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Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études

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Présentation de l'éditeur
Vous en avez assez du métro-boulot-dodo, ou de ces études interminables dans lesquelles vous apprenez surtout des choses qui ne vous serviront pas ? Brisez la routine et réussissez en dehors du système en suivant cette méthode étape par étape basée sur l'expérience de centaines d'entrepreneurs et appuyée par plus de 400 références scientifiques.

Comprenez les limites du système éd, hackez votre éducation prendre efficaci ment t au service de votre vie, plutôt que votre vz le mouvement grandissanes trois principes incontournant augmenter votre ans tous lecapacité de concentratiodevenir libre

- Des exla seience

Pourquoi le système éducatif classique n'est pas sir votre carrière n'est pas fr le Rebelle Intelliez l'essentiel de ce que 35)
- Pourquoi vous oubliez l'essentiel de ce que 35)
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- Pourquoi vous oubliez l'essentiel de ce que vous avez appris à l'écalphabètes ? Si vous obablement (pagour vous enseigner une langue étrangère e sur une des tares de l'Éducation Nationaest bâtie sur une des tares de l'Éducation Nationaest bâtie sur une des tares de l'Éducation Nationaest bâtie sur une des tares de l'Éducation Nationaest bâtie sur une des tares de l'Éducation Nationale (page 56)
- Les raéer... des entrepreneurs (page)
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- Comment hacker votre appr:
ismment augmuemer t prouvé (page 80)
Le m4 ivation et votre concentration (page 86)
Comment apprtion et votre concentration (page 86)
Comment apprtion et votre concentration (page 86)
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Comment apprendre efficacement par coeur (t sans effort (efforci(pane (page 133)
2 trucs pour garder la motivation avee (page 133)
2 trucs pour garder la motivation avee (page 133)
2 trucs pour garder la motivation avee (page 133)
2 trucs pour garder la motivation avec vos syst me bête comme chou (r un temps fou (page 172)
La rsage (pageComment doubler votre performe un bébé (page 185)
Comment doubler votre performe un bébé (page 185)
Comment doubler votre performe un bébé (page 185)
Comment doubler votre performe un bébé (page 185)
Comment doubler votre performance d'applentiilleure formation au ENTAdE ? (page tre arirentissage (page 206)

Pourquoi créer son entreprise est une meilleuun entrepreneur es 12,5 raisons pour lesquelles être entrepreneur est bien plus s pour lesquelles être entrepreneur est bien plus s pour lesquelles être entrepreneur est bien plus s pour lesquelles être entrepreneur est bien plus s pour lesquelles être entrepreneur est bien plus avantageux faillite : quel est le vr(p ta 235)
- Pourquolle ntelligent (page 241)

Comment le Rebelle IntelliIntelligent (page 241)

Comment le Rebelle Intelligent ligent (page 241)

Comment le Rebelle Intelligent ligent (page 241)

Comment le Rebelle Intelligent créé une entreprise :

- Comment créer une entreprise qe (psge 244)
- Comment créer un véritable empire... (page 253)
Biographie de l'un véritable empire... (page 253)
Biographie de l'auteur
Olivier Roland est entrepreneur depuis l'âge de 19 ans, blogueur, Youtubeur, archéologue amateur, plongeur, pilote d'avion, globe-trotter et conférencier international, parmi ses nombreuses casquettes. Il est suivi, tous réseaux confondus, par plus de 250000 fans convaincus par sa méthode !
Année:
2016
Editeur::
Leduc
Langue:
french
Pages:
520 / 521
Fichier:
PDF, 3,27 MB
Télécharger (pdf, 3,27 MB)

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1

Ultimate Questions

Year:
2016
Language:
english
File:
PDF, 403 KB
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2

Physics for Scientists and Engineers: A Strategic Approach

Year:
2016
Language:
english
File:
DJVU, 33.71 MB
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TOUT
LE MONDE

N’A PAS EU LA

CHANCE
DE RATER
SES éTUDES
Comment devenir libre,
vivre à fond et réussir
en dehors du système

OLIVIER ROLAND

Olivier Roland est entrepreneur depuis l’âge de 19 ans, blogueur, Youtubeur, archéologue amateur,
plongeur, pilote d’avion, globetrotter et conférencier international, parmi ses nombreuses casquettes. Il
est suivi, tous réseaux confondus, par plus de 250 000 fans convaincus par sa méthode !

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute
reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre
est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du
Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits
de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.

Maquette : Agence Twapimoa
Suivi éditorial : Joanne Mirailles
Design couverture : 99designs
Illustration : © retrostar by fotolia
© 2016 Alisio (ISBN : 979-10-92928-47-1) édition numérique de l’édition imprimée
© 2016 Alisio (ISBN : 979-10-92928-22-8).

Alisio est une marque des éditions Leduc.s.

Rendez-vous en fin d’ouvrage pour en savoir plus sur les éditions Alisio

« Hacker son éducation. Créer son entreprise. Ce livre est une première marche parfaite. »
Oussama Amar, cofondateur de The Family et serial entrepreneur

« Ce livre transformera votre manière d'apprendre et d'entreprendre. Épatant ! »
Michael Ferrari, auteur

« Lisez, inspirez-vous, appliquez : la recette du succès moderne est dans ce livre. »
Vincent Delourmel, spécialiste de la mémoire

« Le mode d'emploi de la liberté pour ceux qui préfèrent sortir des sentiers battus."
Laurent Breillat, créateur du blog Apprendre la Photo

« Enfin un livre qui lève le voile sur les limites de l'éducation tout en enseignant, pas à pas,
comment réussir sa vie et ses affaires dans la nouvelle écon; omie. Wow !"
Martin Latulippe, auteur et conférencier

« Une vraie bible pour la nouvelle génération d'entrepreneurs, j'aurais vraiment aimé le lire
avant de commencer »
Sam, créateur des apps MosaLingua

« Ne vous laissez pas impressionner par le nombre de pages ; car si vous avez l'âme d'un
rebelle et l'intelligence d'appliquer ses conseils en vous posant les bonnes questions, vous
allez être très vite "happé" par le style concret, et sans langue de bois, de ce livre.
Vous allez découvrir un chemin, pas à pas, pour vous libérer des conventions, avoir une vie
plus heureuse, et devenir un entrepreneur libre et épanoui. Je recommande vivement ! »
Sébastien Night, Le Marketeur Français, auteur et conférencier

« Si je pouvais mettre un livre dans une machine à remonter le temps pour me l’envoyer à
moi-même il y a 25 ans, ce serait ce livre : un recueil de raccourcis géniaux pour accomplir
dans notre vie toutes ces choses dont tout le monde rêve… mais que presque personne
n’atteint jamais. »
David Jay, entrepreneur et conférencier

OLIVIER ROLAND
TOUT LE MONDE
N’A PAS EU LA CHANCE
DE RATER SES ÉTUDES

Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système
À tous les rebelles intelligents du monde,
dont l’étincelle en eux
les pousse à accomplir quelque chose de différent.

SUR LES ÉPAULES
DES GÉANTS
Ce livre n’aurait jamais pu voir le jour sans le travail d’entrepreneurs, de scientifiques,
d’auteurs, rebelles intelligents et explorateurs de talents, tellement nombreux que je
ne pourrai pas tous les nommer ici.
Voici une liste des plus significatifs, par ordre alphabétique :
Jeff Abraham, David Allen, Oussama Ammar, Leo Babauta, Roy F. Baumeister, Warren
Buffet, Robert Cialdini, Stephen Covey, Vincent Delourmel, Hermann Ebbinghaus,
Tim Ferriss, Philippe Gabilliet, William Gibson, Seth Godin, Benjamin Graham, Nicolas
Guéguen, Chip et Dan Heath, Claude Hopkins, Salman Khan, Josh Kaufman, Ray
Kurzweil, Michael Masterson, Kelly McGonigal, Samuel Michelot, Xavier Niel, David
Ogilvy, Frank Oz, Vilfredo Pareto, Steve Pavlina, Neil Rackham, Gregory Retz, Eric
Ries, Ken Robinson, Olivier Seban, Sénèque, Simon Sinek, Peter Thiel, Henry David
Thoreau, Jeff Walker, Richard Wiseman, Mariana Zanetti.
Et merci à tous ceux qui m’ont aidé directement ou indirectement dans la rédaction
de ce livre, en particulier :
Karinny Ank, Romain Bastide, Laurent Breillat, Laurent Chenot, Vincent Delourmel,
Pierre De Vreyer, Dr Chantal Dutron, Michael Ferrari, Édith Lassiat, Martin Latulippe,
Samuel Michelot, Attila Pongor, Aurélie Sergy, Benoît Wojtenka et bien sûr mon éditeur Stéphane Leduc et toute son équipe.
Et tous les autres ! Merci !

Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études

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UNE FORMATION GRATUITE

en complément de ce livre

L’époque à laquelle on se contentait de proposer des livres uniquement
sous la forme d’un livre papier est révolue, et c’est pourquoi j’ai préparé
de nombreuses surprises à tous les lecteurs de ce livre.
Vous pouvez trouver des formations vidéo gratuites complémentaires
à ce livre et de nombreuses autres ressources supplémentaires,
à commencer par le chapitre manquant, en vous rendant sur :

http://olivier-roland.com/formation
Ou en scannant ce code :

Une formation gratuite

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POURQUOI J’AI ÉCRIT CE LIVRE
Le grand pourquoi pour lequel j’ai écrit ce livre est simple : je pense que la vie a autre
chose à nous offrir que « passe ton diplôme et fait du métro-boulot-dodo pendant quarante ans avant de pouvoir enfin profiter de la vie quand toutes tes plus belles années
seront derrière toi ».
Je pense que le meilleur moyen de vivre une vie qui vaut la peine d’être vécue est d’avoir
la liberté et les ressources financières suffisantes pour le faire, et que créer son entreprise
reste encore le meilleur moyen d’obtenir les deux.
L’entrepreneuriat est selon moi une voie royale pour les rebelles intelligents qui n’aiment
pas le système (éducatif ou d’entreprise) et cherchent à s’épanouir dans une autre voie.
Trop de jeunes et de moins jeunes, en France et dans les pays francophones en général,
ne pensent pas suffisamment à cette voie parce qu’on ne leur en parle pas. Nombreux
sont les talents qui créeraient des richesses immenses pour leur pays et pour eux-mêmes
s’ils avaient seulement conscience que créer une entreprise est possible, que cela peut
être fun, excitant, et qu’il est possible de faire cela à temps partiel à côté de leurs études
ou de leur job, tout en minimisant les risques au maximum.
Par ailleurs, ceux qui savent qu’il est possible de créer une entreprise et qui vont se laisser
tenter par cette voie (ou qui se sont déjà laissés tenter) ne savent pas toujours qu’il est
possible de créer des entreprises « style de vie » qui soient au service de leur vie (plutôt
que leur vie soit au service de leur entreprise).
Il y a un manque criant d’entrepreneurs et d’état d’esprit entrepreneurial en France, et
j’espère, à mon niveau, que ce livre contribuera modestement à améliorer les choses.
J’ai écrit ce livre pour toi, lecteur, pour que ton cerveau bouillonne d’envies nouvelles à
mesure que tu découvriras des concepts qui vont changer ta vie et élargir tes horizons. Le
but ultime de cet ouvrage est que tu puisses mettre en pratique un maximum de ce que
tu auras appris pour te créer une vie plus grande que ce dont tu rêvais jusqu’à présent.

Un livre dont vous êtes le héros
Parlons tout de suite de l’éléphant dans la pièce : ce livre est gros. Très gros. Vous allez
peut-être mettre des semaines, voire des mois à le lire. Ou même plus d’une année. Ça
ne pose pas de problème, car c’est un livre pratique qui, comme vous le verrez, vous
propose de nombreuses actions à accomplir dans votre vie. Le but est qu’il vous accompagne au fur et à mesure que vous le mettrez en pratique. Donc appliquez-le, à votre
rythme : c’est infiniment mieux que de vous contenter de le lire sans l’appliquer. Ou, si
vous êtes comme la majorité des gens, vous n’en lirez qu’une (petite) partie, sans appliquer quoi que ce soit. Ne faites pas partie de cette majorité. En décidant de lire ce livre,
vous avez décidé de vous bouger dans un domaine qui compte pour vous. C’est un but
admirable : ne l’abandonnez pas !
Ce livre est en deux parties bien distinctes : une dans laquelle vous découvrirez comment
le système éducatif classique empêche, encore aujourd’hui, tous les ans, des dizaines de
milliers de personnes de s’épanouir (et la solution pour ne pas tomber dans ce piège)…
et l’autre qui vous explique comment créer une entreprise de rêve à temps partiel en minimisant vos risques.
Comme vous le verrez, j’ai saupoudré le livre de nombreux exemples et études de cas de
personnes vivant une vie libre en dehors du système.

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TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

En fonction de qui vous êtes et où vous en êtes sur votre chemin de vie, lire le livre en
entier peut ne pas vous paraître nécessaire. Si vous êtes déjà dans la vie active et que
vous souhaitez créer votre entreprise dans un avenir proche, vous pouvez être tenté de
commencer directement à la deuxième partie. Je le comprends. Mieux vaut ne lire qu’une
petite partie et l’appliquer que tout lire en ne faisant rien. Dans tous les cas, ne manquez
pas les trois principes incontournables présentés tout au début de ce livre (p. 15). Et je
vous recommande de lire malgré tout la première partie aussi. Un des points clés que je
voudrais transmettre dans ce livre est que pour être libre et heureux il est vital de nous former tout au long de la vie, et que l’auto-éducation est la meilleure manière de le faire. En
plus, je vous donne des trucs et des méthodes scientifiquement prouvées pour booster
votre intelligence, votre mémoire, votre motivation et votre volonté (self-control) qui seront
très utiles, non seulement pour votre éducation mais aussi pour votre entreprise. En fait,
c’est utile dans tous les domaines de la vie. Non ? Donc si être plus intelligent, avoir plus
de mémoire et davantage de motivation et de self-control vous intéresse, lisez la première
partie. C’est un conseil d’ami et vous ne le regretterez pas.

