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L’autoroute du millionnaire

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Année:
2018
Editeur::
Éditions Contre-Dires
Langue:
french
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3 comments
 
Guy-Jo
Cette plateforme est simple incroyable. J'ai la possibilité de télécharger le livre que je veux.

Merci énormément au initiateur de ce projet.
29 April 2021 (18:29) 
Couky
Merci infiniment..Je vous souhaite beaucoup de courage et une bonne continuation.
08 August 2021 (18:21) 
IBRAHIMA
Vraiment, c’est ma plus grande joie de rencontrer ce site
13 November 2021 (16:33) 

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1

La Géopolitique

Year:
2020
Language:
french
File:
PDF, 13.20 MB
4.0 / 0
2

100 idées de projets à débuter sans financement au Cameroun

Language:
french
File:
PDF, 5.20 MB
5.0 / 4.0
Titre original : The Millionaire Fastlane
Publié pour la première fois aux États-Unis par Viperion Publishing Corporation.
© MJ DeMarco, 2011.
© Contre-Dires, 2018, pour la traduction française.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Logerot-Depraz
ISBN : 978-2-81321-940-4
Tous droits de reproduction, traduction ou adaptation réservés pour tous pays.
www.editions-tredaniel.com
info@guytredaniel.fr
www.facebook.com/editions.tredaniel

À Cakes
Merci d’être à la fois ma mère et mon père,
et merci pour les sacrifices désintéressés que tu as faits pour
tes enfants. Je te suis immensément reconnaissant de m’avoir
houspillé maternellement avec tes « Trouve-toi un boulot, fiston »,
qui m’ont poussé à me rebeller contre la médiocrité financière.
À Michele Hirsch
Pas sûr que ce livre aurait existé sans tes mots d’encouragement
et de soutien lors de nos jeunes années « studio ».
Eh non, je n’ai pas oublié.
À la communauté de l'Autoroute
du millionnaire (www.TheFastlaneForum.com) :
merci pour m’avoir sans cesse rappelé
que j’avais un boulot à finir.

AVANT-PROPOS
LA « PROPHÉTIE LAMBORGHINI » SE RÉALISE
L’Autoroute du millionnaire est l’écho d’une rencontre fortuite que j’ai faite
il y a longtemps, lorsque j’étais un ado rondelet. Ce fut l’éveil de la
conscience de la Voie rapide, une résurrection déclenchée par un étranger qui
conduisait une voiture mythique : une Lamborghini Countach. L’Autoroute
était née, et avec elle, ma détermination et la conviction que créer de la
richesse ne devait pas nécessiter 50 ans de médiocrité financière engloutis
sous des décennies de travail, des décennies d’économies, des décennies de
frugalité ennuyeuse et des décennies de rendement du marché boursier à 8 %.
Ce livre fait souvent référence à la marque Lamborghini, mais ce n’est pas
pour me vanter que j’évoque le fait que j’en ai possédé plusieurs. La
Lamborghini représente l’accomplissement d’une prophétie dans ma vie.
Celle-ci a commencé innocemment lorsque j’ai vu ma première Lamborghini
et que je me suis retrouvé para; chuté hors de ma zone de confort. J’ai abordé
son jeune propriétaire et posé cette simple question : « Comment peut-on
s’offrir une voiture aussi fabuleuse ? »
La réponse que j’ai reçue, que vous lirez au chapitre 2, a été courte et
puissante, mais j’aurais aimé qu’elle soit plus longue. J’aurais aimé que cet
homme prenne une minute, une heure, un jour ou une semaine pour me
parler. J’aurais aimé que ce jeune étranger me conseille sur la façon d’obtenir
ce que je pensais que la Lamborghini représentait : la richesse. J’aurais aimé
que cet homme plonge ses mains dans sa voiture et m’en sorte un livre.
Nous voici des années plus tard. Alors que je sillonne dangereusement les
rues à bord de ma Lamborghini, je revis ces mêmes moments, sauf que les
rôles sont inversés. Pour célébrer mon succès sur la Voie rapide, je me suis
acheté une de ces bêtes de légende, une Lamborghini Diablo. Si vous n’avez
jamais eu l’occasion de conduire une voiture qui coûte plus cher que la
plupart des maisons, permettez-moi de vous dire comment ça marche : vous

ne pouvez pas faire le timoré. Les gens vous font la chasse sur la route. Ils
vous collent, font les curieux et causent des accidents. Prendre de l’essence
est toute une affaire : les gens prennent des photos, les écolos vous font les
gros yeux, et ceux qui ont la haine font des insinuations sur la longueur de
votre pénis – comme si avoir une Hyundai sous-entendrait qu’on est bien
pourvu. Mais surtout, les gens posent des questions.
La plupart des questions viennent des adolescents qui lorgnent la voiture et
se montrent curieux, comme je l’étais il y a tant d’années : « Ouah !
Comment vous pouvez vous payer une voiture comme ça ? » Ou bien :
« Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » Les gens associent une
Lamborghini avec la richesse, et si c’est plus une illusion qu’autre chose
(n’importe quel imbécile peut se payer une Lamborghini), c’est révélateur
d’un style de vie rêvé que la plupart des gens jugent inconcevable.
Quand j’entends aujourd’hui cette question que j’ai moi-même posée il y a
des décennies, j’ai maintenant le pouvoir de faire cadeau d’un livre, et peutêtre de faire cadeau d’un rêve. Ce livre est ma réponse officielle.

SOMMAIRE
Avant-propos
Introduction

Première partie
RICHE ET CROULANT :
« L’ENRICHISSEMENT LENT »
Chapitre 1 :
Chapitre 2 :

La grande duperie
Comment j’ai envoyé bouler
« l’Enrichissement lent »

Deuxième partie
LA RICHESSE N’EST PAS UNE ROUTE,
C’EST UN VOYAGE !
Chapitre 3 :
Chapitre 4 :

En route pour la richesse
Les feuilles de route pour la richesse

Troisième partie
PAUVRETÉ : LA FEUILLE DE ROUTE
POUR LE TROTTOIR
Chapitre 5 :
Chapitre 6 :
Chapitre 7 :
Chapitre 8 :
Chapitre 9 :

La voie la plus empruntée : le trottoir
Qu'est-ce que la richesse pour vous ?
Faites mauvais usage de l’argent et vous
en subirez les conséquences
Les sacrés veinards ont tenté leur chance
Qui dit richesse dit responsabilité assumée

Quatrième partie
FEUILLE DE ROUTE POUR LA MÉDIOCRITÉ : LA VOIE
LENTE
Chapitre 10 : Le

mensonge qu’on vous a vendu :
la Voie lente
Chapitre 11 : Le troc criminel : votre travail
Chapitre 12 : La Voie lente : pourquoi vous n’êtes pas riche
Chapitre 13 : Un combat futile : les études
Chapitre 14 : L’hypocrisie des gourous
de la finance personnelle
Chapitre 15 : La victoire de la Voie lente… un pari
de l’espoir

Cinquième partie
RICHESSE : LA FEUILLE DE ROUTE
DE LA VOIE RAPIDE
Chapitre 16 : le

Raccourci pour la richesse : l'Autoroute
Chapitre 17 : Changez d’équipe, changez de règles
Chapitre 18 : Comment les riches deviennent
vraiment riches
Chapitre 19 : Pour être riche, divorcez d’avec le temps
Chapitre 20 : Recrutez votre armée de combattants pour la liberté
Chapitre 21 : La vraie loi de la richesse

Sixième partie
VOTRE VÉHICULE POUR LA RICHESSE : VOUS
Chapitre 22 : Soyez

d’abord maître de vous-même
Chapitre 23 : Le volant de la vie
Chapitre 24 : Nettoyez votre pare-brise
Chapitre 25 : Éliminez les vents contraires qui empestent
Chapitre 26 : Votre carburant fondamental : le temps
Chapitre 27 : Changez cette huile sale et frelatée

Chapitre 28 : Entrez

dans la zone rouge

Septième partie
LES CHEMINS DE LA RICHESSE
Chapitre 29 : Les

routes qui mènent effectivement
à la richesse
Chapitre 30 : Le commandement du Besoin
Chapitre 31 : Le commandement de l’Entrée
Chapitre 32 : Le commandement du Contrôle
Chapitre 33 : Le commandement de l’Échelle
Chapitre 34 : Le commandement du Temps
Chapitre 35 : La richesse rapidement :
les différentes Autoroutes
Chapitre 36 : Trouvez votre propre voie
Chapitre 37 : Donnez une destination à votre route

Huitième partie
VOTRE VITESSE : ACCÉLÉREZ VOTRE RICHESSE
Chapitre 38 : La

vitesse de la réussite
Chapitre 39 : Brûlez le business plan, démarrez
la mise en œuvre
Chapitre 40 : Les piétons feront de vous
une personne riche !
Chapitre 41 : Éjectez les pirates de la route !
Chapitre 42 : Soyez le sauveur de quelqu’un
Chapitre 43 : Créez des marques, pas des business
Chapitre 44 : Choisissez la monogamie plutôt
que la polygamie
Chapitre 45 : Rassemblez tous ces outils : donnez un super
coup de boost à votre plan pour la richesse !

ANNEXES
Annexe A – Réflexions de lecteurs

Annexe B – Les 40 recommandations pour votre style
de vie sur l’Autoroute

INTRODUCTION
IL Y A UN RACCOURCI QUI MÈNE À LA RICHESSE
Il existe une route cachée qui mène à la richesse et à la liberté financière, un
raccourci époustouflant qui permet d’atteindre la richesse dans l’exubérance
de la jeunesse, sans attendre le déclin de l’âge. Eh non, vous n’avez pas
besoin de vous contenter de la médiocrité. Vous pouvez vivre riche, être à la
retraite avec quarante ans d’avance et vivre une vie que la plupart des gens ne
peuvent s’offrir. Hélas, ce raccourci est savamment camouflé. Au lieu du
raccourci, on vous montre une route qui vous paralyse et vous mène à la
médiocrité – une morne corne d’abondance de stratagèmes financiers destinés
aux masses qui sommeillent, une multitude d’obligations qui sacrifient vos
rêves les plus fous au profit d’attentes engourdies.
Cette route ? C’est la médiocrité financière, autrement dit
« l’Enrichissement lent », « la Voie lente » ou « la Richesse en fauteuil
roulant ». En résumé, voici ce que ça donne :
Va à l’école, aie de bonnes notes, passe ton diplôme, décroche un bon
boulot, économise 10 %, place de l’argent en Bourse, investis au maximum
dans ton plan d’épargne retraite, déchire tes cartes de crédit1 et découpe les
bons de réduction… Comme ça, un jour, quand tu auras, oh, 65 ans, tu seras
riche.
Dans ce diktat, on vend sa vie pour vivre. C’est une longue route, et non, ce
n’est pas une route pittoresque. Si la richesse était un voyage sur l’océan,
« l’Enrichissement lent » reviendrait à contourner l’Amérique latine par le
sud, pendant que celui qui emprunte la Voie rapide utiliserait le raccourci – le
canal de Panama.
L’Autoroute du millionnaire n’est pas une stratégie statique qui
recommande : « Achetez de l’immobilier », « Soyez positif » ou « Démarrez
un business », mais une formule psychologique et mathématique complète
qui craque le code de la richesse et ouvre le passage vers le raccourci. Elle

fait ressortir une série de particularités qui rend probable l’indicible : vivez
riche aujourd’hui, alors que vous êtes jeune, et des décennies avant l’âge
légal de la retraite. Oui, vous pouvez gagner une vie de liberté et de
prospérité, peu importe que vous ayez 18 ou 40 ans. Ce que
« l’Enrichissement lent » fait en cinquante ans, le raccourci de l’Autoroute le
fait en cinq.
POURQUOI NE POUVEZ-VOUS PAS PRENDRE LE RACCOURCI ?
Si vous êtes un chercheur de richesse classique, on peut prédire que votre
approche de la richesse se résume à cette question intemporelle : « Qu’est-ce
que je dois faire pour devenir riche ? » La quête de la réponse – le Graal
sacré de la richesse – vous propulse dans un mode de recherche dans lequel
vous traquez les stratégies, théories, carrières et combines qui sont censées
vous couvrir d’or. Investissez dans l’immobilier ! Spéculez sur les taux de
change ! Devenez footballeur professionnel ! « Qu’est-ce que je dois faire ? »
crie le chercheur de richesse !
Non, par pitié, arrêtez. La réponse réside davantage dans ce que vous avez
fait que dans ce que vous n’avez pas fait. Il existe un vieux proverbe qui a
changé plusieurs fois, mais en gros voici ce qu’il dit : « Si vous voulez
continuer à obtenir ce que vous avez, continuez à faire ce que vous faites. »
Autrement dit ? STOP ! Si vous n’êtes pas riche, arrêtez de faire ce que
vous faites. ARRÊTEZ de suivre la sagesse conventionnelle. ARRÊTEZ de
suivre la foule et d’utiliser la mauvaise formule. ARRÊTEZ de suivre la
feuille de route qui délaisse les rêves et mène à la médiocrité. ARRÊTEZ
d’emprunter les routes où les excès de vitesse sont sanctionnés et les
déviations innombrables. C’est ce que j’appelle « les anti-conseils », et une
grande partie de ce livre tourne autour de cela.
Ce livre liste environ 300 particularités de la richesse, conçues pour craquer
le code de la richesse, vous sortir de votre route actuelle et vous engager sur
une nouvelle voie où vous découvrirez le raccourci qui mène à la richesse.
Ces particularités sont des panneaux directionnels pour vous « ARRÊTER »
d’agir, de penser et de croire comme vous l’avez toujours fait, et vous
réorienter dans une nouvelle direction. En substance, vous devez
désapprendre ce que vous avez appris.

