragea à étudier comment devenir riche, à comprendre le fonctionnement de l’argent et à apprendre comment mettre l’argent à mon service : « Je ne travaille pas pour l’argent ! » Voilà les mots qu’il me répétait encore et encore, et « l’argent travaille pour moi ! »

À l’âge de 9 ans, je décidai d’écouter et d’apprendre tout ce que père riche avait à dire à propos de l’argent. En agissant ainsi, je choisis de ne pas écouter mon père pauvre, même si c’était lui qui détenait tous les diplômes.


Une leçon de Robert Frost

Robert Frost est mon poète favori. Bien que j’aime plusieurs de ses poèmes, mon préféré est Le sentier que je n’ai pas emprunté. Je mets en pratique la leçon de ce poème presque quotidiennement.

Le sentier que je n’ai pas emprunté

Deux sentiers s’écartaient l’un de l’autre dans une forêt aux feuilles jaunies, et j’étais déçu de ne pouvoir les parcourir tous deux comme un seul voyageur. Je restai longtemps immobile à regarder l’un s’étirer longuement jusqu’à ce qu’il bifurque dans le sous-bois.

Puis, j’ai choisi l’autre qui me semblait tout aussi beau et qui méritait peut-être davantage le titre de sentier, car il était verdoyant et je voulus m’y engager même si les deux sentiers avaient été foulés presque pareillement par les milliers de pas des promeneurs.

Ce matin-là, les deux sentiers gisaient semblablement enterrés sous des feuilles qu’aucun pied n’avait encore foulées. Oh ! C’est alors que je gardai le premier sentier en réserve pour un autre jour ! Pourtant, sachant comment un sentier mène à un autre, je doutais fortement que j’allais revenir un jour.

Il me faudrait raconter cette histoire avec un soupir dans la voix à des années-lumière d’ici ; deux sentiers se séparaient l’un de l’autre dans un bois et j’empruntai le moins fréquenté, et c’est ce qui fit toute la différence.

Cela changea complètement les choses.

Au fil des années, j’ai souvent réfléchi à ce poème de Robert Frost. Quand j’ai choisi de ne pas écouter les conseils de mon père très instruit, ce fut une décision difficile à prendre, mais cette résolution façonna le reste de ma vie.

Quand j’eus décidé lequel de mes deux pères je devais écouter, mon éducation concernant l’argent commença. Mon père riche me prodigua son enseignement pendant 30 ans, jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de 39 ans. Il cessa de m’enseigner après avoir réalisé que je connaissais et comprenais à fond ce qu’il avait essayé d’enfoncer dans mon crâne bien souvent borné.

L’argent est une forme de pouvoir. Mais l’éducation financière est plus puissante encore. L’argent va et vient, mais si on vous enseigne le fonctionnement de l’argent, vous acquérez du pouvoir face à l’argent et vous pouvez alors commencer à créer de la richesse. La raison pourquoi la pensée positive ne peut pas à elle seule donner les résultats voulus est que la plupart des gens ont fréquenté l’école et n’y ont jamais appris les rudiments de l’argent. Voilà pourquoi ils passent leur vie à travailler pour de l’argent.

Vu que je n’avais que 9 ans quand mon enseignement commença, les leçons que mon père riche m’inculqua étaient simples. Somme toute, il n’y eut que six leçons essentielles maintes fois répétées sur une période de 30 ans. Ce livre parle de ces six leçons exprimées ici aussi simplement que possible telles que mon père riche me les a présentées. Les leçons ne sont pas censées être des réponses en soi, mais plutôt des poteaux indicateurs. Ces indications aideront vos enfants et vous-même à vous enrichir quoi qu’il advienne dans ce monde où l’incertitude et les changements s’accentuent.





PREMIÈRE LEÇON :

LES RICHES NE TRAVAILLENT PAS POUR L'ARGENT





Chapitre 1


Première leçon

Les riches ne travaillent pas pour l’argent


Les pauvres et la classe moyenne travaillent pour de l’argent. Les riches font en sorte que l’argent travaille pour eux.

«Père, peux-tu me dire comment devenir riche ? »

Mon père referma le journal du soir. « Pourquoi veux-tu devenir riche, mon fils ?

— Parce qu’aujourd’hui la mère de Jimmy conduisait leur nouvelle Cadillac et se rendait passer la fin de semaine dans leur maison de campagne. Jimmy emmenait trois de ses amis, mais Mike et moi n’avons pas été invités. On nous a dit que nous ne l’étions pas, car nous sommes des “enfants pauvres”.

— Ils ont dit ça ? » demanda mon père d’un air incrédule.

— Oui, ils l’ont dit », répliquai-je d’un ton peiné.

Mon père hocha la tête en silence, remit ses lunettes et continua la lecture de son journal. Je restai là à attendre une réponse.

Nous étions alors en 1956. J’avais 9 ans. Par un étrange coup du sort, je fréquentais la même école publique que les enfants de riches. L’industrie principale de notre ville était la canne à sucre. Les directeurs de la plantation et les autres personnes influentes de la ville comme les médecins, les propriétaires d’entreprises et les banquiers envoyaient leurs enfants à cette école élémentaire. Après la sixième année, leurs enfants étaient habituellement envoyés dans des écoles privées. Étant donné que ma famille habitait sur un certain côté de notre rue, je fréquentai cette école. Si j’avais vécu de l’autre côté de cette même rue, on m’aurait inscrit dans une école différente avec des écoliers issus de familles semblables à la mienne. Après la sixième année, ces derniers et moi-même devions fréquenter l’école secondaire publique. Il n’était pas question d’école privée pour eux ou pour moi.

Mon père finit par déposer le journal. Je voyais qu’il réfléchissait.

« Eh bien, mon garçon, commença-t-il doucement, si tu veux devenir riche, il te faut apprendre à faire de l’argent.

— Comment fait-on de l’argent ? lui demandai-je.

— Eh bien, réfléchis, mon garçon », dit-il en souriant. Ce qui signifiait : “Je ne t’en dirai pas plus” ou “je ne connais pas la réponse, ne m’en demande pas davantage.” »


La formation d’une association

Le matin suivant, je répétai les paroles de mon père à mon meilleur ami, Mike. À ma connaissance, Mike et moi étions les seuls enfants pauvres de l’école. Mike me ressemblait, car lui aussi fréquentait cette école par un singulier coup du destin. Quelqu’un avait délimité le territoire du secteur scolaire et nous avions abouti dans le même établissement que les enfants riches. Nous n’étions pas vraiment pauvres, mais nous nous sentions comme tels, car tous les autres garçons avaient des gants de baseball neufs, des bicyclettes neuves ; tout ce qu’ils avaient était neuf.

Nos parents assuraient nos besoins essentiels : nourriture, logement, vêtement. Guère plus. Mon père disait : « Si tu veux quelque chose, travaille pour te le payer. » Des choses, nous en voulions, mais les emplois étaient rares pour des garçons de neuf ans.

« Comment donc devrions-nous nous y prendre pour faire de l’argent ? demanda Mike.

— Je ne sais pas, répondis-je. Mais veux-tu devenir mon associé ? »

Et c’est ainsi que ce samedi-là, Mike devint mon premier associé. Nous passâmes toute la matinée à échafauder des plans destinés à nous enrichir. Par moments, nous évoquions Jimmy et les autres, en train de s’éclater à sa maison de campagne. Cela nous faisait un peu mal, mais d’un mal bénéfique qui nous stimulait dans notre projet de faire de l’argent. Enfin, cet après-midi-là, un éclair de génie traversa nos esprits. C’était une idée que Mike avait puisée dans un livre de sciences. Très excités, nous échangeâmes une poignée de main et ce fut la naissance de notre entreprise.

Au cours des semaines qui suivirent, Mike et moi sillonnâmes notre quartier, frappant aux portes pour demander à nos voisins de bien vouloir mettre de côté leurs vieux tubes de dentifrice. Intrigués, la plupart des adultes acceptèrent avec le sourire. Certains voulaient en savoir plus long. Nous répondions : « Impossible de vous le dire. Secret professionnel. »

L’inquiétude de ma mère grandissait au fil des semaines. Nous avions choisi un coin près de sa machine à laver pour y entreposer notre matière première. Dans une boîte en carton qui avait jadis contenu des bouteilles de ketchup, notre petite provision de tubes de dentifrice prit de l’ampleur.

Un jour, ma mère en eut assez. La vue de ce monticule de tubes de dentifrice sales et déformés ayant appartenu à nos voisins, finit par la mettre hors d’elle. « Que faites-vous, les garçons ? Et ne me parlez pas de secret professionnel. Faites le ménage ou je mets tout ça aux ordures. »

Mike et moi l’avons implorée et suppliée de nous laisser faire, lui expliquant que nous aurions bientôt assez de tubes pour commencer la production. Nous l’avisâmes que nous attendions encore les tubes de quelques voisins qui achevaient leur dentifrice. Maman nous fit grâce d’une semaine.

La date du début de la production fut repoussée. La pression montait. C’était ma première association et une menace d’éviction planait déjà sur nous, par les bons soins de ma propre mère. Mike fut chargé d’inciter les voisins à utiliser plus rapidement leur dentifrice, leur rappelant les fréquents brossages recommandés par le dentiste. Je commençai à mettre sur pied la chaîne de fabrication.

Tel que prévu, la production commença une semaine plus tard. Lorsque mon père, accompagné d’un ami, voulut s’engager avec sa voiture dans notre allée, il se trouva devant deux garçons de neuf ans, opérant une chaîne de fabrication à plein régime. Tout était recouvert d’une mince couche de poudre blanche. De petits berlingots de lait, venant de l’école, étaient alignés sur une longue table et, sur notre gril Hibachi, des charbons de bois rouge vif dégageaient une chaleur ardente.

Père marcha prudemment vers nous, ayant dû garer la voiture au bas de l’allée, car la chaîne de montage bloquait l’accès à l’abri d’auto. En s’approchant, son ami et lui virent un bac de métal, posé sur des charbons de bois et dans lequel fondaient des tubes de dentifrice. À cette époque-là, le dentifrice ne se vendait pas dans des tubes de plastique, mais de plomb. Une fois la peinture brûlée, les tubes, jetés dans le petit bac de métal, finissaient par se liquéfier, et à l’aide des poignées de ma mère pour saisir un objet chaud, nous versions le plomb par un orifice pratiqué dans le haut des berlingots.

Les berlingots furent remplis de plâtre de moulage, comme celui qui s’était répandu partout avant d’être mélangé à l’eau. Dans mon empressement, j’avais renversé le sac et on aurait cru qu’une tempête de neige s’était abattue sur la région. Les berlingots servaient à mouler le plâtre.