COMMENT DEVENIR LIBRE, VIVRE À FOND
ET RÉUSSIR EN DEHORS DU SYSTÈME
… tout en apportant beaucoup de valeur à vous-même et aux autres
Comme vous le comprendrez dans ce livre, avec les technologies d’aujourd’hui, les
rebelles intelligents qui rêvent d’une autre voie que le métro-boulot-dodo peuvent :
¼¼S’auto-éduquer
¼¼Créer leur entreprise avec un minimum de risques
¼¼Faire en sorte que leur entreprise soit au service de leur vie plutôt que leur vie ne soit
au service de leur entreprise
¼¼Vivre leurs passions et apporter un maximum de valeur à eux-mêmes et aux autres…
¼¼Tout en vivant une aventure passionnante et excitante
¼¼Bref, en vivant une vie qui vaut la peine d’être vécue !
Et pour tout cela, un diplôme est facultatif. Wow. Cela semble un peu trop beau pour être
vrai. Eh bien, il y a des risques et vous aurez certainement peur à plusieurs étapes de
l’aventure, mais je vous montrerai comment diminuer ces risques et affronter vos peurs.
Et puis, une aventure sans aucun frisson n’est pas vraiment une aventure, n’est-ce pas ?
Si j’ai réussi à créer ma première entreprise à 19 ans, alors que j’étais sans doute beaucoup moins expérimenté, beau, sûr de moi et bien habillé que vous, il n’y a pas de raison
que vous ne puissiez pas le faire aussi ! Et si j’ai réussi à créer une deuxième entreprise
– à côté de la première, qui elle me demandait 60 à 70 heures de travail par semaine –,
entreprise qui me permet aujourd’hui de voyager six mois par an aux quatre coins du
monde tout en aidant des centaines de milliers de personnes chaque mois, vous pouvez
sans doute lancer votre projet en plus de ce que vous faites aujourd’hui, non ?
Il suffit d’avoir un rêve, de le transformer en projet avec une bonne idée, puis faire un
pas en avant et le faire. Autant d’étapes qui sont le tombeau de beaucoup d’aspirants
entrepreneurs.
Mais si vous êtes un rebelle intelligent, j’ai déjà capté votre attention et je suis prêt à parier
que vous voulez en savoir plus. Commençons par mon histoire…
Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système

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Mon histoire et pourquoi vous devez lire ce livre
« OK, maintenant tu vas te mettre sur le taxiway et tu vas me laisser descendre. »
Je ne pus empêcher mes mains de se crisper sur les commandes en entendant cela.
Je freinai pour terminer l’atterrissage de l’avion le plus vite possible, et le dirigeai vers
le taxiway. Ce que Vincent, mon instructeur de pilotage venait de me dire, c’est qu’il
m’estimait prêt à faire mon « lâcher ». Mon premier vol sans personne d’autre à bord que
moi-même.
Alors que Vincent ouvrait la porte de l’avion et me criait ses dernières instructions, une
partie de mon esprit ne pouvait s’empêcher de se demander s’il avait raison, si j’étais
vraiment prêt et si je n’allai pas plutôt me crasher lamentablement dans un arbre ou une
ferme.
Une fois mon instructeur en sécurité sur la piste, je remontai lentement le taxiway,
essayant de ne pas laisser mon esprit divaguer, me remémorant à haute voix les différentes étapes à ne pas oublier lors d’un décollage puis un atterrissage. Inutile de dire que
le moindre oubli aurait pu s’avérer fatal.
Arrivé au bout du taxiway, je m’alignai sur la piste. Je pris une grande inspiration, annonçai mon décollage à la radio et mis les gaz. C’était parti.
Ce jour ressemblait étrangement à plusieurs autres que j’avais vécus dans ma vie.
En décidant de quitter l’école à 18 ans pour créer mon entreprise, il faut dire que je
n’avais pas choisi la voie la plus sage. C’était la même chose : tout d’abord la ferme envie
de réaliser un rêve, plusieurs mois de préparation méticuleuse, puis le grand saut.
À la clé : plus de liberté, des sensations merveilleuses, une aventure peu commune et
aussi plus de responsabilités, y compris celle, malgré toutes les préparations faites, d’envisager l’échec.
Tout comme ma première création d’entreprise, mon premier vol en tant que pilote solo
se passa bien. Contrairement à ma première création d’entreprise, il n’y eut même aucun
écueil. Je fis décoller l’avion, fis tranquillement le tour de l’aéroport en m’émerveillant
d’être là, dans les airs avec juste moi et l’appareil, et me posai sans encombre, avec les
félicitations de mon instructeur. Ouf. Ce jour était l’accomplissement non seulement de
mes mois d’entraînement au pilotage, mais aussi d’une réorientation complète de ma vie
qui avait eu lieu quelques années auparavant.
Ma première entreprise ne m’aurait guère laissé le temps et l’énergie nécessaires pour
suivre ces cours. J’étais plutôt du genre entrepreneur surmené avec un équilibre désastreux entre vie professionnelle et vie personnelle, si vous voyez ce que je veux dire.

Du lycéen boutonneux au chef d’entreprise libre et heureux
1995 : à 14 ans, j’investis presque toutes mes maigres économies pour acheter mon premier
PC. C’est l’un des meilleurs investissements de ma vie. J’apprends tout seul à m’en servir. Internet est encore rare et je n’en ai pas entendu parler donc j’emprunte des livres
pour compléter ce que j’apprends avec mes expérimentations. C’est la première fois que
j’utilise des livres pour apprendre tout seul quelque chose d’utile.
1999 : « petit génie de l’informatique » comme ils disaient à l’époque – entendez par là que
j’étais un geek plutôt timide qui osait à peine parler aux filles –, je remarque avec un ami

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TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

le manque consternant de sociétés proposant du dépannage informatique à domicile.
Nous avons alors l’idée de proposer d’offrir ce service pour les particuliers. Nous n’avions
que 18 ans et aucune idée de la façon dont il fallait créer et gérer une entreprise.
Nous décidons donc de tester le concept sur le terrain en investissant environ 60 francs
– oui, c’était avant l’euro – dans une petite annonce dans un journal gratuit local, proposant du dépannage à domicile pour 100 francs de l’heure. C’était bien trop bas, et oui
c’était au black, mais à 18 ans ce genre de considérations ne nous importunaient pas
beaucoup.
Résultat : après un mois, nous réalisons 5 000 francs de chiffre d’affaires. Pas mal quand
on est habitué à 50 francs d’argent de poche par semaine ! C’est le déclic qui me décide
à arrêter les études et à créer mon entreprise. J’ai un bac moins deux. Mon ami préfère la
voie sage et continue son cursus.
2000 : trois mois avant de créer mon entreprise, je me dispute violemment avec mon père, au
point qu’il me jette dehors. J’ai toujours eu un caractère très indépendant – une manière
diplomate de dire que j’ai parfois un entêtement de mule autiste – et l’adolescence n’a
évidemment pas arrangé cela.
Mon père s’attend à ce que je revienne dans les jours qui suivent, mais je suis trop fier
pour cela et je vois là une opportunité de vivre une nouvelle aventure malgré un départ
tonitruant et peu glorieux.
Je vis quelques semaines chez des amis et de la famille, puis je déniche un emploi à mitemps dans une crêperie qui me permet de me payer mon premier chez-moi – un trou à
rat de 13 m² entre les toilettes et la douche collectives de l’immeuble – tout en continuant
mon projet de création.
Après un an à travailler sur le dossier et à me faire aider dans le réseau d’accompagnement à la création d’entreprise à Lille, je réunis finalement les financements nécessaires
et je démarre officiellement Hypro le 3 juillet 2000. J’ai un peu plus de 19 ans et je suis
heureux comme un pape d’avoir réussi avec succès cette partie de l’aventure !
Six mois plus tard, je suis au bord de la faillite.
N’ayant pas élaboré de stratégie efficace pour acquérir des clients, j’erre comme un poulet sans tête. Et avec ma naïveté incroyable de geek qui découvre la vie, je me suis fait
arnaquer par plusieurs officines pour acheter à prix d’or des espaces de publicité dans
des « magazines » au tirage inexistant, et mon seul investissement réel – une publicité
dans le journal local au prix « découverte » qui l'a fait apparaître près de la rubrique nécrologie – n’a pas assez apporté de clients pour compenser la dépense.
Début 2001 : autruches et taureaux.
Lentement, le nombre de clients augmente néanmoins car je fais du bon travail et le
bouche-à-oreille s’enclenche, mais pas assez vite pour régler mon problème urgent :
sans un apport d’argent immédiat je vais devoir mettre la clé sous la porte.
Je m’étais rêvé chef d’entreprise, je vois alors que la transition depuis le « métier » de
lycéen n’est pas si facile. Mais je ne baisse pas les bras et je contacte toutes les personnes que j’ai rencontrées dans le milieu de la création d’entreprise pour leur faire part
de mon problème.
Le directeur d’une structure qui avait financé la moitié de mes prêts entend mon appel
et après avoir discuté de ma situation pense que le business model est viable et que mon
problème est un simple problème de trésorerie. Il m’obtient un autre prêt qui s’avérera
Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système

11

suffisant pour me faire sortir la tête de l’eau le temps nécessaire pour atteindre le seuil de
rentabilité – la fameuse étape indispensable de toute entreprise qui réussit, lorsque les
revenus équilibrent à peu près exactement les dépenses. C’est à ce moment-là que je
découvre l’importance de ce principe pour un entrepreneur : mieux vaut prendre le taureau
par les cornes plutôt que de faire l’autruche.
Automne 2001 : après avoir vivoté tant bien que mal, un de mes clients me donne un conseil
qui va changer ma vie à tout jamais et asseoir définitivement la rentabilité de mon entreprise : « Olivier, il y a des gens qui sont heureux quand ils font des “coups”, mais un véritable chef d’entreprise sait que l’argent se trouve dans les ventes récurrentes. »
Mais oui ! Plutôt que de proposer uniquement des prestations de dépannage aux entreprises, je vais aussi leur proposer des contrats de maintenance régulière ! Et ça fonctionne : je peux enfin me payer le SMIC. Pas trop tôt.
2003 : je gagne alors 2 000 euros par mois et j’embauche mon premier employé. Je parviens tellement à le motiver sur l’entrepreneuriat qu’il part au bout d’un mois et demi.
J’en embauche un deuxième. Un désastre. En allant dépanner un client, il débranche un
câble réseau qui s’avère être le seul câble de branchement des caisses enregistreuses
de tout l’étage du magasin. Et oublie de le rebrancher. Le client, sympa, décide de ne
pas me poursuivre : j’aurais été obligé de vendre ma vieille Peugeot et mon mobilier pour
le rembourser. Plus de peur que de mal. L’employé n’en étant pas à sa première bêtise,
nous arrêtons l’expérience alors que la période d’essai n’est pas terminée. Le troisième
sera le bon. Je découvre que le recrutement et le management, ce n’est pas de la tarte.
2005 : après m’être éclaté comme un fou à développer mon entreprise, je commence à me
rendre compte que bosser 60 ou 70 heures par semaine n’est pas exactement génial
pour mon épanouissement personnel. C’est à peu près au même moment que quelqu’un
me demande quel est mon salaire horaire. Je fais le calcul et horreur ! Je gagne moins
que le SMIC à l’heure ! Pas vraiment ce à quoi je rêvais étant donné les risques pris.
Je cherche un moyen de m’en sortir et constate que l’entreprise que j’ai créée pour être
libre est en fait une prison dorée. C’est ma seule source de revenus, je ne peux pas la
revendre et, comme tous les entrepreneurs en France, je n’ai pas droit aux indemnités
chômage si l’entreprise se casse la gueule. Que faire ? Je cherche la solution pendant
deux ans.
Fin 2007 : un ami me parle d’un blog de développement personnel qui fait fureur aux ÉtatsUnis et un nouveau monde s’ouvre à moi.
Un blog n’est pas seulement un journal intime : ça peut être une mine d’informations sur
des sujets aussi variés que la gestion d’entreprise, le bonheur ou le développement personnel. Je découvre aussi que certains blogueurs anglo-saxons ont fait de leur blog une
véritable entreprise, qui leur permet de vivre de leur écriture, parfois très bien, et surtout
qui leur permet d’être complètement libres géographiquement parlant puisque leur entreprise peut être gérée de n’importe où sur la planète du moment qu’ils ont une connexion
Web (ce qui fait beaucoup, beaucoup d’endroits possibles).
Je démarre donc immédiatement mon premier blog, sur un sujet que je connais bien
étant donné mon métier : les nouvelles technologies.
Mi 2008 : malheureusement, le succès n’est pas au rendez-vous comme je l’avais espéré :
après six mois de travail, j’ai gagné exactement 16,38 euros. Pas exactement un chiffre
d’affaires d’entreprise.

