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Warren Buffet : 24 leçons pour gagner en bourse

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Année:
2007
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french
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1

ÉCONOMIE MONÉTAIRE ET FINANCIÈRE

Year:
2004
Language:
french
File:
PDF, 1.11 MB
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2

réseau de contacts

Year:
2005
Language:
french
File:
PDF, 1.09 MB
0 / 0
PSW32-INSERT GRAPHIQUES-C5.04.03-P5.04.00-10/9/2007 15H43--L:/TRAVAUX2/MAXIMA/24-LECON/TEXTE.926-PAGE2 (P01 ,NOIR)

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Warren Buffett, Président de sa propre société de
portefeuille Berkshire Hathaway, est l’investisseur
boursier qui a le mieux réussi au monde. Grâce à sa
rigueur et à la justesse de ses placements, il est devenu
la troisième fortune mondiale.
James Pardoe est avocat et fait partie depuis de très
nombreuses années du cercle restreint des familiers de
Warren Buffett dont il s’est particulièrement intéressé
à « décoder » les stratégies d’investissement.

infos/nouveautés/catalogue : www.maxima.fr

192, bd Saint-Germain, 75007 Paris
Tél. : + 33 1 44 39 74 00 - Fax : + 33 1 45 48 46 88
© Maxima, Paris, 2007.
ISBN : 978-284001-521-5
Titre original : How Buffett Does It, 24 simple Investing Strategies from The World’s Greatest Value Investor. Traduit de
l’anglais (américain) par Anna-Clercq-Roques © MMV by
The McGraw-Hill Companies, Inc. All rights reserved.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation reserves pour
tous pays.

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Table des matières

À la manière de Warren Buffett ........

9

Chapitre 1
Privilégiez la simplicité au détriment
de la complexité ..............................

13

Chapitre 2
Prenez vos propres décisions
d’investissement .............................

21

Chapitre 3
Affichez une humeur égale ............

27

Chapitre 4
Soyez patient ...................................

35

Chapitre 5
Achetez des entreprises,
pas des actions .................................

45

Chapitre 6
Recherchez une entreprise
qui soit une « franchise » ...............

55

5

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MASTER CLASS

Chapitre 7
Oubliez le « high-tech », achetez
du « l; ow-tech » ................................

63

Chapitre 8
Concentrez vos investissements .....

71

Chapitre 9
Pratiquez l’inactivité au lieu
de l’hyperactivité ............................

77

Chapitre 10
Oubliez les cours en temps réel ......

85

Chapitre 11
Considérez les reculs du marché
comme autant d’opportunités
d’achat .............................................

93

Chapitre 12
N’essayez pas de frapper la balle
à chaque fois ....................................

101

Chapitre 13
Ignorez la « macro », privilégiez
la « micro » ......................................

109

Chapitre 14
Étudiez de près la direction
des entreprises ................................

117

Chapitre 15
À la Bourse, le roi est nu .................

127

6

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WARREN BUFFETT

Chapitre 16
Pratiquez la pensée indépendante .

135

Chapitre 17
Restez dans votre cercle
de compétence .................................

143

Chapitre 18
Ignorez les prévisions boursières ..

151

Chapitre 19
Apprenez à connaître « M. Marché »
et la « marge de sécurité » ..............

157

Chapitre 20
Soyez craintif lorsque les autres
sont avides et avide lorsque
les autres sont craintifs ...................

167

Chapitre 21
Lisez, lisez encore, puis réfléchissez .

173

Chapitre 22
Utilisez toute la puissance
de votre moteur ...............................

181

Chapitre 23
Évitez les erreurs coûteuses
des autres ........................................

187

Chapitre 24
Devenez un investisseur intelligent .

195

Lectures conseillées .........................

201

7

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Préambule

our la plupart
P
d’entre nous,
le marché boursier

À la manière de
Warren Buffett

demeure un mystère. Étant donné l’abondance du choix – il
existe plusieurs milliers de valeurs cotées –
comment faire pour gagner de l’argent en
investissant en Bourse ? Quels titres acquérir ? Quels conseils suivre ? Quelles stratégies adopter ?
Nous sommes nombreux à avoir souffert des
aléas du marché, et nous éprouvons une certaine défiance lorsqu’il s’agit de placer en
Bourse notre argent chèrement gagné. Beaucoup d’entre nous l’ont appris à leurs
dépens : qu’il se soit agi d’un tuyau « en or »
confié par un ami, des conseils d’un courtier
ou de l’effritement d’une valeur technologique, la leçon est toujours la même : les
astuces pour s’enrichir « à vitesse grand V »
ne sont que des recettes pour s’appauvrir
encore plus rapidement.

9

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MASTER CLASS

Si vous êtes un investisseur échaudé – que ce
soit à cause des courtiers, d’un krach soudain, d’un accès de faiblesse des OPCVM,
d’une pratique hasardeuse du « day trading » 1, des aléas du « market timing » 2, des
actions cotées en centimes d’euro, des opérations à terme, des entreprises de haute technologie ou des valeurs de forte croissance –
le temps est venu pour vous d’étudier la philosophie et l’approche de l’investissement
incarnées par Warren Buffett.
Étudier Warren Buffett vous dotera d’une
méthode qui a fait ses preuves pour s’enrichir lentement grâce aux placements en
Bourse. Buffett a su « transformer le gland
en chêne » moyennant des pratiques d’investissement intelligentes. Vous aussi, vous
pouvez devenir un investisseur intelligent et
gagner en Bourse sur le long terme, à condition de suivre ses concepts fondamentaux et
d’adopter sa discipline, sa patience et son
tempérament.
Warren Buffett n’a pas hérité un centime de
ses parents. Aujourd’hui, à travers ses propres investissements exclusivement, il
« pèse » quelque 30 milliards d’euros à lui
1. Achat vente de titres au cours d’une même journée.
2. Détermination du moment propice pour un placement en
Bourse.

10

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WARREN BUFFETT

tout seul. Cependant, qu’il s’agisse d’Harvard, sur la côte est, ou de Stanford, sur la
côte ouest, Buffett ne figure que rarement au
programme des grandes écoles de gestion.
En d’autres termes, le plus grand investisseur
de tous les temps est en général ignoré par les
milieux universitaires.
J’espère que vous ne commettrez pas cette
erreur d’appréciation en ignorant l’exemple
de Buffett, mais au contraire que vous vous
déciderez à reproduire ses pratiques d’investissement, surtout si vos expériences précédentes en matière d’investissement ont été
pour le moins désagréables.
Dans la plupart des sports, la maîtrise des
fondamentaux est essentielle si l’on souhaite
devenir un bon joueur. C’est la même chose
lorsque l’on veut pratiquer la méthode Buffett : la maîtrise des fondamentaux est cruciale pour celui qui souhaite devenir un bon
investisseur boursier. Voici, pour commencer, quelques-uns de ces fondamentaux :
1. La priorité attribuée à la simplicité par
rapport à la complexité.
2. La patience.
3. Le tempérament adéquat.

11

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MASTER CLASS

4. La pensée indépendante.
5. L’indifférence à l’égard des macro-événements qui risqueraient de vous distraire.
6. La stratégie « contre-intuitive » de non
diversification.
7. L’inactivité plutôt que l’hyperactivité.
8. L’achat raisonné de titres que l’on conservera contre vents et marées.
9. La priorité donnée aux résultats et à la
valeur de l’entreprise plutôt qu’au cours du
titre.
10. L’opportunisme énergique qui se traduit
par une capacité à saisir les bonnes occasions d’investissement qu’offre ponctuellement l’irrationalité des marchés.
Ces fondamentaux – parmi d’autres – feront
de vous un meilleur investisseur pour la bonne
raison que des principes solides d’investissement produisent des résultats solides.

Trouvez une très bonne entreprise, gérée
avec talent, conseille Buffett, achetez ses
titres à un prix raisonnable… et conservez-les toute votre vie.

12

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Chapitre 1

Lorsque vous invesPrivilégiez la
tissez, cherchez la
simplicité au
simplicité. Faites ce
qui est facile et évidétriment de la
dent, conseille Bufcomplexité
fett. Ne cherchez
pas à élaborer des réponses compliquées à
des questions complexes.
eaucoup de gens croient qu’investir en
B
Bourse est complexe, mystérieux et risqué, et que par conséquent il vaut mieux laisser faire les professionnels. Cette perception
très répandue part du principe que l’être
humain moyen ne peut pas devenir un investisseur à succès car la réussite boursière exigerait un diplôme de niveau supérieur en
finance, la maîtrise de formules mathématiques incompréhensibles, l’accès à des logiciels sophistiqués pour déterminer à quel
moment acheter ou vendre, et une grande
quantité de temps disponible pour suivre le
marché en continu, ses évolutions, son

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MASTER CLASS

volume, les tendances économiques et ainsi
de suite.
Warren Buffett a démontré que tout cela
n’était qu’un mythe.
Il a tracé une voie simple de réussite pour
investir en Bourse. Toute personne dotée
d’une intelligence moyenne est tout à fait
capable d’investir dans les bonnes valeurs,
sans l’assistance d’un professionnel, car les
fondamentaux d’un investissement intelligent sont faciles à comprendre.
Buffett n’investit que dans des entreprises
dont on comprend facilement ce qu’elles
font, des sociétés solides et durables, dont la
réussite s’explique simplement. Il n’accepte
jamais de placer son argent dans quelque
activité complexe qui échapperait à sa
compréhension.
Souvenez-vous que le degré de
difficulté n’apporte rien à la valeur
d’un investissement. Recherchez des
sociétés durables dont les « business
models » sont prévisibles.
L’essence et la beauté de l’approche d’investissement de Buffett résident dans sa simplicité. Elle ne requiert ni mathématiques

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WARREN BUFFETT

complexes, ni formation financière, ni
connaissance des évolutions futures de
l’économie ou de la Bourse. Elle se base sur
des principes de bon sens et la patience – des
valeurs traditionnelles de bon sens que tout
investisseur est en mesure de comprendre et
de mettre en œuvre. En fait, Buffett est
convaincu que les investisseurs ne se rendent
pas service lorsqu’ils se fient à des formules
mathématiques, des prévisions ou des mouvements du marché à court terme, ou encore
à des graphiques basés sur le prix des actions
ou le volume des transactions.
En fait, dit Buffett, la complexité peut vite se
révéler être un cadeau empoisonné. Ne risquez pas l’épuisement en essayant de décoder les dernières théories en matière d’investissement, telles que l’évaluation des options
ou le calcul des bêtas. Dans la plupart des
cas, votre ignorance de ces systèmes de
pointe vous confère un avantage. Une leçon
essentielle, que Buffett a apprise grâce à
son mentor, Benjamin Graham, est que
vous n’avez pas à accomplir « des choses
extraordinaires pour obtenir des résultats
extraordinaires ».
Visez la simplicité. Votre objectif doit être le
suivant : acheter les titres d’une excellente
entreprise, gérée par des personnes honnêtes
et capables ; les payer à un prix inférieur à ce

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MASTER CLASS

que qu’ils valent réellement en termes de
potentiel de gains futurs ; puis, conserver ces
titres et attendre que le marché confirme la
pertinence de votre choix.
Tel est le pivot de la philosophie d’investissement de Buffett et ce qui explique son
incroyable réussite. C’est ce qui lui a permis
de transformer un placement de 10,6 millions de dollars en actions du Washington
Post en un investissement dont la valeur
dépasse aujourd’hui le milliard de dollars.
C’est aussi ce qui lui a permis de passer d’un
placement d’un milliard de dollars dans les
titres de Coca-Cola à une position dont la
valeur atteint désormais plus de 8 milliards
de dollars. Cela explique également qu’il ait
acquis des titres de GEICO Insurance pour
un montant de 45 millions de dollars dont la
valeur atteint aujourd’hui plus d’un milliard.
Si vous ne comprenez pas l’activité
d’une entreprise, évitez d’y placer
votre argent.
Buffett a fait de Berkshire Hathaway une
entreprise qui vaut aujourd’hui plus de
100 milliards de dollars en s’appuyant sur
ce simple principe de conduite. Lorsqu’il
investit en Bourse, il place son argent dans
des entreprises dont l’activité est facile à

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WARREN BUFFETT

comprendre, solides, présentant des perspectives fortes et durables et ayant mis en place
une direction compétente et éthique. Il
achète un grand nombre d’actions lorsque le
marché les vend au rabais. Voilà, en quelques phrases, l’explication de sa réussite.
Oubliez les logiciels sophistiqués de « stockpicking » 1 qui se concentrent sur l’historique du cours, la volatilité ou l’orientation du
marché. Fuyez également les équations remplies de logarithmes et de lettres grecques.
Buffett utilise bien son ordinateur, mais principalement pour jouer au bridge plutôt que
pour suivre les évolutions des cours des
titres. Calquez votre objectif d’investissement sur celui de Buffett : soyez à l’affût de
titres à prix raisonnable « émanant d’entreprises facilement compréhensibles, présentant de fortes probabilités de connaître une
accélération de leurs bénéfices dans les
années à venir. Voilà tout !
Voici trois principes sur lesquels fonder
toutes vos décisions d’investissement :

1. Sélection de quelques actions destinées à figurer sur les
listes d’achat et de vente des brokers. L’objectif est l’obtention de listes dont la performance dépasserait largement
celle du marché.