VOTRE RÉALITÉ NE CHANGE PAS LA MIENNE
Cette section est à l’attention de ceux qui ont la haine. Je présente l’Autoroute
avec un cynisme impertinent. Dans ce livre, écrit pour vous, « je n’y vais pas
par quatre chemins », et si j’y exprime des avis très tranchés, au bout du
compte, c’est à vous de chercher votre propre vérité. L’Autoroute peut vous
paraître insultante, offensante, provocatrice, parce qu’elle va à l’encontre de
tout ce que l’on vous a appris. Elle contredira ce que vous ont appris vos
parents, vos professeurs et vos conseillers financiers. Et, dans la mesure où je
profane tout ce que représente la société, on peut être sûr que les esprits
médiocres ne seront pas d’accord.
Dieu merci, que vous croyiez (ou non) en la stratégie de l’Autoroute pour la
richesse ne change pas ma réalité ; cela ne change que la vôtre. Laissez-moi
répéter : ce que vous pensez de l’Autoroute ne change pas ma réalité ;
l’objectif est de changer la vôtre.
Alors permettez-moi de vous parler de ma réalité. Je vis, non sans bonheur,
dans une grosse maison qui donne sur les montagnes, dans la belle ville de
Phoenix, en Arizona. Il y a, dans cette maison, des pièces dans lesquelles je
ne vais pas pendant des semaines. Oui, la maison est trop grande, et c’est là
une effroyable et longue histoire qu’il vaut mieux oublier.
Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai dû mettre un réveil pour me
réveiller – chaque jour est un samedi. Je n’ai pas de travail et pas de patron.
Je ne possède ni costume ni cravate. Mon niveau de cholestérol est la preuve
que je dîne bien trop souvent dans des restaurants italiens. Je fume des
cigares bon marché. À l’heure actuelle, je roule en Toyota Tacoma quand je
« travaille » (c’est-à-dire quand je vais à la gym ou au supermarché) et une
Lamborghini Murcielago Roadster pour le plaisir. J’ai failli mourir en faisant
la course avec une Viper de 750 CV gonflée au protoxyde d’azote. Je fais
mes courses à Costco, Kohl’s et Walmart2 si je suis dans le coin et qu’il est
plus de minuit. Non, je ne vais pas à Walmart en Lamborghini ; cela
risquerait de perturber l’espace-temps. Les fans de Star Trek en savent
quelque chose.
Je ne possède pas de montre qui coûte plus de 149 $. J’aime le tennis, le
golf, le vélo, la natation, les randonnées, le softball, le poker, le billard, l’art,
les voyages et l’écriture. Je voyage quand et où je veux. Mis à part mon prêt
immobilier, je n’ai aucune dette. On ne peut pas m’offrir de cadeaux parce

que j’ai tout ce que je veux. Le prix des choses en général n’a pas
d’importance pour moi, parce que si je veux quelque chose, je l’achète.
J’ai fait mon premier million à l’âge de 31 ans. Cinq ans plus tôt, je vivais
chez ma mère. J’ai pris ma retraite à 37 ans. Chaque mois, je touche des
milliers de dollars d’intérêts et de plus-values sur des placements dans le
monde entier. Quoi que je fasse, quel que soit le jour de l’année, je suis payé
et je n’ai pas besoin de travailler. J’ai la liberté financière parce que j’ai
craqué le code de la richesse et que j’ai fui la médiocrité financière. Je suis un
type ordinaire qui mène une vie extraordinaire. C’est un univers de rêve, mais
c’est ma réalité, ma norme, mon écart par rapport à l’ordinaire, où je peux
poursuivre mes rêves les plus improbables dans une vie délivrée des
contraintes financières. Si j’avais choisi la route préétablie de
« l’Enrichissement lent », mes rêves seraient maintenus en vie de manière
artificielle, probablement remplacés par un rythme du type métro-boulotdodo après la sonnerie du réveil.
Et vos rêves alors ? Ont-ils besoin d’être ressuscités ? Votre vie est-elle sur
une route qui converge avec un rêve, ou en existe-t-il une ? Si vos rêves ont
perdu leur chance de se réaliser, il est possible que « l’Enrichissement lent »
les ait tués. « L’enrichissement lent » vous demande de manière absurde de
troquer votre liberté contre de la liberté. C’est un échange scandaleux et un
destructeur de rêve.
Autrement, si vous roulez sur les bonnes routes et que vous utilisez la
bonne feuille de route, vous pouvez ressusciter vos rêves, les rendre
possibles. Oui, si vous roulez sur l’Autoroute, vous pouvez créer de la
richesse rapidement, envoyer bouler « l’Enrichissement lent » et gagner toute
une vie de prospérité, de liberté et de rêves réalisés…, exactement comme
moi.
Si vous n’êtes plus dans votre prime jeunesse, ne vous inquiétez pas.
L’Autoroute se fiche de votre âge, de votre expérience professionnelle, de
votre race ou de votre sexe. Elle se fiche de votre 0 en cours de gym en classe
de quatrième ou de votre réputation de buveur de bière en fac. L’Autoroute
n’a rien à faire de votre diplôme d’une grande école ou de votre MBA à
Harvard. Elle ne vous demande pas d’être un sportif ou un acteur célèbre, ni
d’être finaliste d’American Idol 3. L’Autoroute n’a que faire de votre passé si
seulement vous ouvrez la porte de son univers.
Enfin, et au risque que ça ait l’air d’un spot commercial de fin de soirée,

permettez-moi de clarifier une chose : je ne me considère pas comme un
gourou et ne veux pas en être un. Je n’aime pas les gourous, car ils prétendent
en général tout savoir. Appelez-moi « l’anti-gourou de l’Enrichissement
lent ». L’Autoroute est une école qui dure toute la vie et qui n’a pas de
diplômés ; plus de vingt ans après avoir démarré, je reconnais humblement
que j’ai encore des choses à apprendre.
DÉSOLÉ, PAS DE SEMAINE DE 4 HEURES, ICI
Pour commencer, soyons clair : ceci n’est pas un guide pratique. Je ne vais
pas vous décrire chaque détail de « comment j’ai fait », parce que ce n’est pas
ça qui compte. Ce livre ne contient pas une liste de sites web qui exposent
différentes façons de « sous-traiter » votre vie. La réussite est un voyage, et
celui-ci ne peut être délocalisé en Inde avec une semaine de 4 heures, pour
reprendre la promesse d'un livre bien connu. L’Autoroute du millionnaire est
une sorte de route de brique jaune4 pavée de psychologie et de mathématiques
qui font pencher la balance de la grande richesse en votre faveur.
Dans mon voyage de découverte de l’Autoroute, j’ai toujours recherché la
formule absolue, infaillible, qui mènerait à la richesse. Ce que j’ai trouvé était
des injonctions subjectives et ambiguës, telles que « soyez déterminé » ou
« la persévérance paie », ou encore « ce n’est pas ce que vous connaissez,
mais qui vous connaissez ». Si ces idées entraient dans la formule, elles ne
garantissaient pas la richesse. Une formule exploitable utilise des
constructions mathématiques et non des affirmations ambiguës. La richesse
a-t-elle une formule mathématique, un code que vous pourriez exploiter pour
faire pencher la balance en votre faveur ? Oui, L’Autoroute vous le révèle.
Et maintenant, la mauvaise nouvelle : beaucoup de chercheurs de richesse
croient à tort à des livres sur « l’argent » et pensent qu’une sorte de gouroufée fera le boulot. Il n’y a pas d’escorte sur la route qui mène à la richesse ;
elle est d’ailleurs en construction permanente. Personne ne va vous déposer
des millions de dollars sur les genoux ; c’est à vous, et à vous seul, de faire la
route. Je peux vous ouvrir la porte, mais je ne peux pas vous en faire franchir
le seuil. Je ne prétends pas que l’Autoroute est facile ; c’est dur. Si vous vous
attendez à travailler 4 heures par semaine, vous allez être déçu. Tout ce que je
peux être, c’est l’un de ces étranges munchkins5 qui brandit un panneau
indiquant : « Par ici, la route de brique jaune. »

Cette route, c’est ce que j’appelle « l’Autoroute », ou « la Voie rapide ».
UN CAFÉ AVEC UN MULTIMILLIONNAIRE
J’aborde ce livre sur le ton de la conversation, comme si vous étiez mon
nouvel ami et que nous prenions un verre au bistro du coin. Cela signifie que
mon intention est de vous instruire – pas de vous pousser à acheter un
séminaire onéreux ou un abonnement à un site web, ni de vous faire passer
dans une campagne de marketing. Si je vous traite comme mon ami, rendonsnous à l’évidence : je n’ai pas la moindre idée de qui vous êtes. Je ne sais rien
de votre passé, de votre âge, de vos préjugés, de votre conjoint·e ou de votre
niveau d’études. C’est pourquoi je dois faire quelques hypothèses générales
pour m’assurer que notre conversation vous paraîtra personnelle. Les voici :
• Vous regardez votre vie et vous vous dites : « Il doit y avoir autre chose. »
• Vous avez de grands rêves, mais vous craignez que la route sur laquelle
vous roulez ne converge pas vers ces rêves.
• Vous avez fait ou êtes sur le point de faire des études supérieures.
• Vous avez un travail que vous n’appréciez pas ou qui ne va pas faire de
vous une personne riche.
• Vous avez peu d’économies et beaucoup de dettes.
• Vous contribuez régulièrement à un plan d’épargne retraite.
•
Quand vous voyez des personnes riches, vous vous demandez :
« Comment ont-elles fait ? »
• Vous avez acheté quelques livres ou programmes sur « Comment devenir
riche rapidement ».
• Vous vivez dans une société démocratique libre où l’éducation et le choix
librement consenti sont la norme.
• Vos parents adhèrent à la vieille école : « Fais des études et décroche un
bon boulot. »
• Vous n’avez pas de talent physique ; vos chances de devenir athlète,
chanteur, animateur ou acteur professionnel sont nulles.
• Vous êtes jeune et plein d’enthousiasme vis-à-vis de l’avenir, mais vous ne
savez pas trop vers quoi diriger cet enthousiasme.
• Vous êtes plus âgé et vous êtes dans la vie active depuis un certain temps.
Finalement, il ne ressort pas grand-chose de toutes ces années, et vous en
avez marre de toujours « repartir de zéro ».

•

Vous vous êtes donné corps et âme dans un travail dont vous avez
finalement été licencié en raison d’une conjoncture économique
défavorable ou d’une compression de personnel.
• Vous avez perdu de l’argent en Bourse ou dans des investissements
traditionnels soutenus par des gourous de la finance traditionnelle.
Si certaines de ces hypothèses reflètent votre situation, ce livre aura un
impact.
COMMENT EST ORGANISÉ CE LIVRE
À la fin de chaque chapitre, vous trouverez une sous-section intitulée
« Résumé du chapitre : particularités de la Voie rapide » qui résume les
caractéristiques de la stratégie de l’Autoroute. Ne les ignorez pas ! Ce sont les
éléments de base qui vous permettront de construire votre Voie rapide. De
plus, les histoires et les exemples que vous trouverez dans ce livre viennent
du forum de l'Autoroute (www.TheFastlaneForum.com) et d’autres forums
de finance personnels. Ces histoires sont réelles et proviennent de personnes
réelles ayant des problèmes réels. J’ai changé les noms et modifié les
dialogues pour plus de clarté. Enfin, n’hésitez pas à échanger sur le sujet avec
des centaines d’autres personnes sur le blog du forum de l'Autoroute
(TheFastlaneForum.com). Quand l’Autoroute aura changé votre vie, prenez
le temps de nous dire comment, ou envoyez-moi un e-mail (en anglais) à
mj.demarco@yahoo.com !
J’ai mis des années à découvrir et à rassembler les stratégies de l’Autoroute,
apprenez-les, utilisez-les, et enfin, gagnez des millions ! Oisif, retraité, et…
oui, toujours jeune avec des cheveux, je vous offre L’Autoroute du
millionnaire ! Attachez votre ceinture, prenez une bonne tasse de café-crème
à 10 $, et que le voyage commence !