12

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

Au même moment je lis un livre pratique parlant d’entrepreneuriat, au titre frappant :
La semaine de 4 heures. Je me prends une claque magistrale qui me fait complètement
changer ma vision de l’entrepreneuriat alors que cela faisait huit ans que je dirigeais mon
entreprise.
Je tombe donc de mon piédestal du self-made-man qui n’a pas besoin d’apprendre
parce qu’il est trop intelligent et fait ce que sans doute tout adulte normalement constitué
à ma place ferait : me mettre en quête d’autres livres exceptionnels.
Je commence donc par The E-Myth de Michael Gerber, un des livres recommandés par
Tim Ferriss, l’auteur de La semaine de 4 heures.
Ce livre décrit très précisément le problème dans lequel je me suis enfermé avec mon
entreprise et qui fait que je travaille autant, avec des détails tellement précis que j’ai
l’impression que l’auteur me connaît et parle de mon cas directement. Je me prends une
nouvelle claque.
Deux claques en moins d’un mois, c’est sûr, je tiens quelque chose. Je me mets en quête
d’une liste des meilleurs livres de business et, après quelques semaines de recherche, je
tombe sur une liste de lecture admirablement sélectionnée dont une proportion stupéfiante des livres qu’elle contient allaient changer ma vie : le « Personal MBA ».
Accessoirement, c’est cette liste qui me donne l’idée de lancer mon blog qui allait assurer
mon succès en ligne : Des Livres Pour Changer De Vie.
Fin 2009 : le revenu de mon blog passe soudainement de 300 à 3 000 euros par mois car j’ai
fini par demander à mon audience le produit qu’elle voulait. La réponse : une formation
pour les aider à créer leur entreprise. Je m’exécute donc à créer ce produit, qui répond
parfaitement aux attentes des futurs entrepreneurs, car je les connais bien. En plus d’être
moi-même un entrepreneur, cela fait huit ans que je participe au jury d’une structure de
financement de projets d’entreprise et j’ai vu défiler une centaine de dossiers. La formation que je mets sur pied répond donc totalement aux attentes de mes lecteurs et elle se
vend en très grand nombre.
Mars 2010 : après avoir mis le paquet dans la promotion de cette formation et notamment mis
en avant les premiers retours positifs des clients, le chiffre d’affaires passe à 14 000 euros
par mois. Enfin un vrai CA d’entreprise ! Je commence mon plan pour revendre ma première boîte.
Septembre 2010 : après avoir viré les clients les plus casse-pieds et vendu un tiers du portefeuille client, je confie le reste à mes employés et sors pour la première fois d’Europe
pour aller à l’autre bout du monde pendant un mois : Wallis-et-Futuna et Fidji, me voilà !
J’adore tellement que c’est décidé : je vais voyager. Beaucoup. À mon retour, je vends le
reste de mon entreprise.
Cinq ans plus tard : j’ai fait un road trip d’un mois en Californie qui m’a emmené de San
Francisco à San Diego en passant par Las Vegas et la Death Valley, ai contemplé les
bûchers funéraires des Hindous à Varanasi et les Sikhs se baignant dans le lac sacré du
Temple d’Or à Amritsar, ai conduit la Ford Mustang d’un ami millionnaire de Montréal à
Québec, ai visité les chutes du Niagara avec la championne du monde de dressage de
chiens, ai fait mon baptême de parapente dans le paradis du genre, l’île de la Réunion,
ai été initié au yoga à Rishikesh, la « capitale mondiale du yoga » en Inde, ai rencontré
plus d’auteurs de best-sellers américains que les doigts de mes deux mains (et bien

Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système

13

plus encore d’entrepreneurs géniaux), ai découvert tout aussi bouche bée les merveilles
volcaniques de Santorin et les bières tièdes londoniennes, ai passé mon brevet de plongée au Maroc, assisté à un combat de boxe thaï à Bangkok et quelques semaines plus
tard au défilé du carnaval de Rio dans le sambodrome, ai goûté les différences entre les
sangrias du sud de l’Espagne et des Canaries, ai découvert le paradis sur Terre en vivant
deux mois sur des îles aux plages de sable blanc aux Philippines, ai participé au festival
complètement déjanté Burning Man pendant une semaine dans le désert du Nevada, suis
parti à la recherche des francophones natifs de Louisiane tout en goûtant au jazz de la
Nouvelle-Orléans, entre autres aventures drôles ou magnifiques.
J’adore ma nouvelle vie.
Début 2016 : mes quatre principaux blogs1 et ma chaîne YouTube2 aident plus de
400 000 personnes chaque mois à trouver des livres pour changer leur vie, à être
plus heureux et plus zen dans leur vie, à gagner plus d’argent, à être plus productif
et avoir plus de temps pour eux, leur famille et leurs amis, et j’ai aidé plus d’un millier
de clients à aller encore plus loin dans certains de ces domaines, un impact que je n’aurais jamais pu avoir avec ma première entreprise.
Pourtant je ne suis pas un millionnaire et le devenir m’importe peu.
Je suis un entrepreneur dont l’entreprise est au service de ma vie alors que la vie de beaucoup d’entrepreneurs est au service de leur entreprise. Je profite pleinement des quatre
éléments indispensables de la liberté dont rêvent beaucoup de ceux qui créent leur entreprise : la liberté de faire ce que je veux, où je veux, avec qui je veux, quand je le veux.
Michael Masterson, dans son superbe livre Ready, Fire, Aim, explique à quel point cette
liberté est préférable à être riche et avoir un emploi du temps infernal. Tim Ferriss renchérit
dans La semaine de 4 heures en bâtissant tout son livre – et sa vie – autour de ce principe.
Je ne peux que leur donner raison. Depuis que j’ai adopté ce modèle en combinaison
avec une auto-éducation continue et l’apprentissage de nombreuses stratégies de business efficaces, ma vie a changé du tout au tout.
Au fond de moi, je suis toujours ce jeune rebelle qui veut goûter pleinement à la flamme
de la liberté, tout embrasé qu’il est de vouloir vivre sa propre vie plutôt que celle d’un
autre. J’ai juste appris à canaliser cette énergie et mon temps de manière beaucoup plus
productive, entièrement dirigés vers le but que je me suis fixé.
Ce livre s’adresse aux iconoclastes, aux rebelles qui comme moi rêvent d’autre chose
que la routine ennuyeuse d’un salarié et d’une retraite mortelle qui n’aura lieu que lorsque
la plus belle part de notre vie sera passée, à ceux qui doutent de la capacité du système
à nous offrir autre chose qu’un petit quotidien confortable en cas de réussite, à ceux qui
ne se retrouvent pas dans ce système et qui n’y brillent pas, à ceux qui veulent vraiment
vivre leur vie à fond, sans attendre un hypothétique lendemain qui chante.
L’entrepreneuriat et l’auto-éducation sont deux moyens géniaux pour sortir du étudesdiplômes-métro-boulot-dodo et je vous montrerai comment les utiliser au mieux.
Je vais vous apprendre à sortir du système en minimisant les risques, à tirer votre épingle
du jeu tout en vous amusant, à vivre votre vie à fond et peut-être à pouvoir dire à la fin
« j’ai vraiment vécu ». Suivez le guide.

14

1

www.des-livres-pour-changer-de-vie.fr, http://blogueur-pro.com/, http://www.habitudes-zen.fr/ et http://devenez-meilleur.co/.

2

https://www.youtube.com/user/DesLivresPourChanger.

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

TROIS PRINCIPES INCONTOURNABLES
POUR TOUS LES REBELLES INTELLIGENTS
« Quant aux méthodes, il peut y en avoir des millions et davantage, mais les principes
sont peu nombreux. L’homme qui comprend les principes peut sélectionner avec succès
ses propres méthodes. L’homme qui essaie les méthodes en ignorant les principes
est sûr de rencontrer des problèmes. »

Ralph Waldo Emerson

Ces trois principes vont vous permettre, comme le dit ce cher Ralph, de choisir par
vous-même vos propres méthodes. Et de la manière la plus efficace qui soit. En 1) étant
capable de détecter les méthodes bien plus efficaces que les autres, 2) en les testant
pour savoir si elles fonctionnent pour vous et 3) en vous focalisant sur les 80 % de ce
qu’elles apportent avec 20 % du travail qu’elles demandent, vous devenez alors très
bons à des méthodes qui sont en elles-mêmes excellentes. Ce double effet de levier vous
donne un avantage énorme sur tous les autres qui n’ont pas compris ces principes et/ou
ne les ont pas appliqués.
Voyons comment faire.

1er principe
Le bon scepticisme
Jeux Olympiques de Mexico, 1968. Un grand dadais se balance nerveusement d’un pied
à l’autre, l’air concentré et serrant les poings. La foule retient son souffle. Il semble hésiter,
pendant de longues secondes, puis il s’élance enfin. Et saute avec brio au-dessus de la
barre. Le public explose et lui envoie un tonnerre d’applaudissements.
Car ce jeune homme a employé une technique qu’aucun autre athlète n’utilisait jusqu’à
présent. Et il vient juste de sauter une hauteur de 2,24 mètres, battant son concurrent de
2 centimètres et établissant le record du saut en hauteur aux jeux Olympiques.
Son saut est tellement différent de ce qui se pratique à l’époque que le jury commence
par le refuser. La tension est à son comble. Cet exploit allait-il être effacé d’un coup de
gomme ?
Finalement, après avoir consulté le règlement et constaté que rien dedans n’interdit cette
technique, le saut est accepté. Et Dick Fosbury entre dans l’histoire. Il gagne la médaille
d’or, et vient d’initier un changement profond dans la pratique du saut en hauteur.
D’une technique d’outsider, elle devient la norme. En 1980, 13 des 16 finalistes utilisent le
Fosbury-fllop. Et aujourd’hui, c’est la seule technique utilisée en compétition.
Imaginons que vous soyez un pratiquant du saut en hauteur dans les années 1960 et
que vous entendiez parler de certaines personnes qui utilisent une technique qui semble
leur donner un avantage certain en leur faisant gagner plusieurs centimètres. C’est une
technique qui va à l’encontre de tout ce que vous avez appris : plutôt que de faire passer la barre en dessous du ventre, le sauteur présente son dos à la barre. Du jamais vu.
Personne n’a fait ça durant les sept décennies d’histoire officielle de ce sport.
Quand vous êtes en 1968 face à quelque chose d’aussi radicalement nouveau, vous pouvez
grosso modo avoir trois types de réactions possibles :
Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

15

¼¼Le rejet pur et simple. Ce sont des conneries, après tout si c’était vraiment plus efficace, quelqu’un l’aurait déjà tenté depuis le temps, pas vrai ?
¼¼Une curiosité polie. « Vraiment ? Il y a peut-être quelque chose d’intéressant làdedans », vous dites-vous. Vous en parlez à votre entraîneur rapidement à la
machine à café, il accueille votre suggestion avec un grognement, puis la vie reprend
comme avant.
¼¼Un intérêt motivé. Vous savez que parfois les évolutions majeures en sport ou ailleurs viennent de découvertes contre-intuitives. Vous allez donc rencontrer ceux qui
pratiquent cette nouvelle méthode, regarder comment ils procèdent, mesurer leurs
performances. Si cette étude vous montre qu’il y a bien quelque chose d’intéressant
dans cette technique, vous allez vous former et tester par vous-même les résultats.
Sur les trois types de réactions possibles, celle que vous allez avoir est en partie influencée
par les preuves : sont-elles abondantes, sérieuses et facilement visibles ?
Dans le saut en hauteur, une méthode plus efficace qu’une autre s’impose rapidement
étant donné la motivation des gens du milieu et la facilité de mesurer les effets d’une
méthode plus performante3.
Mais imaginons que vous ayez pratiqué un peu le saut en hauteur dans votre jeunesse
et que vous lisiez un livre qui prétend vous enseigner une méthode plus efficace et qui
contredit certains fondamentaux que l’on vous a enseignés comme universels.
Vous ne pratiquez plus cette discipline, mais vous vous souvenez de vos scores et des
scores moyens à l’époque. Ceux que l’on avance dans le livre vous semblent trop beaux
pour être vrais. Ce n’est certainement pas possible.
Évidemment aujourd’hui avec Internet, il est plus facile de faire des recherches pour
réduire l’incertitude. Si un livre parle d’une méthode révolutionnaire pour sauter en hauteur et de résultats exceptionnels, vous pouvez aller trouver d’autres opinions, recherches
et preuves sur Internet. Vous tomberez sur des gens qui trouvent ça génial, d’autres qui
disent que c’est absurde, d’autres qui disent que c’est une arnaque. Mais vous pouvez
aussi accéder aux résultats en compétition de ceux qui pratiquent cette méthode et voir
sur YouTube comment ils s’y prennent. Pour le saut en hauteur, il est relativement facile
de vérifier.
Mais comment faites-vous pour déterminer l’efficacité réelle d’un livre qui parle d’un sujet
sur lequel il est très difficile de trouver des résultats ? Vous allez certainement me rétorquer que si un livre qui s’est très bien vendu parle d’une méthode efficace, les résultats
seront facilement trouvables sur Internet.
En réalité, cela dépend. Par exemple, un des livres les plus vendus au monde dans le
domaine de la communication et du développement personnel est le livre Comment se
faire des amis »4, écrit dans les années 1930 par Dale Carnegie. Des dizaines de millions
de personnes l’ont lu. Et bon nombre d’entre elles se sont contentées :

1. D’avoir une réaction de rejet plus ou moins virulente.
2. De l’acheter et de n’en lire qu’une petite partie, voire rien du tout.
3. Ou de trouver cela intéressant, puis de le ranger dans un coin et de l’oublier.