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MASTER CLASS

Visez toujours la simplicité. Ne rendez pas la
pratique de l’investissement inutilement difficile. Restez dans les domaines que vous
connaissez et placez votre argent dans des
entreprises robustes pourvues d’une direction solide et éthique. Les décisions d’investissement caractérisées par leur complexité
sont à éviter.
Prenez vos décisions d’investissement par
vous-même. Soyez votre propre conseiller en
investissements. Méfiez-vous des courtiers
et autres vendeurs qui chercheront à vous
forcer la main afin que vous achetiez tel ou
tel titre, ou encore des parts d’OPCVM, dans
l’unique but de faire monter leurs commissions. À l’évidence, ces personnes ne sont
pas animées par la recherche de votre propre
intérêt.
Étudiez l’homme sous la direction duquel
Buffett a étudié. L’homme qui a le plus
influencé Buffett, en dehors d’Howard, son
père, est Benjamin Graham, le père de
l’investissement en actions, et celui qui a
montré à Buffett, voici quelques décennies,
que les placements ne fructifiaient pas obligatoirement grâce à leur complexité. Ayez la
bonne idée de lire ce que cet homme a à dire.

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WARREN BUFFETT

v N’oubliez pas que les stratégies simples de Buffett ont produit des résultats
extraordinaires.

19

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Chapitre 2

’écoutez
ni
N
courtiers, ni
analystes, ni experts.

Prenez vos
propres
Trouvez par vousdécisions
même.
d’investissement
Warren Buffett est
d’avis que tout un chacun est capable
d’investir avec succès en se passant de l’aide
des courtiers, des experts boursiers ou de
tout autre professionnel. Il va même plus
loin. Dans l’ensemble, croit-il, ces soi-disant
« experts » n’apportent rien de plus. Quelles
que soient leurs prétendues compétences,
vous pourrez toujours faire bien mieux par
vous-même.
Pour des raisons évidentes, les professionnels de l’investissement cherchent à nous
persuader du contraire. Ils répandent l’idée
que l’investissement boursier est bien trop
compliqué pour Monsieur ou Madame tout
le monde, tout simplement parce que cela
favorise leurs affaires. Combien de temps

21

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MASTER CLASS

survivraient-ils sur le marché si l’investisseur moyen considérait qu’ils n’apportent
rien d’intéressant ?
Peut-être est-ce difficile pour vous de croire
que les experts, que vous connaissez à travers les médias, n’apportent pas réellement
de valeur. Si cela est votre cas, réfléchissez à
la façon dont ces professionnels gagnent leur
vie et aux motivations financières à l’origine
de leur comportement. Les spécialistes
financiers sont souvent des vendeurs dont les
marchandises sont les produits d’investissement à partir desquels ils tirent un bénéfice.
Le revenu d’un courtier sera souvent basé sur
son volume d’activité, c’est-à-dire sur les
commissions réalisées pour l’achat et la
vente de titres.
Logiquement, par conséquent, les courtiers
ne gagnent habituellement rien du tout à voir
leurs clients conserver leurs titres indéfiniment, ce qui est la caractéristique principale
de l’approche prônée par Warren Buffett. Le
volume d’activité est souvent la préoccupation majeure des courtiers qui sont rémunérés sur la base du nombre d’opérations
effectuées par les investisseurs. Que ces opérations s’avèrent fructueuses ou désastreuses
ne change rien à l’affaire.

22

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WARREN BUFFETT

Si vous êtes démarché par un conseiller en investissements ou tout autre
type d’expert financier, n’hésitez pas à
lui demander : « Qu’avez-vous à y
gagner ? » Si sa réponse ne vous donne
pas entière satisfaction, passez votre
chemin.
En adoptant les idées simples et qui ont fait
leurs preuves de Buffett, vous pourrez vous
passer des services professionnels des brokers, des « gourous » de Wall Street, des
logiciels de stock-picking, des spécialistes
des prévisions boursières, et de tout autre
expert auto-désigné. Vous saurez prendre
vos décisions d’investissement par vousmême. Dans la plupart des métiers, reconnaît Buffett, les professionnels apportent une
valeur permettant d’espérer des résultats
supérieurs à ce que pourrait obtenir le nonspécialiste. Tel n’est pas le cas, dit-il, dans le
domaine de la gestion de l’argent.
Pourquoi ? Eh bien, la plupart des spécialistes ignorent la philosophie de base de Buffett et se tournent au contraire vers des pratiques complexes d’investissement à l’utilité
douteuse. Et c’est parfaitement compréhensible. Nombreux sont ces professionnels de
la finance à avoir reçu une formation poussée (et onéreuse), au cours de laquelle ils ont

23

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MASTER CLASS

appris à manipuler toutes sortes d’outils et de
techniques plus ou moins exotiques. Comme
le dit un vieux proverbe : « donnez un marteau à un enfant et il verra des clous
partout »…
Pour être juste, il faut admettre que la plupart
des spécialistes financiers croient en toute
bonne foi à l’intérêt des formules et des techniques spécifiques qu’ils ont réussi à maîtriser après de longues années d’efforts soutenus. Malheureusement, ils sont encore
nombreux à tout ignorer de ce que signifie
« investir dans une valeur », une technique
dont les pionniers ont été, il y a un demi-siècle, Benjamin Graham et Dave Dodd, et que
Warren Buffett a adopté il y a près de quarante ans. Cette technique du value investing
consiste principalement à déceler les écarts
entre le cours d’une action constaté sur le
marché boursier et sa valeur réelle. En langage imagé, il s’agit de chercher des billets
d’un dollar en vente à 40 cents.
Devenez un spécialiste du « value
investing » : une technique qui a
prouvé son intérêt sur le long terme.
À l’instar de Buffett, vous pouvez gagner de
l’argent en pratiquant le value investing. Les
professionnels du domaine financier, eux,

24

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WARREN BUFFETT

n’y gagneront rien – du moins pas sur votre
dos. Et c’est peut-être la raison pour laquelle,
en dépit des succès très médiatisés de Buffett, il n’y a jamais eu de ruée visible sur cet
« investissement valeur ». Trop d’intérêts
particuliers poussent dans la direction
opposée.
Mon conseil – tiré des succès du modèle Buffett – est que vous devriez adopter le value
investing. Vous pouvez d’ores et déjà être
certain que les « commandements » de Buffett sont tout ce dont vous aurez besoin pour
agir de façon autonome. Ils constitueront le
cadre vous permettant d’exercer le contrôle
sur votre avenir financier. Pour commencer,
efforcez-vous de suivre ces quelques principes de base de la méthode Buffett :
Acquérez les connaissances de base en
matière de gestion et de marchés financiers.
Pour prendre vos décisions d’investissement
par vous-mêmes vous aurez besoin de posséder quelques bases en gestion et en ce qui
concerne les entreprises cotées en Bourse.
Lisez régulièrement les magazines et périodiques financiers. Et – cela va sans dire – tout
ce que vous pourrez trouver concernant Benjamin Graham, Warren Buffett et Charlie
Munger.

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MASTER CLASS

Écoutez les conseillers financiers, les courtiers et les « leaders d’opinion » médiatiques avec une bonne dose de scepticisme.
Une fois que vous aurez acquis les fondamentaux en matière d’investissement, prenez garde à ne pas succomber aux sirènes des
« experts » financiers. Rappelez-vous qu’ils
ont des intérêts et des objectifs spécifiques,
et que votre sécurité financière n’occupe pas
la première place sur la liste de leurs
préoccupations.
Souvenez-vous qu’en matière d’investissement, les succès de Buffett demeurent inégalés. Au moment où vous essayerez de
déchiffrer le marché, cela peut s’avérer une
bonne idée que d’écouter celui qui a su en
tirer le maximum de profits.

v La compréhension des idées et des
pratiques de Warren Buffett vous armera
d’un code de conduite que vous pourrez
observer par vous-même, sans recourir
aux services de qui que ce soit.

26

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Chapitre 3

Laissez à autrui
Affichez une
toute réaction excessive face au marché
humeur égale
boursier, conseille
Buffett. Veillez à
garder la tête froide lorsque les esprits
s’échauffent. Vous n’en tirerez que plus
de profit.
ien que simple et facile à comprendre, la
B
philosophie d’investissement de Warren Buffett n’est pas forcément aisée à mettre en pratique. Une fois que vous aurez bien
compris l’approche préconisée par Warren
Buffett, la chose la plus importante que vous
devrez développer est le tempérament qui
sied à un investisseur intelligent. Ce tempérament consistant à garder la tête froide à
tout instant.
Cela signifie que vous allez devoir faire
preuve d’un état d’esprit approprié lorsque
vous devrez affronter les mauvaises nouvelles et les déconvenues qui affecteront

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MASTER CLASS

inévitablement votre portefeuille de titres. Il
faut de la rigueur et du sang-froid quand tout
va mal. Mais faire preuve du bon état d’esprit
signifie également savoir garder la tête sur
les épaules dans la situation contraire, c’està-dire lorsque le marché est haussier et que,
tout autour de vous, les gens sont euphoriques et avides.
C’est sur votre tempérament que vous pourrez compter lorsque tout ne sera pas au beau
fixe pour vous. Que ferez-vous lorsque vous
serez confronté à un brusque effondrement
du cours d’un titre que vous possédez ?
Cédant à la panique, vendrez-vous vos
titres ? Que ferez-vous face à un événement
politique ou macro-économique majeur tel
qu’une guerre, une récession, ou la brusque
chute de tel ou tel indice boursier ?
Que déciderez-vous si l’entreprise dans
laquelle vous avez investi affiche de mauvais résultats trimestriels ou publie un piètre
bilan annuel ? Garderez-vous l’œil rivé sur
les cours de l’action ou, au contraire, resterez-vous concentré sur les fondamentaux et
les résultats à long terme de cette société ?
Comment réagirez-vous lorsque tel ou tel
expert dépeindra un avenir sombre pour vos
titres ou pour la Bourse en général ?