Mon père et son ami nous regardèrent verser le plomb fondu par une petite ouverture pratiquée dans la partie supérieure du cube de plâtre de moulage.

« Attention », dit mon père.

Je fis signe que oui sans lever les yeux.

Une fois l’opération terminée, je déposai le bac de métal et je souris à mon père.

« Que faites-vous donc, les garçons ? demanda-t-il en réprimant un sourire.

— Nous suivons tes conseils. Nous serons riches, dis-je.

— Oui », dit Mike en souriant et en hochant la tête en guise d’approbation. « Nous sommes des associés.

— Et que contiennent ces moules de plâtre ? demanda mon père.

— Regarde. Ce devrait être une bonne fournée. »

Avec un petit marteau, je donnai quelques coups sur le joint d’étanchéité qui divisait le cube en deux. Prudemment, je retirai la partie supérieure du moule de plâtre et une pièce de plomb de cinq cents en tomba.

« Oh, non ! s’exclama mon père. Vous coulez des pièces de cinq cents avec du plomb.

— Exactement, dit Mike. Nous suivons vos conseils. Nous faisons de l’argent. »

L’ami de mon père éclata de rire. Mon père sourit et secoua la tête. Il avait devant lui, à proximité d’une flamme et d’une boîte de tubes de dentifrice vides, deux garçonnets recouverts de poudre blanche et souriant à pleines dents.

Il nous demanda de déposer le tout et de nous asseoir avec lui sur les marches de l’escalier. En souriant, il nous expliqua gentiment ce que le mot « contrefaçon » signifiait.

Nos rêves s’écroulaient. « Vous voulez dire que c’est illégal ? » demanda Mike d’une voix chevrotante.

« Laisse-les faire », dit l’ami de mon père. Peut-être exploitent-ils un talent inné. »

Mon père lui jeta un regard mauvais.

« Oui, c’est illégal, dit mon père doucement, mais vous avez manifesté une grande créativité et un esprit original. Continuez. Je suis vraiment fier de vous ! »

Déçus, Mike et moi demeurâmes assis en silence pendant une vingtaine de minutes avant de commencer à nettoyer tout ce désordre. Notre entreprise fermait, le jour même de son ouverture. En balayant la poudre, je regardai Mike et lui dis : « Il faut croire que Jimmy et ses amis ont raison. Nous sommes pauvres. »

Mon père, qui était sur le point de partir, m’avait entendu. « Les garçons, dit-il, vous êtes pauvres seulement si vous capitulez. Ce qui compte le plus, c’est que vous êtes passés à l’action. La plupart des gens s’en tiennent aux paroles et au rêve d’être riches. Vous avez agi. Je suis très fier de vous. Je le redis. Continuez. N’abandonnez pas. »

Mike et moi gardions le silence. C’était de belles paroles, mais nous n’étions pas plus avancés.

« Alors pourquoi n’es-tu pas riche, père ? demandai-je.

— Parce que j’ai choisi d’être professeur. Les professeurs ne se préoccupent pas vraiment de devenir riches. Seul l’enseignement nous importe. Je souhaiterais vous aider, mais je ne sais vraiment pas comment faire de l’argent. »

Mike et moi reprîmes notre nettoyage.

« J’ai une idée, dit mon père. Si vous voulez apprendre à devenir riches, je ne suis pas votre homme. C’est ton père qu’il faut voir, Mike.

— Mon père ? demanda Mike, intrigué.

— Oui, ton père, répéta mon père en souriant. Nous avons tous deux le même banquier et il ne tarit pas d’éloges sur lui. Il m’a souvent parlé de son intelligence remarquable lorsqu’il s’agit de faire de l’argent.

— Mon père ? répéta Mike, étonné. Alors pourquoi n’avons-nous pas une belle voiture et une belle maison, comme celles des enfants riches à l’école ?

— Avoir une belle automobile et une jolie maison ne signifie pas nécessairement que vous êtes riches, ou que vous savez comment le devenir, répliqua mon père. Le père de Jimmy est à l’emploi de la plantation de canne à sucre. Il n’est pas très différent de moi. Il travaille pour une entreprise alors que moi je suis au service du gouvernement. Son automobile est fournie par son employeur. Avec les difficultés que connaît la plantation, le père de Jimmy risque de tout perdre. Pour le tien, c’est différent, Mike. Il semble être en train de se bâtir un empire, ce qui fera de lui un homme très riche dans quelques années. »

Cela nous fit retrouver notre enthousiasme. Redoublant d’énergie, nous commençâmes à ranger le désordre occasionné par la mise sur pied de notre première entreprise, maintenant défunte. Tout en nettoyant, nous décidâmes quand et comment nous parlerions au père de Mike. Comme il travaillait de longues heures et rentrait tard à la maison, cela compliquait les choses. Son père était propriétaire d’entrepôts, d’une entreprise de construction, d’une chaîne de magasins et de trois restaurants. C’étaient les restaurants qui le retenaient tard au travail.

Mike rentra chez lui en autobus une fois le ménage terminé. Le soir même, il parlerait à son père pour lui demander de nous apprendre à devenir riches. Mike promit de m’appeler après lui avoir parlé, même à une heure tardive.

Le téléphone sonna à 20 h 30.

« D’accord, dis-je, samedi prochain. » Et je raccrochai. Le père de Mike nous accordait un rendez-vous.

Samedi matin à 7 h 30, je pris l’autobus en direction du quartier pauvre de la ville.


Les leçons commencent

Mike et moi rencontrâmes son père ce matin-là à 8 h. Il travaillait déjà depuis plus d’une heure. Quand je m’approchai de la petite maison, simple et coquette, son contremaître partait justement au volant de sa camionnette. Mike m’accueillit à la porte.

« Père est au téléphone et il te prie de l’attendre sur la véranda à l’arrière », dit Mike en ouvrant la porte.

Le parquet de bois usé craqua lorsque je franchis le seuil de la vieille maison. Un paillasson bon marché se trouvait juste à l’entrée. Il servait à dissimuler l’usure du plancher que d’innombrables pas avaient foulé au cours des années. Bien que propre, il avait besoin d’être remplacé. Je ressentis une certaine claustrophobie en entrant dans le salon exigu qui sentait le renfermé à cause de vieux fauteuils rembourrés qui feraient aujourd’hui les délices des collectionneurs.

Deux femmes un peu plus âgées que ma mère étaient assises sur un sofa. En face d’elles se trouvait un homme en habit de travail. Il portait un pantalon et une chemise kaki bien repassés, mais sans amidon, et des bottes de travail bien cirées. Il devait avoir 10 ans de plus que mon père. Ils nous sourirent en nous voyant, Mike et moi, passer devant eux en direction de la véranda qui surplombait la cour arrière. Je leur souris timidement.

« Qui sont ces gens ? demandai-je.

— Eh bien, ils travaillent pour mon père. Le plus vieux administre ses entrepôts, les femmes gèrent ses restaurants. Et tu as également entrevu le contremaître qui travaille sur un projet de route à environ 80 kilomètres d’ici. Son autre contremaître, qui dirige un projet immobilier, était déjà parti à ton arrivée.

— Est-ce toujours comme ça ? demandai-je.

— Pas toujours, mais c’est très fréquent », dit Mike en souriant tout en prenant une chaise pour s’asseoir près de moi.

— Je lui ai demandé de nous montrer comment faire de l’argent, dit Mike.

— Et quelle fut sa réponse ? demandai-je, à la fois curieux et prudent.

— Eh bien, il m’a d’abord regardé d’un air bizarre, puis, il a dit qu’il nous ferait une proposition.

— Ah ! » fis-je, en faisant basculer ma chaise contre le mur ; et je demeurai ainsi perché sur les deux pieds arrière de la chaise.

Mike m’imita.

« Tu connais la proposition qu’il veut nous faire ? demandai-je.

— Non, mais on va bientôt le savoir. »

Tout à coup, le père de Mike fit irruption sur la véranda par une porte grillagée. D’un bond, Mike et moi retombâmes sur nos pieds, non pas par égard pour lui, mais parce que nous avions sursauté.

« Vous êtes prêts, les garçons ? » demanda le père de Mike en approchant une chaise pour s’asseoir avec nous.

Nous avons acquiescé tout en éloignant nos chaises du mur pour nous placer en face de lui.

C’était un homme imposant, mesurant environ 1,82 mètre et pesant approximativement 90 kilos. Mon père était plus grand, approximativement du même poids, et de cinq ans l’aîné du père de Mike. D’une certaine façon, ils se ressemblaient bien que d’origine ethnique différente. Peut-être étaient-ils animés de la même énergie.

« Mike prétend que tu veux apprendre à faire de l’argent ? C’est vrai, Robert ? »

Je fis rapidement un signe de tête affirmatif, trahissant une certaine nervosité. Ses paroles et son sourire laissaient transparaître une grande force.

« D’accord, voici ma proposition. Je serai votre professeur, mais pas de façon traditionnelle. Je vous enseignerai à la condition que vous travailliez pour moi. Sinon, je ne vous donnerai pas de leçons. Mon enseignement sera plus efficace si vous travaillez, mais si vous ne voulez qu’écouter passivement comme vous le faites en classe, je suis littéralement en train de perdre mon temps. Voilà ma proposition. C’est à prendre ou à laisser.

— Ah, puis-je d’abord poser une question ? demandai-je.

— Non. C’est à prendre ou à laisser. J’ai trop à faire pour perdre mon temps. Si vous êtes incapables de prendre des décisions rapides, jamais vous n’apprendrez à faire de l’argent. Les occasions qui passent pourraient ne jamais revenir. Il est essentiel de savoir discerner le bon moment pour prendre une décision. C’est l’occasion dont vous rêviez. L’école commence ou finit dans 10 secondes », dit le père de Mike avec un sourire espiègle.

— J’accepte, dis-je.

— D’accord, dit Mike.

— Bien, dit le père de Mike. « Mme Martin arrive dans 10 minutes. Quand j’en aurai terminé avec elle, vous l’accompagnerez à mon épicerie et vous vous mettrez au travail. Je vous paierai 10 cents de l’heure et vous travaillerez pendant trois heures, tous les samedis.

— Mais j’ai une partie de balle aujourd’hui », dis-je.

Le père de Mike baissa la voix et prit un ton ferme : « À prendre ou à laisser, dit-il.

— J’accepte », répondis-je, choisissant de travailler et d’apprendre au lieu de jouer.


Trente cents plus tard

Dès 9 h, ce jour-là, Mike et moi travaillions sous les ordres de Mme Martin. C’était une femme aimable et patiente. Elle a toujours dit que Mike et moi lui rappelions ses deux fils. Bien qu’aimable, elle croyait aux vertus du travail et ne manquait pas de nous le faire savoir. Pendant trois heures, nous retirions des boîtes de conserve des tablettes et les époussetions avec un plumeau, après quoi nous les remettions en place. C’était une tâche atrocement ennuyeuse.