Et encore quand je dis rapidement, tout est relatif. Après tout, en 1980, douze ans plus tard, 3 des 16 finalistes utilisaient
encore l’ancienne méthode !

3

4

16

Il s’est vendu à plus de 15 millions d’exemplaires d’après The Financial Post.

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

Étant donné le succès planétaire de ce livre, il est probable qu’il y ait eu davantage de
gens dans le cas numéro 3 que dans les deux premiers. Mais cela veut dire qu’une majorité de lecteurs s’est contentée de lire ce livre, de le trouver intéressant, de tester un ou
deux concepts puis de le remettre sur une étagère où il a fini par prendre la poussière.
Il peut y avoir de nombreuses raisons à ce comportement comme notre tendance
humaine à remettre les choses non urgentes au lendemain (ce qui se traduit bien souvent
par « jamais » comme nous le savons).
Un autre facteur qui joue souvent également est le doute. Nous lisons un livre pratique
qui nous intéresse, ou nous apprenons l’existence d’une méthode intéressante, et
nous nous demandons ce qui est du lard et ce qui est du cochon. Nous nous disons
« comment séparer le bon grain de l’ivraie ? ». Nous nous disons sans cesse « hmm, ça
c’est intéressant » et « ça par contre, c’est exagéré, c’est sans doute faux », et au final
nous avons deux doutes majeurs sur la globalité de la théorie :
¼¼Et si l’auteur mentait, même partiellement ? Il pourrait le faire pour des intérêts
égoïstes (gloire, argent).
¼¼Et si l’auteur se trompait ? S’il prenait, comme Don Quichotte, des moulins à vent
pour des géants ?
Ces doutes sont une puissante et insidieuse forme de démotivation, car qui voudrait
s’investir dans la mise en pratique d’une méthode dont on doute de la pertinence ? Cette
forme de doute est saine et tout à fait normale – bien plus que le rejet immédiat du type
« ce n’est pas possible ! Si c’était aussi simple cela se saurait ! ». Mais comment utiliser
ce doute de manière intelligente, pour nous pousser à l’action plutôt que pour nous paralyser, et pour déterminer si cette méthode est vraie ou non ?
Prenons un exemple concret pour introduire la réponse à cette question, avec l’exemple
de Warren Buffet.
Warren Buffet, entrepreneur et investisseur américain, est l’un des hommes les plus
riches du monde5. Il a réussi notamment par ses investissements en Bourse et a donné
des dizaines de milliards de dollars à des œuvres caritatives. Il a par ailleurs prévu de donner 99 % de sa fortune à terme.
Mais comment a-t-il démarré ? L’un des fondements de son succès fut non seulement
sa découverte du livre Comment se faire des amis, mais surtout la manière dont il testa ses
principes pour déterminer si la méthode était viable ou non.
Il lut Comment se faire des amis à 8 ans, en le trouvant dans la bibliothèque de son grandpère6. Cela l’inspira beaucoup, mais comme beaucoup d’entre nous, il appliqua un peu
les concepts, les oublia, s’en remémora quelques-uns puis les oublia de nouveau.
Quelque temps plus tard, il décida de faire un véritable test scientifique sur le terrain pour
savoir si oui ou non cette méthode fonctionnait (et si les principes valaient la peine d’être
appliqués).

Littéralement. Il a été l’homme le plus riche du monde en 2008 et, après avoir donné des milliards à des œuvres caritatives,
a été le deuxième plus riche en 2009. En 2014, il est le quatrième.

5

6

Voir sa biographie, L’effet boule de neige, d’Alice Schroeder.

Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

17

Comment s’y prit-il ? Très simplement. La moitié du temps il appliqua les principes du
livre, l’autre moitié du temps il ne les appliqua pas, agissant « au naturel ». « Naturel »
signifiant « timide et introverti » – Warren avait tout du geek avant l’heure quand il était
adolescent.
Les résultats furent sans appel : en utilisant les principes du livre, les gens réagissaient
beaucoup plus positivement que quand il ne les utilisait pas. Il eut son cœur rempli de
joie : lui, si timide, avait à présent acquis une méthode qui pouvait l’aider à nouer de meilleures relations avec les autres, et il avait la preuve de l’efficacité de cette méthode.
Ce n’est pas pour autant qu’il sut immédiatement appliquer le système de Carnegie
tel quel. Il échoua de nombreuses fois à appliquer tel ou tel principe et il eut plusieurs
périodes pendant lesquelles il oublia totalement d’utiliser ce système.
Mais il y revint encore et encore, essayant, échouant, réussissant, intégrant de mieux en
mieux chacun de ces principes, jusqu’à ce qu’ils fassent partie intégrante de lui, ayant
aiguisé son esprit et ses capacités sociales grâce à eux.
Voilà un bel exemple de ce que j’appelle le « bon scepticisme ».
Warren Buffet s’est rendu compte que le fait de douter du système ruinait sa motivation
à l’appliquer, donc il a fait un test concret pour déterminer si ce système était efficace
pour lui.
Je vais peut-être paraître manichéen, mais tant pis : pour moi il y a deux catégories de
sceptiques, les bons et les mauvais.
Contrairement aux bons et aux mauvais chasseurs, il y a une vraie différence entre les
deux :
¼¼Les mauvais sceptiques sont ceux qui, en découvrant une théorie nouvelle qui remet
en cause leur conception des choses, la rejettent immédiatement en se disant « ce
n’est pas possible ! Cela va à l’encontre de tout ce que je sais, et si cela permettait
vraiment d’avoir les résultats décrits, ça se saurait ! ».
¼¼Les bons sceptiques sont ceux qui, en découvrant une théorie nouvelle qui remet
en cause leur conception des choses, se disent « c’est intéressant, et les résultats
décrits sont motivants. Mais est-ce vrai ? Hmmm… Quelle expérience simple pourrai-je employer pour tester un ou deux principes de cette méthode ? ».
Il ne s’agit pas de faire une véritable étude scientifique randomisée en double aveugle
avec des centaines ou des milliers de participants, parce que 1) c’est hors de la portée
de 99,9 % des êtres humains et 2) même si une étude de ce genre montre que cela ne
bénéficie qu’à une minorité de personnes, peut-être que vous en faites partie et qu’en
l’utilisant vous aiderez des milliers ou des millions d’autres personnes ?
Sur toutes les personnes qui ont lu Comment se faire des amis, combien l’ont appliqué
concrètement et de manière répétée dans leur vie et en ont donc tiré un bénéfice ?
Allez savoir, mais sans doute une (toute petite) minorité. Mais si cette toute petite minorité l’a utilisé avec efficacité pour créer de la valeur pour eux-mêmes et pour les autres
comme l’a fait Warren Buffet, alors peu importe que la majorité n’en retire rien.
Il vous faut tester par vous-même pour voir si cela vous apporte quelque chose de
concret.
Maintenant, il n’est bien sûr pas matériellement possible de tout tester, pour des raisons

18

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

de temps et aussi de méthodes (certaines sont plus difficilement testables que d’autres).
Mais dans la mesure du possible, faites-le.
Donc s’il vous plaît, soyez sceptique en lisant ce livre. Mais soyez sceptique de la bonne
façon. En testant pour déterminer ce qui fonctionne pour vous.
Lors de votre lecture, je vous invite à prendre des notes en vous focalisant sur les actions.
Dès que vous voyez quelque chose que vous pouvez mettre en pratique rapidement, à
des fins de tests, notez-le, et faites le test le plus rapidement possible7. Vous verrez que
j’ai conçu ce livre pour qu’il soit bourré d’actions que vous pouvez tester.
Faire ces tests, et ensuite – si les résultats sont bons – intégrer ces outils et ces méthodes
dans votre vie requiert, comme Warren Buffet l’a fait pour Comment se faire des amis, une
grande motivation et une grande persistance.
Ce ne sera pas facile. Mais ça vaut le coup.
Et si vous n’êtes pas assez motivé par le fait de hacker votre éducation et de créer votre
entreprise pour tester dans votre vie au moins quelques actions simples, alors je vous
déconseille de continuer la lecture de ce livre. À moins que vous ne soyez satisfait d’augmenter votre culture générale sans avoir aucun retour concret, continuer sans la motivation nécessaire serait une perte de temps !

2e principe
Il existe des méthodes bien plus efficaces que d’autres
dans de nombreux domaines
Prenez quelques instants pour lever la tête du livre et regarder autour de vous. Contemplez
quelques instants chacun des objets qui se trouvent à portée de vue. Allez-y. Levez vraiment la tête hors de ce livre.
OK. Tous les objets faits de la main de l’homme que vous avez vus ont été construits à
l’aide d’une méthode qui, à un moment donné – depuis que les premiers hominidés ont
développé les premiers outils, des galets aménagés –, s’est révélée plus efficace que
l’ancienne par rapport à un objectif donné – cet objectif prenant souvent en compte le
rapport coût et effort déployés pour créer l’objet par rapport à son utilité.
Votre voiture, votre téléphone, votre ordinateur, ce livre que vous tenez entre les mains,
la chaise sur laquelle vous êtes assis, tous ces objets ont été construits à l’aide d’une
méthode qui s’est avérée plus efficace que d’autres au fil des millénaires.
Même les œuvres artistiques les plus éthérées, qui ne recherchent pas une forme d’efficacité matérielle, ont été créées avec des outils conçus pour être utilisés plus efficacement par les artistes que les premiers pigments naturels, les doigts bruts pour appliquer
la peinture et les premiers tam-tams rudimentaires pour faire de la musique.
Toute musique peut être transcrite grâce à un système de notation qui a été développé
parce qu’il était plus efficace que les anciens systèmes et plus efficace que pas de système du tout.
Pour approfondir et notamment apprendre comment mettre en place des tests de la bonne manière, je vous recommande
fortement le site du mouvement Quantified Self : http://olivier-roland.com/quantifiedself/, mouvement qui croît fortement
depuis plusieurs années. Voir aussi le chapitre 3, p. 79.

7

Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

19

Pensez-vous qu’il existe des domaines dans lesquels il n’y a pas de méthodes qui soient
plus efficaces que d’autres ?
Vous pouvez chercher. Il n’y en a pas.
Certes, toutes les méthodes utilisées ne sont pas forcément les meilleures. Elles pourraient l’être du point de vue d’un certain ratio coût/gain (c’est-à-dire qu’il y aurait de
meilleures méthodes mais celles-ci sont trop onéreuses à utiliser), ou alors l’adoption de
meilleurs systèmes demanderait un trop grand effort d’adaptation qui ne compenserait
pas les bénéfices.
Par exemple, il est peut-être possible d’inventer un meilleur système de notation musical que celui déjà utilisé, mais comme tous les musiciens du monde utilisent le système
actuel, l’adoption d’un nouveau système plus efficace se ferait lentement – si elle se
fait – étant donné que le système actuel fait déjà son travail suffisamment bien.
Cela ne vous empêche pas d’en inventer un autre, ou de proposer des améliorations, ou
d’en apprendre un plus efficace proposé par un inventeur génial mais fou. Mais OK, dans
le cas de la notation musicale, c’est sans doute un pari ambitieux !
Maintenant, considérez la disposition de nos claviers d’ordinateur : le système Azerty
(Qwerty pour les Anglo-Saxons) est de loin le système le plus répandu. Est-il pour autant
le plus efficace ? Que nenni ! Le système Azerty vient du système Qwerty, mis en place en
1868, à l’époque des premières machines à écrire. Les lettres étaient sous forme de tampons métalliques placés au bout d’une tige qui venait frapper le papier. Si vous tapiez trop
vite des lettres contiguës, les tiges se bloquaient mutuellement. Les systèmes Qwerty et
Azerty permettaient donc d’éloigner les unes des autres les lettres les plus fréquemment
utilisées et, en réduisant la vitesse de frappe, on évitait le risque d’enchevêtrement des
tiges.
Depuis les années 1920 et l’introduction des premières machines à écrire électroniques,
nous aurions pu mettre en place un autre système, qui permette une meilleure vitesse de
frappe ! Or, tout le monde continue d’utiliser ce système obsolète. Bien sûr, en apprenant
la dactylographie, vous pouvez améliorer la manière dont vous utilisez le clavier et accélérer votre vitesse de frappe – en utilisant vos dix doigts au lieu de quatre ! – en passant
d’une moyenne de frappe de 41 mots par minute8 à plus de 80 voire plus de 100.
Des dispositions de clavier bien plus performantes que le Qwerty ont été mises en place,
le plus connu étant le Dvorak.
Eh oui ! Il existe des alternatives à ce bon vieux clavier dépassé !
En utilisant le système Dvorak, Barbara Blackburn est devenue la dactylographe la plus
rapide en anglais, figurant au Livre Guinness des Records pour avoir tapé une moyenne
de 150 mots par minute pendant 50 minutes, avec une vitesse maximale de 212 mots
par minute9.
De même, la phonétique est une manière bien plus efficace d’écrire une langue que
celle utilisant l’alphabet latin que l’on apprend à l’école. Pensez à tous ces sons qui
s’écrivent différemment de la manière dont on les prononce, ou tous ces sons différents qui s’écrivent de la même manière. La phonétique est tellement supérieure pour
8

« Average Typing Speed Infographic », http://olivier-roland.com/ratatype/.