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WARREN BUFFETT

Qu’allez-vous faire lorsque la « communauté » des investisseurs se trouvera au beau
milieu d’un marché baissier ou haussier,
imprégné tour à tour d’un « enthousiasme
spéculatif » ou gagné par la « dépression »,
et emporté tantôt par l’avidité euphorique,
tantôt par la peur, ainsi que nous l’avons vu
à l’époque de la bulle Internet ? Benjamin
Graham, le professeur de Buffett à l’Université de Columbia, n’avait-il pas déjà déclaré
que « le problème numéro un de l’investisseur, son pire ennemi, c’est probablement
lui-même » ? Souhaitez-vous être votre pire
ennemi ?
Vos réactions et vos réponses à ces situations joueront un rôle essentiel dans le succès
de vos investissements. L’investisseur sage
garde son calme face aux événements négatifs. Êtes-vous prêt à « sous-vendre » vos
actions en cas de chute des cours ou, au
contraire, à tirer parti d’une opportunité
potentielle afin d’acheter davantage de titres
« à prix sacrifiés » ?
Buffett utilise un repère précis que vous
devriez appliquer à votre propre cas. Si vous
êtes du genre à paniquer lorsque l’un des
titres de votre portefeuille perd la moitié de
sa valeur du jour au lendemain, évitez
d’investir en Bourse. Pour réussir sur ce marché, vous devez non seulement être capable

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MASTER CLASS

d’investir dans d’excellentes entreprises,
mais également disposer de la confiance
nécessaire pour ne pas lâcher ces dernières
au moment où tout le monde leur tourne le
dos. Lorsqu’il y a de la tension dans l’air,
affirme Buffett, il n’est pratiquement jamais
pertinent de vendre les titres d’une entreprise
de qualité.
N’achetez pas de titres qui provoqueraient chez vous un sentiment de panique et dont vous vous débarrasseriez à
la hâte si les cours venaient à chuter de
5 0%.

Berkshire Hathaway a connu son année noire
en 1999, au moment où le Nasdaq atteignait
des sommets insoupçonnés, porté par la frénésie Internet de la fin des années 90. Le
style « démodé » de Buffett, fait de patients
investissements dans des entreprises « lowtech », était alors qualifié d’obsolète. Son
refus d’acheter les séduisants titres « hightech » faisait de lui un homme d’une autre
époque, du moins selon les experts. La technique du value investing passait pour une
idée de vieux dinosaure, seul le « day trading », la spéculation immédiate, sur une
seule journée de cotation, était tendance.

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WARREN BUFFETT

Aussi, en mars 2000, le cours du titre Berkshire Hathaway chuta de 50 %, passant de
84 000 à 40 000 dollars par action. En dépit
du fait que les fondamentaux de l’entreprise
étaient solides et que son avenir était assuré,
certains actionnaires nerveux ont alors choisi
de se débarrasser de leurs actions Berkshire
Hathaway. Ils agissaient sous le coup de
l’émotion, au moment où Berkshire Hathaway était pris dans la tempête, et préféraient
quitter le navire plutôt que de s’y amarrer de
manière encore plus solide.
Dans un contexte comme celui-ci, qu’est-ce
que l’approche Buffett ? Cela signifie se
montrer capable d’identifier une opportunité
d’achat dans la chute de 50 % du cours d’une
action. Cela signifie garder l’œil rivé sur les
fondamentaux des entreprises dans lesquelles vous avez investi plutôt que de vous
polariser sur les soubresauts d’un marché
inconstant. Si les investisseurs avaient prêté
attention à ces conseils, et « acheté du Berkshire » au moment où le cours de l’action
venait de perdre la moitié de sa valeur, ils en
auraient été généreusement récompensés. En
effet, l’action allait connaître un fort rebond
en 2004 et atteindre le cours record de
97 000 dollars !
Bien sûr, on peut facilement perdre la tête
lorsque le marché affiche des soubresauts

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MASTER CLASS

violents. Et il est encore plus dur de garder
son calme lorsque les cours s’effondrent et
que les experts comme les journalistes rivalisent de pessimisme. Dans ce contexte, le plus
simple est tout naturellement de céder à la
panique. Ne tombez pas dans ce piège. Si
vous détenez des titres d’une très bonne
entreprise, gardez-les. Et si quelqu’un vous
propose d’en acheter davantage à un prix
vraiment intéressant, faites-le !
À l’âge de 22 ans, Buffett avait accumulé
quelque 350 actions de GEICO Insurance
pour une valeur totale d’environ 15 000 dollars. À ce moment-là, il décida de les vendre. S’il les avait conservées, son capital une
vingtaine d’années plus tard, aurait été
d’1,3 million de dollars. À travers cette expérience et d’autres encore, Buffett apprit, à ses
propres dépens, ce qu’il en coûtait de vendre
les actions que l’on détient d’une société
qu’il avait pourtant identifiée comme une
affaire magnifique. Il rachèterait cette erreur
plus tard, en investissant massivement dans
GEICO en 1976, puis en rachetant la totalité
du capital de l’entreprise en 1996.
Voici trois conseils qui vous aideront dans
les bonnes comme dans les mauvaises
situations :

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WARREN BUFFETT

Conservez vos titres dans des entreprises de
qualité. Ne cédez ni à l’euphorie, ni à la panique. Achetez des actions de très bonnes
entreprises et gardez-les plusieurs années.
Ne vous précipitez pas pour acheter vos
actions et ne les cédez pas dans la précipitation. Des études montrent que plus le nombre d’opérations d’investissement est élevé,
plus l’on perd d’argent. Sans compter toutes
les commissions supplémentaires à régler.
« Connais-toi toi-même ». N’achetez pas un
titre si vous ne supportez pas l’idée qu’il
puisse perdre la moitié de sa valeur. Cela
signifie que vous devez avoir la patience et la
discipline nécessaires pour conserver les
titres des entreprises qui affichent des fondamentaux et une gestion solides.
Ne prenez pas une décision d’investissement
parce que d’autres vous ont encouragé à le
faire. Faites la sourde oreille face aux
conseils boursiers « infaillibles », aux
« experts » médiatiques, et à d’autres qui ont
un intérêt particulier à vous voir acheter certains titres. Menez votre enquête et réfléchissez seul.

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MASTER CLASS

v Pour réussir en Bourse, affirme Buffett, il suffit d’une intelligence moyenne.
En revanche, il faut acquérir l’état
d’esprit qui vous aidera à résister à la tempête et à respecter vos plans d’investissement sur le long terme. Si vous savez rester calme au beau milieu de gens qui
paniquent, pas de problème, vous tiendrez
le coup.

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Chapitre 4

ensez en terSoyez patient
mes de dizaines d’années, et non
de dizaines de minutes » conseille Buffett. Si
vous n’êtes pas prêt à conserver certains
titres pendant dix ans, alors évitez de les
acquérir.
«

P

Alors qu’il n’avait que onze ans, Warren
Buffett achetait ses premières actions : trois
titres de Cities Service Preferred au prix de
38 dollars l’une. Peu de temps après, il
revendait ses trois actions alors que leur
cours atteignit 40 dollars, réalisant un bénéfice net de cinq dollars. Quelques années
plus tard, ces mêmes titres s’échangeaient au
prix de 200 dollars l’action. C’est ainsi que
Buffett apprit très tôt que la patience de
l’investisseur était une nécessité.
Buffett ne spécule pas sur une séance mais
plutôt sur une décennie. Son approche est
fondée sur la patience et une vision à long

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MASTER CLASS

terme. Il pratique une méthode qui a fait ses
preuves pour devenir riche lentement.
Les spéculateurs « à la séance », ceux que
l’on appelle les day traders ont l’habitude de
se débarrasser de leurs titres après quelques
semaines ou même quelques jours. Buffett,
lui, conserve ses titres pendant des années
voire des décennies. Il a décrit la Bourse
comme une « structure de réaffectation » :
un moyen grâce auquel l’argent passe des
mains des impatients à celles des gens qui
ont de la patience. Quelle est la stratégie la
plus avisée ? Pensez-y un instant : combien
de spéculateurs à court terme ont réussi à
transformer 10 millions de dollars en 1 milliard, comme l’a fait Warren Buffett ?
Apprenez à mettre en pratique la discipline de patience préconisée par Warren Buffett. Elle vous aidera à engranger des bénéfices boursiers bien plus
importants sur le long terme.
Il est intéressant de se rappeler que certains
marchés se montrent en réalité défavorables
aux achats suivis de revente éclair, alors
qu’ils favorisent les acheteurs qui gardent
leurs titres longtemps. Warren Buffett a fait
remarquer que, dans les années 70 et 80, les
entreprises étaient valorisées à des niveaux

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WARREN BUFFETT

assez bas et que le cours de leurs actions en
bourse n’était pas soumis à des évolutions
rapides. Les investisseurs « agités », passant
d’une action à l’autre, ont alors perdu beaucoup de temps et d’argent, avant de rater la
très importante hausse des marchés dans les
années 90. La plupart des investisseurs
n’aime pas s’attarder sur les opportunités
boursières qu’ils ont ratées. Buffett, lui,
n’hésite pas à le faire, et c’est tout à son honneur. Et la morale qu’il tire de ces expériences est généralement qu’il faut « acheter
et conserver ». La patience est à la base de la
réussite du value investing. L’impatience a
coûté très cher à Buffett à l’occasion de son
achat, en 1966, d’un nombre significatif
d’actions Disney à 31 cents l’action, qu’il
allait revendre l’année d’après à 48 cents
l’unité.
Charlie Munger, associé depuis de longues
années à Buffett depuis, partage son point de
vue en ce qui concerne la patience, mais il
l’exprime de manière plus succincte :
« L’investissement consiste d’abord à trouver quelques sociétés de qualité et ensuite à
pratiquer la position assise. » Il ajoute : « Un
investisseur qui manifeste une trop grande
agitation fait fausse route. La patience fait
partie du jeu. »

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MASTER CLASS

Voici un petit exercice mental recommandé
par Buffett : imaginez, lorsque vous achetez
des titres, que les marchés fermeront dès le
lendemain pour cinq ans. Buffett affirme que
cette situation ne serait pas un obstacle pour
lui car il n’achète presque jamais des titres
avec l’intention de les revendre rapidement.
Il est déterminé à gagner de l’argent grâce à
une entreprise plutôt que grâce à la Bourse.
Cette dernière sert uniquement d’intermédiaire dans le cadre de vos efforts pour dégager des plus value. Vous pouvez imaginer
d’autres contraintes que vous pourriez vous
imposer pour vous aider à adopter cette discipline de patience.
Bien entendu, il n’est pas facile de faire
preuve de patience, mais il s’agit d’une
composante cruciale du tempérament approprié au value investing. Lorsque vous investissez, considérez-vous comme un résident
permanent et non comme quelqu’un de passage. Un urbaniste français avait été averti
que les arbres qu’il souhaitait planter le long
des grands boulevards parisiens n’arriveraient à maturité que 80 ans plus tard et ne
donneraient pas avant toute l’ombre qu’il en
attendait. Voici sa réaction : « Dans ce cas,
nous devons planter ces arbres immédiatement ! » C’est à cet état d’esprit que fait référence Warren Buffett lorsqu’il remarque que
si nous pouvons nous asseoir à l’ombre

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WARREN BUFFETT

aujourd’hui, c’est bien parce que quelqu’un a
planté un arbre il y a de cela de nombreuses
années.
Il faut du temps pour qu’un gland devienne
chêne. Il y a quelque 25 familles à Omaha,
dans le Nebraska, qui ont conservé leurs
actions Berkshire pendant plus de 35 ans, et
leurs parts valent aujourd’hui plus de
100 millions pour un investissement de
départ qui représentait tout au plus
50 000 dollars.
Buffett s’inscrit donc à contre-courant des
tendances éphémères, aussi bien en tant
qu’investisseur que comme responsable
d’une entreprise importante. En ce qui
concerne les actionnaires de Berkshire
Hathaway, il souhaite des gens personnellement impliqués dans l’avenir de cette
société. Voici le langage qu’il leur tient : ne
considérez pas vos actions comme un simple
morceau de papier dont la valeur fluctuerait
à chaque instant – même si, de fait, cette
valeur fluctue effectivement tous les jours.
Au lieu de cela, pensez à votre pourcentage
d’actions comme s’il s’agissait d’un bien
immobilier dont vous auriez fait l’acquisition en commun avec d’autres membres de
votre famille. Mettriez-vous en vente la maison ou l’appartement de la famille à la première perturbation externe mineure ? Bien