1. Les cartes de crédit américaines (contrairement à nos cartes bancaires classiques) mettent à la
disposition de son utilisateur une certaine somme d’argent qu’il ne détient pas encore, à rembourser
selon certaines conditions – les pénalités de retard peuvent être très lourdes. D’où « l’intérêt » d’en
posséder plusieurs ; ce qui constitue, pour certains, un risque d’endettement facile. (NdT)
2. Entreprises américaines de grande distribution. (NdT)
3. Émission de télé-réalité à succès, adaptée en France sous le titre Nouvelle Star. (NdT)
4. Route qui mène au bonheur ou à la réussite – allusion au Magicien d’Oz, très célèbre conte
américain. (NdT)
5. Toujours dans le Magicien d’Oz, il s’agit d’une sorte de gnomes qui vivent au pays d’Oz et vont
aider le personnage principal. (NdT)

Première partie

RICHE ET CROULANT :
« L’ENRICHISSEMENT LENT »

1
LA GRANDE DUPERIE
La norme, ce n’est pas ce à quoi il faut aspirer,
mais ce qu’il faut fuir.
JODIE FOSTER

L’ÉPISODE DE MA MAISON DE STAR1
QUI N’EST JAMAIS ARRIVÉ
L’animateur : « Aujourd’hui, nous rencontrons le jeune Big Daddyhoo,
22 ans, dans son palace de 700 m2 ici sur le littoral ensoleillé de notre belle
côte atlantique, en direct de Palm Beach, Floride… Alors, Big Daddyhoo,
parlez-nous de vos magnifiques voitures ! »
Big Daddyhoo : « Ouais, mec, y’a ma Ferrari F430, là-bas, avec les jantes
22 pouces, la Lamborghini Gallardo de ouf, là-bas, avec la stéréo customisée
10 enceintes, et, pour les soirs où j’veux simplement m’la couler douce avec
les dames, j’ai la Rolls Royce Arnage qui fait l’affaire. »
L’animateur : « Alors, Big Daddyhoo, comment pouvez-vous vous offrir
toutes ces superbes voitures ? Et cette propriété sur la plage ? Vous avez dû
en avoir pour plus de 20 millions ! » https://web.facebook.com/Luxelib
Big Daddyhoo : « J’vais t’dire, mec, Big Daddyhoo, il s’est fait un blé de
malade avec les FCP2 et le plan d’épargne retraite à son taf. »
Soudain, on entend le crissement de l’aiguille qui se soulève du disque sur
la platine.
Silence.
Comme vous vous en doutez, jamais un tel scénario ne pourrait avoir lieu.
La réponse de Big Daddy est ridicule et risible. Nous avons assez de jugeote
pour savoir que les gosses fortunés de 22 ans ne deviennent pas riches en

investissant dans des fonds communs de placement et dans le plan d’épargne
retraite de l’entreprise où ils travaillent. Nous savons que les gens qui
deviennent riches, jeunes, font partie d’un sous-ensemble unique de la
société : sportifs professionnels, rappeurs, acteurs, animateurs et célébrités.
Ceux d’entre nous qui n’appartiennent pas à cette partie de la population se
retrouvent avec les conseils traditionnels dont nous bassinent les experts
financiers.
Ça s’appelle « l’Enrichissement lent » et ça se résume, en gros, à ceci : va à
l’école, aie de bonnes notes, passe ton diplôme, décroche un bon boulot,
investis en Bourse, place un maximum d’argent dans ton plan d’épargne
retraite, déchire tes cartes de crédit et découpe les bons de réduction…
Comme ça, un jour, quand tu auras, oh… 65 ans, tu seras riche.
« L’ENRICHISSEMENT LENT »
EST UN JEU PERDU D’AVANCE
Si vous voulez devenir riche et que « l’Enrichissement lent » est votre
stratégie, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous. C’est un jeu perdu d’avance,
dans lequel c’est votre temps que vous pariez. Vous croyez vraiment que le
type qui habite cette grandiose propriété sur la plage, devant laquelle est
garée une voiture de course à 500 000 $, s’est enrichi en investissant dans des
fonds communs de placement ? Ou en découpant les bons de réduction du
supermarché discount du coin ? Bien sûr que non. Alors, pourquoi accorder
du crédit à cette idée que c’est un chemin légitime qui vous mènera à la
richesse et à la liberté financière ?
Montrez-moi un jeune de 22 ans qui s’est enrichi en investissant dans des
fonds communs de placement. Montrez-moi l’homme qui a gagné des
millions en trois ans grâce à son plan d’épargne retraite. Montrez-moi un
jeune qui s’est enrichi en découpant des bons de réduction. Où sont ces
personnes ? Elles n’existent pas. Ce sont les contes de fées de l’impossible.
Pourtant, nous continuons à faire confiance à la même vieille bande de
coqueluches des médias en matière de finances qui soutiennent ces doctrines
sur la richesse. Oui, Monsieur, trouvez un boulot, travaillez cinquante ans,
économisez, vivez de manière frugale sans vous poser de questions,
investissez en Bourse, et bientôt arrivera votre jour de liberté, quand vous
aurez 70 ans… ou 60 si le marché boursier est clément et que vous avez de la

chance ! Bon sang, vous ne trouvez pas ça excitant, ce programme financier
qui vous fait miroiter « la richesse en fauteuil roulant » ?
Dans le climat financier tumultueux d’aujourd’hui, je suis choqué de
constater que les gens continuent à croire à ces stratégies. N’est-ce pas la
récession qui a révélé l’escroquerie qu’est « l’Enrichissement lent » ? Oh, j’y
suis, si vous êtes employé pendant quarante ans et que vous évitez les
moments où les marchés baissent de 40 %, « l’Enrichissement lent » marche ;
détendez-vous, travaillez, et espérez que la mort ne vous cueille pas avant,
parce que, sapristi, vous allez être le gars le plus riche de la maison de
retraite !
Le message de « l’Enrichissement lent » est clair : sacrifiez votre présent,
vos rêves et votre vie pour un plan qui paiera des dividendes une fois que
l’essentiel de votre vie se sera évaporé. Je ne mâcherai pas mes mots : si votre
route de la richesse engloutit toute votre vie active et que le résultat n’est pas
garanti, ça craint. Une « route vers la richesse » qui dépend de Wall Street et
est ancrée dans le temps avec votre vie comme enjeu, c’est un chemin pourri.
Pourtant, ce plan tout tracé continue à exercer un pouvoir, recommandé et
imposé qu’il est par une légion d’« experts financiers » hypocrites qui sont
eux-mêmes riches non pas parce qu’ils suivent leurs propres conseils mais
parce qu’ils roulent sur leur propre Autoroute du millionnaire. Les
pronostiqueurs de la Voie lente savent quelque chose qu’ils ne vous disent
pas : ce qu’ils prônent ne marche pas, mais le vendre, si.
ÊTRE RICHE, JEUNE, C’EST DES CONNERIES ?
L’Autoroute du millionnaire ne cherche pas à vous permettre de partir à la
retraite, vieux, avec des millions en poche, mais à redéfinir la richesse de
sorte qu’elle puisse être synonyme de jeunesse, d’amusement, de liberté et de
prospérité. Lisez ce commentaire posté sur le forum de ma communauté
(www.TheFastlaneForum.com) :
Est-ce que c’est des conneries, tout ça ? Vous savez : le rêve d’être jeune et de profiter
de la vie – avoir des voitures de rêve, la maison de ses rêves, du temps libre pour
voyager et poursuivre ses rêves. Peut-on vraiment échapper au stress de la vie active
quand on est jeune ? J’ai 23 ans et je suis banquier d’affaires à Chicago, Illinois. J’ai un
salaire modeste, et des commissions modestes. Aux yeux de la plupart des gens, j’ai un
bon boulot. Je le déteste. Quand je sors en ville, le soir, je vois des mecs qui profitent de
la vie. Des gars au volant de voitures de rêve, et je me dis… Ils ont tous au moins 50

balais et les cheveux gris ! Une fois il y en a un qui m’a dit : « Tu sais, fiston, quand enfin
tu peux t’offrir un joujou comme ça, tu es presque trop vieux pour en profiter ! » C’était un
investisseur immobilier de 52 ans. Je me souviens : je l’ai regardé et je me suis dit :
« Mon Dieu…, c’est pas possible ! C’est des conneries ! C’est pas possible ! »

Je peux attester – ce ne sont pas des conneries. On peut « profiter de la vie »
tout en étant encore jeune. On n’est pas obligé d’être vieux avant de devenir
riche ou de prendre sa retraite. Cela dit, la vraie c…, c’est de penser qu’on
peut y arriver par la stratégie de « l’Enrichissement lent », au moins avant
d’atteindre son 30e anniversaire. La vraie c…, c’est de croire que la vieillesse
vient avant la retraite… La vraie c…, c’est de laisser « l’Enrichissement
lent » vous voler vos rêves.
RÉINVENTEZ LA RETRAITE POUR QU’ELLE RIME
AVEC JEUNESSE
Quand vous dites « retraite », qu’est-ce que vous voyez ? Je vois un vieil
homme grincheux assis sous un porche dans un fauteuil à bascule. Je vois des
pharmacies, des cabinets médicaux, des déambulateurs et des protections
urinaires inesthétiques. Je vois des maisons de retraite médicalisées et des
proches débordés. Je vois des vieux, immobiles. Bon sang, je sens même
quelque chose de moisi depuis 1971 environ. Les gens partent à la retraite
quand ils ont dans les 60 ou 70 ans. Même à cet âge-là, ils ont du mal à
joindre les deux bouts et doivent compter sur des systèmes gouvernementaux
en faillite rien que pour survivre. D’autres travaillent encore longtemps rien
que pour maintenir leur style de vie. Certains n’iront pas jusque-là et
travailleront jusqu’à leur mort.
Comment est-ce possible ? C’est simple. « L’Enrichissement lent »
demande la vie entière, et son succès dépend lamentablement de nombreux
facteurs sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir. Investissez pendant
cinquante ans dans un boulot et une vie chiche, et ensuite, vous pourrez
prendre votre retraite, riche, à côté de votre fauteuil roulant et de votre boîte à
pilules. C’est pas attirant, ça ? !
Pourtant, des tas de gens se lancent dans ce pari sur cinquante ans. Ceux qui
réussissent reçoivent la récompense de la liberté financière accompagnée
d’une belle merde : la vieillesse. Merci bien. Mais ne vous inquiétez pas ; à

ce qu’on dit, « C’est le “troisième âge d’or” ! » C’est une blague ? D’or pour
qui ?
Si le voyage engloutit cinquante ans de votre vie, est-ce qu’il en vaut la
peine ? Cinquante ans pour devenir riche, ce n’est pas motivant, et à cause de
cela, peu réussissent, et ceux qui y arrivent gagnent la liberté financière au
crépuscule de leur vie.
Le problème avec ces normes communément admises de la retraite, c’est ce
qu’on ne voit pas. On ne voit pas la jeunesse, on ne voit pas l’amusement, et
on ne voit pas l’accomplissement de rêves. Le troisième âge d’or n’est pas du
tout d’or : c’est une salle d’attente de la mort. Si vous voulez la liberté
financière avant que la Grande Faucheuse ne frappe à votre porte,
« l’Enrichissement lent » n’est pas ce qu’il vous faut.
Si vous voulez partir à la retraite, jeune, plein de santé et d’énergie et sans
calvitie, il va vous falloir ignorer la feuille de route que la société propose par
défaut et qui mène à « l’Enrichissement lent », ainsi que les gourous qui vous
gavent de pâtée pour chat. Il existe une autre voie.

Résumé du chapitre 1 :
les particularités de la Voie rapide
• « L’Enrichissement lent » exige une longue vie dans un emploi bien payé.
• « L’Enrichissement lent » est un jeu perdu d’avance, parce qu’il dépend de
Wall Street et de votre temps.
• Le vrai âge d’or de la vie, c’est quand on est jeune, alerte et dynamique.

1. MTV Cribs : émission de télé-réalité américaine qui fait découvrir aux téléspectateurs des maisons
de stars. (NdT)
2. Fonds communs de placement.

2
COMMENT
J’AI ENVOYÉ BOULER
« L’ENRICHISSEMENT LENT »
L’objectif dans la vie, ce n’est pas d’être du côté des masses,
mais d’éviter de se retrouver parmi les fous.
MARC AURÈLE

« L’ENRICHISSEMENT LENT » OU LE TUEUR DE RÊVES
Lorsque j’étais ado, je ne me suis jamais donné la chance de devenir riche,
jeune. « Richesse + jeunesse » était une équation qui n’avait pas de sens,
simplement parce que je n’avais pas le potentiel physique. Les routes
classiques pour parvenir à la richesse pour les jeunes sont concurrentielles et
nécessitent du talent : devenir acteur, musicien, animateur ou sportif
professionnel… Autant de chemins barrés par un grand panneau goguenard
qui affichait « FERMÉ », autrement dit : « Tu peux toujours courir, MJ ! »
Donc, au début de ma vie, j’ai baissé les bras. J’ai abandonné mes rêves.
« L’Enrichissement lent » était plus que clair : va à l’école, trouve-toi un
boulot, vois moins grand, fais des sacrifices, sois près de tes sous et arrête de
rêver de liberté financière, de maisons avec vue sur les montagnes et de
voitures extraordinaires. Mais je continuais de rêver. C’est ce que font les
adolescents. Pour moi, tout tournait autour des voitures – tout
particulièrement la Lamborghini Countach.