Ces « mots » sont en fait des mots « fictifs » de 5 caractères. Donc dès que quelqu’un tape 5 caractères (espaces
comprises), on considère qu’il s’agit d’un mot.

9

20

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

retranscrire réellement les sons qu’on peut même l’utiliser pour écrire en anglais avec
un accent français ou en japonais avec un accent allemand ! Mais la manière actuelle
d’écrire le français – ou toute autre langue – est trop répandue pour envisager un changement de système trop radical. Ce qui ne vous empêche pas d’apprendre la phonétique
pour disposer d’un système largement supérieur pour votre utilisation personnelle.
Bref, dans tous les domaines, il existe des méthodes qui fonctionnent mieux que d’autres.
Nous sommes d’accord, apprendre la phonétique ne va pas donner un bénéfice extraordinaire à la plupart d’entre nous – pas assez pour que cela vaille l’investissement en
temps, argent et énergie.
Mais, scoop, il existe des méthodes qui fonctionnent mieux que d’autres dans des
domaines qui vous tiennent à cœur, comme :
¼¼Être heureux
¼¼S’éduquer, apprendre
¼¼Être motivé et le rester
¼¼Créer une entreprise

¼¼Développer une entreprise
¼¼Et même gagner de l’argent…
¼¼Ou faire l’amour !

Et même si certaines méthodes ne sont meilleures que pour une minorité de personnes,
comment savoir si vous n’en faites pas partie ? Il faut la tester en ayant l’approche du
bon sceptique !
Prenons un exemple concret dans un domaine où beaucoup de personnes pensent,
sans jamais y avoir trop réfléchi, que si une méthode plus efficace que celle qu’ils utilisent
existait, ça se saurait.
Je parle bien sûr de gagner de l’argent. Pourtant quelle est la méthode la plus utilisée
pour gagner de l’argent ? Être salarié. Et y a-t-il une meilleure méthode pour gagner de
l’argent que d’être salarié ? Oh oui. Des centaines. Des milliers.
En fait, si vous êtes salarié et que gagner de l’argent vous rebute, c’est absolument parfait, puisqu’être salarié est tout simplement la méthode la moins efficace pour gagner de
l’argent, pour deux raisons majeures :

1.

2.

Vous échangez votre temps contre de l’argent, sans aucun effet de levier. Vous échangez
donc ce que vous avez de plus précieux au monde, votre temps, dont chaque moment
que vous n’utilisez pas pour vivre quelque chose que vous aimez est irrémédiablement
perdu, contre quelque chose qui n’a aucune âme et ne peut pas vous apporter le bonheur en tant que tel : l’argent. Les salariés sont donc ceux qui mettent le plus l’argent sur
un piédestal, puisqu’ils sont prêts à faire un échange si peu avantageux pour eux juste
pour en gagner.
Pour qu’une entreprise soit rentable, elle doit toujours payer ses salariés moins que ce
qu’ils lui rapportent. C’est mathématique, et cela veut dire que si vous êtes salarié vous
ne serez jamais payé selon votre plein potentiel.
Et pourtant il existe tellement de méthodes plus efficaces pour gagner de l’argent. Mais
la majorité des gens n’y croient pas, étant sur le sujet des mauvais sceptiques : ils n’essaient jamais aucune autre méthode.
Prenons un exemple concret de l’application intelligente d’une méthode efficace pour
gagner de l’argent, illustré encore une fois par le maître en la matière : Warren Buffet.
Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

21

En 1950, il lut le livre L’investisseur intelligent de Benjamin Graham.
Dans ce livre, qui démocratise des principes théorisés par l’auteur dès 1934, Benjamin
Graham prône une forme particulière d’investissement en Bourse, qui sera plus tard
appelée « investissement par la valeur10 ».
C’est un sujet complexe, mais en gros il s’agit d’acheter des actions qui apparaissent
comme étant vendues en dessous de leur prix intrinsèque, c’est-à-dire en dessous de
leur valeur réelle.
C’était une méthode présentée comme étant supérieure à toutes celles existantes pour
investir en Bourse, et quand Warren Buffet l’a lue, il a été littéralement fasciné. Ayant déjà
de l’expérience en Bourse (il n’avait pourtant que 20 ans), il décida immédiatement de
tester cette méthode et acheta 200 actions d’une entreprise dont le prix lui paraissait
plus bas que sa valeur intrinsèque. Il suivit ensuite les cours de Graham qui, par chance,
enseignait dans l’université où il avait été admis, et appliqua sa méthode : il se rendit
compte rapidement de son efficacité, et son application obstinée et géniale de celle-ci fit
sa fortune.
En fait, la méthode de Graham eut une telle influence sur son succès que Warren Buffet
aime à dire qu’il est « à 85 % Graham et à 15 % Fisher11 ».
Il fit donc de la méthode de Graham la base de son succès mondial. Mais son succès
n’arrêta pas les critiques évidemment : en 1984, Warren Buffet répondit12 à ceux qui
disaient qu’il était une sorte d’anomalie statistique et qu’il était donc juste chanceux car il
est impossible de battre le marché sur le long terme.
Dans son article, Warren Buffet expose l’hypothèse d’un concours de pile-ou-face où
l’on demanderait à 225 millions d’orangs-outangs13 de jeter en l’air une pièce par jour.
Au bout de 20 jours, il n’y aura peut-être plus que 215 singes qui auront gagné 20 jours
de suite, les autres auront été éliminés au fil des précédents jours. Dans ce cas effectivement, dit Warren Buffet, ces 215 singes ont gagné par pure chance. Mais que se passet-il si, sur ces 215 singes, on apprend que 40 d’entre eux viennent d’un même zoo en
particulier ? Dans ce cas, argumente Warren Buffet, il est statistiquement impossible que
ces 40 aient gagné par pure chance : il doit y avoir un facteur commun aux singes de ce
zoo qui fait qu’ils aient gagné autant de fois à la suite.
Et c’est exactement ce qui s’est passé avec la méthode de Graham : dans la suite de
l’article, Warren démontre avec brio que la méthode de Graham est plus efficace pour
s’enrichir en Bourse que l’investissement au hasard. Il prend l’exemple de neuf entreprises – qui ont investi dans des secteurs très divers et qui n’ont rien en commun à part le
fait d’utiliser la méthode de Graham et d’être en connexion avec Warren Buffet – qui ont
battu le marché de manière significative sur plusieurs années voire plusieurs décennies. Il
finit l’article par ces mots savoureux :

10

De l’anglais value investing.

Philip Arthur Fisher, un autre investisseur de génie, inventeur d’une méthode décrite dans son livre Actions ordinaires et
Profits extraordinaires.

11

Dans un article intitulé « The Superinvestors of Graham-and-Doddsville » et paru dans Hermes, magazine de la Columbia
Business School, 1984.

12

13

22

Warren a pris ce chiffre car à l’époque il y avait 225 millions d’habitants aux États-Unis.

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

« Certains parmi vous, à l’esprit commercial le plus aiguisé, se demandent peut-être pourquoi j’écris cet article. Ajouter de nombreux convertis à l’approche de l’investissement par
la valeur va nécessairement réduire l’écart entre le prix et la valeur [et diminuer les gains
que je peux retirer de mes investissements].
Je peux seulement vous dire que le secret est dévoilé depuis 50 ans […] et que je n’ai vu
aucune tendance vers l’utilisation massive de l’investissement par la valeur durant les
35 ans où je l’ai pratiqué. Il semble y avoir une caractéristique humaine perverse qui aime
rendre difficiles les choses faciles. […] Il est probable que cela continue ainsi. Les bateaux
vont continuer à naviguer autour du monde mais la Flat Earth Society [association pour la
promotion de la Terre plate] va continuer à prospérer 14. »
Trente ans après l’écriture de cet article, la fortune de Warren est toujours aussi florissante, preuve que sa méthode fonctionne. Il n’était « que » multimillionnaire en 1984, il est
devenu milliardaire en 1990, jusqu’à devenir l’homme le plus riche du monde en 2008.
De 1976 à 2011, les investissements de son entreprise Berkshire ont réalisé un retour
sur investissement moyen de 19 % par an, alors que le marché n’a gagné que 6,1 % en
moyenne15.
C’est une différence énorme. Cela signifie que 1 000 dollars investis dans la société de
Warren Buffet en 1976 se seraient transformés en 440 700 dollars en 2011, à comparer
aux 7 944 dollars qu’ils seraient devenus s’ils avaient été investis dans le marché, ou aux
3 946 dollars que seraient devenus 1 000 dollars placés sur un livret à 4 %. Telle est la
puissance des intérêts composés.
Cela prouve avec éclat à quel point Warren Buffet avait raison en 1984. S’il était déjà
chanceux au point d’être une anomalie statistique en 1984, comment aurait-il pu rester
chanceux pendant encore trente nouvelles années16 ?
Vous allez peut-être me rétorquer que Warren Buffet est un type génial, qui aurait même
pu inventer le fil à couper le beurre si ça n’avait pas déjà été fait.
Permettez-moi d’abord de vous rappeler que ce livre s’adresse aux rebelles intelligents.
Cela ne signifie pas que je m’adresse uniquement aux génies comme Buffet, mais à tous
ceux qui sont prêts à défier le statu quo en utilisant leur intelligence pour tester personnellement les meilleures méthodes dans un domaine donné. Et appliquer concrètement
celles qui fonctionnent pour eux.
Ensuite, il y a de nombreux exemples de méthodes plus efficaces que d’autres qui
existent partout. Prenons un exemple avec l’immobilier. J’ai deux méthodes à partager
avec vous qui sont plus efficaces que celles utilisées par la majorité des gens.

Effectivement, trente ans après la parution de cet article, la Flat Earth Society existe toujours et promeut sur son site web
l’idée que la Terre est plate : http://olivier-roland.com/theflatearthsociety/.

14

15

« How Warren Buffet Beats the Market », Swedroe L., CBS Interactive, 2012 : http://olivier-roland.com/warren-cbs/.

Attention : en 2007 à l’occasion de l’assemblée annuelle de sa société, Warren Buffet recommandait aux « investisseurs
du dimanche » (ce qui dans son esprit englobe beaucoup de gens, y compris des professionnels du secteur) d’investir dans
des fonds indiciels (ou fonds indexés), tout simplement parce que ces fonds coûtent peu cher, ont un risque limité et que
seulement une minorité de gestionnaires sont capables de battre le marché de manière régulière (4 % en fait). De plus, l’arrivée
du « trading à haute fréquence »
par ordinateur dans les années 1990 a également changé la donne, permettant aux professionnels de faire des millions de
transactions… par seconde. Difficile de battre des experts aussi bien équipés.
16

Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

23

1. La méthode du « home staging »

Vous repérez un studio et un appartement dans lequel il faut faire (souvent beaucoup) de
travaux. Vous l’achetez, le retapez, et en confiez la décoration à une décoratrice d’intérieure professionnelle.
L’appartement en est transformé. Il est beau et design. Vous louez ensuite cet appartement en meublé, à un prix au-dessus du marché, ce que vous pouvez vous permettre
de demander car la décoration unique en fait un lieu à part, qui déclenche des coups de
cœur.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai investi dans plusieurs appartements en suivant cette
méthode, ce qui permet d’avoir une rentabilité brute supérieure à 8 % pour la plupart
d’entre eux – soit près de trois points de plus que la moyenne en France17. Et avoir une
rentabilité supérieure à 8 % permet dans la majorité des cas d’atteindre le Saint Graal de
l’investisseur immobilier : le cash-fllow positif. Cela signifie que les biens se financent tout
seuls : les loyers suffisent à rembourser l’emprunt et les dépenses courantes.

2. La méthode des parkings d’Olivier Seban

Voulez-vous une méthode extrêmement simple et rapide pour tripler la rentabilité d’un
parking ? C’est très simple : il suffit de transformer un parking pour voitures en parking
pour motos. Vous pouvez ainsi louer le même emplacement à trois conducteurs de moto
au lieu d’un seul conducteur de voiture. CQFD.
Est-ce que vous pouvez louer l’emplacement d’une moto au même prix que celui d’une
voiture ? Oui, vous pouvez ! Très peu de propriétaires de motos vont prendre la peine
d’argumenter en disant qu’un emplacement de parking pour moto prend moins de place
qu’un emplacement pour voiture…
Certains se demandent peut-être comment on peut être certain que suffisamment de
motards seront intéressés par une place de parking. Bonne question ! Il existe également
une méthode extrêmement simple et pratique pour vous assurer de cela avant même de
dépenser le moindre centime.
Prêt ? La voici : une fois que vous avez repéré un parking intéressant à acheter, passez
une annonce sur Le Bon Coin ou tout autre site d’annonces populaire chez vous, disant
que vous louez un parking pour motos. Vous expliquez bien sûr aux motards qui vous
appellent que le parking n’est pas encore tout à fait prêt et que vous les rappellerez dès
que ce sera le cas. Si vous avez suffisamment de motards qui vous contactent, vous
achetez le parking. Sinon, vous laissez tomber et vous continuez votre recherche du parking rentable.
Mais pourquoi Olivier Seban diffuse-t-il cette technique ? Si tout le monde l’appliquait, bientôt il y aurait plus d’offre que de demande et l’astuce ne fonctionnerait plus, n’est-ce pas ?
En fait, la réponse est la même que celle de Warren Buffet : le secret est déjà dévoilé
depuis très longtemps… et malgré cela, peu de gens ne cherchent à tester la méthode
qui les rendrait financièrement indépendants !
Ils ne le font pas parce que :

Moyenne établie sur les 100 plus grands villes françaises, « La rentabilité d’un bien immobilier locatif dans 100 grandes
villes françaises », 2015 : http://olivier-roland.com/rentabilite-bien/.