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MASTER CLASS

sûr que non. Eh bien, poursuit Buffett, pensez aux titres que vous détenez de la même
manière.
Buffett détient un gros bloc d’actions Berkshire Hathaway depuis plus de 40 ans. Il n’en
a jamais revendu une seule. Il a vécu tous les
événements dramatiques de la Bourse, du
fameux « lundi noir » au dépassement de la
barrière psychologique des 11 000 points par
le Dow Jones, et cela sans jamais perdre la
tête. Il n’est pas animé par un esprit de
contradiction. Il ne s’agit pas simplement
d’acheter lorsque les autres vendent et de
vendre lorsque les autres achètent. Il s’agit
en revanche de la détermination à garder la
tête froide. Ne cédez pas, comme les autres,
à l’« exubérance irrationnelle » (pour
reprendre la célèbre phrase d’Alan Greenspan). Et ne vous laissez pas emporter non
plus par les sirènes de la désolation. En prenant du recul, vous verrez que le ciel n’est
pas près de vous tomber sur la tête.
Benjamin Graham observait dans L’investisseur intelligent – le livre-fétiche de Buffett
sur l’investissement – que « nous avons vu
que beaucoup plus d’argent avait été gagné
et conservé par des “gens ordinaires” dont le
comportement est bien adapté au processus
de l’investissement que par des personnes
dépourvues de cette qualité, et cela en dépit

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WARREN BUFFETT

de leur vaste connaissance de la finance, de
la comptabilité et des techniques de la
Bourse ».
En d’autres termes, il s’agit d’avoir une vue
d’ensemble plutôt que de s’embarrasser
d’une quantité de détails techniques. L’une
des raisons pour lesquelles Buffett a été
capable de transformer son investissement
de 10 millions de dollars dans le Washington
Post en un actif valant 1 milliard de dollars,
c’est qu’il a conservé les titres contre vents et
marées. Juste après son acquisition, en 1973,
le cours de l’action du Washington Post a
chuté de 50 %, et l’effondrement allait se
poursuivre pendant deux ans encore. Buffett
a refusé de se débarrasser de la moindre
action. Dans sa tête, il avait une vue
d’ensemble.
Au cours des années qui suivirent, le Washington Post traversa une période de grande
adversité, allant de la grève de son personnel
à son rôle dans le scandale du Watergate, en
passant par les récessions, la guerre, et le
krach boursier du 19 octobre 1987 – le
fameux « lundi noir » – au cours duquel
l’indice Dow Jones perdit 508 points.
Buffett ne revendit pas ses actions en dépit
des temps difficiles car il ne s’est jamais
départi de sa vue d’ensemble. Et sa patience

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MASTER CLASS

fut généreusement récompensée : chaque
année il récupère son investissement de
départ avec un chèque de dividendes annuels
du Washington Post d’un montant de 10 millions de dollars.
Pour Buffett, il s’agissait d’une action volatile, mais pas d’une entreprise volatile. Ce
qui représentait deux choses diamétralement
opposées. Il pouvait y avoir des fluctuations
dans le cours de l’action en raison d’un marché boursier chaotique, mais l’affaire sousjacente demeurait forte et sûre. Il n’a jamais
paniqué. Il a tenu bon, et les résultats sont
parlants.
Les actionnaires de Berkshire qui ont
conservé leurs titres malgré la tempête ont
vécu la même heureuse conclusion. Le cours
de l’action Berkshire Hathaway de catégorie A était de 40 dollars en 1974, de
1 275 dollars en 1984, de 15 400 dollars en
1994 et de 97 000 dollars en 2004. Dotés du
tempérament adéquat, ces actionnaires ont
été récompensés. Aux autres, ceux qui
avaient revendu leurs titres, il ne restait plus
que leurs yeux pour pleurer.
Des événements – bons et mauvais – se produiront pendant votre période d’investissement. En d’autres mots, ne vous attendez pas
à une partie de plaisir. La Bourse connaîtra

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WARREN BUFFETT

des surchauffes, et verra ses cours monter en
flèche. Les pessimistes se précipiteront pour
vendre leurs titres, provoquant l’effritement
des cours. Encore une fois, le plus important
consiste à miser sur les bonnes entreprises et
à cultiver la bonne attitude.
N’ayez pas l’œil rivé sur le cours des
actions. Au lieu de cela, étudiez l’entreprise, son potentiel de développement,
ses projets, et ainsi de suite.

Voici quelques conseils directement tirés de
la stratégie Berkshire Hathaway :
Écoutez les conseils de Charlie Munger. Pratiquez la position assise. Ne confondez pas
activité et succès. Dans le contexte de
l’investissement, ces deux termes sont des
antonymes.
Achetez exclusivement des titres que vous ne
revendriez pas pendant au moins cinq
années. Lorsque vous passez un ordre
d’achat, imaginez que les marchés vont fermer pendant les cinq années qui suivent et
que vous ne pourrez pas revendre vos titres.
Cela doit vous aider à adopter un point de
vue à long terme.

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MASTER CLASS

Rappelez-vous que « le temps est l’ami de
l’entreprise de qualité ». Ne vérifiez pas la
valeur de vos investissements chaque jour, ni
même chaque semaine. Souvenez-vous que
tous les cours fluctuent. Faites un meilleur
usage de votre temps en gardant l’œil rivé sur
les résultats des entreprises plutôt que sur la
performance des cours.

v À la question « combien de temps
dois-je attendre ? » – en d’autres termes :
combien de temps conserver un titre
donné avant de le revendre – la réponse de
Warren Buffett est claire : « Si vos décisions d’achat ont été judicieuses, attendez
indéfiniment. »

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Chapitre 5

Une fois que vous
Achetez des
aurez pris position
dans la bonne entre- entreprises, pas
prise, vous pourrez
des actions
laisser les autres
s’inquiéter à propos de la volatilité des
marchés boursiers.
our Warren Buffett, un élément décisif
dans la réussite de votre investissement
consiste à vous souvenir que vous achetez
une partie d’une entreprise qui existe réellement. Un titre n’est rien en lui-même. En
revanche, il est l’émanation d’une entreprise
réelle. Lorsque vous pensez à votre portefeuille, vous ne devriez avoir à l’esprit ni le
cours des actions, ni les dépêches d’agences
financières, ni la « cote » que publie votre
journal préféré. Ce qui doit vous venir à
l’esprit, rappelle Buffett, c’est une entreprise, voire une série d’entreprises ; des
entreprises réelles engagées dans de bonnes
affaires.

P

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MASTER CLASS

En d’autres termes, il ne s’agit pas de « jouer
en Bourse » mais d’acquérir des parts
d’entreprises – et d’entreprises de qualité.
Sur le long terme, ce type d’entreprises prospère obligatoirement. De la même manière,
les entreprises de piètre qualité sont incapables de tenir leurs engagements, aussi bien
sur le court que sur le long terme.
Aussi, la chose la plus importante que vous
puissiez faire avant d’acheter des titres est de
réfléchir longuement et dans les moindres
détails à l’entreprise dans laquelle vous
investissez et à son avenir, en vous considérant non pas comme un simple investisseur
mais comme un analyste d’entreprise. Prenez bien évidemment en considération le
cours, mais soyez plus attentif à la valeur (le
« cours » et la « valeur » devraient être étroitement liés, mais dans de nombreux cas ce
lien a été rompu).
La valeur d’une entreprise se développe à
partir de ce qu’elle fait, de ses résultats par
rapport à la concurrence, de l’échelle à
laquelle elle opère, et des perspectives de ces
différents facteurs pour l’avenir. L’investisseur avisé est celui qui choisit une entreprise
« de valeur » en se fondant sur ces types
d’évaluation.

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WARREN BUFFETT

Dans le cadre d’un investissement, souligne
Buffett, ce qui compte est la performance de
l’entreprise qui se trouve à l’autre bout de
l’investissement. Ce qu’elle fait, les résultats
qu’elle obtient (à la fois en termes relatifs et
absolus). Un investissement ne relève pas de
la sphère émotionnelle mais, comme le dit
Buffett, il s’agit toujours d’un acte
« professionnel ».
La performance commerciale d’une
entreprise est primordiale dans le
choix des actions. Étudiez l’historique
de toute société qui se trouve sur votre
liste d’achats.
En 1985, Buffett a analysé la compagnie textile la plus importante aux États-Unis et ses
résultats de 1964 à 1985. Ses actions se
revendaient 60 dollars l’une en 1964. Une
vingtaine d’années plus tard, le prix de
l’action n’avait pratiquement pas évolué. En
dépit de lourds investissements, l’entreprise
luttait, plus ou moins constamment, pour sa
survie. « Mauvaise affaire » fut la conclusion de Buffett. « Achetez et conservez » est
un conseil qui ne peut pas fonctionner si vous
misez dès le départ sur la mauvaise affaire.
Un regard en arrière, sur toutes ces sociétés
« .com » aujourd’hui perdues et disparues,

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MASTER CLASS

confirme l’importance de l’analyse d’entreprise préconisée par Buffett. Pendant cette
période grisante que l’on a appelé la « bulle
internet », les gens achetaient toutes sortes
d’actions de sociétés de haute-technologie
dont les prix grimpaient exponentiellement.
Mais ils ignoraient la valeur des entreprises
qui émettaient ces titres et leurs perspectives
à long terme. Les investisseurs achetaient
des actions en se fondant sur l’activité du
titre plutôt que sur la qualité de l’entreprise
qu’il représentait.
Les actions d’entreprises telles que Global
Crossing et Etoys.com s’échangeaient à plus
de 80 dollars pièce. Aujourd’hui, elles ne
valent plus rien. Buffett n’a pas acquis la
moindre action des sociétés Internet car,
selon lui, ces dernières n’étaient pas des
entreprises prévisibles et rentables, affichant
de solides bilans et d’importantes capacités
d’autofinancement. Ses analyses lui ont
conseillé de ne pas s’approcher de ces
sociétés.
Comment Buffett identifie-t-il les entreprises à acheter ? Il recherche principalement quatre choses :
• des entreprises dont il peut comprendre
l’activité ;

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WARREN BUFFETT

• des entreprises présentant des perspectives
d’avenir favorables ;
• des entreprises gérées par des personnes
honnêtes et compétentes ;
• des entreprises dont l’action affiche un
prix attractif.
Buffett éprouve une sorte d’aversion pour les
secteurs d’activité qu’il ne comprend pas.
Son approche en tant qu’investisseur peut
être qualifiée de sûre, prudente et sans éclat,
mais elle est très efficace.
Il aime les entreprises « faciles à comprendre » car il sait que leur avenir est plus sûr et
leur capacité d’autofinancement plus facile à
prévoir. Des sociétés telles que See’s Candies, Nebraska Furniture Mart, ou CocaCola figurent parmi ses favorites, car il s’agit
d’entreprises stables avec des capacités
d’autofinancement et des résultats prévisibles, et qui feront probablement encore la
même chose d’ici un demi-siècle.
Si vous êtes incapable de faire ce type de prévisions en toute confiance, Buffett vous met
en garde : vous faites de la spéculation, pas
de l’investissement. L’objectif est d’éliminer autant d’incertitude que possible, en partie grâce au ciblage des entreprises qui