Le père de Mike, que j’appelle mon père riche, était propriétaire de neuf petites épiceries du genre qui avaient de vastes parcs de stationnement. Cela présageait les dépanneurs d’aujourd’hui. C’était en fait des épiceries de quartier où les gens achetaient des articles comme du lait, du pain, du beurre et des cigarettes. Nous étions à Hawaï avant l’ère de la climatisation, et les commerces ne pouvaient garder leurs portes fermées à cause de la chaleur. Les portes aux deux extrémités du magasin, du côté de la route et du terrain de stationnement, devaient demeurer grandes ouvertes. Chaque fois qu’une voiture passait ou entrait dans le terrain de stationnement, la poussière se soulevait et se répandait dans le magasin. Nous étions assurés d’un emploi tant qu’il n’y aurait pas de climatisation.

Sous la supervision de Mme Martin, Mike et moi avons accompli pendant trois semaines nos trois heures d’ouvrage. À midi, notre travail prenait fin et elle déposait trois petites pièces de 10 cents dans la main de Mike et dans la mienne.

Même si je n’avais que 9 ans au milieu des années 1950, il faut dire que 30 cents ne représentaient pas un montant très attrayant. Les bandes dessinées coûtaient 10 cents à l’époque. Je dépensais donc habituellement mon argent en bandes dessinées et je retournais à la maison.

Le mercredi de la quatrième semaine, j’étais prêt à abandonner. J’avais accepté de travailler parce que je voulais que le père de Mike m’apprenne à gagner de l’argent, et maintenant j’étais devenu un esclave à 10 cents l’heure. Et en plus de tout cela, je n’avais pas revu le père de Mike depuis ce premier samedi.

« J’abandonne », dis-je à Mike à l’heure du déjeuner. L’école était ennuyeuse, et à présent je n’avais même plus mes samedis pour me reposer. Mais c’est la question des 30 cents qui m’atteignait le plus durement.

Cette fois-ci Mike sourit.

« De quoi ris-tu ? lui demandai-je avec colère et frustration.

— Père avait dit que cela se produirait. Il a demandé d’aller le rencontrer quand tu serais prêt à abandonner.

— Quoi ? fis-je d’un ton indigné. Il a attendu que j’en aie assez ?

— Jusqu’à un certain point, dit Mike. « Père est quelqu’un de différent. Il n’enseigne pas de la même façon que ton père. Ta mère et ton père vous sermonnent beaucoup. Mon père est calme et parle peu. Attends seulement jusqu’à samedi avant d’abandonner. Je lui dirai que tu es prêt.

— Tu veux dire que je suis victime d’un coup monté ?

— Non, pas vraiment, mais peut-être. Père te l’expliquera samedi. »


Une longue attente par un beau samedi matin

J’étais fin prêt à faire face au père de Mike. Et même mon vrai père était fâché contre le père de Mike. Mon vrai père, celui que j’appelle mon père pauvre, pensait que mon père riche enfreignait la législation industrielle relativement au travail des enfants et qu’il fallait enquêter sur ses agissements.

Mon père pauvre très instruit me demanda d’exiger ce que je méritais. Au moins 25 cents de l’heure. Mon père pauvre me dit que si je n’obtenais pas cette augmentation, je devais abandonner immédiatement cet emploi.

« De toute façon, tu n’as pas besoin de ce damné travail », dit mon père pauvre avec indignation.

À 8 heures le samedi matin suivant, je franchis la porte de la maison de Mike que son père venait d’ouvrir.

« Assieds-toi et attends ton tour », me dit le père de Mike au moment où j’entrai. Il se retourna et disparut dans son petit bureau situé à côté d’une chambre à coucher.

J’embrassai du regard toute la pièce et je ne vis Mike nulle part. Je me sentis un peu embarrassé et je m’assis avec circonspection près des deux mêmes femmes qui se trouvaient là quatre semaines plus tôt. Elles sourirent et se tassèrent sur le divan pour me faire de la place.

Quarante-cinq minutes passèrent et j’étais devenu fumant de colère. Les deux femmes avaient rencontré le père de Mike et étaient parties depuis au moins 30 minutes. L’homme plus âgé avait pour sa part passé 20 minutes dans le bureau, et lui aussi n’était plus là.

La maison était vide et j’étais assis dans ce salon sombre, sentant le renfermé, par une superbe journée ensoleillée hawaïenne, à attendre de pouvoir parler à un avare qui exploitait les enfants. Je pouvais entendre des froissements de papier provenant de son bureau. Il téléphonait aussi et, ce qui me dérangeait par-dessus tout, il m’ignorait. J’étais sur le point de m’en aller, mais pour une raison que j’ignore, je restai.

Finalement, 15 minutes plus tard, à 9 heures précises, père riche sortit de son bureau, sans un mot, et me fit signe de la main d’entrer.

« J’ai cru comprendre que tu veux une augmentation de salaire, sinon tu nous quittes », dit père riche tout en pivotant dans son fauteuil.

— Eh bien, vous n’avez pas respecté notre accord », lançai-je proche des larmes. C’était vraiment effrayant pour moi de tenir tête à un adulte.

« Vous avez dit que vous m’enseigneriez si je travaillais pour vous. Eh bien, j’ai travaillé pour vous. J’ai travaillé dur. J’ai renoncé à mes parties de baseball afin de travailler pour vous, mais vous n’avez pas tenu parole, et vous ne m’avez rien enseigné. Vous êtes un escroc et c’est ce que tout le monde pense en ville. Vous êtes cupide. Vous voulez tout l’argent pour vous seul et vous ne prenez pas soin de vos employés. Vous me faites attendre et vous ne me témoignez aucun respect. Je ne suis qu’un petit garçon, mais je mérite d’être mieux traité. »

Père riche se cala dans son fauteuil en me fixant du regard. Il semblait m’étudier.

« Pas si mal, dit-il. En moins de deux mois, tu parles comme la plupart de mes employés.

— Quoi ? » demandai-je, sans trop comprendre ce qu’il disait. Je continuai d’exprimer mes doléances : « Je croyais que vous alliez respecter notre accord et m’enseigner des choses. Au lieu de cela vous voulez me torturer. C’est cruel. C’est vraiment cruel.

— Je suis en train de t’enseigner en ce moment, dit calmement père riche.

— Que m’avez-vous donc enseigné ? Rien ! dis-je avec colère. Vous ne m’avez même pas parlé depuis que j’ai accepté de travailler pour trois fois rien. Dix cents de l’heure. Ah ! je devrais avertir le gouvernement de vos agissements. Vous savez, il existe des lois régissant le travail des enfants. Mon père travaille pour le gouvernement, le saviez-vous ?

— Oh là là ! À présent tu parles exactement comme la plupart des gens qui ont déjà travaillé pour moi. Des gens que j’ai congédiés ou qui ont quitté leur emploi.

— Qu’avez-vous donc à dire pour votre défense ? » demandai-je, me sentant passablement brave pour un petit garçon. « Vous m’avez menti. J’ai travaillé pour vous et vous n’avez pas tenu parole. Vous ne m’avez rien enseigné.

— Qu’est-ce qui te fait penser que je ne t’ai rien enseigné ? dit calmement père riche. L’enseignement représente-il pour toi une conversation ou un cours ? demanda père riche.

— Eh bien, pour moi c’est un cours, répliquai-je.

— À l’école, c’est de cette façon qu’on t’enseigne, dit-il avec un sourire. Mais ce n’est pas ainsi que la vie t’enseigne, et j’ajouterais que la vie est la meilleure enseignante qui existe. La plupart du temps, la vie ne s’adresse pas à toi directement. Elle te bouscule et te pousse à droite et à gauche. À chaque poussée la vie te dit : “Réveille-toi. Il y a quelque chose que je veux que tu apprennes” ».

De quoi cet homme parle-t-il ? me demandai-je à moi-même. Selon lui, la vie me parlait quand elle me poussait à droite et à gauche. Foutaises ! À présent, j’étais persuadé qu’il me fallait abandonner mon travail. J’étais littéralement en train de parler à un individu mûr pour l’asile.

« Si tu apprends les leçons de la vie, tu t’en sortiras fort bien. Sinon la vie continuera tout simplement de te bousculer de toutes parts. En général, les gens optent pour deux solutions : certains se laissent bousculer par la vie ; d’autres se fâchent et en bousculent d’autres, que ce soit leur patron, leur mari, leur femme ou leur travail. Ils ne se rendent pas compte que c’est la vie qui les pousse et les bouscule. »

Je n’avais aucune idée de quoi il parlait.

« La vie nous pousse tous à droite et à gauche. Certains abandonnent, d’autres se battent. Quelques-uns retiennent la leçon et progressent. Ils acceptent de bonne grâce que la vie les pousse de-ci de-là. L’attitude de ce petit nombre de gens signifie qu’ils ont la volonté et le besoin d’apprendre quelque chose. Ils apprennent et ils continuent d’avancer. La plupart des autres renoncent, mais quelques-uns comme toi se battent. »

Père riche se leva et alla fermer une vieille fenêtre de bois grinçante qui avait un urgent besoin d’être réparée. « Si tu apprends cette leçon, tu deviendras un jeune homme sage, riche et heureux. Si tu ne l’apprends pas, tu passeras toute ta vie à blâmer ton travail, ton maigre salaire ou ton patron pour tes problèmes. Tu vivras ta vie dans l’espérance qu’une chance incroyable vienne résoudre tous tes problèmes d’argent. »

Père riche me regarda soudain pour vérifier si j’écoutais toujours. Ses yeux rencontrèrent les miens. Nous nous fixâmes tous deux et un fort courant de communication s’établit entre nous par le moyen de nos regards. Finalement, je détournai les yeux après avoir saisi son dernier message. Je savais qu’il avait raison. Je l’avais blâmé et pourtant je souhaitais vraiment apprendre. J’étais tiraillé.

Père riche continua : « D’autre part, si tu es le genre de personne qui n’a pas de cœur au ventre, tu abandonneras chaque fois que la vie te bousculera. Si c’est ton cas, tu passeras toute ta vie à ne rien risquer, à te conduire honorablement, à te ménager en prévision d’un quelconque événement qui n’arrivera jamais. Puis, tu mourras comme un vieil homme ennuyeux. Il y aura un tas d’amis qui t’auront vraiment apprécié, car tu étais un travailleur tellement gentil et laborieux.