17

24

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

1. Comme ils n’ont jamais recherché de méthodes pour gagner de l’argent autrement, ils ne
connaissent pas celle-ci.

2. Ceux qui connaissent cette méthode sont nombreux à ne pas l’appliquer.

Bref, n’oubliez pas, dans tous les domaines il existe des méthodes qui fonctionnent mieux
que d’autres, et certaines d’entre elles sont ignorées de la majorité, même des experts.
En ayant cette approche et en adoptant le bon scepticisme, vous pouvez révolutionner
votre capacité d’action.
Concrètement, cela veut dire qu’au lieu de regarder les résultats moyens que les gens
ont dans un domaine et en vous disant que c’est probablement les résultats que vous
obtiendrez, posez-vous plutôt la question en ces termes : « Quelles sont les méthodes
qui permettent régulièrement aux rebelles intelligents qui les pratiquent de battre ces
résultats ? »
Puis partez à la recherche de ces méthodes. En tant que débutant dans un domaine, vous
tomberez parfois sur des charlatans et peut-être que vous ne vous en rendrez compte
qu’un peu trop tard. Ce sont les risques du jeu. Mais en utilisant votre bon sens et le bon
scepticisme alliés à une recherche active de ce qui fonctionne le mieux, vous pourrez plus
facilement détecter des méthodes qui vous donneront un avantage décisif dans la vie.
Est-ce que vous voulez un autre exemple d’une technique miracle qui va :

¼¼Jusqu’à doubler votre influence, c’est-à-dire jusqu’à doubler vos chances d’obtenir de quelqu’un qu’il accède favorablement à votre demande, que ce soit le fait
d’acheter un produit, de vous donner son numéro de téléphone, etc.
¼¼Faire en sorte que les gens vous apprécient davantage, se rappellent plus facilement de vous, vous perçoivent comme plus attirant ?
Et ceci :
¼¼En une à deux secondes
¼¼Sans que cela ne vous demande de l’énergie, du temps, ou de l’argent
¼¼Avec un temps d’apprentissage très, très faible ?
Cela vous paraît-il trop beau pour être vrai ? Encore une de ces méthodes miracles qui ne
sont que de la poudre aux yeux pour les personnes crédules ?
À ce stade de votre lecture, vous vous méfiez sans doute et vous vous dites que si j’écris
cela, c’est bien parce qu’il y a vraiment une telle méthode qui existe, et que je peux le
prouver. Et si vous pensez ainsi vous avez bien raison !
La méthode miracle en question est la suivante : il suffit de toucher brièvement (une à
deux secondes max) l’épaule ou l’avant-bras de quelqu’un à qui vous parlez pour bénéficier des effets décrits plus hauts. Eh oui, même si vous demandez de l’argent ou que
vous proposez un rendez-vous galant.
Jugez-en aux études scientifiques publiées sur le sujet :
¼¼Le fait de toucher quelqu’un dans la rue au moment de lui demander un peu d’argent
fait passer le taux d’acceptation de 29 à 51 %18.
18
« Compliance to Requests Made by Gazing and Touching Experimenters in Field Settings » Kleinke C. L., Journal of Experimental
Social Psychology, 1977.

Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

25

¼¼Le fait de toucher une femme dans la rue au moment de lui demander de répondre à
un questionnaire sur un produit fait passer le taux d’acceptation de 43,1 à 67,1 %19.
¼¼Le fait de toucher une jeune femme rencontrée dans la rue en lui demandant son
numéro de téléphone fait passer le taux d’acceptation de 10 à 19,2 %20.
¼¼Le fait de toucher une jeune femme dans une discothèque au moment de lui proposer de danser fait passer le taux d’acceptation de 43,3 à 65 %21.
¼¼Le fait de toucher un chauffeur de bus au moment de lui demander un ticket alors
qu’il manque environ 7 % de la somme fait passer le taux d’acceptation de 35 à
60 %22.
¼¼Le fait pour une serveuse de toucher un client en lui demandant ce qu’il veut boire
fait passer le pourcentage de clients donnant un pourboire de 10,8 à 24,6 %23.
¼¼Etc.
Il y a de nombreuses autres études sur le sujet, qui concluent quasiment toutes qu’un
simple toucher d’une à deux secondes augmente sensiblement les chances que
quelqu’un réponde favorablement à une requête24.
Comme vous le voyez, les effets sont très sensibles et se voient dans un grand nombre
de situations.
Maintenant, est-ce que vous pensez qu’il est extraordinairement difficile de toucher
quelqu’un une à deux secondes sur l’avant-bras ou l’épaule, que cela demande un
entraînement de plusieurs années et le QI d’Einstein ?
Évidemment, non. C’est une technique extrêmement simple, que tout le monde peut
faire, et qui demande très peu de pratique avant d’être intégrée dans les habitudes de
tous les jours (je le fais personnellement sans m’en rendre compte). Ces petits touchers
sont très bien acceptés socialement et font que les gens se sentent mieux avec vous et
vous apprécient davantage, alors y a-t-il une seule bonne raison pour vous de ne pas l’utiliser jusqu’à ce que cela devienne complètement naturel (ce qui arrive très rapidement) ?
Comme pour la méthode d’investissement en Bourse de Graham, le secret est public
depuis bien longtemps : la première recherche sur le sujet date de 1977. Et pourtant, de
nombreuses personnes ignorent toujours ceci. Et de nombreuses personnes liront ceci,
se diront « wow, génial ! », puis l’oublieront et passeront à autre chose sans avoir pris le
temps d’intégrer cette technique dans leur vie courante.
Ne soyez pas comme ces personnes. Soyez un rebelle intelligent. Bref, retenez ceci : les
méthodes miracles existent. Elles sont même souvent connues et identifiées dans leur
domaine. C’est simplement, comme le dit l’auteur William Gibson, que « le futur est déjà
là. Il n’est juste pas encore bien réparti ».
19

« Touch, Awareness of Touch, and Compliance with a Request », Guéguen N., Perceptual and Motor Skills, 2002.

20

« Courtship Compliance: The Effect of Touch on Women’s Behavior », Guéguen N., Social Influence, 2007.

21

Même étude.

22

« Another Evaluation of Touch and Helping Behavior », Guéguen N. et al., Psychological Reports, 2003.

« The Effect of Touch on Tipping: an Evaluation in a French Bar », Guégen N. et al., International Journal of Hospitality
Management, 2005.

23

Pour plus d’infos voir : « Contact tactile et acceptation d’une requête : une méta-analyse », Guéguen N. et al., Cahiers
internationaux de Psychologie sociale, 2008.

24

26

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

Bien sûr, certaines nouvelles méthodes vous demanderont parfois un peu plus d’énergie et de temps d’apprentissage que celle-ci. Et toutes ne sont pas bonnes à prendre.
Warren Buffet existe, mais Bernard Madoff aussi.
Mais ce n’est pas parce que Madoff existe que Buffet n’existe pas (et inversement).
Lorsque vous débutez dans un domaine, comment distinguer les Madoff des Buffet ?
Ce n’est pas toujours simple. Mais gardez à l’esprit que les Madoff sont l’exception qui
confirme la règle et que les escrocs qui durent aussi longtemps sans se faire repérer sont
extrêmement rares. Même Charles Ponzi, l’escroc qui a donné son nom au tristement
célèbre système d’investissement pyramidal, n’a tenu qu’un an avant de se faire repérer
par les autorités en 1919. Encore une fois, l’utilisation de votre bon sens et du bon scepticisme vous aidera à séparer le bon grain de l’ivraie.
Regardez tous les objets qui se trouvent autour de vous et comprenez que, aussi banals
qu’ils vous paraissent, ils sont tous une solution miracle à un problème qui s’est posé à
un moment donné dans l’histoire de l’humanité. Ce verre, ce beau livre avec des photos
en couleur, cet ordinateur, ce téléphone que vous avez dans la poche, cette ampoule
électrique qui vous éclaire, votre micro-ondes, tous ces objets d’une banalité à pleurer apparaîtraient comme de véritables miracles aux yeux des grands-parents de nos
grands-parents. Aujourd’hui, ce qui leur ôte tout caractère miraculeux est tout simplement que nous avons une méthode efficace pour les fabriquer et qu’elle est devenue
la norme. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il faut parfois beaucoup de temps pour
qu’une méthode efficace soit comprise et appliquée, et parfois elle ne le sera que par une
minorité de personnes, les rebelles intelligents.
Ce livre est rempli de méthodes, de techniques et d’astuces venues de la science,
de mon expérience concrète et de celles de centaines d’autres entrepreneurs, pour
apprendre à vous libérer financièrement et moralement du fardeau des études et du travail salarié. Mais encore une fois, s’il vous plaît, soyez sceptique. Soyez-le juste de la
bonne manière : en testant ces méthodes dans votre propre vie pour déterminer celles
qui fonctionnent pour vous.

DES MÉTHODES PARFOIS SIMPLISSIMES : L’EXEMPLE D’OLIVIER SEBAN
Ces méthodes plus efficaces que d’autres n’ont même pas besoin d’être compliquées : souvent il suffit de
réfléchir un peu plus loin que la concurrence, un peu « en dehors de la boîte » pour avoir un avantage énorme
sur les autres.
Avant de devenir un expert immobilier, Olivier Seban a fait fortune dans l’entrepreneuriat, notamment en
revendant du matériel Apple à l’époque héroïque où les marges dans le secteur du matériel informatique
étaient considérables, dans les années 1980-1990.
Il a fondé une entreprise qui devint un des leaders dans la vente des produits Apple. Son entreprise affichait
une rentabilité insolente par rapport à celle de ses concurrents. Pour vous donner un ordre d’idée sur sa
progression, son entreprise réalisa la première année un chiffre d’affaires de 9 millions de francs et la
quatrième année, il en était déjà à 100 millions de francs.
Son secret ? L’application de méthodes évidentes que personne d’autre n’appliquait. En voici un exemple.
À l’époque, les disques durs externes coûtaient cher. Ils étaient vendus 12 000 francs et coûtaient environ
8 000 francs à l’achat pour un revendeur (aujourd’hui, les revendeurs sont très heureux quand ils font 10 % de
marge sur le matériel informatique !).
Olivier avait remarqué que les mêmes disques durs étaient vendus aux États-Unis environ 4 000 francs. Qu’a-t-il
fait ? Il en acheta par containers entiers, les fit venir en France, et les revendit 8 000 francs pièce.
Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

27

Les clients payaient moins cher qu’ailleurs, Olivier Seban faisait 100 % de marge et les autres revendeurs ne
pouvaient pas s’aligner !
Pourtant, évidemment, ils auraient tous pu faire pareil. Encore fallait-il avoir l’idée de la méthode. Et l’appliquer.
Une fois, un concurrent demanda à Olivier, intrigué, comment il faisait (ce qui était malin de sa part). Olivier
lui expliqua franchement. Le concurrent, dépité, s’exclama : « Mais je ne peux pas faire ça ! Si un client a son
disque dur qui tombe en panne, ça va prendre un temps fou pour le renvoyer aux États-Unis et qu’un nouveau
revienne ! »
Olivier ne put que secouer la tête, médusé devant une aussi courte vue.
Car il avait prévu le coup. Il savait que le taux de panne sur ces disques était d’environ 3 %. Lorsqu’il a effectué
son achat en volume, il a donc tout simplement négocié avec son fournisseur américain pour que celui-ci lui
donne gratuitement 3 % de disques durs en plus. Après tout, c’était l’équivalent d’une remise de 3 %. Pas de
quoi fouetter un chat.
Du coup, quand un disque dur tombait en panne et qu’un client le rapportait en magasin, on lui en donnait
un nouveau immédiatement et il repartait, enchanté, avec son disque dur neuf… alors que dans les autres
magasins, on le faisait attendre le temps d’en recevoir un nouveau.
Bref, les clients étaient ravis : les disques durs étaient moins chers qu’ailleurs et le SAV ultra-rapide.
Que demander de plus ?
Pas grand-chose : cette méthode et d’autres qu’Olivier a employées aidèrent son entreprise à se distinguer
clairement de la compétition. Il l’a revendue pour plusieurs millions de francs à 32 ans, ce qui lui a permis
d’investir dans l’immobilier et de prendre sa retraite à 36 ans… avant, en bon entrepreneur passionné qu’il
était, de créer un nouveau business quelques années plus tard en Australie.