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MASTER CLASS

demeurent relativement faciles à « décoder ». La confiserie et les sodas se prêtent à
un type d’analyse que la plupart des innovations technologiques de pointe ne permettent
pas.
Buffett évite les entreprises complexes qui
sont sujettes à des changements majeurs en
raison de l’incertitude autour de leur avenir.
Le bénéfice et la capacité d’autofinancement
sont les deux piliers de la viabilité d’une
entreprise. Une capitalisation spectaculaire
– en dépit de son côté impressionnant – peut
rapidement se transformer en un feu de
paille. La capitalisation boursière a son
importance car elle traduit la surface financière d’une société et sa capacité d’emprunt.
Mais la certitude d’un chiffre d’affaires
engrangé mois après mois, trimestre après
trimestre et de manière prévisible, est bien
plus importante.
Certains observateurs pourraient reprocher à
Buffett son refus de s’aventurer dans ces
entreprises nouvelles et souvent enthousiasmantes. Si tel était le cas, il ne s’en préoccuperait probablement pas. « Un tiens vaut
mieux que deux tu l’auras » leur répondrait-il sans doute. Il est préférable de percevoir une rémunération prévisible plutôt que
d’attendre une rémunération potentiellement
énorme mais fortement spéculative. Mieux

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WARREN BUFFETT

vaut à ses yeux réaliser des gains à un ou
deux chiffres sur une base régulière plutôt
que de prendre de gros risques dans l’espoir
d’en tirer un profit élevé.
Ciblez la certitude au sein de marchés
incertains : misez sur les entreprises
susceptibles de surpasser leurs pairs
sur le long terme.
Dans de nombreux cas, selon Buffett, le
passé constitue le meilleur des indicateurs
concernant l’avenir. Cela pourra en étonner
plus d’un. N’avons-nous pas entendu parler
de l’accélération du changement et de la
manière dont l’économie du futur sera foncièrement différente de celle du passé ? Buffett n’est pas forcément en désaccord avec
ces observations. Toutefois, il ne fonde pas
ses investissements sur ce mode de réflexion.
Cherchez les entreprises qui font encore
aujourd’hui ce qu’elles faisaient déjà il y a
une dizaine d’années, conseille-t-il. Pour
quelle raison ? Eh bien, premièrement, elle a
eu beaucoup de temps pour perfectionner sa
manière d’opérer. Deuxièmement, une telle
entreprise – Buffett cite souvent l’exemple
du fabricant de bonbons See’s Candy – s’est
positionné sur une marché où les choses ne
changent pas à toute vitesse. Si ce paramètre
ne semble pas devoir être profondément

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MASTER CLASS

modifié à l’avenir, alors cette société ne
court pas le risque de connaître d’énormes
déconvenues.
Le produit est-il durable ? Posez-vous la
question suivante, même si elle peut avoir
l’air bête au premier abord : lequel de ces
deux produits est davantage susceptible
d’être encore là dans dix ans : une application logicielle spécifique ou une crème glacée de chez Dairy Queen ? La réponse est
bien évidemment la crème glacée. Les logiciels évoluent bien trop vite pour pouvoir
constituer un bon pari pour les dix années à
venir.
Si vous n’avez aucune idée de ce que pourrait être une entreprise dans dix ans, alors
c’est que vous ne comprenez pas cette entreprise. Et si vous ne comprenez pas l’entreprise dans laquelle vous placez votre argent,
vous faites de la spéculation plutôt que de
l’investissement. Vous êtes animé par
l’espoir plutôt que par la réflexion.
Voici quelques conseils qui aideront les
investisseurs à formuler des perspectives à
long terme :
Souvenez-vous qu’une action représente un
morceau de l’entreprise. N’achetez pas un
titre en raison de l’activité autour de son prix.

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WARREN BUFFETT

Achetez un titre en vous fondant sur une analyse de l’entreprise et de ses perspectives
d’avenir.
Évaluez les fondamentaux de l’entreprise
avant d’acheter un titre quel qu’il soit. Bénéfices, résultat, capacité d’autofinancement,
bilan et compte de résultat représentent quelques clés qui vous aideront à déterminer la
santé à long terme de toute entreprise.
Utilisez internet pour préparer vos investissements. Il y a seulement quelques années,
faire des recherches sur une société et ses
perspectives d’avenir exigeait plusieurs
jours, voire plusieurs semaines. Cela pouvait
même s’avérer très difficile pour un investisseur non professionnel. Ce n’est plus le cas
aujourd’hui : des centaines de sites internet
gratuits diffusent tous types d’informations
sur les entreprises : leurs rapports annuels,
leurs résultats, leurs perpectives, et ainsi de
suite.

v Ne pensez pas à la performance financière sur le mode « actions à court terme »
mais plutôt sur le mode « entreprises sur
le long terme ».

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Chapitre 6

Certaines sociétés
sont ce que Warren Recherchez une
Buffett appelle des
entreprise qui
« franchises ».
soit une
Elles sont comme
« franchise »
protégées par de
hautes murailles ou
de profondes douves. Elles sont plus ou
moins imprenables. Ce sont ces entreprises-là que vous devez trouver.
arren Buffett s’attache à acheter les
W
titres des entreprises dont les atouts
concurrentiels et les produits sont pérennes.
Il est à la recherche d’entreprises qui dominent leurs marchés. Pour décrire son entreprise idéale, il a recours à la métaphore du
château imprenable de taille imposante, protégé par de profondes douves.
Les entreprises construites comme de solides
citadelles sont ce que Buffett appelle des
« franchises ». Non pas des franchises au
sens d’Afllelou ou McDonald’s, mais des

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MASTER CLASS

structures qui jouissent d’une position privilégiée, représentant quasiment une garantie
de succès. Une « franchise économique »
fournit un produit ou un service qui :
• est nécessaire ou désiré ;
• ne nécessite pas une forte mobilisation de
capital ;
• est perçu par ses clients comme dépourvu
de concurrent immédiat ;
• n’est pas soumis à une réglementation sur
les prix.
Le fabricant américain de sucreries See’s
Candies, déjà mentionné plus haut, offre une
illustration de ce type de « franchise ». Il
s’agit d’une entreprise disposant d’un atout
concurrentiel durable. Elle vend des chocolats avec succès depuis plus de 70 ans et est
susceptible d’en vendre encore dans 70 ans.
Les produits See’s se distinguent de ceux de la
concurrence (mais pouvez-vous seulement
nommer un concurrent ?) et les gens achètent
les chocolats See’s pour leur réputation de
qualité. Les clients sont prêts à payer plus cher
pour ses produits, délaissant des alternatives
plus économiques au profit de l’authentique.

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WARREN BUFFETT

Votre objectif en tant qu’investisseur, est donc
de chercher à acheter des titres de sociétés qui
peuvent être qualifiées de « franchises » au
sens que donne Warren Buffett à ce terme.
De nombreux candidats à l’investissement
commencent leurs recherches en se posant une
question telle que celle-ci : « Dans quelle
mesure, telle société, dans un secteur donné,
a-t-elle la capacité d’apporter quelques changements dans le monde ? » Buffett estime que
cela revient simplement à passer à côté de la
vraie question. Il est vrai qu’un produit
« nécessaire » ou « désiré » (critère nº 1 cidessus) est susceptible d’apporter ne serait-ce
que quelques petits changements dans le
monde. Mais, il est bien plus important, croit
Buffett, de voir si cette entreprise dispose d’un
atout concurrentiel durable. Il est préférable
d’acheter du See’s Candies – dont la mission
n’est pas de changer le monde – que du DeLorean Motors, un constructeur automobile qui
avait conçu une voiture novatrice. See’s Candies est protégé par des douves. DeLorean ne
l’était pas et cette entreprise a aujourd’hui
disparu.
Recherchez les entreprises qui s’apparentent à des forteresses. Trouvez des
sociétés qui se distinguent de leurs
concurrents.

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MASTER CLASS

Buffett n’avait pas dès le départ compris
l’importance de la « franchise ». Au début de
sa carrière, il était bien plus focalisé sur les
« bonnes affaires », lesquelles se sont révélées être de mauvais achats sur le long terme.
Buffett s’est offert une onéreuse formation
dans le domaine peu engageant de l’économie des fabricants de matériel agricole, des
grands magasins de second ordre et des
usines textiles de la Nouvelle-Angleterre.
Tous étaient dépourvus de la moindre
muraille protectrice ou douve profonde !
En 1965, Buffett faisait l’acquisition de la
compagnie textile Berkshire Hathaway
basée en Nouvelle-Angleterre. Vingt ans
plus tard, il fermait l’activité textile de
Berkshire Hathaway, car elle n’avait pas
d’avenir et perdait de l’argent. Des concurrents internationaux avaient fortement
ébranlé cette activité de la société. Dépourvue d’un atout concurrentiel à long terme ou
de douves pour sauvegarder ses perspectives
d’avenir, l’activité textile finit par
s’effondrer.
Ces erreurs de novice sont à mettre en perspective avec le choix de Buffett en 2003,
année où il choqua de nombreux observateurs en achetant quelque 2 milliards
d’actions du groupe énergétique chinois
PetroChina. Cette immense société, dont peu

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WARREN BUFFETT

de gens avaient entendu parler, domine
l’activité pétrolière en Chine. Elle est la quatrième compagnie pétrolière au monde en
termes de rentabilité, et produit autant de
pétrole brut qu’Exxon. C’est le type même
de l’entreprise « place forte » que vous vous
devez d’ajouter à votre portefeuille si vous
avez la chance de la trouver.
Une autre clé importante dans l’achat de
« franchises » – ou de toute autre entreprise –
consiste à attendre jusqu’à ce que la société
ait atteint un prix raisonnable. C’est l’un des
traits marquants de la méthodologie de
Buffett.
Ne faites pas des passages éclairs sur
les marchés boursiers. Les statistiques
montrent que plus les transactions
sont fréquentes, plus les pertes sont
importantes.
Dressez la liste des entreprises qui vous intéressent et du prix plafond que vous seriez
prêt à débourser pour acquérir leurs titres.
Gardez cette liste à portée de main et consultez-la régulièrement. Elle vous aidera à
observer une discipline et vous évitera des
prises de décisions qui nuiraient à votre
portefeuille.

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MASTER CLASS

Dans son best-seller publié chez McGrawHill, How to Pick Stocks Like Warren Buffett, Timothy Vick utilise des arguments irréfutables en faveur du « stockage des
actions » à la manière de Buffett : « (…) cela
vous force à rester vigilant. Avant d’acheter,
vous devrez déterminer une valeur raisonnable pour la société, ce qui implique que vous
devrez l’étudier. Investir votre temps dans un
processus d’évaluation diminuera sensiblement vos risques d’un achat prématuré »
(page 98).
Voici quelques suggestions qui vous aideront à identifier et à conserver les bonnes
sociétés :
Identifiez les « franchises » qui passeront
l’épreuve du temps. Cherchez sans relâche
l’entreprise conforme aux critères de Buffett : celle qui fabrique des produits nécessaires ou désirés, pour lesquels il n’existe pas
de substituts proches, qui n’est pas excessivement gourmande en capital, et non soumise à la réglementation des prix.
Étudiez les fondamentaux sous-jacents des
entreprises avant d’en acquérir les titres.
Assurez-vous d’effectuer un contrôle adéquat avant d’acheter des actions. Vous pourrez ainsi mieux fonder vos décisions

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WARREN BUFFETT

d’investissement et améliorer vos chances de
succès sur le long terme.
N’hésitez pas à « laisser passer quelques
balles » avant de frapper. Buffett est partisan de la tactique qui consiste, pour le batteur
de base-ball, à s’abstenir de tenter de frapper
la balle à tous les coups. Au fil du temps, les
meilleurs investisseurs prennent de moins en
moins de décisions d’achat et de vente.

v Si vous voyez des piranhas et des crocodiles dans les profondes douves qui
entourent un château imposant,
commente Buffett, c’est que vous avez
trouvé le genre d’entreprise pérenne qui
peut vraiment faire gagner de l’argent à
ses actionnaires.