LES 90 SECONDES QUI ONT CHANGÉ MA VIE
J’ai grandi à Chicago ; j’étais gras comme un porc et j’avais peu d’amis. Les
filles ne m’intéressaient pas, le sport non plus ; je préférais me goinfrer de
donuts, vautré dans un fauteuil poire en regardant des rediffusions de Tom et
Jerry. Je n’avais aucune surveillance parentale ; ma mère avait divorcé de
mon père, des années plus tôt, elle m’élevait donc seule, avec mes frères
aînés. Ma mère n’avait pas fait d’études et elle n’avait pas de carrière (je
doute que travailler dans les cuisines d’un KFC puisse être considéré comme
telle). Cela me permettait de m’adonner à mes petits plaisirs, en général, les
sucreries et le dernier épisode de L’Agence tous risques. Mes efforts
physiques se résumaient au maniement d’un long manche à balai cassé : je
l’utilisais à la place de la télécommande qui était cassée, parce que j’étais trop
paresseux pour me lever. Et quand je réussissais à bouger, c’était
généralement pour aller jusqu’au marchand de glaces du coin : une sucrerie
était une perspective motivante.
Ce jour-là était un jour comme les autres : j’étais parti chercher une glace.
Tout en réfléchissant au parfum que j’allais choisir, je me dirigeais vers le
marchand de glaces. Quand je suis arrivé, elle était là. La voiture de mes
rêves, là, sous mes yeux : une Lamborghini Countach, rendue célèbre par un
film à succès des années 1980, L’Équipée du Cannonball. Elle trônait
stoïquement le long du trottoir, comme une reine toute-puissante. Tel un
adorateur devant son Dieu, je ne pouvais plus en détacher mes yeux ; j’étais
médusé, et toute idée de glace avait disparu.
Je connaissais parfaitement la Lamborghini Countach. J’avais placardé les
murs de ma chambre de photos d’elle et je bavais devant elle dans mes
magazines automobiles préférés : une ingéniosité diabolique, une vitesse
scandaleuse, des portes de vaisseau spatial et un prix inimaginable. Pourtant,
elle était là, à quelques mètres de moi, tel Elvis ressuscité. Face à sa pure
splendeur tangible, j’étais comme un peintre amateur qui se serait retrouvé
devant un vrai Monet. Les lignes, les courbes, l’odeur…
J’étais bouche bée depuis quelques minutes quand un jeune homme est sorti
de chez le glacier et s’est dirigé vers la voiture. Était-ce possible que ce soit le
propriétaire ? Non ! Il ne devait pas avoir plus de 25 ans. Comme il était vêtu
d’un jean et d’une chemise en flanelle trop grande sous laquelle je devinais
un T-shirt du groupe Iron Maiden1, je me suis dit qu’il ne pouvait pas être le

propriétaire. Je m’attendais à un vieux : ridé, grisonnant, dégarni et habillé
avec deux saisons de retard. Pas ce genre-là.
« Punaise ! » je me suis dit. Et de laisser libre cours à mes spéculations :
comment un jeune comme lui pouvait s’offrir un bolide aussi fabuleux ? Bon
sang, cette voiture coûte plus cher que la maison dans laquelle j’habite ! C’est
un type qui a gagné au Loto, ça… Hum… Ou peut-être un gosse de riches qui
a hérité de la fortune familiale. Non, c’est un sportif professionnel. Oui, c’est
ça.
Soudain, une pensée audacieuse m’a traversé l’esprit : « Eh, MJ, pourquoi
tu ne demandes pas au gars ce qu’il fait dans la vie ? » Pouvais-je ? Debout
sur le trottoir, encore sous le choc, je tergiversais. Enhardi par l’adrénaline
qui me submergeait, je me suis retrouvé à avancer vers la voiture presque
malgré moi. Au fond de moi, j’entendais la voix de mon frère dire d’un ton
railleur : « Danger, Will Robinson, danger2 ! »
Me voyant approcher, le propriétaire a caché son inquiétude derrière un
sourire forcé et ouvert la portière. Ouah ! La porte de la voiture s’est ouverte
vers le ciel, à la verticale, au lieu de glisser sur le côté comme sur une voiture
normale. Cela m’a fait perdre le peu de moyens que j’avais, et j’ai tenté de
me ressaisir, comme si les voitures avec des portières futuristes étaient
monnaie courante. Je n’ai pas dû dire plus de vingt mots, mais ça m’a paru
être un véritable roman. Ma chance était là, et je l’ai saisie. « Excusez-moi,
Monsieur ? ai-je dit en bafouillant nerveusement, espérant qu’il ne
m’ignorerait pas. Est-ce que je peux vous demander ce que vous faites dans
la vie ? »
Soulagé de comprendre que je n’étais pas un ado délinquant, le propriétaire
m’a aimablement répondu : « Je suis inventeur. » Perplexe parce que sa
réponse ne correspondait pas à ce que je m’étais imaginé, je me suis retrouvé
paralysé parce que les autres questions que j’avais préparées n’avaient plus
de sens. Je suis resté là, figé comme la glace que j’étais venu chercher
quelques minutes plus tôt. Saisissant l’occasion de s’échapper, le jeune
propriétaire de Lamborghini s’est assis au volant, a refermé la portière et mis
le moteur en marche. Le puissant rugissement qui en est sorti a retenti dans
tout le quartier, alertant toute forme de vie de la formidable présence de la
Lamborghini. Que je le veuille ou non, la conversation était finie.
Conscient qu’il se passerait peut-être des années avant qu’une telle vision
ne se représente, je me suis fait une image mentale de cette voiture mythique

que j’avais devant moi. Je suis reparti, transformé par une nouvelle
connexion neuronale qui s’était faite dans mon cerveau.
LIBÉRÉ DE LA CÉLÉBRITÉ ET DU TALENT
Qu’est-ce qui a changé, ce jour-là ? J’ai eu la révélation de l’Autoroute et
d’une vérité nouvelle. Il n’était plus question de la glace que j’étais venu
chercher, je ne suis même jamais entré dans le magasin. J’ai tourné les talons
et suis rentré chez moi, conscient d’une réalité nouvelle. Je n’étais pas un
athlète, je ne savais pas chanter, je ne savais pas jouer, mais je pouvais
devenir riche sans être célèbre ou sans avoir un talent physique.
À partir de ce moment-là, les choses ont changé. La rencontre autour de la
Lamborghini a duré 90 secondes, mais elle m’a apporté de nouvelles
convictions, de nouvelles directions et de nouveaux choix pour toute la vie.
J’ai décidé qu’un jour, j’aurais une Lamborghini, et ce, alors que je serais
encore jeune. Je ne souhaitais pas attendre ma prochaine rencontre, ma
prochaine expérience fortuite et mon prochain poster : je la voulais pour moi.
Oui, adieu le manche à balai, j’allais enfin bouger mon gros cul.
À LA RECHERCHE DE L’AUTOROUTE DU MILLIONNAIRE
Après la rencontre de l’homme à la Lamborghini, je me suis mis à étudier
consciencieusement les jeunes millionnaires qui n’étaient ni célèbres ni
physiquement talentueux. Mais tous les millionnaires ne m’intéressaient pas,
seulement ceux qui menaient une vie riche et extravagante. Cette enquête m’a
amené à étudier un nombre limité de personnes obscures – un petit groupe de
millionnaires qui répondaient aux critères suivants :
1) Ils avaient un train de vie de riches et pouvaient se le permettre. Je ne
voulais pas entendre les histoires de millionnaires chiches issus de la
classe moyenne.
2) Ils devaient être relativement jeunes (moins de 35 ans) ou ils devaient
avoir acquis leur richesse rapidement. Je n’étais pas intéressé par les
personnes qui avaient passé quarante ans de leur vie à bosser et à faire des
économies de bouts de chandelle pour parvenir à amasser des millions. Je
voulais être riche, jeune – pas vieux.
3) Ils devaient s’être faits tout seuls. J’étais fauché. Ceux qui étaient nés avec
une cuiller en argent dans la bouche grâce au loto du sperme gagnant

n’étaient pas invités dans mon laboratoire.
4) Leur richesse ne devait pas être due à la célébrité ou au talent physique, ils
ne devaient pas être des sportifs professionnels, des comédiens, des
chanteurs ou des animateurs.
Je cherchais des millionnaires qui auraient débuté comme moi, des
individus lambda, sans don ni talent particulier, qui étaient pourtant parvenus
à percer. Tout au long du lycée et de l’université, j’ai étudié religieusement
cette variété de millionnaire. J’ai lu des magazines, des livres et des journaux,
et j’ai regardé des documentaires sur des hommes d’affaires couronnés de
succès ; tout ce qui me donnait un aperçu de ce petit monde restreint de
millionnaires, je l’avalais.
Hélas, cet entrain pour découvrir le secret de l’enrichissement rapide ne m’a
pas donné ce que j’espérais. J’étais la cible rêvée des publicités de fin de
soirée à la télévision – crédule, déterminé et armé d’une carte de crédit. Je
gobais tout, de la « petite annonce » au magnat de l’immobilier asiatique avec
ses vamps en bikini. Rien ne m’a apporté la richesse, et malgré ce que
promettaient les publicités alléchantes, aucun top model à la poitrine
plantureuse ne s’est jamais matérialisé.
Alors que j’assouvissais ma soif de connaissances et que j’enchaînais
patiemment petit boulot sur petit boulot, mes recherches m’ont permis de
découvrir certains dénominateurs communs remarquables. J’étais convaincu
d’avoir trouvé tous les éléments permettant d’arriver à l’Autoroute du
millionnaire et à la richesse sans être célèbre. J’étais décidé à devenir riche,
jeune, et le voyage commencerait une fois que j’aurais eu mon diplôme.
J’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait : les obstacles sur la route, les
détours et les erreurs.
RÉSISTER À LA MÉDIOCRITÉ
J’ai achevé mes études à l’université de Northern Illinois avec un double
diplôme de commerce. Cinq années de lavage de cerveau pré-emploi,
« couronnées » par la remise des diplômes. Pour moi, l’université était un
endoctrinement pour faire de nous des employés-robots ; un mariage
insatisfait entre toute une vie de boulots et de patrons et moi, à être surchargé

de travail et sous-payé en retour. Mes amis décrochaient de bons boulots et
s’en vantaient :
« Je travaille pour Motorola. »
« J’ai été pris chez Northwestern Insurance ! »
« Hertz m’a embauché comme responsable de la formation ! »
Si j’étais content pour eux, mes amis étaient tombés dans le mensonge de la
Voie lente. Moi ? Merci, mais non, merci. Je m’évertuais à éviter la Voie
lente comme la peste bubonique. Mon idée était de trouver la Voie rapide, de
me retirer riche et de prendre ma retraite jeune.
OBSTACLES, DÉVIATIONS ET DÉPRESSION
Malgré toute ma confiance, les quelques années qui ont suivi ont été
affreusement loin de répondre à mes attentes. Je vivais avec ma mère, alors
que je me lançais dans toutes sortes de business, les uns après les autres. Le
succès n’était pas au rendez-vous. Chaque mois, c’était quelque chose de
différent : des vitamines, des bijoux, un pseudo-programme prometteur de
marketing « clé en main », trouvé au dos d’un magazine de business, ou
encore, un boulot loufoque de marketing de réseaux à grande distance.
J’avais beau travailler dur, mon record d’échecs grossissait, au même titre
que mes dettes. Les années passaient, et la folie fermentait, parce que j’étais
forcé de prendre une série de petits boulots nuls qui avilissaient mon ego :
commis serveur dans un restaurant chinois (oui, il y a des cafards à l’arrière),
ouvrier à la journée dans les quartiers pauvres de Chicago, livreur de pizzas,
livreur de fleurs, coursier, chauffeur de limousine, livreur de journaux le
matin pour le Chicago Tribune, vendeur de sandwichs chez Subway (ce qu’il
ne faut pas faire !…), commis inventaire chez Sears (au rayon rideaux –
flippant !), collecteur de dons pour une association caritative et peintre en
bâtiment.
Le seul truc pire que ces boulots et leur paie minable ? Les horaires. Pour la
plupart il fallait se lever avant l’aube (3 ou 4 heures du matin…) S’il y avait
le moindre horaire infernal, vous pouvez être sûr que j’y avais droit. Cinq ans
d’études supérieures couronnées de succès pour vivre comme un producteur
de lait. Bon sang, j’étais tellement fauché que je me suis prostitué auprès
d’une femme d’un certain âge pour pouvoir payer le cadeau de mariage de
mon meilleur ami. Oui, les cougars rôdaient dans les années 1990.

Pendant ce temps-là, mes amis avançaient dans leur carrière : ils avaient
droit à leurs 4 % d’augmentation tous les ans. Ils possédaient maintenant leur
Mustang ou leur Acura et leur maison de ville de 120 m2. Ils semblaient
satisfaits et menaient la vie pleine d’espoir que la société leur avait tracée. Ils
étaient normaux, et moi pas.
À 26 ans, je suis tombé en dépression ; mes affaires ne roulaient pas toutes
seules, et moi non plus. La dépression saisonnière s’attaquait à mon mental
déjà mis à mal. Le temps morne, gris et pluvieux de Chicago me faisait rêver
d’un lit bien chaud et de pâtisseries appétissantes. On dit que le soleil vient
avant la réussite ; alors c’est vrai, je ne réussissais pas grand-chose. Lassé de
ces boulots pour élèves en décrochage scolaire, j’avais du mal à sortir du lit,
le matin, et le doute est devenu mon lot quotidien. Physiquement,
émotionnellement et financièrement épuisé par mes échecs, je savais que mes
résultats n’étaient pas représentatifs de qui j’étais vraiment. Je savais qu’il
existait une Autoroute pour la richesse, mais je n’arrivais tout simplement pas
à la prendre. Qu’est-ce que je ratais ? Qu’est-ce qui m’empêchait d’avancer ?
Après toutes ces années de recherches et d’études, plus un placard plein de
livres, de magazines et de vidéos pour un « démarrage rapide », je n’étais pas
encore sur la voie de la richesse. J’avais calé sur le trottoir, et l’Autoroute
n’était nulle part en vue.
Plongé dans ma dépression, j’ai cherché des échappatoires, mais plutôt que
la drogue, le sexe ou l’alcool, je me suis perdu dans les livres et j’ai continué
à étudier les millionnaires qui n’étaient pas des célébrités. Si je ne pouvais
pas connaître la réussite, je pouvais m’échapper dans la vie de ceux qui la
connaissaient en me plongeant dans des autobiographies de riches, des
histoires de réussites et autres contes de fées de personnes qui avaient réussi
en partant de rien.
Mais les choses sont allées de mal en pis. Mon entourage a commencé à me
lâcher. La femme qui partageait ma vie depuis longtemps a décrété : « Tu
n’as aucune détermination. » Elle avait un boulot sûr dans une agence de
location de voitures, mais on se disputait parce qu’elle faisait des horaires
impossibles pour trois francs six sous, un salaire astronomique de 28 000 $.
Ce à quoi elle répondait factuellement, à juste titre : « Tu n’as pas de boulot,
tu rapportes 27 000 $ de moins que moi, et pas un de tes business ne
marche. » C’était une fine mouche. Notre relation s’est achevée quand elle a
commencé à se faire draguer par un cadre de la radio.