3e principe
La loi de Pareto
Au début du xxe siècle, un économiste et sociologue italien découvrit une loi qui allait le
rendre célèbre. Une loi simple, mais terriblement puissante.
Voulant comprendre comment les riches et les puissants obtenaient leur richesse et leur
puissance, il analysa des données sur les revenus de nombreux pays pendant différents
siècles. Ce qu’il découvrit était saisissant !
Partout, quelle que soit l’époque étudiée, une minorité de la population se partage la
majorité des richesses. Avec des proportions qui varient légèrement, Vilfredo Pareto
constate qu’en moyenne 20 % de la population se partage 80 % des richesses d’un
pays. Et 20 % des pays du monde se partagent 80 % de la richesse mondiale.
Vilfredo Pareto était loin de se douter alors que cette loi économique aurait une portée
bien plus universelle.
Dans les années 1940, le grand ingénieur et consultant Joseph M. Juran, dont les théories et les efforts d’enseignement ont largement contribué à l’essor technologique du
Japon après la guerre, découvrit la loi de Pareto et s’aperçut qu’elle pouvait s’appliquer à
de nombreux problèmes liés à la qualité, et notamment que 80 % des problèmes étaient
produits par 20 % des causes. À partir de cette époque, les découvertes s’enchaînèrent
autour de ce qu’on appelait déjà « le principe de Pareto » ou « la loi 20/80 », parmi
d’autres noms évocateurs25.
Comme « la loi des rares principes vitaux » ou « le principe de la pénurie de facteurs ». Un peu plus compliqué que « la loi du
20/80 »…

25

28

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

Le principe de Pareto fonctionnait en effet sur de nombreux domaines, dont plusieurs qui
intéressent vivement les entrepreneurs :
¼¼80 % de vos profits viennent de 20 % de vos clients.
¼¼80 % de vos plaintes et de vos problèmes proviennent de 20 % de vos clients.
¼¼80 % de vos profits proviennent de 20 % du temps que vous passez.
¼¼80 % de vos ventes proviennent de 20 % de vos produits.
¼¼80 % de vos ventes proviennent de 20 % de vos commerciaux.
¼¼Etc.
En fait, on peut résumer cette loi 20/80 par :

80 % des effets sont produits par 20 % des causes.
Bien sûr, ce n’est pas toujours exactement 80 % et 20 %. Mais une fois que vous commencez à analyser le monde autour de vous en ayant cette loi à l’esprit, vous serez surpris de constater à quel point il est vrai que la majorité des effets sont produits par une
minorité de causes. Une majorité de votre bonheur est produit par une minorité des personnes que vous côtoyez. L’inverse est aussi vrai : une majorité de vos ennuis sont causés par une minorité de personnes. Une majorité du stress que vous ressentez se produit
pendant une minorité de votre temps. Etc.
Quand j’ai découvert cette loi pour la première fois, j’ai immédiatement analysé le chiffre
le plus simple et pourtant le plus important auquel je pouvais m’attaquer : la répartition
du chiffre d’affaires de mon entreprise en fonction de mes clients. J’ai été choqué, littéralement, par ce que j’ai trouvé : 17 % de mes clients apportaient 81 % du chiffre d’affaires
de mon entreprise. Je savais évidemment que certains clients étaient plus rentables que
d’autres mais je n’avais aucune idée que c’était dans une telle proportion.
Et j’ai été surpris de constater à quel point cette répartition était proche de la loi 20/80.
En faisant une analyse plus subjective (mais tout aussi passionnante), j’ai réalisé également que la majorité de mes problèmes et de mon stress venait d’une toute petite minorité de clients. Et que, bizarrement, la très grande majorité d’entre eux ne se trouvaient
pas faire partie des 17 % qui généraient 81 % de mon chiffre d’affaires…
La suite est logique : j’ai tout simplement viré ces clients et je me suis attaché à identifier
ce que mes meilleurs clients avaient en commun pour pouvoir en trouver d’autres comme
eux. Je vous expliquerai comment faire cela dans ce livre.
Mais en attendant, comprenez que vous pouvez obtenir 80 % des résultats que vous
recherchez en vous focalisant sur les 20 % d’actions les plus importantes. Régulièrement
dans ce livre, je mettrai en avant ce que j’estime être ces actions les plus importantes
pour vous rapprocher le plus rapidement possible et avec le moins d’efforts possibles
des résultats que vous recherchez.

L’intérêt de ces trois principes pour les rebelles intelligents
Les trois principes que nous avons vus sont les suivants :
¼¼Le bon scepticisme
¼¼Il existe des méthodes bien plus efficaces que d’autres dans de nombreux domaines
¼¼La loi de Pareto
Trois principes incontournables pour tous les rebelles intelligents

29

Est-ce que vous voyez à quel point ces trois principes fonctionnent en synergie et comment les rebelles intelligents peuvent en tirer parti pour faire la différence ?
Si vous avez intégré l’idée qu’il existe dans chaque domaine des méthodes bien plus efficaces que d’autres, vous avez compris qu’il peut être profitable pour vous de les découvrir. Une fois que vous les avez identifiées, à vous de les tester avec le bon scepticisme
(plutôt qu’en déduire dès le départ que ces méthodes sont mauvaises car sinon tout
le monde les utiliserait…). Enfin, une fois que vous avez repéré les méthodes qui fonctionnent pour vous, vous les appliquez et vous en tirez les bénéfices.
Comme ces méthodes sont beaucoup plus efficaces que celles que la plupart des gens
utilisent, elles vous donnent un retour sur investissement largement supérieur à ce que
les autres obtiennent pour une même dépense de temps, d’énergie et d’argent.
Elles peuvent déjà être considérées comme des méthodes 20/80, mais pas forcément.
Par exemple, comme nous l’avons vu, le clavier Dvorak est plus efficace que la disposition Azerty mais l’apprentissage du Dvorak a des inconvénients : celui de devoir équiper
son ordinateur d’un clavier compatible, de transformer son clavier ou d’accepter que
les lettres inscrites sur celui-ci ne correspondent pas aux lettres que vous tapez ; de
réapprendre à taper à une vitesse satisfaisante ; et, à terme, de perdre l’habitude d’utiliser un clavier Azerty (vous ne pourrez plus utiliser facilement l’ordinateur de quelqu’un
d’autre…).
Donc est-ce qu’apprendre le Dvorak répond au principe du 20/80, étant donné toutes
ses contraintes ? Pas sûr du tout.
Le principe du 20/80 va aussi vous aider à choisir dans quelle méthode efficace vous
investir plutôt qu’une autre. De plus, au fur et à mesure que vous découvrez et appliquez
de nouvelles méthodes, vous apprenez à les maîtriser et vous apprenez progressivement
quelles sont les 20 % de ces méthodes qui vous donnent 80 % des résultats voulus.
Comme je le disais au début de chapitre, vous devenez alors très bons à des méthodes
qui sont en elles-mêmes excellentes.
Pensez-vous que cela vous donnera un avantage dans la vie ?

30

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

PARTIE

1
APPRENDRE
EN S’AMUSANT
OU COMMENT
S’ÉDUQUER
EFFICACEMENT
e
AU xxi SIÈCLE

CHAPITRE 1

POURQUOI L’ENSEIGNEMENT CLASSIQUE
N’EST PAS IDÉAL
POUR LE REBELLE INTELLIGENT
L’histoire de Caroline et de millions d’autres : du carrosse à la citrouille
« 33 % de tous de nos regrets proviennent de décisions que nous avons prises
à propos de notre éducation. »

Kathryn Schulz

« Et après cinq ans d’études – dont deux de prépa – et plus de 15 000 euros dépensés

que j’ai dû emprunter, j’ai eu mon diplôme. Un beau bac + 5 en commerce, obtenu de
haute lutte et qui, je le pensais, allait m’ouvrir beaucoup de portes. J’étais heureuse,
c’était l’accomplissement d’un rêve.
Un an plus tard, je devais me rendre à l’évidence : les seules portes qui se sont ouvertes,
c’était celles d’une grande enseigne de la distribution qui m’a embauchée comme
hôtesse de caisse à mi-temps, pour un SMIC horaire. Ils voulaient tester ma capacité
de travail, et après quatre mois je suis passée vendeuse en rayon, ce qui, dans les bons
mois, me permet de gagner 1 500 euros brut.
On m’a promis des évolutions et j’ai voulu passer chef de vente de mon département
parce que le management m’intéressait. Mon chef m’a promis un bilan et une évaluation
pour déterminer cette évolution mais il a été muté quelques semaines avant ce bilan.
Évidemment, le directeur du magasin n’était pas au courant de ma demande et m’a
déclaré ne m’avoir rien promis, ce qui m’a quelque peu découragée. Et comme j’ai un
nouveau responsable chaque année, je dois chaque fois tout reprendre de zéro. Résultat,
après six ans, j’en suis toujours au même point. »
Caroline me gratifia d’un sourire mi-désabusé, mi-résigné tout en levant sa tasse de thé
et conclut :
« Et bien sûr, je ne parle même pas de ce que j’ai utilisé de toutes les connaissances dont
je me suis bourré le crâne pendant cinq ans. C’est proche de zéro. »
Je ne pouvais que compatir. C’était une des énièmes histoires que j’entendais d’études
géniales suivies avec sérieux qui s’avéraient davantage être des citrouilles que des
carrosses.

APPRENDRE EN S'AMUSANT OU COMMENT S’ÉDUQUER EFFICACEMENT AU XXI e SIÈCLE

33

C’est toujours la même chose : elles sont censées ouvrir des portes et garantir un certain
niveau de salaire, et donner une solide base de connaissances prête à être exploitée dans
le futur métier. Dans la réalité, les portes restent parfois obstinément fermées, le salaire
bas et les connaissances s’oublient en quelques mois à force de prendre la poussière
dans un coin du cerveau.
Par ailleurs, les dettes contractées pour réaliser des études ainsi que le temps passé à s’y
consacrer plutôt que de travailler peuvent coûter très cher en elles-mêmes par rapport à
des études moins longues et un travail obtenu plus rapidement – même s'il est vrai que
vous pouvez espérer un salaire un peu meilleur après des études longues.
Pourtant, en s’inscrivant dans cette école de commerce classée douzième en France26 –
un bon compromis entre réputation et coût du cursus – Caroline pensait mettre tous les
atouts de son côté pour assurer son avenir professionnel.
Peut-être que Caroline est un cas isolé. Peut-être que Caroline aurait pu faire preuve de
davantage d’initiative, ou de débrouillardise, peut-être aurait-elle pu envoyer plus de candidatures, ou faire davantage jouer ses relations, ou créer un buzz sur Internet avec une
photo d’elle et d’un phoque en bikini sur la banquise…
Peut-être. Mais non, son cas est loin d’être isolé.
Jugez plutôt : d’après une étude de l’APEC parue en 2014 sur la promotion sortante de
2012, un peu moins de la moitié des jeunes diplômés Bac + 4 ont trouvé un emploi qu’ils
estiment correspondre à leur qualification un an après l’obtention de leur diplôme et près
d’un tiers d’entre eux sont toujours en recherche !
Caroline n’est qu’un exemple parmi des millions d’autres dans le monde d’une génération nouvelle à qui on a promis la lune à condition de ne pas déroger à la sacro-sainte
règle « Passe ton bac et va aussi loin que tu peux dans les études ».
Est-ce que cela signifie que faire de longues études ne sert à rien ? Pas nécessairement.
Tous les chiffres montrent que généralement, plus le niveau de diplôme est élevé, plus
le taux d’emploi est élevé, et même que le salaire est plus élevé. Et évidemment, pour
certaines professions comme celles d'avocat, de magistrat ou de médecin, il est impossible légalement d'exercer si vous n’avez pas suivi le cursus et réussi certains examens
ou concours.
Mon but n’est donc pas de vous dire que l’école ne sert à rien, qu’elle n’apporte pas un
plus, ni même qu’elle n’est pas géniale ou utile pour certaines personnes. Mais :
¼¼Faire de longues études n’apporte évidemment aucune garantie, encore moins une
garantie de bonheur – juste une amélioration de vos chances de trouver un emploi.
¼¼Cet emploi ne sera pas forcément conforme à ce que vous attendez, il ne permettra
pas forcément d’utiliser les connaissances que vous avez assimilées et il ne vous
proposera pas forcément de salaire à la hauteur de votre niveau de diplôme, comme
les exemples de Caroline et de tant d’autres le montrent.
¼¼Les analyses montrent que, généralement, un niveau d’études supérieures est égal
à un niveau de revenu supérieur. Mais ces analyses occultent un point essentiel :
elles ne prennent pas en compte le coût des études, ni les dettes contractées pour
les régler, dans leur calcul pour déterminer le bénéfice réel d’un bac + 5 par rapport
à un bac, par exemple. Le résultat final est assez édifiant, comme nous le verrons.
26

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Classement 2012 du magazine L’étudiant.

TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

¼¼De plus, n’y a-t-il pas un autre biais dans ces statistiques ? Que se passerait-il si
la majorité des personnes qui entreprennent des études longues étaient tout simplement plus intelligentes ou plus travailleuses que la moyenne ? Peut-être réussiraient-elles tout aussi bien sans diplôme, avec de bons revenus, sans avoir à s’endetter, tout simplement parce qu’elles sont justement plus intelligentes et/ou plus
travailleuses que la moyenne. Obtenir une étude pour confirmer ou infirmer cette
hypothèse est quasi-impossible : il faudrait comparer deux parcours différents, avec
et sans études supérieures, sur une seule et même personne, et reproduire l’expérience sur un nombre considérable de cas pour obtenir des résultats fiables. Mais la
question mérite d’être posée.
¼¼Cette voie « classique » pour « réussir » dans la vie est-elle vraiment celle qui
vous correspond le mieux ? Diplôme puis métro-boulot-dodo pendant quarante
ans, jusqu’à la retraite ? Est-ce vraiment ce qu’un rebelle intelligent comme vous
souhaite ?