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Chapitre 7

Pour Buffett, un
Oubliez le
investissement
« high-tech »,
réussi est rarement
associé à une actiachetez du
vité « tape-à-l’œil ».
« low-tech »
Dans son univers,
les fusées et les
lasers sont bien moins présents que du
ciment, de la moquette, de la peinture et
une bonne isolation.
arren Buffett a racheté des fabricants
de briques, de peintures, de tapis, plusieurs fabricants de meubles et un de sousvêtements. Voilà les types d’entreprises pour
lesquelles Buffett a une prédilection car elles
sont faciles à comprendre, stables et leur
capacité d’autofinancement est prévisible.
Elles ne sont caractérisées ni par leur sophistication ni par leur glamour. Ce sont simplement de bonnes et solides sociétés peu
sujettes à de grands changements dans les
années à venir. Année après année, elles

W

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MASTER CLASS

affichent des bénéfices constants et une
croissance de leur chiffre d’affaires.
Buffett ne possède pas de sociétés « exotiques », ces entités de la « nouvelle économie » à la pointe de la technologie, issues par
exemple des secteurs de la fibre optique, des
logiciels ou de la biotechnologie. Trop souvent, estime-t-il, les bénéfices de ces technologies « exotiques » ne profitent pas aux
investisseurs qui ont permis leur avènement.
Il cite des secteurs tels que la radio et la télévision, qui ont sans aucun doute changé nos
vies, mais qui ont oublié de récompenser
leurs actionnaires.
Quel genre de fille inviteriez-vous au bal de
fin d’année ? Celle qui vient d’arriver dans
votre lycée, à la beauté éblouissante mais
que personne ne connaît réellement ? Ou
inviteriez-vous la « fille d’à côté » ? « Misez
sur la fille d’à côté » conseille Buffett. Ne
succombez pas aux sirènes de la nouvelle
entreprise « sexy » affublée de séduisantes
perspectives de croissance. Les facteurs qui
la rendent attrayante sont ceux-là mêmes qui
rendent particulièrement délicates les estimations concernant son évolution sur le long
terme. Bien entendu, une entreprise « glamour » peut connaître un succès spectaculaire à court terme mais, au final, elle est susceptible de faire un fiasco.

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WARREN BUFFETT

Qu’en est-il de ces sociétés de briques, de
peintures, de tapis et de meubles ? De ces
sociétés comparables à la « fille d’à-côté » ?
Il est probable qu’elles seront encore là dans
les cent prochaines années car il s’agit
d’entreprises dont les produits sont très peu
susceptibles d’être frappés d’obsolescence.
Toutes conserveront un avantage concurrentiel sur le long terme ainsi qu’une capacité
bénéficiaire constante. « Pensez en termes
d’une trentaine d’années, préconise Buffett.
Trente années de bons résultats, cela signifie
que l’on a affaire à une excellente société.
Alors que trois années ne veulent rien dire. »
Les sociétés suivantes : Etoys.com, Cyberrebate.com, Webvan.com, Kozmo.com,
Pets.com, Planetrx.com, Rx.com, ou Pandesic.com qu’ont-elles en commun ? Elles ont
incarné les succès faramineux du « hightech » pendant un ou deux ans. Elles ont
connu la gloire, rapidement suivie de
l’échec. Webvan.com, entreprise en ligne de
livraison de courses, affichait une capitalisation boursière de 7,5 milliards de dollars
avant de faire faillite. Tentant à vous en couper le souffle ? Sans aucun doute. Un excellent investissement ? Seulement en cas de
spéculation quasi-instantanée. Des centaines
de milliards de dollars – la richesse de ses
actionnaires – sont partis en fumée pratiquement du jour au lendemain.

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MASTER CLASS

La haute technologie est sans aucun doute
parfaite, estime Buffett… pour les autres.
S’il n’arrive pas à comprendre qui dans un
secteur donné gagnera de l’argent, ni
comment, il évite de s’engager sur cette voie.
À l’inverse, lorsqu’il visualise le flux de
revenus, il est bien plus enclin à y adhérer. Il
est discipliné. S’il ne comprend pas l’activité, si l’entreprise est trop complexe ou difficilement prévisible, il garde son argent
dans sa poche. Cette discipline est un axe
fondamental de la philosophie du value
investing que prône Buffett. Soyez prudent
face aux entreprises inhabituelles qui se donnent des airs de réussite facile et rapide. Et,
si de grands changements s’annoncent à
l’horizon pour une entreprise, ne vous en
approchez pas. Si vous ne voyez pas exactement comment et quand cette entreprise
gagnera de l’argent – d’une manière que
vous estimerez satisfaisante – gardez vos
distances.
Une année, en 1998, Buffett a entrepris
d’examiner le « guide de l’investisseur »
publié par le magazine Fortune et qui
comportait une évaluation de la performance
d’un millier de grandes entreprises. Il a
remarqué que les premières places du classement étaient occupées par les entreprises les
plus banales. Il y avait là une parfaite illustration de la fable de La Fontaine « Le lièvre

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WARREN BUFFETT

et la tortue ». Et, tout comme dans la fable,
c’est la tortue gagnait la course. En termes de
rentabilité, les entreprises aux activités
rébarbatives battent les sociétés « sexy » et
« glamour ».
Ne cédez pas à la tentation des transactions supposées vous enrichir rapidement et impliquant des sociétés relativement complexes (par exemple les
sociétés de la haute-technologie). Elles
s’avèrent les plus imprévisibles sur le
long terme.
L’investissement dans une entreprise « hightech » est comparable à l’envoi d’un ballon
une centaine de mètres vers l’avant par un
joueur arrière. De temps à autre, les résultats
seront spectaculaires et les gains fantastiques mais, la plupart du temps, la passe
n’arrivera pas au destinataire. Buffett préfère faire monter le ballon au centre du terrain, le faire progresser de façon certaine de
quelques mètres et en tirer toute une série
d’avantages. Vince Lombardi, l’un des
entraîneurs les plus fameux du football américain, avait de son côté opté pour l’approche suivante : « mieux vaut la certitude d’un
bon résultat que l’espoir d’un excellent
résultat. »

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MASTER CLASS

Voici trois façons de perfectionner votre
stratégie d’investissement :
Évitez les sociétés issues de secteurs en évolution. L’un des critères de Buffett consiste à
acheter des titres dans des entreprises qu’il
comprend, dont les modèles et la croissance
des revenus sont prévisibles. Ne succombez
pas aux « sirènes » des sociétés « tendance »
qui règnent sur la Silicon Valley. Leur activité est trop difficilement prévisible sur le
long terme. Si vous avez des doutes, consultez la rubrique nécrologique de la nouvelle
économie. Vous y trouverez une illustration
des dangers de l’investissement dans des
sociétés stimulantes promettant une croissance inégalée.
Investissez dans les entreprises de la « vieille
économie ». Buffett chérit les entreprises
ennuyeuses et terre-à-terre. Tout simplement parce que ces entreprises sont susceptibles d’être dans le même métier d’ici plusieurs décennies. Étudiez les entreprises qui
existent depuis un demi-siècle. Cela vous
aidera à identifier celles qui seront encore là
d’ici une cinquantaine d’années.
Souvenez-vous qu’il faut des décennies pour
qu’une entreprise devienne excellente. La
dernière leçon de cette partie de la stratégie
de Buffett nous invite à procéder à une

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WARREN BUFFETT

réflexion sur le long terme. Il n’y a que trop
d’entreprises qui montent en flèche au cours
de leurs premières années avant de retomber
comme une masse quelques années plus tard.
Tâchez d’écarter les entreprises qui risquent
d’être « ébranlées » par une nouvelle technologie ou un nouveau concurrent.

v Recherchez l’absence de changements. Ciblez l’entreprise dont l’unique
évolution future sera l’accélération de son
activité.

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Chapitre 8

Évitez ce que Buffett appelle le style Concentrez vos
d’investissement
investissements
« Arche de Noé » :
un peu de ceci, un peu de cela. Il est plus
avisé de réaliser un nombre restreint
d’investissements tout en allouant une
somme supérieure à chacun d’entre eux.
a plupart des « experts » conseillent aux
L
investisseurs de diversifier leur portefeuille : c’est-à-dire de détenir des titres dans
de nombreuses sociétés à la fois. De cette
manière, si un titre subit une chute des cours,
cela ne pénalisera pas l’ensemble d’un portefeuille. Warren Buffett choisit d’aller dans la
direction plus ou moins opposée.
La diversification, c’est-à-dire la multiplication des entreprises dont on détient des
actions, n’est pas nécessairement, selon Buffett, la bonne manière d’investir. Sa stratégie
consiste au contraire à privilégier la concentration des titres. Il aime limiter le nombre

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MASTER CLASS

d’entreprises dans lesquelles il investit et
placer d’importantes sommes dans chacune
d’entre elles. Si vous avez repéré les bons
titres, pourquoi n’en acheter qu’une petite
quantité ? « Trop d’une bonne chose est merveilleux » avait coutume de dire Mae West,
star d’Hollywood de l’après guerre. En quelque sorte, Warren Buffet a épousé cette
philosophie.
La concentration – à l’inverse de la diversification – est donc l’un des éléments clés de la
stratégie d’investissement de Warren Buffett. Là encore, vous ne serez pas surpris de
constater qu’il s’inscrit a contrario de la
sagesse populaire de Wall Street.
La plupart des courtiers vous inviteront à
diversifier votre portefeuille d’investissements. « Ne mettez pas tous vos œufs dans le
même panier » conseillent-ils. « Protégez
vos mises. » Ils préfèrent vous voir suivre
l’exemple de Noé, détenir deux actions de
chaque société envisageable. Buffett n’est
pas d’accord. Achetez des blocs aussi importants que possible d’actions, dans la limite de
vos possibilités, émises par 5 à 10 entreprises, et faites-le au meilleur prix. Pourquoi
miser sur une entreprise que vous avez placée en vingtième position dans votre liste de
favoris, demande Buffet, plutôt que sur les
cinq ou dix premières ?