Et puis il y avait ma mère. Les premières années qui ont suivi mes études,
elle me fichait la paix, mais après il y a eu les échecs et les boulots débiles.
J’ai imploré sa patience et soutenu, pour ma défense, que la création de
richesse pour un entrepreneur sur la Voie rapide se faisait selon une courbe
exponentielle – alors que ceux qui ont des boulots tout à fait normaux sont
sur une courbe linéaire. Hélas, peu importait que mes graphiques et mes
diagrammes soient super ; ma mère avait perdu la foi, et je ne pouvais pas lui
en vouloir. Envoyer un homme sur Mars paraissait plus prometteur.
Ses recommandations ont émoussé mon élan. Au moins vingt fois par
semaine, elle criait : « Trouve-toi un boulot, fiston. » Brrr, aujourd’hui
encore, j’en frémis. Cette phrase, lancée sur ce ton, pourrait exterminer des
cafards dans un monde post-apocalyptique. Il y avait des jours où j’aurais
voulu me coincer la tête dans un étau et m’écraser les oreilles jusqu’à devenir
sourd. « Trouve-toi un boulot, fiston ! » : l’injonction pénétrait jusqu’à mon
âme ; le verdict maternel était tombé, sans appel : « Échec, avec vote de
censure. »
Ma mère fit une suggestion : « Le magasin d’à côté embauche un
responsable Épicerie fine, pourquoi tu n’y vas pas pour voir de quoi il
retourne ? » Comme si mes études supérieures et mes difficultés depuis
cinq ans allaient disparaître au comptoir, derrière les saucissons et les salades
de pommes de terre que je servirais aux super-mamans du quartier. Merci
pour l’info, mais j’en resterai là.
UNE LUMIÈRE DANS LA TEMPÊTE
Il m’a fallu les affres d’une tempête de neige à Chicago pour que je me
retrouve à un tournant de ma vie. C’était par une nuit glacée et noire, j’étais
mort de fatigue alors que je travaillais comme chauffeur de limousine. Mes
chaussures étaient trempées à cause de la neige mouillée, et je luttais contre
une migraine. Les quatre comprimés d’aspirine que j’avais pris deux heures
plus tôt n’avaient eu aucun effet. Je voulais rentrer chez moi, mais c’était
impossible. J’étais coincé dans une tempête, et mes itinéraires habituels
étaient sous la neige. J’ai garé la limousine sur le bas-côté dans une ruelle peu
éclairée, et j’ai senti le froid glacial de la neige fondue remonter le long de
mes jambes depuis mes orteils. J’ai serré le frein à main et me suis retrouvé
face à face avec moi-même dans un silence de mort ; il n’y avait rien autour

de moi, que les flocons qui tombaient pour me rappeler à quel point je déteste
l’hiver. Les yeux sur les marques de brûlures de cigarettes au plafond de la
limousine, j’ai pensé : « Mais qu’est-ce que je fous ici ? C’est ça ma vie,
maintenant ? »
Immobile dans une ruelle déserte au milieu de nulle part, bloqué par le
blizzard en pleine nuit, j’avais eu ma dose. Parfois, lorsque les choses
s’éclairent, c’est comme une douce brise qui vous caresse, parfois, c’est
comme si un piano Steinway vous tombait sur la tête. Pour moi, ça a été le
piano. Une certitude cinglante s’est imposée à mon cerveau : « Tu ne peux
pas vivre un jour de plus comme ça ! » Si je voulais survivre, il allait falloir
que je change.
LA DÉCISION DE CHANGER
L’hiver rigoureux m’a remis sur mes deux pieds. J’ai décidé de changer. J’ai
décidé de prendre le contrôle de quelque chose que je croyais incontrôlable :
mon environnement. J’ai décidé de quitter Chicago – pour aller où ? Je ne
savais pas, et, à ce moment précis, je m’en fichais.
En un instant, je me suis senti puissant. La rapidité de ce choix a instillé un
peu d’espoir et de bonheur dans ma misérable existence. Mes échecs se sont
évaporés, et je me suis senti renaître. Tout à coup, une impasse convergeait
avec un rêve. Ce n’était pas simplement la décision de bouger ; c’était le fait
de prendre le contrôle et de savoir que j’avais le choix.
Fort de ce nouveau pouvoir, j’ai réfléchi à des options qui ne m’avaient
jamais traversé l’esprit. Je me suis posé une question simple : « Si je pouvais
vivre n’importe où dans le pays, sans restriction, où est-ce que je
m’installerais ? » J’ai réfléchi à ce qui était important pour moi, et j’ai
entouré cinq villes sur la carte. Le mois suivant, je déménageais, ou –
devrais-je dire – je m’échappais.
QUAND LA VOIE LENTE REJOINT L’AUTOROUTE
Je suis arrivé à Phoenix avec 900 $ en poche, pas de boulot, pas d’amis et pas
de famille – juste 330 jours de soleil et une envie brûlante de prendre
l’Autoroute du millionnaire. J’avais, pour tout bagage, un vieux matelas, une
Buick Skylark toute rouillée de dix ans qui n’avait plus de troisième vitesse,
quelques petites affaires commerciales qui rapportaient peu d’argent, et

plusieurs centaines de livres. L’épicentre de ma nouvelle vie était un petit
studio dans le centre de Phoenix que je louais pour 475 $ par mois. J’ai
transformé ce studio en bureau. Pas de chambre à coucher, pas de meubles,
juste un matelas qui envahissait la cuisine. Je dormais avec des miettes de
pain – inévitable, quand on pose son matelas dans la cuisine, près du plan de
travail.
Je vivais pauvre et sans aucune sécurité, mais je me sentais riche. J’avais le
contrôle de ma vie.
L’une des nombreuses activités commerciales que j’avais créées était un
site web. Lorsque j’étais chauffeur de limousine à Chicago, il pouvait
m’arriver de n’avoir rien à faire pendant des heures, j’avais alors beaucoup de
temps libre pour lire des livres. Je ne perdais pas ce temps. Quand j’attendais
des clients à l’aéroport ou lorsqu’ils se jetaient deux ou trois verres derrière la
cravate au bar du coin, j’étais dans la limousine et je lisais. Et lisais.
J’étudiais tout ce qui me tombait sous la main, de la finance à la
programmation Internet, et encore et toujours des autobiographies de
personnes riches.
Ce travail de chauffeur de limousine m’a apporté quelque chose de bien
particulier : il m’a mis face à un besoin inassouvi qu’il fallait satisfaire. Un de
mes clients m’a demandé si je connaissais une bonne compagnie de
limousines à New York. Quand je l’ai déposé à l’aéroport, j’avais une idée
d’invention en tête. Si je vivais à Chicago, mais que j’avais besoin d’une
limousine à New York, où irais-je pour en trouver une ? Je n’avais pas
d’annuaire des pages jaunes de New York sous la main, comme
probablement tous ceux qui n’habitaient pas New York. Confronté à cette
question, j’ai déduit que la même question se poserait pour d’autres
voyageurs. Alors j’ai créé un site web pour résoudre ce problème.
Naturellement, Internet ne connaît pas de limites géographiques, donc cette
entreprise hasardeuse a bien fonctionné à Phoenix. Mais, comme mes
précédentes tentatives, elle ne me rapportait pas beaucoup d’argent. Cela dit,
c’était différent, à présent. J’étais privé de tout dans une ville inconnue, sans
argent, sans travail et sans filet de protection. Il fallait que je concentre mes
efforts.
Je me suis lancé dans une campagne publicitaire agressive pour mon site
web. J’ai envoyé des e-mails. Fait du démarchage téléphonique. Posté des
courriers. J’ai appris comment faire de l’optimisation pour les moteurs de

recherche (SEO). Comme je ne pouvais pas me payer des livres, j’allais tous
les jours à la bibliothèque de Phoenix et j’étudiais les langages de
programmation. J’ai amélioré mon site et appris comment construire des
graphiques et rédiger des publicités. Tout ce qui pouvait m’aider, je le
prenais.
Et puis un jour, il y a eu une percée ; j’ai reçu un coup de téléphone d’une
société dans le Kansas qui s’extasiait sur mon site web et voulait que je crée
le leur. Si mon idée n’était pas de faire de la conception de sites web, j’ai
cependant accepté pour la somme de 400 $. Ils ont trouvé que c’était une
bonne affaire, et, en 24 heures, j’avais créé le site web de cette société. J’étais
fou de joie. En 24 heures, j’avais gagné presque la totalité de mon loyer. Et
puis, par hasard, moins de 24 heures plus tard, j’ai reçu un autre appel
téléphonique d’une société de New York qui me demandait la même chose :
créer leur site web. Ce que j’ai fait pour 600 $. J’ai mis deux jours à
l’achever. J’avais un autre loyer en poche !
Bon, je sais que ce n’est pas beaucoup d’argent, mais de passer de la
pauvreté à 1 000 $ en trois jours, c’était pour moi comme gagner 50 millions
au Loto. Les premiers mois que j’ai passés à Phoenix, j’ai gagné du terrain et
j’ai survécu par mes propres moyens pour la première fois de ma vie. Ni
livreur de fleurs, ni commis de cuisine, ni livreur de pizzas, et je ne vivais
plus aux crochets de ma mère. J’étais totalement indépendant ! Je connus une
accélération fulgurante, avec le vent dans le dos qui présageait un
changement de direction vers un nouvel univers qui générerait de la richesse.
Mais il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Il manquait quelque
chose, et je le savais. L’essentiel de mes revenus provenait de ma création de
sites web, et non de la publicité que je faisais pour mon site. Mes revenus
étaient liés à mon temps, à la conception de sites web. Créer plus de sites web
signifiait passer plus de temps, et si je ne travaillais pas, je n’aurais plus de
revenus. C’était mon temps que je vendais pour de l’argent.
UNE NOUVELLE ÉQUATION DE LA RICHESSE QUI ENTRAÎNE
UNE ACCÉLÉRATION DE LA RICHESSE
L’hiver suivant, un ami de Chicago est venu me voir. Je lui ai montré mon
répertoire web, et il a été impressionné par toutes les visites que mon service
enregistrait. J’avais des demandes de devis pour des services de limousines

dans le monde entier, à chaque instant. Combien coûterait un service de
limousines de Boston à Worcester ? Combien pour rejoindre Manhattan
depuis l’aéroport de JFK ? On est allés voir ma boîte électronique, j’avais
450 e-mails. Dix minutes plus tard, j’en avais 30 de plus. C’étaient plusieurs
e-mails par minute qui affluaient dans ma boîte. Il s’est exclamé : « Mec !
Faut que tu trouves un moyen de faire de l’argent avec ces e-mails ! »
Il avait raison, mais comment faire ? Et comment cela pouvait-il répondre à
un besoin légitime ? Il m’a laissé avec un défi, et j’avais à cœur de le relever.
Quelques jours plus tard, j’ai créé une solution risquée et sans garantie, mais
j’ai tenté le coup. De quoi s’agissait-il ? Plutôt que de vendre de l’espace
publicitaire, j’ai décidé de vendre des leads3. Mais il y avait un problème. Ce
« modèle de revenus » était nouveau et révolutionnaire. De plus, je devais
convaincre mes clients que cette façon de faire des affaires leur rapporterait,
et je n’avais aucune preuve à l’appui. Rappelez-vous, c’était la fin des
années 1990, et la « génération de leads » sur la Toile n’existait pas, du
moins jusqu’à ce que je le fasse.
J’ai tout de même pris le risque et j’ai mis mon idée en pratique. À court
terme, je m’attendais à ce que cela mette à mal mes revenus, et c’est ce qui
s’est passé. J’ai prédit que cela prendrait des mois pour marcher, si ça
marchait jamais. Le premier mois, le nouveau système a généré 473 $. Argh !
J’ai créé d’autres sites web pour compenser mon manque à gagner. Le
deuxième mois, les revenus ont été de 694 $. 970, le troisième mois. Puis
1 832, 2 314, 3 733. Et ça continuait, et ça continuait.
Ça marchait.
Mes ressources, mes revenus et mes actifs croissaient de manière
exponentielle, mais non sans problème. Plus mon business prenait de
l’ampleur, plus je recevais de plaintes, de remarques et de défis à relever. Les
améliorations sont venues directement de suggestions de clients. En quelques
jours, parfois en quelques heures, je mettais en place des idées de clients.
Mes clients savaient que je répondais aux e-mails dans l’heure, parfois dans
les minutes qui suivaient. J’ai appris à être réceptif aux clients, et les affaires
ont décollé.
Mes journées de travail ont commencé à être longues et difficiles.
40 heures, c’étaient des vacances pour moi ; je travaillais classiquement
60 heures par semaine. Les jours de semaine et les week-ends se
confondaient. Pendant que mes nouveaux amis faisaient la fête et sirotaient