« Mais la vérité est la suivante : tu auras laissé la vie te réduire à la soumission. Au fond de toi, tu étais terrifié à l’idée de prendre des risques. Tu voulais vraiment gagner, mais la peur de perdre était plus forte que l’excitation que procure la victoire. Au plus profond de ton être, toi et seulement toi sauras que tu n’as pas donné ton maximum pour essayer d’y parvenir. En fin de compte, tu auras choisi d’éviter les risques. »

Nos yeux se croisèrent de nouveau.

« Vous m’avez poussé à droite et à gauche, n’est-ce pas ? demandai-je.

— Certaines personnes pourraient peut-être affirmer cela, dit en souriant père riche. Pour ma part, je te dirai simplement que je t’ai donné un aperçu, un échantillon de la vie.

— Quel avant-goût de la vie ? » demandai-je encore fâché, mais ma curiosité était maintenant éveillée et j’étais encore prêt à apprendre.

— Mike et toi êtes les premiers êtres à me demander de leur enseigner comment gagner de l’argent. J’ai plus de 150 employés et aucun d’eux ne m’a demandé un jour ce que je connais de l’argent. Ils me demandent un emploi et un salaire, mais jamais de leur enseigner ce que je sais à propos de l’argent. Par conséquent, la plupart d’entre eux passeront les meilleures années de leurs vies à travailler pour de l’argent, sans vraiment trop comprendre pourquoi ils travaillent. »

J’étais assis là à l’écouter attentivement.

« Donc, quand Mike m’a dit que tu voulais apprendre comment faire de l’argent, j’ai décidé de concevoir un cours inspiré de la vie réelle. J’aurais pu parler et parler, mais tu n’aurais rien compris. J’ai donc décidé de laisser la vie te bousculer quelque peu pour que tu finisses par m’entendre. C’est pourquoi je ne t’ai payé que 10 cents de l’heure.

— Quelle est donc la leçon que j’ai apprise en travaillant pour 10 cents de l’heure ? Que vous êtes mesquin et que vous exploitez vos travailleurs ? »

Père riche se cala dans son fauteuil et rit de bon cœur. « Il serait préférable que tu changes ton point de vue. Arrête de me blâmer en pensant que c’est moi le problème. Si tu crois que je suis le problème, alors il va falloir que tu me fasses changer. Si tu prends conscience que c’est toi le problème, alors tu peux te changer toi-même, apprendre certaines choses et devenir plus sage. La plupart des gens veulent que le reste du monde change, mais pas eux-mêmes. Laisse-moi te dire qu’il est plus facile de te changer toi-même que de transformer n’importe qui d’autre.

— Je ne comprends pas, dis-je.

— Ne me blâme pas pour tes problèmes, dit père riche avec de l’impatience dans la voix.

— Mais vous ne me payez que 10 cents.

— Et qu’apprends-tu donc ? demanda père riche, l’air suffisant.

— Que vous êtes pingre, avare et mesquin, dis-je avec un sourire espiègle.

— Je vois, tu penses que je suis le problème, dit père riche.

— Vous l’êtes sans l’ombre d’un doute.

— Eh bien, conserve cette attitude et tu n’apprendras rien. Si tu continues de penser que je suis le problème, quels choix te restera-t-il ?

— Eh bien, si vous ne me payez pas davantage, si vous ne témoignez pas plus de respect à mon égard et si vous ne m’enseignez pas, je vais abandonner.

— Bien dit, fit père riche. Et c’est exactement ce que la plupart des gens font. Ils abandonnent et se mettent à la recherche d’un autre emploi, de meilleures perspectives d’avenir et d’un salaire plus élevé, en pensant réellement qu’un nouvel emploi et un meilleur salaire résoudront le problème. Dans la plupart des cas, cela ne résout rien.

— Qu’est-ce qui va donc résoudre le problème ? Est-ce le fait d’accepter tout simplement ce misérable 10 cents de l’heure en souriant ? »

Père riche esquissa un sourire.

« C’est ce que les autres font. Ils ne font qu’attendre une augmentation en pensant que davantage d’argent résoudra le problème. La plupart se contentent de ce chèque alors que d’autres se trouvent un second emploi et travaillent plus dur encore, mais toujours pour un maigre salaire. »

Jétais assis là à fixer le plancher et je commençais à comprendre la leçon que père riche m’expliquait. J’avais le sentiment que cela représentait un aperçu, un échantillon de la vie. Finalement, je levai les yeux et je dis : « Mais qu’est-ce qui va donc résoudre le problème ?

— Ceci », dit-il en s’adossant et en me donnant une petite tape sur la tête. « Cette matière entre tes oreilles. »

C’est à ce moment précis que père riche partagea avec moi le principe fondamental qui le distinguait de ses employés et de mon père pauvre, et qui l’amena par la suite à devenir l’un des hommes les plus riches d’Hawaï, tandis que mon père très instruit, mais pauvre, se débattit toute sa vie sur le plan financier.

Père riche répéta à plusieurs reprises ce principe fondamental que j’appelle « la première leçon » : Les pauvres et la classe moyenne travaillent pour l’argent. Les riches font en sorte que l’argent travaille pour eux.

En ce samedi matin ensoleillé, j’étais en train d’apprendre un principe, un point de vue complètement différent de ce que mon père pauvre m’avait enseigné. À l’âge de neuf ans, je pris conscience que mes deux pères voulaient que j’apprenne. Tous deux m’encourageaient à étudier…, mais pas les mêmes choses.

Mon père très instruit me recommanda de faire la même chose que lui : « Mon fils, je veux que tu étudies avec application, que tu obtiennes de bonnes notes afin de trouver un emploi sûr et stable dans une grande entreprise ; et assure-toi que cette dernière t’offre d’excellents avantages sociaux. » Père riche voulait que j’apprenne les rudiments de l’argent pour que je puisse le mettre à mon service. J’allais apprendre ces leçons à même la vie grâce à ses conseils, et non pas dans une salle de classe.

Père riche poursuivit ma première leçon : « Je suis content que tu te sois mis en colère quand je t’ai fait travailler pour 10 cents de l’heure. Si tu ne t’étais pas fâché et si tu avais accepté tout cela sans rien dire, je t’aurais tout simplement dit qu’il m’était impossible de t’enseigner. Vois-tu, le véritable apprentissage exige de l’énergie, de la passion, un ardent désir. La colère est une part importante de cette formule, car la passion représente la colère et l’amour fusionnés ensemble. Quand il s’agit d’argent, la plupart des gens veulent éviter les risques et se sentir sécurisés. Ce n’est donc pas la passion qui les mène, c’est la peur.

— Est-ce pour cette raison qu’ils acceptent des emplois au salaire très bas ?

— Oui, dit père riche. Certaines personnes disent que j’exploite les gens parce que je ne paie pas autant que la plantation de canne à sucre ou le gouvernement. Je peux t’assurer que les gens s’exploitent eux-mêmes. C’est leur peur à eux, pas la mienne.

— Mais ne pensez-vous pas que vous devriez les payer davantage ?

— Je n’ai pas à le faire. D’ailleurs, davantage d’argent ne résoudra pas le problème. Tu n’as qu’à penser à ton père. Il fait beaucoup d’argent et il ne parvient même pas à payer ses factures. La plupart des gens, si on leur donne plus d’argent, ne réussissent qu’à s’endetter davantage.

— Voilà donc la raison du 10 cents de l’heure, dis-je en souriant. Cela fait partie de la leçon ?

— C’est tout à fait exact, rétorqua père riche. Vois-tu, ton père a fréquenté l’école et il a reçu une excellente instruction dans le but de décrocher un emploi bien rémunéré. Il y est parvenu. Mais il continue d’avoir des problèmes financiers, car il n’a rien appris au sujet de l’argent à l’école. Et en plus de tout cela, travailler pour l’argent fait partie de son credo.

— Ce n’est pas votre cas ? demandai-je.

— Non, pas vraiment, dit père riche. Si tu veux apprendre à travailler pour l’argent, continue de rester à l’école. C’est un excellent endroit pour apprendre à agir de la sorte. Mais si tu veux apprendre à mettre l’argent à ton service, je te l’enseignerai. Mais à la seule condition que tu veuilles vraiment apprendre.

— Tous les gens n’aimeraient-ils pas apprendre cela ? demandai-je.

— Non, dit père riche. Pour la simple raison qu’il est plus facile d’apprendre à travailler pour l’argent, surtout quand la peur est le premier sentiment que vous ressentez quand on aborde le sujet de l’argent.

— Je ne comprends pas, dis-je en fronçant les sourcils.

— Ne t’inquiète pas de cela pour l’instant. Sache seulement que c’est la peur qui fait que la plupart des gens tiennent à conserver leur emploi. La peur de ne pas pouvoir payer leurs factures. La peur d’être congédiés. La peur de ne pas avoir suffisamment d’argent. La peur de recommencer à zéro. Voilà le prix à payer quand on étudie pour apprendre une profession ou un métier et qu’on travaille ensuite pour l’argent. La plupart des gens deviennent esclaves de l’argent… puis ils se fâchent contre leurs patrons.

— Apprendre à mettre l’argent à son service est un programme d’études complètement différent, n’est-ce pas ?

— Absolument, répondit père riche, absolument. »

Nous restâmes silencieux pendant quelques instants en ce magnifique samedi matin hawaïen. Mes amis venaient tout juste d’amorcer leur partie de baseball. Mais pour une raison ou une autre, j’étais maintenant reconnaissant d’avoir pris la décision de travailler pour 10 cents de l’heure. Je sentais que j’étais sur le point d’apprendre quelque chose que mes amis n’apprendraient pas à l’école.

— Es-tu prêt à apprendre ? » demanda père riche. – Absolument », dis-je avec un large sourire.

— J’ai tenu ma promesse. Je t’ai enseigné à distance, sans que tu t’en rendes compte », dit père riche. « À neuf ans, tu as déjà un aperçu de ce qu’on ressent quand on travaille pour l’argent. Multiplie simplement tes activités du dernier mois par 50 années et tu auras une bonne idée des activités auxquelles se consacrent la plupart des gens pendant toute leur vie.

— Je ne comprends pas, dis-je.

— Qu’as-tu ressenti quand il t’a fallu attendre longuement pour me voir ? La première fois pour te faire engager et la fois suivante pour exiger davantage d’argent ?

— Je me suis senti lamentable, dis-je.

— Voilà à quoi ressemble la vie de beaucoup de gens quand ils choisissent de travailler pour l’argent, dit père riche.

— Et qu’as-tu ressenti quand Mme Martin a laissé tomber trois 10 cents dans ta main pour trois heures d’ouvrage ?

— Je trouvais que ce n’était pas assez. Ça me semblait moins que rien. J’étais déçu, dis-je.

— Et c’est ce que ressentent la plupart des employés quand ils regardent leur chèque de salaire, une fois toutes les taxes et contributions prélevées. Toi, du moins, tu as obtenu 100 % de ta paye.