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WARREN BUFFETT

Lorsque Buffett est convaincu d’avoir identifié un bon investissement, il ne se retient
pas. Au contraire, il va chercher à y consacrer des sommes tout à fait importantes. Par
exemple, il a investi un milliard de dollars en
actions Coca-Cola, représentant 200 millions de titres. Il a acquis 151 millions
d’actions American Express. Il a acheté plus
de 2 milliards d’actions PetroChina – la
compagnie pétrolière chinoise – pour
488 millions de dollars. Ce dernier investissement, soit dit en passant, est aujourd’hui
valorisé plus de 1,2 milliard de dollars.
En 2004, Berkshire Hathaway détenait des
participations importantes dans seulement
une dizaine de sociétés cotées.
Si vous êtes convaincu de la solidité des
perspectives d’avenir d’une entreprise, soyez ambitieux et renforcez vos
positions au lieu d’acheter des titres
appartenant à la quinzième ou à la
vingtième société sur votre liste
d’investissements possibles.
À certains moments, ses positions majeures
ne concernaient que cinq entreprises. Buffett
a démontré de manière répétée qu’en achetant beaucoup de titres d’une bonne entreprise, et au bon prix, il tenait une stratégie

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MASTER CLASS

– celle de la concentration – capable de faire
des merveilles au fil du temps.
Charlie Munger, vice-président de Berkshire
Hathaway, croit également aux vertus de la
« non diversification ». Il va même plus loin,
soutenant qu’« aux États-Unis, une personne ou une institution qui investit presque
toute sa fortune, sur le long terme, dans seulement trois excellentes entreprises nationales a sa richesse assurée ». La patience et
la non diversification, affirme Munger,
expliquent le remarquable succès de Buffett
et de Berkshire Hathaway.
Aussi, lorsque les courtiers vous poussent à
diversifier vos placements et vous mettent en
garde contre des investissements trop importants dans quelques titres seulement, car cela
représenterait un risque majeur et construirait un portefeuille très déséquilibré, rappelez-vous que si Warren Buffett « pèse »
aujourd’hui 44 milliards de dollars c’est en
détenant directement 474 998 titres dans une
seule société : Berkshire Hathaway. De la
même façon, la plus grande partie de la
richesse de Benjamin Graham venait des
actions qu’il détenait dans GEICO Insurance. Munger estime que, lorsque l’opportunité d’accéder à une « affaire exceptionnelle gérée par un dirigeant exceptionnel » se
présente, c’est commettre une grande erreur

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WARREN BUFFETT

que de ne pas y placer le maximum d’argent
possible.
Pourquoi ne pas attendre de trouver une
entreprise exceptionnelle à un prix exceptionnel et y effectuer un placement substantiel au lieu d’investir des montants dilués
dans 27 OPCVM ou 27 titres différents ?
Comment tirer parti de cette stratégie de Buffett ? Mettez en pratique les trois conseils
suivants :
En construisant votre portefeuille, tâchez de
ne pas y inclure plus de 10 titres différents.
Quoiqu’en disent les experts, Buffett est de
l’avis que la diversification augmente les risques d’une moindre rémunération. Faites
votre enquête et trouvez entre cinq et dix
entreprises dans lesquelles vous aimeriez
investir pour les cinq à dix prochaines
années. Attendez ensuite que le prix de leurs
actions tombe dans la fourchette que vous
avez fixée. Le moment venu, achetez en
confiance et – élément plus important
encore – préparez-vous à faire preuve de
patience.
Assurez-vous que les titres que vous achetez
sont conformes aux critères de Buffett. Ils
doivent représenter de bonnes et solides
entreprises (à la limite de l’« ennuyeux »)

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MASTER CLASS

dotées d’équipes de direction à toute
épreuve. Étudiez les résultats de chaque
entreprise sous sa direction actuelle. Et ne
commencez pas à vous agiter sur votre siège.
Attendez que les titres soient à des prix
attractifs.
Faites preuve de courage. Un grand nombre
des placements majeurs de Buffett ont été
courageusement réalisés dans des périodes
de repli économique et financier, où tout le
monde était gagné par la paralysie.
v La concentration du portefeuille
– stratégie opposée à celle de la diversification – a aussi le mérite de rendre les
idées claires. Comment cela ? Si vous mettez tous vos œufs dans quelques paniers
seulement, vous êtes bien moins susceptible de faire des placements sous le coup de
l’impulsion ou de l’émotion.

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Chapitre 9

Parfois, en matière
d’investissement, ne
rien faire est un signe
de clairvoyance.

Pratiquez
l’inactivité au
lieu de
l’hyperactivité

’énergie dépenL
sée en une journée à la Bourse de New
York est vraiment remarquable. Plus d’un
milliard de titres changent de mains, et il
s’agit seulement d’une moyenne.
Cette frénésie se communique souvent aux
autres intervenants sur la scène de l’investissement. Il y a des spéculateurs « à la séance »
ou « à court terme » qui achètent des titres
avec l’intention de les revendre quelques jours
plus tard. Il y a des milliers d’OPCVM et
autres institutions financières se comportant
comme des derviches tourneurs, peaufinant
fébrilement leurs portefeuilles, quotidiennement, hebdomadairement ou mensuellement.

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MASTER CLASS

Même l’investisseur individuel est affecté.
L’un des mythes communs sur l’investissement, construit au fil du temps, est qu’il faut
des transactions fréquentes pour réussir.
Mais il y a au moins un investisseur légendaire qui est une remarquable exception au
sein de toute cette hyperactivité. Warren
Buffett, sans doute le plus grand investisseur
de tous les temps, ressemble davantage à Rip
Van Winkle 1 qu’à un derviche tourneur. Il
parle de l’inactivité comme d’un « comportement intelligent ». Il affirme, non sans raison, qu’un investisseur sage peut gagner de
l’argent tout en dormant. Il célèbre la léthargie et la considère comme l’un des fondements de sa philosophie d’investissement.
Léthargie ? Inactivité ? Le sommeil qui
ouvre la voie à la richesse ? Comment est-ce
possible ? L’investissement n’est-il pas un
univers sensé avancer sur les chapeaux de
roues ?
En un mot comme en cent : « Non ». Buffett
fuit comme la peste ce qu’il appelle l’« hyperactivité ». Pour lui, ne rien faire équivaut à
bien faire lorsque vous détenez les bons
1. NdT. Personnage né sous la plume de Washington Irving.
Rip Van Winkle dormit paisiblement pendant vingt ans au
sommet d’une montagne après l’ingestion d’un breuvage.
Lorsqu’il se réveilla la révolution américaine avait eu lieu.

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WARREN BUFFETT

titres. Une étude de 2004 sur les six valeurs
dont Buffett détenait le plus de titres nous
révèle qu’il faut remonter à 2000 pour le voir
modifier sa position concernant Moody’s, à
1998 pour American Express, à 1994 pour
Coca Cola, à 1989 pour Gillette, et jusqu’en
1973 pour la Washington Post Company. Il
ne s’agit pas là d’un schéma de comportement de nature à rendre Buffett sympathique
aux yeux des courtiers !
Buffett aime acquérir des titres, mais les
revendre est une autre histoire. Il compare
l’investisseur qui vend facilement à une
abeille butinant une fleur après l’autre. Si
vous êtes sur la bonne fleur, conseille-t-il,
restez-y. Ne cédez pas à la tentation de
l’hyperactivité.
Buffett a réussi grâce à la patience et à l’inactivité, alors que la plupart des investisseurs
se montrent particulièrement impatients et
hyperactifs. Buffett croit, quant à lui, que les
transactions fréquentes peuvent nuire gravement à votre richesse. Un grand nombre de
transactions engendre des « coûts de friction », tels que les commissions et les impôts
sur les plus-values, alors que la détention à
long terme de ces titres vous évite ces coûts.

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MASTER CLASS

Ne vous livrez pas à des transactions
sans fondement. Les transactions fréquentes caractérisent les investisseurs
trop agités, qui finissent par récolter
plus de pertes que de gains.
De nombreux investisseurs ferment les yeux
sur les implications fiscales des transactions
fréquentes. Buffett ne cesse de marteler ce
point, soulignant que pour un même taux de
rendement composé, les contribuables
(c’est-à-dire la plupart d’entre nous !) sont
bien mieux lotis en demeurant fidèles aux
titres d’une entreprise plutôt qu’en passant
continuellement d’une entreprise à l’autre.
Les retombées fiscales absorbent les rendements nets des investisseurs.
John C. Bogle – le légendaire fondateur de la
famille de fonds mutuels Vanguard et un
grand fan de Buffett – mène la même campagne. Il a passé plus d’un demi-siècle à mettre
en garde tous ceux qui voulaient bien l’écouter contre les coûts cachés de l’investissement. Outre les commissions et impôts,
Bogle évoque d’autres coûts associés à
l’investissement et que la plupart des investisseurs particuliers ignorent.
Ainsi, les fonds avec frais de souscription ou
« load funds » non seulement vous facturent

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WARREN BUFFETT

plusieurs points de pourcentage en guise de
commission mais aussi – compris dans le
prix des actions – des coûts de transaction, de
gestion, et ainsi de suite. À l’instar d’un
impôt, ces coûts cachés grignotent les rendements nets des investisseurs sur le long
cours. Toutefois, la plupart d’entre eux ignorent que ces frais leur sont facturés. Plus il y
a de transactions, explique Bogle, plus il y a
de pertes. Il assimile les transactions fréquentes aux tables de jeux de Las Vegas : au
final, celui qui gagne c’est le casino.
Pour d’excellents investisseurs comme
Bogle et Buffett, l’inactivité signifie des
achats et des ventes peu fréquentes, mais
cela signifie également autre chose : attendre
aussi longtemps que nécessaire qu’émerge
une opportunité d’achat. Si, pendant un an,
aucune opportunité ne se présente, Buffett ne
bouge pas en attendant qu’émerge un occasion, et peu importe le temps d’attente. En
2004, Buffett n’a réalisé aucun investissement majeur. Il y a quelques années, il avait
estimé que 50 des 61 années qu’il avait passées dans l’investissement lui avaient
apporté de bonnes opportunités d’investissement. Inversement, cela signifiait aussi que
pratiquement une année sur cinq – soit 20 %
du temps – il n’y avait rien d’intéressant à
acheter. Donc, si vous avez du mal à vous
souvenir de la dernière fois où vous avez

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MASTER CLASS

laissé passer toute une année sans rien acheter, il se peut que vous n’opériez pas d’une
manière optimale.
Comment pouvez-vous vous prémunir
contre la fébrilité boursière et les transactions excessives ? Essayez ces règles de
conduite définies par Buffett :
Devenez un spéculateur « sur dix anse »,
plutôt que « sur dix heures » ou sur le court
terme. Souvenez-vous du côté van Winkle de
Buffett ! La clé de l’investissement consiste
à être gagnant sur le long terme. Conservez
longtemps les titres des entreprises de qualité
et vos résultats surpasseront la grande majorité de ceux des investisseurs plus actifs.
Ne confondez pas activité et accomplissement. Buffett incarne cette règle de conduite,
rendue populaire par John Wooden, l’inoubliable entraîneur de l’équipe de basketball
de l’UCLA. Ne cédez pas à la panique. Ne
rejoignez les foules anxieuses qui réalisent
des transactions histoire de faire quelque
chose. Si vous constatez que vous prenez ce
chemin, trouvez-vous un autre passe-temps !
Prenez garde aux coûts cachés. Dans l’univers de l’investissement, peu de choses sont
gratuites. Toutefois, vous pouvez vous
défendre sur le long terme, en esquivant les

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WARREN BUFFETT

coûts et en minimisant les impôts. Cela
signifie ne pas devoir régler des commissions importantes sur les opérations concernant les actions comme les OPCVM. Cela
signifie éviter les échanges fréquents. Cela
implique aussi de rester patient afin de permettre l’accumulation de vos gains. Enfin,
cela signifie poser beaucoup de questions,
lire de nombreux documents sur les différents titres et fonds, et ne pas se précipiter
après avoir entendu quelque tuyau « en or » à
la radio. Restez fidèle à votre programme.
v Si vous avez des doutes, adoptez l’attitude léthargique. Il vaut mieux faire une
bonne sieste que de se démener en tout
sens et supporter le coût des frais annexes.

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Chapitre 10

Les cours en temps
Oubliez les
réel sont disponibles
pratiquement parcours en temps
tout. Mais l’invesréel
tissement est beaucoup plus qu’une
simple histoire de cours.
e plus grand investisseur au monde possède-t-il un système sophistiqué de suivi
des cours ? Non. Mais, alors, comment fait
Warren Buffett pour suivre heure après
heure, jour après jour, les évolutions des
cours de la Bourse ? Eh bien, tout simplement, il ne le fait pas. Mais, alors, comment
fait-il pour suivre les évolutions mensuelles
ou annuelles ? En fait, cela ne l’intéresse pas
beaucoup non plus.