des cocktails, j’étais cloîtré dans mon petit appartement à régurgiter du code.
Je ne savais pas si on était jeudi ou samedi, et ça n’avait pas d’importance. Ce
qui était super, là-dedans, c’est que je n’avais pas l’impression de travailler ;
en fait, j’aimais ça. Je n’avais pas un boulot, j’avais une passion : je faisais
quelque chose de constructif. Des milliers de gens tiraient profit de quelque
chose que je créais, ce qui me rendait accro. Je faisais quelque chose de
constructif !
J’ai commencé à faire une liste de témoignages de clients :
« Grâce à vous, mon chiffre d’affaires a été multiplié par dix. »
« Grâce à votre site web, j’ai décroché mon plus gros client. »
« Votre société a joué un rôle essentiel dans la croissance de mon
entreprise. »
Ces réactions étaient ma richesse. Je ne croulais pas encore sous les dollars,
mais je me sentais riche.
MON « FAUX » RACCOURCI VERS LA RICHESSE
En 2000, un coup de téléphone m’a apporté un nouveau type de demande.
Des start-up informatiques se sont mises à appeler ; elles voulaient savoir si
je vendrais mon affaire. Cette année-là, c’était le plein boum d’Internet. Il ne
se passait pas une journée sans qu’on entende l’histoire invraisemblable d’un
millionnaire de l’Internet qui avait fait fortune en vendant sa boîte high-tech.
Vous vous rappelez les millionnaires anonymes ? Ce sous-ensemble de la
population riche croissait à un rythme sidérant, et la vague est venue de mon
côté.
Est-ce que je voulais vendre ma société ? Et comment ! J’ai eu trois offres.
Offre 1 : 250 000 $. Offre 2 : 550 000 $. Offre 3 : 1 200 000 $. J’ai accepté
l’offre 3 et suis devenu… instantanément… un millionnaire. Enfin, presque.
Ça n’a pas duré. À l’époque, je pensais que 1,2 million de dollars, c’était
beaucoup d’argent. Ce n’était pas vrai. Impôts. Stock-options sans valeur.
J’ai fait des erreurs et j’ai mal investi mon argent. J’ai acheté une Corvette,
espérant que cela me ferait paraître riche. Je croyais que j’étais riche, mais en
fait, je ne l’étais pas. Quand tout a été réglé, il ne me restait pas 300 000 $.
La bulle technologique est arrivée, avec des conséquences impitoyables, du
moins pour les acheteurs de mon entreprise. Contre mes recommandations,
ils ont pris de mauvaises décisions, des décisions qui étaient bonnes pour

faire de l’argent à court terme, mais catastrophiques pour le développement à
long terme. Ils ont jeté l’argent par les fenêtres, comme si la ressource était
intarissable. Avons-nous vraiment besoin de bouteilles d’eau personnalisées à
notre marque ? Et des T-shirts avec notre logo ? Est-ce que ce sont des
actions génératrices de revenus ?
Les décisions se prenaient lentement, en comité. L’avis des clients était
ignoré. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plupart des décideurs de
la société étaient titulaires d’un MBA de Harvard, preuve que ces précieuses
trois lettres ne sont pas synonymes de « sens des affaires ». Malgré
12 millions de dollars en capital-risque pour résister à la tempête, mon site
web a commencé à péricliter lentement. https://web.facebook.com/Luxelib
Quelques mois plus tard, au bord de la faillite, il a été voté que mon site
web allait être dissous, même s’il rapportait encore de l’argent. Les acheteurs
d’entreprises de technologie se faisaient rares, et les actions étaient au plus
bas. Tout le monde était entre la vie et la mort, eux compris.
Refusant de voir ma création tomber dans l’oubli, j’ai proposé de racheter
mon site web pour une bouchée de pain : 250 000 $, financés par les profits
que j’en avais tirés. L’offre a été acceptée, et c’est ainsi que j’ai repris le
contrôle de la société que j’avais vendue un an plus tôt. Je comptais
essentiellement faire tourner le business, réaliser des bénéfices et rembourser
ce que j’avais à rembourser. S’il restait quelque chose, je le réinvestirais dans
l’affaire. En récupérant le contrôle de mon entreprise, je retrouvais une
nouvelle motivation : je voulais non seulement survivre à la crise de la bulle
technologique, mais prospérer.
LA NAISSANCE DE L’ARBRE À FRIC
Dans les dix-huit mois qui suivirent, j’ai trouvé un regain d’énergie pour
tenter de passer au niveau supérieur. Quand j’y repense, je voulais me
prouver que je n’étais pas qu’un gars qui avait eu la chance d’être au bon
endroit au bon moment lors du boum Internet. J’ai continué à améliorer mon
site web. J’intégrais de nouvelles technologies et j’écoutais mes clients. Ma
nouvelle passion était l’automatisation et les processus.
Alors que je peaufinais mes processus et mes systèmes, une transformation
lente et régulière s’est mise en place. Je travaillais de moins en moins. Voilà
que je me retrouvais à travailler 1 heure par jour au lieu de 10. Et pourtant,

l’argent rentrait. J’allais claquer de l’argent à Las Vegas ; l’argent rentrait. Je
tombais malade pendant quatre jours ; l’argent rentrait. Je spéculais pendant
un mois ; l’argent rentrait. Je prenais un mois de vacances ; l’argent rentrait.
Je me suis alors rendu compte de ce que j’avais réalisé. C’était ça,
l’Autoroute. Je m’étais construit un véritable arbre à fric vivant et porteur de
fruits. C’était un arbre à fric florissant qui faisait de l’argent 24 heures sur 24,
7 jours sur 7, et il ne nécessitait pas que j’y investisse ma vie. Il lui fallait un
peu d’eau et de soleil, quelques heures par mois, ce que je fournissais avec
plaisir. En dehors de l’attention basique, l’arbre à fric poussait, produisait des
fruits et me donnait la liberté de faire ce que je voulais.
Pendant les quelques années qui ont suivi, j’ai mené une vie de paresse et
de gloutonnerie. Certes, je travaillais quelques heures par mois, mais pour
l’essentiel, j’allais à la gym, je voyageais, je jouais aux jeux vidéo, j’achetais
et je pilotais des voitures de course, je m’amusais sur des sites de rencontres,
je jouais de l’argent. J’avais un arbre à fric qui se substituait à mon temps et
produisait chaque mois une récolte abondante.
Depuis que j’avais récupéré mon entreprise, celle-ci croissait de manière
fulgurante. Certains mois, je faisais plus de 200 000 $ de bénéfices. Oui,
bénéfices ! Les mauvais mois, c’étaient 100 000 $. Je gagnais en deux
semaines ce que la plupart des gens gagnaient en une année entière. L’argent
pleuvait, et je volais bas sur les radars… Aucune réputation. Si vous gagniez
200 000 $ chaque mois, qu’est-ce qui changerait dans votre vie ?
• Quel type de voiture conduiriez-vous ?
• Où habiteriez-vous ?
• Où iriez-vous en vacances ?
• Dans quelles écoles enverriez-vous vos enfants ?
• Seriez-vous pris à la gorge par vos dettes ?
• En combien de temps deviendriez-vous millionnaire ? Quatre mois ou
quarante ans ?
• Est-ce que prendre un café à 6 $ chez Starbucks serait un problème ?
Vous voyez, quand on génère ce genre de revenus, le statut de millionnaire
arrive vite. J’étais multimillionnaire à 33 ans. Si je n’avais pas vendu mon
business au début, je serais probablement arrivé à ce niveau plus tôt. Mais
quand vous vous nourrissez de raviolis en boîte et que quelqu’un vous brandit

1,2 million de dollars sous le nez, il n’y en a pas beaucoup qui diraient :
« Nan, je saute mon tour. »
J’ai acheté ma première Lamborghini et accompli ainsi la prophétie de mes
rêves d’adolescent. De nos jours, c’est presque chaque semaine qu’on me
lance cette question que j’avais posée il y a tant d’années. Et maintenant, j’ai
une réponse que je peux donner, et une réponse que j’aurais rêvé d’entendre.
En 2007, j’ai décidé de vendre mon entreprise à nouveau. Il était temps de
me retirer et de penser à mes rêves les plus fous, comme ce livre et l’écriture
de scénarios. Mais cette fois, je me trouvais face à un certain nombre de
propositions qui allaient de 3,3 à 7,9 millions de dollars. Après avoir fait
plusieurs millions en quelques petites années, j’ai accepté une des offres au
comptant et j’ai répété le processus de l’Autoroute… en dix minutes. C’est le
temps que ça m’a pris pour encaisser les six chèques qui s’élevaient à des
millions de dollars.

Résumé du chapitre 2 :
les particularités de la Voie rapide
• La célébrité et le talent physique ne sont pas des conditions préalables à la
richesse.
• La richesse rapide suit une courbe exponentielle, pas linéaire.
• Le changement peut arriver en un instant.

1. Groupe phare de heavy metal. (NdT)
2. Phrase murmurée par le robot B9 dans la série télévisée Perdus dans l’espace, des années 1960.
(NdT)
3. Contacts enregistrés auprès d’un client potentiel. (NdT)

Deuxième partie

LA RICHESSE N’EST PAS UNE
ROUTE, C’EST UN VOYAGE !

3
EN ROUTE POUR LA RICHESSE
Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.
LAO TSEU

LA RICHESSE EST UN VOYAGE, PAS UNE SIMPLE ROUTE !
Quand j’étais à l’université, un jour, avec mes amis, on a décidé d’aller de
Chicago jusqu’à la Floride du Sud pour les vacances de Pâques.
Naturellement, n’étant pas de jeunes hommes pour rien, nous bouillions
d’impatience, excités par la destination : une plage de Floride ensoleillée et
pleine d’étudiantes peu vêtues, bien bronzées et fort ivres. Hélas, focalisés
sur la destination, nous en avons oublié de nous occuper du voyage et du
véhicule sur lequel nous comptions pour nous emmener là-bas. Huit heures
après notre départ, notre vieille Dodge Duster a commencé à cracher de la
fumée et a fini par s’arrêter dans un cliquetis métallique. Avec un joint de
culasse foutu et pas d’huile, notre voyage s’est achevé sur une route de
campagne en plein sud de l’Illinois. Vaches, fumier pestilentiel et champs de
blé, nous étions à des années-lumière des plages de sable de la Floride du
Sud.
Hélas, pour la plupart des gens, le voyage pour la richesse s’arrête souvent
comme le voyage de mes vacances de Pâques : on se retrouve sur le bord de
la route au milieu de nulle part, et on se demande ce qu’on a bien pu faire
pour se retrouver là. Comme lorsque je suis parti pour ces vacances de
Pâques, connaître « la route de la richesse » et y rouler n’est pas suffisant
parce que la route elle-même ne suffit pas à apporter la richesse. Votre
poursuite de la richesse stagne dès que vous vous concentrez sur la route et sa

destination, et non sur le voyage en soi. Bien sûr que l’Autoroute peut
déboucher sur une route qui mène rapidement à la richesse, mais un voyage
réussi demande que l’on respecte tous les outils essentiels à ce voyage. Mes
vacances de Pâques se sont arrêtées net parce que nous avons négligé le
voyage et nous sommes focalisés sur la route. De l’huile ? Une feuille de
route ? Une révision du moteur ? Pour quoi faire ? Allons-y, en route pour le
Sud ! Quand on ignore des éléments essentiels du voyage, comme les voyants
rouges du tableau de bord, ça sent l’huile brûlée, on gaspille de l’essence, et
on est obligé de passer par des déviations qui prennent dix ans. Quand on se
focalise uniquement sur la route, le voyage risque de s’arrêter de manière
impromptue, et on n’atteint jamais les destinations de rêve.
LE MIRAGE DE LA ROUTE DE LA RICHESSE
Si vous êtes passé à côté de la richesse, c’est sans doute que vous vous êtes
focalisé sur la route au lieu d’exploiter toute la formule. J’imagine bien que
vous devez avoir quelques pièces du puzzle : des idées glanées dans un livre
ou deux ou au cours d’un séminaire du type « Devenez riche », ou bien un
bon tuyau sur la Bourse refilé par votre pote d’université fauché. Hélas, ces
idées isolées ne peuvent pas créer de la richesse ; elles sont comparables à
une voiture en rade sur le bord de la route de la richesse parce que son
réservoir est vide et sa batterie à plat. On ne peut pas craquer le code de la
richesse quand on ne connaît qu’une variable d’une équation à plusieurs
inconnues.
La formule du voyage qui mène à la richesse est comme une recette de
cuisine. Imaginez que vous vous retrouviez dans une cuisine avec du sucre et
de la farine et que je vous demande de faire un gâteau. La prouesse est
impossible parce que deux ingrédients ne suffisent pas à eux seuls à faire
toute la formule. Oubliez la levure, et le gâteau ne lèvera pas. Enlevez le
beurre, et il n’aura aucun goût. Un ingrédient oublié ou qui présente des
défauts, et c’est raté ! C’est là que le bât blesse pour la plupart des livres sur
la richesse : ils « se focalisent sur la route ». Ils se spécialisent sur la partie la
plus émoustillante de la formule : le sucre ! Ils vous disent :
• Pour être riche, achetez des saisies immobilières !
• Achetez une franchise et soyez votre propre patron !
• Apprenez la loi du secret mystique et de la pensée positive !