Le piège des pantoufles en ciment
« Celui qui sacrifie sa liberté au profit de sa sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre. »

Benjamin Franklin

« La raison pour laquelle tant de personnes finissent par chercher un travail est que
l’économie a besoin de personnes qui finissent par chercher un travail. »

Seth Godin

Imaginons un scénario typique plutôt positif : de longues études vous ont permis de
décrocher un bon poste de cadre dans une multinationale dynamique, au prix d’un fort
endettement pour régler les frais de votre école, votre logement, votre équipement informatique et les dépenses du quotidien durant cinq ans. Vos parents vous ont un peu aidé
mais vous avez dû faire face à la majorité des dépenses seul, avec l’aide d’une petite
bourse, d’un job d’été alimentaire, et d’un gros prêt à la banque.
Vous découvrez petit à petit les joies du travail dans un grand groupe : les rivalités internes,
les tensions politiques, les effets de mode, un nouveau chef qui débarque de nulle part et
qui vous mène la vie dure, la lente progression à travers les échelons de la hiérarchie, les
rumeurs et les commérages, sans compter les mauvaises blagues à la machine à café.
Votre salaire augmente lentement mais vous avez toujours l’impression de ne pas gagner
assez, surtout depuis que vous vous êtes marié et que vous avez contracté cet emprunt
pour acheter votre maison. Sans compter le fait que votre conjoint est peut-être plus
dépensier que vous (et que vous l’êtes peut-être devenu vous-même), les enfants qui
arrivent dans votre vie et occupent rapidement un budget à part entière, votre animal de
compagnie, vos vacances bien méritées, les loisirs par-ci et par-là, etc.
Finalement, arrivé à la quarantaine, vous avez une bonne position dans l’entreprise avec
un salaire raisonnable malgré des dépenses qui ont inexplicablement suivi de près toutes
vos augmentations, vous souffrez d’un léger surpoids, de douleurs au dos et quelques
rides commencent à marquer votre visage, ce qui est bien naturel après les différentes
périodes de stress et de surmenage que vous avez dû affronter pour arriver là où vous
en êtes.
Néanmoins, vous avez un peu l’impression de stagner depuis quelque temps, vos
APPRENDRE EN S'AMUSANT OU COMMENT S’ÉDUQUER EFFICACEMENT AU XXI e SIÈCLE

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supérieurs semblent moins enthousiastes quand vous leur parlez d’évolution de carrière,
et vous-même vous commencez parfois à rêver d’autre chose, peut-être un cadre de
travail un peu moins formel dans lequel vous pourriez vous épanouir davantage et avoir
une vie personnelle un peu plus équilibrée. Et – comble du fantasme – peut-être sans chef
pour vous dire sans arrêt quoi faire.
Les années passent, vous arrachez de haute lutte un poste plus important au prix d’un
gros sacrifice – un déménagement dans une région que vous n’aimez pas, heureusement en partie payé par l’entreprise, davantage d’heures de travail – et vous vous rendez
compte que ce travail vous convient de moins en moins.
Vous rêvez d’être moins stressé, plus libre et sans patron mais votre job est plutôt bien
payé, et vous avez à présent un train de vie qui rend difficile toute baisse de revenus, sans
compter les études de vos enfants dont le coût est vraiment exorbitant.
Et vous vous êtes battu pour obtenir ce poste. Vous n’allez quand même pas le lâcher
comme ça alors que beaucoup rêvent d’avoir votre place – même si vraiment, vous n’aimez pas cette région. Et puis, vous êtes habitué à cette entreprise, à ces conflits politiques et ces petites querelles, et après tout vous aussi vous faites des blagues pas terribles à la machine à café, on ne peut pas dire, ça détend.
Vous mettez donc vos rêves de côté et vous supportez bon an mal an le stress, les
tensions et les mauvais côtés de votre job. Au bout de quelques années, vous essayez
d’évoluer vers un autre poste, mais vos supérieurs se montrent vraiment peu enthousiastes – vous finissez par comprendre que vous n’irez pas plus haut dans la hiérarchie.
Vous demandez alors à être muté dans une région qui vous convient mieux, au bout de
quelques mois votre supérieur vous propose un poste un peu « placard » mais plus tranquille dans une région qui vous convient et, cerise sur le gâteau, sans baisse de salaire
– mais sans augmentation non plus.
Le poste n’est pas très intéressant en lui-même, mais il est définitivement plus tranquille
et vous permettra de vous poser un peu avant la retraite que vous attendez de plus en
plus impatiemment.
Peut-être qu’enfin, après des décennies passées à travailler pour quelqu’un d’autre, vous
pourrez commencer à réaliser vos rêves et profiter vraiment de la vie.
Voici un beau scénario positif n’est-ce pas ? Certes, ce n’est pas exactement ce à quoi
vous vous attendiez au moment d’obtenir votre diplôme mais cela ressemble sans doute
à la vie de quelqu’un que vous connaissez, non ?
Ce livre vous expliquera comment éviter l’écueil du métro-boulot-dodo et éventuellement
comment vous en sortir sans études longues et coûteuses – s’il n’est pas trop tard pour
vous – tout en apprenant efficacement malgré tout.
Si vous êtes déjà employé depuis quelque temps, peut-être êtes-vous déjà prisonnier de
ces pantoufles en ciment. Peut-être êtes-vous ancré dans des habitudes confortables,
mais qu’à la lecture de ces lignes une petite voix a crié au fond de vous que quelque chose
n’allait pas, que toute cette vie confortable n’est pas ce à quoi vous rêviez vraiment.
Et vous l’avez peut-être étouffée immédiatement. Pauvre petite voix. Si c’est le cas, la
bonne nouvelle est que j’ai consacré plusieurs sections de ce livre à l’art de s’échapper
d’un emploi ennuyant tout en minimisant vos risques – et en maximisant vos chances de
succès. Je vous expliquerai comment avoir peur et vous lancer quand même, et comment
enfin donner à votre petite voix tout l’espace d’expression qu’elle mérite.

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TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

La course des rats
« Il y a des milliers et des milliers de gens qui travaillent pendant de longues et difficiles
heures à des boulots qu’ils haïssent pour gagner de l’argent afin d’acheter des choses dont ils
n’ont pas besoin, pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas. »

Nigel Marsh

« Même si vous gagnez la course des rats, vous êtes quand même un rat. »

William Sloane Coffin, activiste pour la paix

Le concept de rat race (course des rats) a été inventé dans les années 1950 pour désigner
la compétition effrénée qui existe entre les gens pour obtenir le meilleur diplôme, puis le
« meilleur » job, souvent un travail stressant, usant, sans âme et qui apporte très peu, mis
à part des satisfactions matérielles superficielles. L’image vient des rats de laboratoire qui
font la course dans un labyrinthe pour récupérer un morceau de fromage, pendant que
des scientifiques goguenards les surveillent.
On entend partout qu’il est important de choisir un travail dans un domaine qui nous passionne, mais regardez autour de vous. Passez en revue tous les gens que vous connaissez qui vous viennent à l’esprit. Est-ce que la plupart d’entre eux font un métier qui les
passionne ? Ou est-ce qu’ils ont plutôt un job qui, au mieux, « a des côtés intéressants »,
et qui en plus « propose des tickets restau » et « a un CE qui nous offre des cadeaux de
temps en temps » ? En fait, très peu de gens aiment vraiment leur métier.
L’une des études les plus sérieuses sur le sujet27 montre que seulement 13 % des
employés dans le monde sont émotionnellement investis et heureux dans leur entreprise
et que 24 % des employés sont même activement désengagés, c’est-à-dire qu’ils considèrent leur emploi comme un boulot alimentaire qu’ils sont obligés de faire pour vivre.
En France, seuls 9 % des employés se déclarent investis et heureux et 26 % activement
désengagés, un des plus mauvais scores du monde et le plus mauvais d’Europe de
l’Ouest. Ce fait représente le plus grand échec de la société moderne.
Certes, il y a encore peu de temps, la majorité de la population devait travailler aux
champs ou dans l’élevage et peu de gens avaient le choix de pratiquer un métier qui les
passionnait. Mais d’un autre côté, pendant la très grande majorité de leur histoire, les
paysans n’étaient pas soumis à des heures de travail obligatoires. Ils devaient travailler
beaucoup pour préparer les champs et semer, puis pour récolter, mais pendant le reste
de l’année le travail était bien moindre. Pouvez-vous imaginer ne pas voir une seule horloge de votre vie ? Ne pas savoir quelle heure il est exactement ?
C’est ainsi que les êtres humains ont vécu jusqu’au Bas Moyen Âge, avant que les horloges ne deviennent courantes dans les villes, puis que les montres portatives apparaissent au xviie siècle. Ce n’est que quand les industriels du xixe siècle ont voulu obtenir
le maximum de rendements de leurs ouvriers qu’ils ont imposé les horloges sur le lieu
de travail, avec un nombre minimal d’heures à effectuer chaque jour. Avant la révolution industrielle les gens travaillaient seulement 25 heures par semaine en moyenne sur
l’année28. Ce n’est donc que très récemment dans l’histoire que le temps de travail hebdomadaire a été imposé et réglementé.
Mais les rebelles intelligents comme vous se rendent compte que la vie a mieux à offrir
Celle de Gallup « Report: State of the Global Workplace », 2014. Elle porte sur un nombre largement plus élevé que les
autres études sur le sujet : 230 000 employés dans 142 pays, rien que ça ! http://olivier-roland.com/state-global-workplace/.

27

28

Étienne Martin Saint-Léon, Histoire des corporations de métiers depuis leurs origines jusqu’à leur suppression en 1791, 1897.

APPRENDRE EN S'AMUSANT OU COMMENT S’ÉDUQUER EFFICACEMENT AU XXI e SIÈCLE

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que la course des rats pour obtenir le meilleur diplôme, puis quarante ans de métro-boulot-dodo avec quelques vacances au mieux, pour enfin profiter de la retraite quand vos
plus belles années seront derrière vous.
Et c’est possible. Vous voulez croquer la vie à pleines dents et vraiment profiter de toutes
les merveilles qu’elle a à offrir.

Pourquoi les rebelles intelligents veulent vivre leurs passions
« Je mourrai peut-être riche, ou je mourrai peut-être pauvre. Mais je ne mourrai pas
avec ma musique encore en moi. »

Steve Pavlina

Vous le savez, la vie est courte. Bien trop courte pour la passer à vivre dans des systèmes
– écoles, grandes entreprises – qui étouffent vos talents et vos aspirations, pour la perdre
à essayer de vous intégrer à un système qui va étouffer votre créativité, étouffer votre
voix intérieure qui a soif de vivre et qui veut crier au monde entier son message. Car les
rebelles intelligents ont en eux une voix débordante d’énergie, insistante, puissante, qui
leur crie qu’il y a d’autres voies possibles que le métro-boulot-dodo et qu’ils doivent briser le statu quo.
Vous voulez autre chose qu’une occupation ennuyeuse en échange d’un salaire pour
survivre et acheter les derniers gadgets à la mode qui ne vous apportent qu’une satisfaction temporaire et qui ne nourrissent pas votre voix intérieure – qui ne se satisfait de rien
d’autre que de l’accomplissement de votre potentiel. Conscients que la vie est courte,
les rebelles intelligents recherchent sans cesse des manières plus rapides, plus efficaces,
souvent non orthodoxes d’atteindre leurs objectifs.
Mais ils ne savent pas forcément où chercher. Ils peuvent se sentir seuls au monde,
surtout s’ils sont jeunes ou n’ont pas assez écouté cette voix qui leur dit d’explorer les
chemins en dehors des sentiers battus pour rencontrer leurs semblables. Ils ont cependant tous quelque chose en commun, même s’ils n’en ont pas vraiment conscience. Ce
qui compte pour eux, c’est d’exprimer ce qu’ils ont en eux, de vivre leurs passions et de
ne surtout pas « mourir avec la musique encore en eux ». Ils ont une mission à remplir,
une mission dont personne ou presque ne leur parle, une mission qu’ils sont les seuls à
ressentir et qui les font vibrer. Ils veulent vivre pleinement, comme des êtres importants
qui apporteront leur touche propre, et non pas comme des robots à qui l’on dit quoi faire.
Les rebelles intelligents développent à terme une vision pragmatique de l’argent. L’argent
est un outil, c’est tout. Ils ont conscience que ce qu’ils veulent faire, quelqu’un doit bien
le faire, que s’ils ne répondent pas à cet appel ils dépériront, chausseront leurs pantoufles
en ciment et que d’autres personnes ne bénéficieront jamais de ce qu’ils auraient pu
apporter. Une perte sèche pour l’humanité, et pour eux-mêmes.
Cette conscience les pousse à apporter de la valeur autrement et cela peut leur faire
gagner plus d’argent que la moyenne, ce qui les aidera à toucher davantage de personnes, à apporter davantage de valeur, à diffuser plus largement leur message. Mais
les rebelles intelligents comprennent aussi que ce qui est le plus important, c’est de vivre
pleinement car la vie est courte. L’argent est juste un moyen de gagner du temps car le
temps ne peut pas se stocker pour être utilisé ensuite. Le temps perdu en choses futiles
est perdu à jamais.

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TOUT LE MONDE N’A PAS EU LA CHANCE DE RATER SES ÉTUDES

Ce livre va vous guider dans votre quête pour trouver les passions qui font vibrer votre
âme et apprendre à les exprimer, tout en sortant des sentiers battus et en tirant votre
épingle du jeu.

COMMENT THOMAS A QUITTÉ LA COURSE DES RATS
POUR VIVRE SA PASSION DANS UN PARADIS
Paris, 2000. Thomas est iconographe au Nouvel Observateur , le premier poste qu’il a obtenu après ses études.
Il en est fier et compte bien se faire une place dans ce milieu très compétitif. Malheureusement, l’entreprise
connaît des difficultés et son job fait partie des premiers à être supprim