L

Mettez cela en parallèle avec une salle de
marchés ou un site internet où les cotations
sont affichées sur l’écran dans une cascade
ininterrompue de cours, de ratios et d’évaluations au dixième de centime. De

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MASTER CLASS

nombreux investisseurs « actifs » (ceux qui
pratiquent de fréquentes opérations sur
titres) suivent les évolutions des cours
minute après minute, comme si leur vie en
dépendait, et attachent une grande importance au moindre écart de cotation.
Question : Que serait un spéculateur « à la
séance », un day trader comme on les
appelle, sans l’affichage des cours en temps
réel ?
Réponse : Il ne serait pas un day trader.
En défenseur convaincu du value investing,
Warren Buffett ne s’intéresse tout simplement pas aux évolutions des cotations sur le
court terme. Dès lors qu’il possède des titres
dans des entreprises de qualité, le court
terme ne compte pas, et le long terme coule
de source. L’unique exception à cette règle
serait une baisse significative des cours,
offrant à Buffett une chance d’acheter plus
d’actions à un prix réduit. Lorsque les
actions sont soldées, Buffett est toujours
intéressé.
Encore une fois, Buffett observe d’un œil
expert la performance de l’entreprise. Il privilégie sa valeur intrinsèque et ses perspectives d’avenir, au détriment du cours de ses
actions. La plupart des personnes se

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WARREN BUFFETT

focalisent sur le contraire, ce qui se traduit
par une obsession de constamment vérifier
les cours et le volume des échanges
journaliers.
Mais il s’agit là davantage d’une méthode
pour vous faire perdre la raison plutôt qu’une
recette pour vous faire gagner de l’argent.
Contrôler les cours chaque jour risque de
provoquer de brusques sautes d’humeur :
une hausse des cours suscitera chez vous un
sentiment d’exaltation tandis qu’une chute
des prix vous plongera dans la tristesse. Et,
lorsque ces sautes d’humeur commencent à
affecter vos décisions d’achat et de vente,
des choses très négatives peuvent se
produire.
Libérez-vous de vos dépendances.
Fuyez les cours en temps réel. Abstenez-vous de contrôler le cours des
actions chaque jour.
Buffett assure qu’il n’a pas regardé le cours
des actions See’s Candies depuis qu’il en
acheté en 1972 – il y a 35 ans ! – et il n’en
voit pas la nécessité. Il remarque que les gens
réussissent à survivre pendant le week-end
sans leur « dose » de cours boursiers.
L’investisseur évolué, dit-il, ne présenterait
aucun symptôme d’abstinence si la Bourse

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MASTER CLASS

fermait un an ou deux. Si votre portefeuille
est solidement construit, pourquoi vous agiter à propos des variations de cours ?
Au lieu de garder l’œil rivé sur les évolutions
des prix de ses titres, l’investisseur ferait
bien mieux d’utiliser son temps à suivre la
performance de l’entreprise : sa gestion, son
résultat, sa capacité d’autofinancement, ses
perspectives d’avenir, et ainsi de suite.
Saviez-vous qu’en 1960, Wal-Mart affichait
un chiffre d’affaires de 1,4 million de dollars
et un bénéfice de 112 000 dollars ? En 1980,
son chiffre d’affaires s’élevait à 1,2 milliard
de dollars et ses bénéfices à 41 millions de
dollars. En 1990, son chiffre d’affaires atteignait 26 milliards de dollars pour un bénéfice de 1 milliard de dollars. Pour Buffett,
c’est le point central. Le cours du titre finit
par refléter la valeur de l’entreprise. Toutefois, ce cours futur ne sera pas alimenté par
l’hystérie d’aujourd’hui, mais par les bénéfices de demain. Il compare l’investisseur au
spectateur d’un match. L’important est
d’observer le terrain de jeu plutôt que le
tableau des résultats. Qu’annonce la qualité
de jeu de votre équipe quant à ses chances de
gagner ses prochains matchs ? Et quel est le
meilleur endroit pour évaluer ses chances ?
Le terrain lui-même.

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WARREN BUFFETT

C’est la performance qui compte. Prenez le
cas de figure suivant : si vous aviez acquis
100 actions Wal-Mart en 1970 au prix de
16,50 dollars l’une, vingt ans plus tard vous
auriez eu en main un portefeuille composé
du total exceptionnel de 51 200 actions
(résultant de neuf opérations de division du
nominal par deux) au prix de 62 dollars
l’action. En d’autres termes, vos 1 650 dollars se seraient transformés en plus de
3,1 millions de dollars (d’après les chiffres
cités par Sam Walton dans son livre Made in
America, Bantam Books, New York, 1993).
Stupéfiant, n’est-ce pas ? Mais cela ne s’est
pas produit en conservant l’œil rivé sur le
cours des actions, mais simplement grâce à
une entreprise ayant réussi une performance
spectaculaire.
En d’autres termes, si vous achetez des
actions dans d’excellentes entreprises, le
cours de la bourse finira par valider vos
choix. Benjamin Graham avait formulé les
choses de la manière suivante : « Sur le court
terme, la Bourse est une machine à voter
mais, sur le long terme, c’est une machine à
peser. »
Pour investir comme Buffett, changez vos
habitudes. Efforcez-vous d’évaluer les
chances de succès de votre investissement à

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MASTER CLASS

l’aune de la performance de l’entreprise et
non des actions.
Berkshire Hathaway encaisse chaque
semaine 100 millions de dollars via ses activités. L’entreprise affiche une bonne performance, une direction et des perspectives
d’avenir solides. Alors, quel intérêt y a-t-il à
savoir ce qu’affichent les téléscripteurs à
propos du cours de l’action Berkshire Hathaway aujourd’hui ? Si l’entreprise a de bons
résultats, l’évolution du cours reflétera sa
solidité sur le long terme. Observez les résultats d’exploitation des sociétés dans lesquelles vous investissez. Au final, les marchés sanctionneront vos investissements sur
ces mêmes critères. La fièvre du moment
finira par retomber, les entreprises robustes
émergeront du lot, et le cours de leurs titres
sera élevé.
Que pouvez-vous pour acquérir des habitudes d’investissement comparables à celles
de Buffett. Voici quelques conseils :
Coupez le son. Si vous écoutez chaque jour
des programmes dont le thème est l’investissement – ces émissions débordant de
conseils « en or » dispensés par des soidisant « experts » médiatiques – éteignez
votre récepteur. Encore une fois : débarrassez-vous de vos dépendances. Tout cela ne

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WARREN BUFFETT

constitue qu’un bruit de fond. Le secret ne
réside pas dans l’évolution des cours jour
après jour mais bien dans la santé des entreprises dont vous envisagez d’acheter des
titres.
Observez le terrain de jeu et non le tableau
de résultats. Cessez de privilégier les cours
et misez sur les fondamentaux : des facteurs
tels que la capacité d’autofinancement, le
bilan et les résultats prévisionnels. Ce sont
eux qui détermineront le cours de l’action sur
le long terme. Et si vous êtes un investisseur
– et non un spéculateur boursier –, seul le
long terme doit compter pour vous.
Connaissez la valeur de quelque chose plutôt que le prix de chaque chose. Le légendaire Phillip Fisher avait dit autrefois que la
Bourse était « peuplée d’individus qui
connaissaient le prix de tout et la valeur de
rien ». Ne tombez pas dans ce piège :
concentrez-vous sur la valeur, non sur le
prix.

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MASTER CLASS

v Warren Buffett ignore le prix auquel
sont échangés les titres de sa propre
société, Berkshire Hathaway, pour une
journée donnée. Il ignore également, car
cela ne l’intéresse pas vraiment, ce
qu’était ce prix la veille et ce qu’il sera le
lendemain. Ce qui l’intéresse, c’est le prix
de ce titre d’ici une dizaine d’années, car
il donnera alors la mesure de la performance de l’entreprise et, par conséquent,
sa véritable valeur.

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Chapitre 11

Les replis boursiers
ne sont pas un mauvais coup du sort :
ce sont des opportunités d’achat. Si la
masse des investisseurs se déleste dans
ces occasions de
bons titres, préparez-vous à ouvrir les
sous-estimées.

Considérez les
reculs du
marché comme
autant
d’opportunités
d’achat
bras à ces actions

n article typique paru dans un journal
pendant l’été 2004 annonçait que
l’indice Dow Jones avait « chuté de pratiquement 150 points », retombant à son plus bas
niveau de l’année à mesure que les investisseurs « revendaient leurs titres en constatant
les mauvais chiffres du chômage et la flambée des prix du pétrole » et qu’ils « se délestaient massivement de leurs titres pour la
deuxième journée consécutive » tant ils
étaient préoccupés par l’inflation et par la
création d’un nombre décevant de nouveaux

U

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MASTER CLASS

emplois, ce qui menaçait de « freiner la
reprise économique pendant un bon laps de
temps ».
Et ainsi de suite. Supprimez les chiffres du
paragraphe précédent, et vous pourriez vous
en servir comme modèle pour un grand nombre d’articles rédigés au cours de ces dernières décennies. Des événements négatifs
se produisent dans le monde, et voilà que les
marchés s’effondrent. Des événements positifs leur succèdent, et voilà que les marchés
se redressent.
Puis, voilà qu’ils reculent à nouveau et que la
bourse – et son environnement immédiat – se
met à paniquer. « Panique » est un mot qui a
peut-être été banni du vocabulaire des marchés financiers, mais la réalité de la réaction
de panique est toujours présente. La majorité de ceux qui ont placé leur argent en
Bourse a horreur de voir chuter les cours. Ils
voient les corrections boursières au mieux
comme des revers, au pire comme des catastrophes. Apeurés, ils cherchent à « sauver les
meubles » en se débarrassant de leurs titres.
Pourtant, lorsque les marchés s’effondrent, il
y a au moins un investisseur qui ne revend
pas ses titres et ne se précipite pas vers les
sorties de secours. Encore une fois, Warren
Buffett propose un contrepoint saisissant à la

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WARREN BUFFETT

« sagesse » dominante de Wall Street. La
plupart des gens vendent très précisément au
mauvais moment : lorsque les prix chutent.
Buffett, lui, est ravi lorsque les cours boursiers s’effondrent car cela crée des opportunités d’achat. Par extension, poursuit-il, les
investisseurs avisés feraient bien d’apprendre à accepter la volatilité boursière. Si nous
n’observions jamais de fortes oscillations
– si nous n’avions pas ces plongeons qui font
trembler les places boursières – nous ne verrions pas émerger ces grandes opportunités.
La plupart des grands investissements de
Buffett ont été réalisés en période de marché
baissier, alors que les cours des titres
d’entreprises splendides (et moins splendides) s’étaient effondrés ou lorsque
d’excellentes entreprises traversaient des
difficultés passagères mais surmontables et
que leurs titres étaient sous-évalués.
Washington Post, GEICO et Wells Fargo
offrent des exemples de la manière dont Buffett se sert des chutes boursières pour investir dans l’avenir. En 1973, le marché boursier était fortement déprimé, et l’action du
Washington Post ne valait plus que l’équivalent de 6 dollars (en prix ajusté pour tenir
compte des divisions ultérieures du nominal). Buffett se précipita, injectant 10,6 millions de dollars dans la société.

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MASTER CLASS

Une bonne trentaine d’années plus tard, le
prix de cette action atteint plus de 900 dollars. C’est la deuxième action la plus chère à
la Bourse de New York, juste derrière le titre
de Berkshire Hathaway lui-même. Encore
une fois, Buffett a investi dans une entreprise solide au moment où ses titres se vendaient pour une bouchée de pain. C’est une
discipline dans laquelle Buffett excelle. Il est
constamment à la recherche d’actions sousévaluées dont la valeur intrinsèque est supérieure à ce qu’affiche le cours. En d’autres
termes, il est toujours à la recherche de billets d’un dollar vendus avec une réduction de
60 %.
Recherchez des entreprises de qualité
qui sont « soldées » pour des raisons
autres que leurs fondamentaux sousjacents ou la qualité de leur gestion.

En raison des caprices des marchés financiers, souvent dominés par l’avidité ou la
peur, les titres d’excellentes entreprises
voient parfois leurs cours s’effondrer, ce qui
représente une opportunité magnifique de
saisir leurs titres au rabais. Parallèlement,
cela s