• Commencez un business !
• Investissez dans l’immobilier pour avoir des revenus passifs !
• Jouez sur les taux de change pour vous enrichir !
Ces stratégies mettent l’accent sur diverses routes de la richesse : la route
de l’immobilier, la route de la spéculation et la route du business. Elles ne
s’occupent de rien d’autre. Le problème, c’est justement cet « autre », parce
que c’est lui, le reste de la formule.
CE SONT LES PROCESSUS QUI FORMENT LES MILLIONNAIRES,
PAS LES ÉVÉNEMENTS
Tous les multimillionnaires qui se sont faits tout seuls créent leur richesse par
un processus savamment orchestré. Ils possèdent et utilisent la formule
entière. Malgré ce que vous avez pu lire ou entendre, la richesse n’est pas un
événement. La richesse ne tombe pas du ciel ou d’un jeu télévisé. Elle ne
sonne pas à la porte en vous attendant sur le palier, avec des ballons et un
chèque de la taille d’un réfrigérateur. La richesse n’arrive pas avec le jingle
d’une machine à sous qui affiche des « BAR », des citrons et des cerises.
La richesse est un processus, pas un événement. Demandez à n’importe
quel chef, il vous dira que le plat parfait est la combinaison d’une série
d’ingrédients selon un processus d’exécution bien étudié : un petit peu de
ceci, un petit peu de cela, incorporé au bon moment et au bon endroit, et
voilà, vous vous retrouvez avec un repas appétissant. La création de richesse
procède selon la même méthode d’exécution – une accumulation précise de
nombreux ingrédients disparates pour former un tout cohérent qui vaut des
millions.
La richesse échappe à beaucoup de gens parce qu’ils s’intéressent aux
événements et ignorent les processus. Sans processus, il n’y a pas
d’événement. Prenez le temps de relire ça. C’est le processus qui fait les
millionnaires, et les événements que vous voyez et dont vous entendez parler
sont le résultat de ce processus. Pour notre chef cuisinier, la cuisine est le
processus, et le repas est l’événement.
Par exemple, un joueur professionnel qui signe un contrat de 50 millions de
dollars pour jouer au basket, c’est un événement qui découle d’un processus.
On voit et on entend parler de ce gros contrat, l’événement « enrichissant »

spectaculaire, mais, généralement, on ignore le processus qui a précédé cet
événement. Le processus, c’est cette longue route ardue que vous n’avez pas
vue : les entraînements quotidiens de quatre heures, les matchs improvisés,
tard le soir, les ligaments déchirés, les opérations chirurgicales et la
rééducation, le rejet de l’équipe de basket du lycée1 et la résistance aux gangs
de quartier, éléments qui font tous partie du voyage qui forme le processus.
Quand un jeune de 20 ans vend son entreprise internet pour 30 millions de
dollars, vous le lisez sur un blog technologique. L’événement est applaudi et
présenté de façon que tout le monde puisse l’admirer. Le processus, lui, est
laissé de côté – vous ne savez rien des longues heures de codage par
lesquelles le fondateur a dû passer. Vous ne savez rien de ces journées froides
et sinistres passées à travailler dans le garage. Vous ne savez rien des taux
d’intérêt à 21,99 % avec lesquels l’entreprise a été fondée. Vous ne savez rien
du fondateur et de sa vieille Toyota toute pourrie qui affiche 280 000 km au
compteur.
Quand J. Darius Bikoff a fondé Glacéau Vitamin Water en 1996 et que
Coca-Cola lui a offert 4,1 milliards de dollars, onze ans plus tard, pour
racheter son entreprise, l’offre a fait la une des journaux dans le monde
entier. De quoi la presse ne parle-t-elle pas ? Des onze années difficiles du
processus pour en arriver là. L’offre mirobolante, c’est l’événement ; le
processus, ce sont les années d’effort et l’envers du décor.
La vente de mon entreprise a été l’événement culminant, mais sa
concrétisation a été forgée par un processus. Les gens de l’extérieur peuvent
voir la belle maison et les voitures onéreuses et penser : « Ouah ! Si
seulement je pouvais avoir cette chance. » Une telle croyance est un mirage
de l’événement qui masque le processus. Tous les événements relatifs à la
richesse sont précédés d’un processus : des années d’essais, de prises de
risque, de dur travail et de sacrifices. Si vous continuez à sauter le processus,
vous ne connaîtrez jamais d’événement.
Hélas, dans notre société du « je veux tout, tout de suite », les médias
mettent en valeur et glorifient l’événement, mais mettent le processus sous le
tapis en prenant soin de ne pas faire connaître au public la sueur qu’il a
engendrée. Mais si vous cherchez bien, vous pouvez toujours découvrir le
processus, tapi dans une autre histoire ou entre les lignes qui glorifient
l’événement.
Quand vous ferez votre premier million, ce sera suite au processus, et non

grâce à un heureux hasard tombé sur votre chemin. Le processus est le
voyage qui mène à la richesse : la destination brille comme un événement,
mais c’est le processus qui y aboutit. Oui, l’ascenseur pour la réussite est en
panne, il va falloir que vous preniez l’escalier.
LA FORMULE DU VOYAGE QUI MÈNE À LA RICHESSE
La formule du voyage qui mène à la richesse est comme un long voyage à
travers le pays. Pour réussir, il faut que vous vous concentriez sur le voyage
et les outils nécessaires à ce voyage (le processus) par opposition à la
destination (l’événement). Quatre éléments constituent cette formule
gagnante. Ce sont :
Votre feuille de route (3e, 4e et 5e parties)
C’est la boussole qui va orienter vos actions. Votre feuille de route
constitue votre système de croyances en matière de finances et vos
convictions préconçues sur la richesse et l’argent. Il y a trois feuilles de route
qui vont tracer votre parcours jusqu’à la richesse :
1) le Trottoir,
2) la Voie lente,
3) la Voie rapide/l’Autoroute.
À l’instar d’une recette, votre feuille de route donnera un aperçu de
pourquoi, où, comment et quoi.
Votre véhicule (6e partie)
Votre véhicule, c’est vous. Personne ne peut vous conduire dans ce périple,
si ce n’est vous. Votre véhicule est un système compliqué : il est composé
d’huile, d’essence, d’un moteur, d’un volant, d’un pare-brise, d’une certaine
puissance et d’un accélérateur – tout cela nécessite un entretien et des
révisions fréquentes pour s’assurer d’un maximum d’efficacité pendant le
voyage.
Vos routes (7e partie)
Ce sont les voies financières que vous empruntez. Vous pouvez, par
exemple, emprunter la route du professionnel, sur laquelle vous avez un
nombre illimité de choix : vous pouvez être ingénieur, chef de projet,
médecin, plombier, chauffeur routier… Puis il y a les routes de
l’entrepreneur. Vous pouvez être un investisseur immobilier, un propriétaire

de magasin de vente au détail, un franchiseur, un acheteur internet ou un
inventeur. Comme lorsque vous voyagez à travers le pays, les routes sont
nombreuses, et les changements aussi.
Votre vitesse (8e partie)
La vitesse, c’est l’exécution et votre capacité à passer d’une idée à sa
réalisation. Vous pouvez être au volant d’une Ferrari sur une route droite et
vide, mais si vous oubliez d’appuyer sur l’accélérateur, vous ne bougerez pas.
Sans vitesse, votre feuille de route n’a pas de direction, votre véhicule est à
l’arrêt, et votre route se transforme en impasse.
LE VOYAGE PASSE PAR DE NOMBREUSES ROUTES À PÉAGE
Ceux qui voyagent avec succès sur la Voie rapide sont des guerriers qui
vivent et meurent sur des routes difficiles. La route qui mène à la richesse est
truffée de péages dont on ne peut s’acquitter si on veut passer par la Rue de la
Facilité. Pour certains d’entre nous, c’est une bonne nouvelle, parce que le
péage élimine les faibles et les escorte jusqu’au pays des normaux. Si vous
résistez au péage, la richesse vous résistera. Hélas, certains pensent que le
péage de la richesse peut se régler comme un droit ou certaines conditions
préalables telles que :
• une famille normale/une bonne enfance,
• « travailler dur » plutôt que « travailler intelligemment »,
• des diplômes et des références sur le CV,
• un business plan extraordinaire,
• un capital-risque,
• être d’un sexe, d’une race ou d’un âge spécifique,
• convoiter, rêver et penser positivement,
• connaître les bonnes personnes aux bons endroits,
• aller dans les bonnes écoles,
• être passionné ou « faire ce que l’on aime faire ».
Il n’y a rien de plus faux. L’Autoroute du millionnaire se fiche pas mal de
ces choses-là. En effet, l’Autoroute n’est pas une rue droite et lisse, bordée
d’arbres et d’une glissière de sécurité de l’autre côté de laquelle des enfants
se balancent sur des pneus accrochés à des chênes. C’est un chemin de terre
sombre et désert, jonché de nids-de-poule qui obligent à se déporter et à

s’adapter. Si le voyage qui mène à la richesse était facile, ne croyez-vous pas
que tout le monde serait riche ?
Attendez-vous à devoir payer un prix. Attendez-vous à devoir prendre des
risques et à faire des sacrifices. Attendez-vous à des dos-d’âne sur la route.
Quand vous passerez dans votre premier nid-de-poule (eh oui, ça vous
arrivera), sachez que vous serez en train de forger le processus de votre
histoire en cours. Le processus de l’Autoroute demande des sacrifices que
peu de gens font, pour mener la vie que peu de gens vivent.
CE VOYAGE NE PEUT PAS ÊTRE SOUS-TRAITÉ
À UN CHAUFFEUR
Nous vivons dans une société où tout est sous-traité, des corvées ménagères à
l’éducation de nos enfants. Si on peut sans doute faire appel à la soustraitance pour une salle de bains sale, ça ne marche pas pour la richesse. Le
voyage qui mène à la richesse n’a pas de chauffeur, et le péage ne peut pas
être sous-traité à un assistant virtuel en Inde.
Si quelqu’un m’avait fait cadeau d’une Lamborghini (ou d’un autre rêve)
quand j’avais 16 ans, je peux vous garantir que je ne serais pas où je suis
aujourd’hui. Quand quelqu’un exauce vos désirs sans que vous ayez à exercer
le moindre effort, en réalité, vous mettez un bâton dans les roues du
processus. La personne que j’avais besoin de devenir aurait été éclipsée si le
processus avait été sous-traité. On ne gagne pas en sagesse ni en
développement personnel dans un voyage que quelqu’un d’autre fait pour
nous. Ce voyage nous appartient.

Résumé du chapitre 3 :
les particularités de la Voie rapide
• La richesse est une formule, pas un ingrédient.
• Le processus fait les millionnaires. Les événements sont des conséquences
du processus.
• Chercher « un chauffeur pour la route de la richesse », c’est chercher un
remplaçant pour le processus. Le processus ne peut pas être sous-traité,

parce que c’est de lui que naissent la sagesse, le développement personnel,
la force et les événements.

1. À 15 ans, Michael Jordan avait été rejeté de l’équipe de basket de son lycée parce qu’il était trop
petit. (NdT)

4
LES FEUILLES DE ROUTE
POUR LA RICHESSE
Si vous ne savez pas où vous allez, n’importe quelle route vous y mènera.
LEWIS CARROLL