— Vous voulez dire que la plupart des travailleurs ne touchent pas leur paye au complet ? demandai-je avec étonnement.

— Dieu du ciel, non ! dit père riche. Le gouvernement prend toujours sa part en premier.

— De quelle façon ?

— Par les taxes, dit père riche. Tu es taxé quand tu gagnes de l’argent. Tu es taxé quand tu en dépenses. Tu es taxé quand tu en épargnes. Tu es taxé quand tu meurs.

— Pourquoi les gens laissent-ils le gouvernement leur faire ça ?

— Les riches ne se laissent pas faire », dit père riche avec le sourire aux lèvres. « Les pauvres et la classe moyenne se laissent faire. Je te parie que je gagne plus d’argent que ton père, et pourtant il paie davantage de taxes.

— Comment est-ce possible ? » demandai-je. Cela n’avait aucun sens à mes yeux. « Pourquoi quelqu’un laisserait-il le gouvernement lui faire ça ? »

Père riche se balançait lentement et silencieusement sur son fauteuil tout en me regardant.

« Es-tu prêt à apprendre ? » demanda-t-il. Je consentis d’un signe de tête.

« Je te l’ai déjà dit, il y a beaucoup à apprendre, car pour apprendre à mettre l’argent à ton service, cela exige un enseignement qui peut durer toute une vie. La plupart des gens fréquentent le collège pendant quatre ans, puis ils mettent un terme à leurs études. Je sais d’avance que mon étude de l’argent se prolongera pendant toute la durée de ma vie, car plus je découvre de choses sur le sujet, plus j’en découvre d’autres qu’il me faut connaître. La plupart des gens n’étudient jamais ce sujet. Ils se rendent au travail, touchent leur salaire, équilibrent leur carnet de chèques, un point c’est tout. Par-dessus le marché, ils se demandent pourquoi ils ont des problèmes d’argent. Ensuite, ils s’imaginent que davantage d’argent réglera le problème. Bien peu se rendent compte que le problème résulte de leur manque d’éducation financière.

— Par conséquent, si mon père a des problèmes de taxes et d’impôts, c’est qu’il ne comprend pas le fonctionnement de l’argent ? demandai-je, un peu confus.

— Vois-tu, dit père riche. Les taxes ne représentent qu’une petite partie de cet apprentissage qui te révélera comment mettre l’argent à ton service. Aujourd’hui, j’ai voulu seulement me rendre compte si tu entretenais encore cette passion d’apprendre les différentes notions concernant l’argent. La plupart des gens ne partagent pas cette passion. Ils veulent aller à l’école, apprendre une profession, avoir du plaisir au travail et gagner énormément d’argent. Ils se réveillent un jour avec de gros problèmes d’argent et ils prennent alors conscience qu’ils ne peuvent plus se permettre d’arrêter de travailler. Voilà le prix à payer quand la seule chose qu’on sait faire est de travailler pour l’argent, au lieu d’étudier pour trouver les moyens de mettre l’argent à son service. Alors, as-tu encore la passion d’apprendre ? demanda père riche.

Je fis signe que oui.

« Très bien, dit père riche. Maintenant, retourne au travail. Cette fois-ci, je ne te paierai rien.

— Quoi ? demandai-je stupéfait.

— Tu m’as bien entendu. Rien. Tu vas travailler les mêmes trois heures chaque samedi, mais cette fois-ci tu ne seras pas payé 10 cents de l’heure. Tu m’as dit que tu voulais apprendre à ne pas travailler seulement pour de l’argent ; donc, je ne te paierai rien. »

Je ne pouvais pas en croire mes oreilles.

« J’ai eu cette même conversation avec Mike tout à l’heure. Il travaille déjà. Il est en train d’épousseter et de ranger des boîtes de conserve sur des étagères. Tu ferais mieux de te dépêcher et de retourner là-bas.

— Ce n’est pas juste ! criai-je. Vous devez me payer.

— Tu as dit que tu voulais apprendre. Si tu n’apprends pas cela tout de suite, une fois adulte tu seras semblable à ces deux femmes et à ce vieil homme dans mon salon : tu travailleras pour l’argent tout en espérant que je ne te congédie pas. Ou bien, tu ressembleras à ton père qui gagne beaucoup d’argent et qui croule quand même sous les dettes, avec l’espoir qu’un surplus d’argent résoudra le problème. Si c’est ce que tu veux, je vais revenir à notre entente initiale de 10 cents de l’heure. Ou encore, tu peux faire ce que la plupart des adultes font : ils se plaignent que la paye n’est pas suffisante, ils démissionnent et se cherchent un autre emploi.

— Mais que dois-je faire ? » demandai-je.

Père riche me tapota sur la tête. « Sers-toi de cela, dit-il. Si tu l’utilises à bon escient, tu me remercieras bientôt de t’avoir fourni une belle occasion, et tu deviendras un jour un homme riche. »

Je restai là stupéfait, à ne pas croire encore à ce marché de dupes dont je venais d’être la victime. J’étais venu demander une augmentation, et maintenant on me demandait de travailler pour rien.

Père riche me tapota de nouveau sur la tête en disant : « Sers-toi de ta matière grise. À présent, sors d’ici et retourne travailler. »


Première leçon : Les riches ne travaillent pas pour l’argent

Je ne dis pas à mon père pauvre que je n’étais pas payé. Il n’aurait pas compris et je ne voulais pas essayer de lui expliquer quelque chose que je ne comprenais pas encore moi-même.

Les trois samedis suivants, Mike et moi travaillâmes pendant trois heures sans être aucunement payés. Le travail ne me dérangeait pas et la routine devint plus facile. Ce qui me perturbait toutefois, c’était les parties de baseball manquées et le fait de ne pas avoir les moyens d’acheter quelques bandes dessinées.

La troisième semaine, père riche passa nous voir à midi. Nous entendîmes son camion s’arrêter dans le stationnement et le moteur tousser lorsqu’il coupa le contact. Il entra dans le magasin et salua Mme Martin. Après s’être informé du déroulement des activités dans le magasin, il ouvrit le congélateur, en retira deux tablettes de crème glacée, les paya et fit signe à Mike et moi de le suivre.

« Allons faire un tour, les gars. »

Nous traversâmes la rue tout en évitant quelques automobiles et continuâmes ensuite notre marche à travers un grand terrain verdoyant où quelques adultes jouaient à la balle. S’assoyant à une table à l’écart, il nous offrit les friandises.

« Comment ça va, les gars ?

— Ça va », dit Mike.

J’acquiesçai d’un signe de tête.

« Avez-vous appris quelque chose jusqu’à présent ? » demanda mon père riche.

Mike et moi nous nous regardâmes, haussâmes les épaules, puis, à l’unisson, nous fîmes non de la tête.


Pour éviter l’un des plus grands pièges de la vie

« Eh bien, les gars, vous feriez mieux de vous mettre à réfléchir. Vous êtes confrontés à l’une des plus grandes leçons de la vie. Si vous l’apprenez, vous jouirez d’une vie comportant une liberté et une sécurité immenses. Si vous ne l’apprenez pas, vous finirez comme Mme Martin et la plupart des gens qui jouent à la balle dans ce parc. Ils travaillent très dur, pour peu d’argent, se raccrochant à l’illusion de la sécurité de l’emploi, anticipant leurs trois semaines de vacances annuelles et une maigre pension après 45 ans de service. Si cela vous emballe, je vous donnerai une augmentation de 25 cents de l’heure.

— Mais ce sont de bonnes personnes qui travaillent dur. Êtes-vous en train de vous moquer d’elles ? » demandai-je.

Un sourire apparut sur le visage de père riche.

« Mme Martin est comme une mère pour moi. Je ne pourrais jamais être aussi cruel. J’ai peut-être l’air inhumain, mais je m’efforce de vous démontrer quelque chose à tous les deux. Je veux élargir vos horizons afin que vous puissiez distinguer certaines choses que la plupart des gens n’ont jamais la chance de voir, car leur vision est trop étroite. En effet, la majeure partie des gens ne voient jamais le piège dans lequel ils sont tombés. »

Mike et moi restâmes assis là, ne sachant pas au juste ce qu’il voulait dire. Ses paroles nous semblaient dures, mais nous sentions qu’il essayait de nous faire comprendre un point important.

Arborant un sourire, père riche dit : « Est-ce que 25 cents de l’heure vous conviendrait ? Cela fait-il battre votre cœur un peu plus vite ? »

Je fis signe que non, mais en fait mon cœur battait vite. Vingt-cinq cents de l’heure, cela représentait beaucoup d’argent pour moi.

« D’accord, je vais vous payer un dollar de l’heure », dit père riche, avec un sourire espiègle.

Soudain mon cœur commença à battre la chamade. Mon cerveau criait : « Accepte ! Accepte ! » Je n’en croyais pas mes oreilles. Pourtant, je ne dis rien.

« Bon d’accord, 2 $ de l’heure. »

À ces mots, mon petit cœur et mon petit cerveau explosèrent presque. Après tout, nous étions en 1956 et un salaire de 2 $ de l’heure aurait fait de moi l’enfant le plus riche au monde. Je ne pouvais pas imaginer gagner une somme pareille. Je voulais dire « oui ». Je voulais conclure le marché. Je voyais déjà une nouvelle bicyclette, un nouveau gant de baseball et le respect de mes amis lorsque j’exhiberais mon argent. En plus de tout ça, Jimmy et ses riches camarades ne pourraient plus jamais me traiter de pauvre maintenant. Mais pour une raison ou une autre, je restai muet.

La crème glacée avait fondu et coulait le long de ma main. Père riche observait les deux garçons qui le dévisageaient eux aussi, les yeux grands ouverts et le cerveau vide. Il savait qu’il nous mettait à l’épreuve et il savait aussi qu’une part de cet être émotif en nous voulait accepter ce marché. Il savait que chaque être humain recèle dans son âme un élément faible et pitoyable que l’on peut acheter. Il savait que chaque être humain a également dans son âme une composante forte qu’on ne pourrait jamais acheter. Il s’agissait simplement de savoir quelle part, quelle composante était la plus forte.

« D’accord, 5 $ de l’heure. »

Soudainement, je devins silencieux. Les règles du jeu avaient changé. L’offre était bien trop généreuse et devenait ridicule. Il n’y avait pas beaucoup d’adultes en 1956 qui gagnaient plus de 5 $ de l’heure. La tentation du gain disparut rapidement et une accalmie sereine s’installa en moi. Je me tournai lentement vers ma gauche pour regarder Mike. Il me regarda à son tour. La part de mon âme qui était faible et pitoyable se tut. L’autre part, celle qui n’avait pas de prix et qu’on ne pouvait pas acheter, l’emporta. Je savais que Mike était arrivé à la même conclusion.

« Bien, dit doucement père riche. La plupart des gens ont un prix. Et ils ont un prix à cause des émotions humaines qu’on appelle la peur et l’avidité. Premièrement, la peur d’être sans le sou nous motive à travailler dur, puis lorsque nous recevons notre paye, l’avidité ou le désir nous incite à penser à toutes ces merveilles que l’argent peut acheter. Le conditionnement s’installe alors.

La vie des gens est toujours régie par deux émotions : la peur et l’avidité.

— Quel conditionnement ? demandai-je.

— Celui de se lever, d’aller travailler, de payer des factures, de se lever de nouveau, d’aller travailler, de payer des factures… À partir de ce moment-là, la vie des gens est régie par deux émotions : la peur et l’avidité. Offrez-leur plus d’argent et ils perpétuent le cycle en accroissant également leurs dépenses. C’est ce que j’appelle la “foire d’empoigne” ou l’engrenage.

— Existe-t-il une autre façon d’agir ? demanda Mike.

— Oui, dit lentement père riche. Mais peu de gens la connaissent.

— Et quelle est cette façon ? demanda Mike.

— C’est ce que vous découvrirez, je l’espère, en travaillant et en étudiant avec moi. Voilà pourquoi j’ai exclu toute forme de rémunération.

— Peux-tu nous fournir des indices, père ? demanda Mike. Nous en avons plus qu’assez de travailler dur, surtout pour rien.

— Eh bien, la première étape consiste à dire la vérité, dit père riche.

— Nous n’avons pas menti, dis-je.

— Je n’ai pas dit que vous aviez menti. J’ai dit simplement de dire la vérité, répliqua père riche.

— La vérité à propos de quoi ? demandai-je.

— Sur ce que vous ressentez, dit père riche. Vous n’avez pas à le dire à quelqu’un d’autre. Seulement de le reconnaître pour vous-même.

— Voulez-vous dire que les gens qui se trouvent dans ce parc, et les gens qui travaillent pour vous, comme Mme Martin, n’agissent pas ainsi ? demandai-je.

— J’en doute, dit père riche. Au lieu de cela, ils ressentent la peur de ne pas avoir d’argent, et ils ne la confrontent pas logiquement. Ils réagissent de façon émotive au lieu de se servir de leur jugement, dit père riche. Ensuite, quand ils empoignent quelques billets, des émotions de joie, de désir et d’avidité prennent de nouveau le dessus, et encore une fois ils réagissent avant même de réfléchir.

— Donc, leurs émotions contrôlent leur cerveau, dit Mike.

— C’est juste, dit père riche. Au lieu d’admettre la vérité à propos de ce qu’ils ressentent, ils réagissent à leurs propres sentiments, et ne parviennent pas à réfléchir. Ils ressentent la peur, ils se rendent travailler en espérant que l’argent apaisera la peur, mais ça ne marche pas. Cette ancienne peur les hante et ils retournent au travail, espérant une fois de plus que l’argent calmera toutes leurs peurs, et de nouveau ça ne fonctionne pas. La peur les prend au piège du travail, des gains d’argent, du travail, des gains d’argent, tout en espérant que la peur disparaisse. Mais chaque jour, ils se lèvent et cette ancienne peur se réveille avec eux. Cette ancienne peur garde éveillés toutes les nuits des millions de gens agités et inquiets. Puis ils se lèvent, vont travailler et espèrent que leur salaire anéantira cette peur qui ronge leur âme. L’argent mène leur vie et ils refusent de dire la vérité à ce sujet. L’argent contrôle leurs émotions et en conséquence leur âme. »

Père riche demeura silencieux, nous laissant intérioriser son message. Mike et moi avions entendu ce qu’il disait, mais nous ne comprenions pas entièrement ce dont il parlait. Tout ce que j’en savais était que je me posais souvent la question pourquoi les adultes se dépêchaient d’aller travailler. Cela ne me semblait pas très amusant, et ils n’avaient jamais l’air très contents, mais quelque chose les poussait à le faire.

Quand père riche se rendit compte que nous avions assimilé la plus grande partie de son message, il nous dit : « Je veux que vous évitiez ce piège, mes garçons. C’est vraiment ce que je veux vous enseigner, et non pas seulement à devenir riche, car être riche ne résout pas le problème.

— Vraiment ? demandai-je, surpris.

— Vraiment. Laissez-moi vous expliquer l’autre émotion : le désir. Certains l’appellent l’avidité, mais je préfère le mot désir. Il est tout à fait normal de désirer quelque chose de mieux, de plus beau, de plus amusant ou emballant. Par conséquent, les gens travaillent également pour l’argent à cause du désir. Ils désirent l’argent pour la joie qu’ils pensent pouvoir acheter. Mais la joie que l’argent apporte est souvent de courte durée, et bientôt ils ont besoin de plus d’argent pour obtenir plus de joie, de plaisir, de confort, de sécurité. Alors, ils continuent de travailler, pensant que l’argent apaisera leur âme troublée par la peur et le désir. Mais l’argent ne peut pas jouer ce rôle.

— Est-ce la même chose pour les gens riches ? demanda Mike.

— Y compris les gens riches, dit père riche. À vrai dire, plusieurs riches le sont devenus non pas à cause du désir, mais à cause de la peur. Ils pensent réellement que l’argent peut éliminer cette peur de ne plus avoir d’argent et d’être pauvres. Par conséquent, ils en amassent des tonnes, mais ils se rendent compte un jour que la peur s’amplifie. Ils ont maintenant peur de perdre cet argent. J’ai des amis qui continuent de travailler même s’ils en ont plus que suffisamment.

« Je connais des millionnaires qui ont encore plus peur maintenant que lorsqu’ils étaient pauvres. Ils sont terrifiés à l’idée de perdre tout leur argent. Les peurs qui les ont poussés à devenir riches sont plus intenses qu’auparavant. En réalité, la partie faible et douloureuse de leur âme crie encore plus fort. Ils ne veulent pas perdre les grosses maisons, les automobiles et la vie mondaine que l’argent leur a procurées. Ils s’inquiètent de ce que diraient leurs amis s’il leur arrivait de perdre tout leur argent. Plusieurs sont désespérés et névrosés sur le plan émotif même s’ils ont l’air riches et possèdent plus d’argent.

— Alors, un homme pauvre est-il plus heureux ?

— Non, je ne le crois pas, répliqua père riche. Se soustraire à l’argent est tout aussi insensé que de trop s’y attacher. »

Juste au bon moment, le vagabond local passa tout près de notre table. Il s’arrêta devant une grande poubelle et fouilla à l’intérieur. Nous le regardâmes tous les trois avec beaucoup d’intérêt alors que quelques semaines auparavant, nous l’aurions probablement ignoré.

Père riche retira un dollar de son portefeuille et fit signe au vieil homme. Apercevant l’argent, le vagabond s’approcha immédiatement, prit le billet, remercia père riche avec profusion et repartit fou de joie de son coup de chance.

« Il n’est pas très différent de la plupart de mes employés, dit père riche. J’ai rencontré tellement de gens qui disent : “Oh, l’argent ne m’intéresse pas.” Cependant, ils passent huit heures par jour à faire leur boulot. Cela s’appelle nier la vérité. Si l’argent ne les intéresse pas, alors pourquoi travaillent-ils ? Cette façon de penser est probablement plus déséquilibrée que celle de cette autre personne qui amasse de l’argent. »

Assis là à écouter père riche, je repensai aux nombreuses fois où mon propre père disait : « L’argent ne m’intéresse pas. » Il prononçait souvent ces mots. Il se justifiait aussi en disant toujours : « Je travaille parce que j’aime mon métier.


Tant de gens disent : « Oh, l’argent ne m’intéresse pas. » Cependant, ils passent huit heures par jour à faire leur boulot.

— Alors que devons-nous faire ? Devons-nous ne pas travailler pour l’argent jusqu’à ce que toutes traces de peur et d’avidité disparaissent ?

— Non, ce serait une perte de temps, dit père riche. Les émotions font de nous des êtres humains. Elles nous rendent réels. Le mot émotion signifie de l’énergie en mouvement. Soyez sincères en ce qui concerne vos émotions et utilisez-les de même que votre esprit à votre avantage et non à votre détriment.

— Un instant ! dit Mike.

— Ne vous cassez pas la tête avec ce que je viens de dire, vous y verrez plus clair dans quelques années. Observez et étudiez vos émotions plutôt que d’y réagir. La plupart des gens ne savent pas que ce sont leurs émotions qui pensent à leur place. Vos émotions sont vos émotions, mais vous devez apprendre à penser par vous-mêmes.

— Pouvez-vous me donner un exemple ? demandai-je.

— Bien sûr, répliqua père riche. Quand une personne dit : “Il me faut trouver du travail”, il y a de fortes chances que ce soit une émotion qui pense à sa place. La peur de ne pas avoir d’argent provoque cette pensée.

— Mais les gens ont vraiment besoin d’argent quand ils ont des factures à payer, dis-je.

— Certainement, dit père riche en souriant. Je dis simplement que c’est trop souvent la peur qui réfléchit à notre place.

— Je ne comprends pas, dit Mike.

— Par exemple, dit père riche, si la peur de ne pas avoir suffisamment d’argent se manifeste, on pourrait peut-être se poser la question suivante au lieu de se précipiter pour trouver un emploi : “Un emploi sera-t-il la meilleure solution pour éliminer cette peur à long terme ?” À mon avis, la réponse est “non”. Un emploi est vraiment une solution à court terme pour un problème à long terme.

— Mais mon père dit toujours : “Continue d’aller à l’école et obtiens de bonnes notes pour que tu puisses un jour te trouver un emploi sûr et stable”, osai-je dire, un peu confus.

— Oui, je comprends qu’il dise cela, dit père riche en souriant. La plupart des gens le recommandent et c’est une bonne idée de le faire pour la majorité d’entre eux. Mais cette recommandation est fondée principalement sur la peur.

— Vous voulez dire que mon père dit cela parce qu’il a peur ?

— Oui, dit père riche. Il est terrifié à l’idée que tu ne sois pas capable de gagner de l’argent et que tu ne puisses pas t’intégrer dans la société. Comprends-moi bien. Il t’aime et il agit au mieux de tes intérêts. Une bonne instruction et un emploi sont importants, mais ça ne résoudra pas la peur. Vois-tu, cette peur qui l’oblige à se lever le matin pour gagner quelques dollars est cette même peur qui le rend si fanatique en ce qui a trait à ton assiduité à l’école.

— Alors, que recommandez-vous ?

— Je veux vous apprendre à maîtriser le pouvoir de l’argent, à ne pas en avoir peur. C’est une matière qu’on ne vous enseigne pas à l’école. Si vous n’apprenez pas cette leçon vous deviendrez des esclaves de l’argent. »

Nous commençâmes soudain à mieux comprendre ce qu’il disait. Il voulait que nous élargissions notre champ de vision pour que nous puissions voir ce que les madames Martin de ce monde ne pouvaient pas voir. Il utilisa des exemples qui nous semblaient impitoyables à l’époque, mais je ne les ai jamais oubliés. Ma vision s’élargit ce jour-là et je pus entrevoir le piège qui guettait la plupart des gens.

« Voyez-vous, nous sommes tous des employés finalement. Nous travaillons simplement à différents niveaux, dit père riche. Je veux seulement que vous ayez la possibilité d’éviter le piège que tendent les deux émotions que sont la peur et le désir. Utilisez-les à votre avantage et non contre vous-mêmes. Voilà ce que je veux vous enseigner. Je ne suis pas intéressé à vous enseigner uniquement à faire fortune. Cela ne résoudra pas la peur ou le désir. Si vous n’apprenez pas d’abord à résoudre le problème de la peur et du désir et que vous devenez riches, vous ne serez que des esclaves très bien rémunérés.

— Alors comment pouvons-nous éviter le piège ? demandai-je.

— La cause principale de la pauvreté ou des problèmes financiers est la peur et l’ignorance. Ce n’est pas l’économie, le gouvernement ou les riches. C’est la peur et l’ignorance qu’on s’inflige à soi-même qui enferment les gens dans un piège. Alors les gars, allez à l’école et obtenez vos diplômes d’études supérieures. Je vous enseignerai comment éviter de tomber dans ce piège. »

Les morceaux du puzzle se mettaient en place. Mon père très instruit avait beaucoup d’instruction et une formidable carrière. Mais l’école ne lui avait jamais appris comment gérer son argent ou sa peur de l’argent. Il m’apparut évident que mes deux pères pouvaient m’apprendre des choses à la fois différentes et importantes.

« Père, tu as parlé de la peur de ne pas avoir d’argent. Comment le désir d’avoir de l’argent affecte-t-il notre façon de penser ? demanda Mike.

— Comment vous êtes-vous sentis quand je vous ai fait reluire la possibilité d’une augmentation de salaire ? Avez-vous remarqué une augmentation de vos désirs ? »

Nous fîmes oui de la tête.

« En ne cédant pas à vos émotions, cela vous a permis de retarder votre réaction et de réfléchir. Ceci est très important. Nous ressentirons toujours des émotions de peur et d’avidité. Dorénavant, il sera impératif que vous utilisiez ces émotions à long terme et dans votre propre intérêt, et que vous ne laissiez pas vos émotions vous mener par le bout du nez et contrôler votre pensée. La plupart des gens emploient la peur et l’avidité à l’encontre d’eux-mêmes. C’est ainsi que l’ignorance s’installe peu à peu.

« La plupart des gens passent leurs vies à courir après les chèques de salaire, les augmentations et la sécurité de l’emploi à cause de ces émotions qu’on appelle le désir et la peur, sans vraiment se questionner où les entraînent ces pensées inspirées par l’émotion. On peut comparer cela à un âne en train de tirer une charrette tandis que son maître laisse pendre une carotte juste au-dessus de son museau. Il est fort possible que le propriétaire de l’âne se rende où il veut aller, mais l’âne de son côté poursuit une illusion. Demain, le même manège recommencera, et l’âne devra se contenter d’une autre carotte illusoire.

— Tu veux dire qu’à partir du moment où j’imagine un nouveau gant de baseball, des bonbons et des jouets, c’est la même chose que la carotte pour l’âne ? demanda Mike.

— Oui. Et en vieillissant tes jouets sont beaucoup plus chers. Une nouvelle auto, un bateau et une grande maison pour impressionner tes amis, dit père riche avec un sourire. La peur te pousse à l’extérieur de chez toi et le désir te sollicite. Voilà le piège.

— Quelle est donc la réponse à cette situation ? s’enquit Mike.

— La peur et les désirs sont amplifiés par l’ignorance. Voilà pourquoi des gens riches avec des tonnes d’argent ressentent souvent encore plus la peur à mesure que leur fortune grandit. L’argent est la carotte, l’illusion. Si l’âne pouvait comprendre vraiment le stratagème, il y repenserait peut-être à deux fois avant de se mettre à courir après la carotte. »

Père riche enchaîna en expliquant que la vie humaine est une véritable lutte entre l’ignorance et la lumière.

Il nous fit comprendre qu’à partir du moment où une personne cesse d’être en quête d’informations et de connaissances à propos d’elle-même, l’ignorance s’installe. Cette lutte est un choix de chaque instant : il s’agit d’apprendre à ouvrir son esprit ou de prendre la décision de le fermer.

« Voyez-vous, l’école est très importante. Vous fréquentez l’école pour y apprendre une technique ou une profession pour devenir un membre à part entière de la société. Toutes les cultures ont besoin de professeurs, de médecins, de mécaniciens, d’artistes, de cuisiniers, de gens d’affaires, de policiers, de pompiers, de soldats. Les écoles les forment afin que notre culture puisse prospérer et s’épanouir, dit père riche. Malheureusement, pour bien des gens, l’école signifie un aboutissement en soi et non un commencement. »

Il y eut un long silence. Père riche souriait. Je n’ai pas compris tout ce qu’il a dit ce jour-là. Mais à la manière de la plupart des grands pédagogues, ces mots continuent de nous enseigner pendant des années.

« J’ai été un petit peu cruel aujourd’hui, dit père riche. Je veux que vous vous souveniez toujours de cette conversation. Je veux que vous vous rappeliez toujours de Mme Martin et de l’âne. N’oubliez jamais que la peur et le désir peuvent vous entraîner dans le pire piège de la vie, si vous n’êtes pas conscients qu’ils peuvent contrôler votre pensée.

« Il serait atroce de passer toute votre vie dans la peur sans jamais explorer vos rêves. Travailler dur pour de l’argent en pensant que ce dernier va vous permettre d’acheter des choses qui vous rendront heureux est également cruel. Se réveiller terrifié au milieu de la nuit parce que vous devez payer des factures est aussi une horrible façon de vivre. Une existence qui dépend entièrement du montant d’argent inscrit sur un chèque de salaire n’est pas vraiment une vie. Penser qu’un emploi va vous sécuriser, c’est vous mentir à vous-même. C’est inhumain et c’est le piège que je veux que vous évitiez, si possible. J’ai vu de quelle manière l’argent gouverne la vie des gens. Gardez-vous bien que cela ne vous arrive. S’il vous plaît, ne laissez pas l’argent contrôler votre vie. »

Une balle roula sous la table. Père riche la ramassa et la relança.

« Qu’est-ce que l’ignorance a à voir avec la cupidité et la peur ? demandai-je.

— C’est l’ignorance en matière d’argent qui suscite la cupidité et la peur, dit père riche. Laissez-moi vous fournir quelques exemples. Quand un médecin veut davantage d’argent pour mieux faire vivre sa famille, il augmente ses honoraires 1 . Ce faisant, il rend les services médicaux plus onéreux pour tous et chacun. En fait, cela heurte avant tout les pauvres ; ces derniers jouissent donc d’une moins bonne santé que les gens qui ont de l’argent.

« Étant donné que les médecins augmentent leurs honoraires, les avocats font de même. Les honoraires des avocats ayant été majorés, les professeurs veulent alors une augmentation de salaire, ce qui concourt à hausser nos taxes, et ainsi de suite. Tôt ou tard, il se creusera un fossé tellement effroyable entre les riches et les pauvres que le chaos s’installera, et une autre grande civilisation s’effondrera. L’Histoire prouve que de grandes civilisations s’écroulèrent quand le fossé entre les riches et les pauvres fut trop considérable. Malheureusement, l’Amérique est sur la même voie, car nous ne retenons pas les leçons de l’histoire. Nous ne faisons que mémoriser les dates et les personnages historiques, et non pas les leçons qu’elle enseigne.

— Les prix ne sont-ils pas censés augmenter ? demandai-je.

— Dans une société éclairée et bien gouvernée, les prix devraient baisser. Bien sûr, trop souvent cela n’est vrai qu’en théorie. Les prix montent à cause de la cupidité et la peur qu’engendre l’ignorance. Si les écoles enseignaient aux gens les rudiments de l’argent, cela générerait davantage d’argent et des prix plus bas. Mais les écoles se contentent seulement d’enseigner aux gens à travailler pour l’argent et non pas à exploiter le pouvoir de l’argent.

— Mais n’avons-nous pas des écoles de hautes études commerciales ? demanda Mike. Ne m’encouragez-vous pas à faire mon MBA ?

— Oui, dit père riche. Mais trop souvent, les écoles de commerce forment des employés aussi perfectionnés que des machines à calculer. Dieu nous préserve qu’une calculatrice prenne la direction d’une entreprise. Ce genre d’employé ne fait que vérifier des chiffres, congédier des gens et ruiner peu à peu l’entreprise. Je le sais, car j’en engage de ces machines à calculer. Ces subordonnés ne pensent qu’à réduire les coûts et à hausser les prix, ce qui cause encore plus de problèmes. Calculer est important. Je souhaiterais que davantage de gens en soient conscients, mais le calcul en soi ne représente qu’une facette de l’ensemble du tableau, ajouta père riche avec colère.

— Existe-t-il une réponse ? demanda Mike.

— Oui, dit père riche. Apprenez à vous servir de vos émotions pour réfléchir, et non pas à réfléchir avec vos émotions. Quand tous deux vous avez réussi à maîtriser vos émotions en acceptant de travailler sans être payés, j’ai su qu’il y avait de l’espoir. Lorsque vous avez de nouveau contrôlé vos émotions quand je vous ai tenté en vous offrant davantage d’argent, vous avez une fois de plus appris à réfléchir en dépit du fait que vous étiez très tendus sur le plan émotionnel. Voilà la première étape.

— Pourquoi cette étape est-elle si importante ? demandai-je.

— Eh bien, il n’en tient qu’à vous de le découvrir. Les gars, si vous voulez vraiment apprendre, je vous emmènerai dans le sentier bordé de ronces, dans cet endroit que presque tout le monde évite. Je vous conduirai dans ce lieu où la plupart des gens ont peur d’aller. Si vous venez avec moi, vous abandonnerez l’idée de travailler pour l’argent et vous apprendrez plutôt à mettre l’argent à votre service.

— Le sentier de ronces existe-t-il ? demandai-je.

— Oui, dit père riche. Le sentier de ronces représente notre peur et notre cupidité. Pour s’en sortir, il faut examiner nos peurs en choisissant nos pensées.

— En choisissant nos pensées ? demanda Mike, déconcerté.

— Oui. Nous devons choisir ce qui meublera nos pensées au lieu de réagir à nos émotions. Plutôt que de simplement vous rendre au travail pour résoudre vos problèmes quand la peur de ne pas avoir assez d’argent pour payer vos factures vous angoisse, la réflexion vous permettrait de prendre le temps de vous poser à vous-même cette question : Est-ce que le fait de travailler plus dur est la meilleure solution à ce problème ? La plupart des gens sont tellement terrifiés que cette peur a le contrôle sur eux et ils se sentent incapables de penser rationnellement et prennent la fuite. C’est ce que je veux dire quand je vous parle de choisir vos pensées.

— Et comment allons-nous nous y prendre pour y parvenir ? demanda Mike.

— C’est ce que je vais vous enseigner. Je vous apprendrai à envisager un vaste choix de pensées plutôt que de réagir instinctivement comme quelqu’un qui avale son café du matin et franchit à la hâte le seuil de sa maison.

« Souvenez-vous de ce que j’ai déjà dit : un emploi n’est qu’une solution à court terme d’un problème à long terme. La plupart des gens ont à l’esprit un seul problème et c’en est un à court terme. Ce sont les factures à la fin du mois. L’argent mène leur vie, ou pour être plus précis, c’est leur peur et leur ignorance concernant l’argent qui les dirigent. Ils font donc ce que leurs parents faisaient avant eux : ils se lèvent chaque matin et s’en vont travailler pour l’argent. Ils n’ont même pas le temps de se poser la question suivante : Existe-t-il une autre façon d’agir ? Leurs émotions contrôlent maintenant leurs pensées, mais pas leur tête, leur cerveau.

— Peux-tu nous expliquer la différence entre la pensée émotive et la pensée rationnelle ? demanda Mike.

— Ah oui ! Je la perçois chaque jour cette différence quand j’entends des choses comme celles-ci, dit père riche : “Eh bien, chacun doit travailler.” Ou encore : “Les riches sont des escrocs.” Ou bien : “Je vais trouver un autre emploi. Je mérite cette augmentation. Vous ne pouvez pas me marcher sur les pieds.” Ou encore : “J’aime cet emploi, car il est stable.” Je préférerais entendre : “Suis-je en train de passer à côté de quelque chose ?” Une telle phrase vient interrompre la pensée émotive et vous donne le temps de penser clairement. »

Tandis que nous retournions au magasin, père riche nous expliqua que les riches « fabriquaient vraiment de l’argent ». Ils n’étaient pas au service de l’argent. Il enchaîna en nous exposant que Mike et moi avions été très proches de la mentalité des riches quand nous avions fait fondre des pièces de cinq cents en plomb, tout en étant persuadés que nous fabriquions de l’argent. Le problème était le suivant : il était illégal pour nous d’agir ainsi. Il était légal pour le gouvernement et les banques de le faire, mais pas pour nous. Il nous expliqua qu’il existait des moyens légaux et illégaux de faire de l’argent.

Père riche nous confia ensuite que les gens riches savent très bien que l’argent est une illusion, tout comme la carotte pour l’âne. Ce n’est que sous le coup de la peur et de la cupidité que l’illusion de l’argent se perpétue par l’intermédiaire de milliards de gens qui pensent que l’argent est réel. L’argent est vraiment une création de toutes pièces. Ce n’est qu’à cause de l’ignorance des masses et de leur illusoire confiance que le château de cartes ne s’est pas encore effondré.

Il parla ensuite de l’étalon-or 2 que l’Amérique a adopté et il nous dit que chaque billet d’un dollar était en fait un certificat en argent. Il s’inquiétait de la rumeur selon laquelle l’Amérique allait un jour abandonner l’étalon-or et que nos dollars ne seraient plus soutenus par quelque chose de palpable.

« Quand cela arrivera, les gars, l’enfer va nous tomber sur la tête. Les pauvres, la classe moyenne et les incompétents gâcheront leur vie pour la simple raison qu’ils continueront de croire que l’argent est réel et que le gouvernement et l’entreprise pour laquelle ils travaillent prendront soin d’eux. »

Nous n’avons vraiment pas bien compris ce qu’il disait ce jour-là, mais ses paroles prirent toute leur signification avec les années.


Voir ce que les autres ne voient pas

Tandis qu’il montait dans sa camionnette, à l’extérieur de son épicerie, il nous dit : « Continuez de travailler, les gars, mais plus vous oublierez rapidement votre besoin de toucher un salaire, plus votre vie adulte en sera facilitée. Continuez d’utiliser votre matière grise, de travailler gratuitement, et bientôt votre intelligence vous indiquera des moyens de gagner de l’argent bien au-delà de ce que je pourrais me permettre de vous payer. Vous verrez des choses que les autres gens ne voient jamais. La plupart des gens ne discernent pas ces occasions, car ils ne recherchent que l’argent et la sécurité ; voilà pourquoi ils n’obtiennent que ça. À partir du moment où vous discernerez vraiment ce qu’est une occasion, vous serez capables de voir toutes les autres pour le reste de votre vie. Dès l’instant où vous aurez franchi cette étape, je vous enseignerai autre chose. Retenez bien ce que je viens de vous dire et vous éviterez un des pires pièges de la vie. »

Mike et moi allâmes chercher nos affaires dans le magasin et saluâmes Mme Martin. Nous retournâmes au parc, nous nous assîmes sur le même banc et nous passâmes plusieurs heures à réfléchir et à converser.

À l’école, la réflexion et la conversation occupèrent la plus grande partie de la semaine suivante. Pendant deux autres semaines, nous continuâmes de réfléchir, de parler, et de travailler gratuitement.

À la fin du deuxième samedi, je saluai de nouveau Mme Martin et je regardai le présentoir de bandes dessinées avec un regard allumé par l’envie. Il était très pénible pour moi de ne pas avoir d’argent pour m’acheter des bandes dessinées vu que je ne gagnais même pas 30 cents par samedi. Soudain, alors que Mme Martin nous saluait Mike et moi, je la vis accomplir une tâche que je ne l’avais jamais vu faire auparavant.

Mme Martin était en train de découper en deux la page couverture d’une bande dessinée. Elle conservait la moitié supérieure de la couverture et jetait le reste de la bande dans une grosse boîte en carton. Quand je lui demandai ce qu’elle faisait avec les bandes dessinées, elle me dit : « Je m’en débarrasse. Je remets la moitié supérieure de la couverture au distributeur pour obtenir un crédit quand il apporte de nouvelles bandes. Il doit passer dans une heure. »

Mike et moi attendîmes pendant une heure. Le distributeur arriva peu après et je lui demandai si nous pouvions obtenir les bandes dessinées que Mme Martin avait amputées d’une partie de leurs couvertures. Ce dernier eut la réplique suivante : « Vous pouvez les prendre si vous êtes au service de ce magasin et si vous ne les revendez pas. »

Notre association renaissait. II y avait chez Mike une pièce en trop au sous-sol dont personne ne se servait. Nous avons commencé à y empiler des centaines de bandes dessinées. Peu de temps après, notre bibliothèque de bandes dessinées fut accessible au public. Nous engageâmes la jeune sœur de Mike, qui adorait étudier, à titre de bibliothécaire. Elle faisait payer 10 cents d’admission à chaque enfant pour la bibliothèque, laquelle était ouverte de 14 h 30 à 16 h 30, chaque jour après l’école. Les clients, qui étaient en fait les enfants du voisinage, pouvaient lire autant de bandes dessinées qu’ils le désiraient pendant deux heures. C’était une véritable aubaine étant donné que chaque bande dessinée coûtait 10 cents ; ils avaient amplement le temps d’en lire cinq ou six en l’espace de deux heures.

La sœur de Mike surveillait les enfants quand ils quittaient la bibliothèque afin de s’assurer qu’ils n’empruntaient aucune bande dessinée. Elle tenait également la comptabilité, notant le nombre d’enfants qui se présentaient chaque jour, leurs noms, et leurs différents commentaires. Mike et moi avons fait en moyenne 9,50 $ par semaine au cours d’une période de trois mois. Nous avons donné à sa sœur un dollar par semaine et nous lui avons permis de lire les bandes dessinées gratuitement, ce qu’elle faisait rarement étant donné qu’elle étudiait continuellement.

Mike et moi respectâmes notre entente en travaillant à l’épicerie chaque samedi et en ramassant toutes les bandes dessinées des autres magasins. Nous avons aussi respecté notre entente avec le distributeur en ne vendant aucune bande dessinée. Nous les brûlâmes lorsqu’elles étaient trop déchirées. Nous essayâmes d’ouvrir une succursale, mais nous fûmes incapables de trouver quelqu’un d’aussi dévoué que la sœur de Mike, en qui nous aurions pu avoir confiance.

Très tôt dans la vie, nous prîmes conscience à quel point il était difficile de s’entourer d’un bon personnel.

Trois mois après l’ouverture de la bibliothèque, une bataille éclata. Des petits durs d’un autre quartier s’étaient introduits de force dans la pièce et avaient fait éclater une bagarre. Le père de Mike nous suggéra de fermer notre entreprise de bandes dessinées. Nous la fermâmes donc et nous cessâmes de travailler les samedis à l’épicerie. De toute façon, père riche était tout excité, car il avait de nouvelles choses à nous enseigner. Il était content, car nous avions très bien assimilé notre première leçon. Nous avions appris à mettre l’argent à notre service. N’étant plus payés pour notre travail au magasin, nous fûmes forcés d’utiliser notre imagination pour trouver un moyen de gagner de l’argent. En créant notre propre entreprise, la bibliothèque de bandes dessinées, nous contrôlions nos propres finances et nous n’étions pas dépendants d’un employeur. Le plus extraordinaire dans cette histoire est que notre entreprise générait de l’argent même quand nous n’étions pas présents en personne. Notre argent travaillait pour nous.

Au lieu de nous payer en argent, père riche nous avait apporté beaucoup plus.





DEUXIÈME LEÇON :

POURQUOI ENSEIGNER L'ABC DU DOMAINE FINANCIER ?





Chapitre 2


Deuxième leçon

Pourquoi enseigner l’a b c du domaine financier ?


Ce qui compte dans la vie ce n’est pas combien d’argent vous faites, mais combien d’argent vous parvenez à conserver.

E n 1990, Mike prit la direction de l’empire de son père et, à vrai dire, il accomplit un meilleur travail que son père. Nous nous voyons une ou deux fois par année sur un terrain de golf. Son épouse et lui sont plus riches que vous pourriez vous l’imaginer. L’empire de père riche est entre b