LA BOUSSOLE POUR LA RICHESSE
Si vous ne savez pas où vous allez, comment saurez-vous si vous y arrivez ?
Si votre destination n’est pas clairement définie, il est certain que vous
n’arriverez jamais, et vous risquez de finir dans un endroit où vous n’avez
pas envie d’être. La richesse se trouve au moyen d’une feuille de route, pas
avec un jeu de fléchettes.
Les millionnaires qui ont réussi tout seuls ne deviennent pas millionnaires
parce qu’ils ont trébuché sur de l’argent ; tout comme les échecs financiers ne
deviennent pas des échecs parce qu’on a trébuché dans la pauvreté. Ces deux
situations sont le résultat de la feuille de route financière choisie, et des
actions et des croyances qui émanent de cette feuille de route. Votre feuille de
route est cruciale pour le processus, et c’est le premier outil pour votre
voyage vers la richesse.
Votre situation financière actuelle est un produit de votre feuille de route
actuelle, que vous l’ayez choisie ou non. Votre feuille de route guide vos
actions, et les conséquences de ces actions ont créé votre vie financière. La
façon dont votre vie se déroule est déterminée par vos choix, et ces choix
proviennent de vos systèmes de croyances, et ces systèmes de croyances
viennent de la prédisposition de votre feuille de route. Si vous voulez changer

de vie, changez de choix. Pour changer de choix, vous devez changer de
système de croyances. Votre système de croyances est défini par votre feuille
de route.
Comment les croyances affectent-elles les finances ? Les croyances
précèdent les choix, qui eux-mêmes précèdent les actions. Par exemple, si
vous croyez que « les gens riches se sont enrichis en investissant dans les
fonds communs de placement », vos actions refléteront cette opinion. Si un
gourou de la finance vous dit de ne plus jamais acheter à crédit parce que
« c’est mauvais d’avoir des dettes », c’est ce que vous ferez. Si vous lisez
quelque part : « Investissez 50 $ aujourd’hui, ils vaudront 10 millions dans
quarante ans » et que vous le croyez, vos actions refléteront cette croyance.
Qu’elles soient vraies ou non, les croyances sont des mécanismes puissants
à l’origine des actions. Nos parents disaient que le Père Noël était réel, et
nous le croyions. On déposait nos souliers sous le sapin à son intention, on
regardait par la fenêtre pour voir si on voyait son traîneau tiré par des rennes
dans le ciel, et on se demandait comment il pouvait réussir à passer son gros
derrière dans notre conduit de cheminée. On croit ce qu’on nous dit, jusqu’à
ce qu’on ait des preuves du contraire.
Votre système de croyances agit comme une feuille de route, une boussole
qui, si elle n’est pas correctement utilisée, peut vous mener à une vie entière
de détours. Les croyances fictives sont comme des feuilles de route erronées ;
elles vous accompagnent dans des impasses où vous ne verrez jamais le
panneau « Richesse : prochaine sortie ».
LES TROIS FEUILLES DE ROUTE POUR TROUVER LA RICHESSE
Pour préparer votre parcours jusqu’à la richesse et construire votre
processus, vous devez commencer par examiner votre feuille de route
actuelle en matière de finances, et ses alternatives. Il y a trois feuilles de route
en matière de finances :
• la feuille de route du Trottoir,
• la feuille de route de la Voie lente,
• la feuille de route de la Voie rapide.
Dans chacune de ces feuilles de route, il y a une psychologie, un système de
croyances qui dicte vos actions. Qui plus est, chaque feuille de route opère à
l’intérieur d’un « univers » régi par une « équation de la richesse »

mathématique. Quelle que soit la feuille de route que vous choisissiez, votre
univers pour créer de la richesse respectera l’équation de la richesse
correspondant à cette feuille. De plus, chaque feuille de route est
naturellement orientée vers une destination spécifique. Ces destinations sont
les suivantes :
• le Trottoir la Pauvreté,
• la Voie lente la Médiocrité,
• la Voie rapide la Richesse.
Quelle que soit la feuille de route que vous suiviez, vous allez vers la
destination inhérente à cette feuille de route – son « essence véritable ».
Qu’est-ce que l’essence véritable ? Si vous jouez au black jack et que vous
gagnez quinze fois de suite, vous enfreignez la véritable essence du caractère
aléatoire. Naturellement, le caractère aléatoire n’apporte pas quinze victoires
consécutives. Quand un lion sauvage d’Afrique est dompté pour apparaître
dans un tour de magie à Las Vegas, le lion est entraîné pour enfreindre son
essence véritable. Naturellement, le lion veut être sauvage, chasser, tuer, se
nourrir, se reproduire. Le lion veut retourner à sa vraie nature, ce qui explique
pourquoi certains magiciens extravagants se font arracher la tête. Il faut être
spécial pour réussir à échapper à la loi de l’essence véritable.
De la même manière, chacune de ces feuilles de route possède une essence
véritable qui mène soit à la pauvreté, soit à la médiocrité, soit à la richesse.
Par exemple, si vous suivez le Trottoir, il est probable que vous finirez
pauvre. S’il est possible d’atteindre la richesse en utilisant n’importe laquelle
de ces feuilles de route, la trouver en en suivant une qui ne prédispose pas à
la richesse est improbable.
Chaque feuille de route s’articule autour de mentalités fondamentales, qui
agissent comme des poteaux indicateurs qui orientent et guident vos actions,
comme n’importe quelle feuille de route. Ces poteaux indicateurs sont les
suivants :

•

Perception de vos dettes. Est-ce que ce sont vos dettes qui vous
contrôlent ou vous qui contrôlez vos dettes ?

•

Perception du temps. Comment évaluez-vous et considérez-vous votre
temps ? Abondant ? Fugace ? Sans conséquences ?

•

Perception des études. Quel rôle les études jouent-elles dans votre vie ?

•

Perception de l’argent. Quel est le rôle de l’argent dans votre vie ?
L’argent est-il un outil ou un jouet ? Abondant ou rare ?

•

Principale source de revenu. Quel est votre principal moyen pour créer
du revenu ?

•

Principal accélérateur de richesse. Comment accélérez-vous votre
valeur nette et comment créez-vous de la richesse ? Ou devrais-je dire : en
créez-vous ?

•
•

Perception de la richesse. Comment définissez-vous la richesse ?
Équation de la richesse. Quel est votre plan mathématique pour
accumuler de la richesse ? Quelle équation de la richesse définit la
physique de votre univers en matière de richesse ?

•

Destination. Avez-vous une destination en tête ? Si oui, à quoi ressemblet-elle ?

•

Responsabilité et contrôle. Avez-vous le contrôle de votre vie et de votre
plan financier ?

•

Perception de la vie. Comment menez-vous votre vie ? Faites-vous des
plans pour l’avenir ? Délaissez-vous aujourd’hui au profit de demain ? Ou
demain au profit d’aujourd’hui ?

LES FEUILLES DE ROUTE OPÈRENT
DANS DES UNIVERS DIFFÉRENTS
Chaque feuille de route suit la logique d’un ensemble de formules
mathématiques spécifique, l’équation de la richesse qui détermine la rapidité
avec laquelle vous pouvez créer de la richesse. À l’instar d’Einstein et de son
équation E = mc², ces formules gouvernent votre univers de la richesse, tout
comme la physique gouverne notre univers. Et parce que les lois de la
physique sont soumises aux valeurs absolues mathématiques, il en est de
même pour vos équations (et probabilités) de richesse.
La vitesse d’accélération de votre richesse évolue à partir de l’« univers »
lié à la feuille de route que vous avez choisie, et c’est à l’intérieur de cet
univers que votre plan financier s’accélère ou cale. Imaginez une ligne de
chemin de fer dont chaque voie aurait ses propres limitations de vitesse,

règles et lois. Vous pouvez suivre une voie qui autorise des vitesses de
30 km/h ou bien de 300 km/h.
Si vous n’êtes pas satisfait de votre situation financière, vous pouvez
changer d’univers immédiatement en changeant de feuille de route.
Toutefois, pour pouvoir en changer, vous devez d’abord comprendre ces
feuilles de route. C’est pourquoi je vous propose de décortiquer ces trois
feuilles de route dans les trois prochaines parties de L’Autoroute du
millionnaire : le Trottoir, la Voie lente et la Voie rapide (ou l’Autoroute).

Résumé du chapitre 4 :
les particularités de la Voie rapide
•

Pour forcer le changement, celui-ci doit provenir de vos croyances, et
votre feuille de route donne un aperçu de ces croyances.
• Chaque feuille de route est régie par une équation de la richesse et
prédisposée à une destination financière : la pauvreté pour le Trottoir, la
médiocrité pour la Voie lente, et la richesse pour la Voie rapide.

Troisième partie

PAUVRETÉ : LA FEUILLE
DE ROUTE POUR LE TROTTOIR

5
LA VOIE LA PLUS
EMPRUNTÉE : LE TROTTOIR
Lorsque vous êtes la première personne dont les croyances sont différentes
de tout ce que les autres croient, vous êtes littéralement en train de dire :
« J’ai raison, et tous les autres ont tort. » C’est une position très inconfortable.
C’est à la fois euphorisant, et, en même temps, une invitation à se faire attaquer.
LARRY ELLISON

LA FEUILLE DE ROUTE DU TROTTOIR
La plupart des gens sont des Piétons à vie et ils suivent la feuille de route du
Trottoir. Le Trottoir est le plan le plus suivi, un contrat où l’on privilégie un
présent agréable au détriment d’un avenir plus sûr.
Les Piétons sont toujours à un chouïa de la faillite : ce chouïa peut être un
album qui n’a pas marché, une transaction commerciale, un boulot, un
licenciement. Sur le Trottoir, vous êtes toujours à « un chouïa » de devenir
SDF, de faire faillite ou de retourner vivre chez vos parents.
Certes, il existe des Piétons qui gagnent effectivement de gros revenus,
mais aucun d’entre eux n’atteint jamais la vraie richesse. Ne vous laissez pas
duper par la contradiction. Le Trottoir n’a pas de bretelle de sortie vers la
richesse – il n’a qu’un panneau « VOIE SANS ISSUE », annonciateur d’une
catastrophe imminente. Quand on est un Piéton, on est pris dans un
engrenage qui s’arrête généralement brutalement lorsqu’on fait faillite ou
qu’on se retrouve face à une crise.
QU’EST-CE QU’UN « PIÉTON » ?

Un « Piéton » n’a pas de destination financière. Le plan, c’est de n’avoir
aucun plan. Un surcroît d’argent est immédiatement dépensé pour acheter le
dernier gadget à la mode, la dernière tendance (fringues ou autre), les
prochaines vacances ou la nouvelle voiture qui vient de sortir. Sans même
s’en rendre compte, les « Piétons » sont piégés dans un « asservissement au
style de vie » qui se nourrit d’un insatiable besoin urgent de plaisir, d’image
et de satisfaction immédiate. Cela perpétue un cycle en cascade qui tourne
chaque mois un peu plus vite, accroissant la vitesse du fardeau et asservissant
à jamais la personne à son travail.
Le Trottoir est le chemin le plus emprunté, parce que c’est le chemin de
moindre résistance. Son chant des sirènes est une satisfaction immédiate, et
l’argent est une patate chaude qu’on échange vite contre sa dose du jour.
Vous voulez voir comment les Piétons vivent et pensent ? Regardez quelques
épisodes de l’émission télévisée Judge Judy1. Des filles qui intentent un
procès à leur mère pour 100 $, des gens qui refusent toute responsabilité, qui
sont ignorants des conséquences de leurs actions, qui ne veulent pas payer de
loyer. Sérieusement, cette émission devrait être rebaptisée « Vies de
Piétons ».
MENTALITÉ DU PIÉTON
La feuille de route du Piéton contient des caractéristiques comportementales
qui guident les actions du Piéton dans sa vie, des sortes de panneaux
indicateurs, que voici :
•
Perception des dettes. Le crédit me permet d’acheter des choses
maintenant ! Paiement à crédit, prêt de consolidation de dettes, crédit
auto – tout cela complète mon revenu et m’aide à profiter de la vie
aujourd’hui ! Si je veux quelque chose maintenant, je vais me le procurer
maintenant.
• Perception du temps. Le temps ne compte pas, et je dépense mon argent
comme si demain n’existait pas. Sapristi, c’est que je pourrais être mort
dans deux semaines, alors à quoi bon garder de l’argent de côté ?
• Perception des études. J’ai terminé mes études quand j’ai eu mon
diplôme, hourra !
• Perception de l’argent. Si t’en as, étale ! À quoi bon en garder pour les
jours pluvieux ? Je dépense chaque pièce que j’ai et je paie en temps

•

•

•
•
•
•
•

et en heure la plupart de mes factures ; est-ce que ce n’est pas faire
preuve de responsabilité fiscale, ça ?
Principale source de revenu. Dans un boulot, ce qui m’intéresse, moi,
c’est ce que je vais toucher. Ce que je cherche, c’est la thune. Le fric, y’a
qu’ça d’vrai !
Principal accélérateur de richesse. Actif net ? Je vais au casino, je joue
au Loto, et je suis en procès contre une société d’assurance… Ça compte,
ça ?
Perception de la richesse. Celui qui gagne, c’est celui qui a le plus de
billes quand il meurt.
Équation de la richesse. Pour moi, la formule de la richesse, c’est :
richesse = revenus + dettes.
Destination. Quelle destination ? Je vis au jour le jour ; alors demain,
vous pensez bien que je m’en tape !
Responsabilité et contrôle. Il ne m’arrive que des tuiles. Impossible d’y
échapper. Je suis une victime. C’est pas ma faute.
Perception de la vie. Vivre au jour le jour : demain, on s’en fout. La vie
est trop courte pour faire des prévisions au-delà de 30 jours. Tes biens, tu
peux pas les emporter dans la tombe ! On n’est jeune qu’une fois ! En
plus, un jour, je tirerai le gros lot !

PIÉTON : LES CHIFFRES QUI DÉRANGENT
Si ces panneaux hypothétiques et leurs commentaires peuvent paraître
ridicules, ils ne le sont pas. Jugez par vous-même : regardez les données,
lisez les rapports. D’après une étude du Bureau du recensement des ÉtatsUnis menée en 2000 (avant l’implosion technologique de 2001 et la crise
financière de 2008), voici les chiffres qui dérangent :
• Une personne de moins de 55 ans a 57 % de risques d’avoir un actif net
nul ou négatif.
• On estime que 62 % des ménages aux États-Unis ont moins de 100 000 $
d’actif net.
• 89 % des ménages de « moins de 35 ans » avaient un actif net inférieur à
100 000 $.
• Une personne dans la tranche d’âge des 35-44 ans a un actif net médian de
13 000 $, si l’on exclut le logement.

• Une personne dans la tranche d’âge des 45-54 ans a un actif net médian de
23 000 $, si l’on exclut le logement.
Dans un sondage du Bureau du recensement effectué en 2007, 61 % de tous
ceux qui touchaient un revenu gagnaient moins de 35 000 $ par an. Ce chiffre
dévoile la laideur qui se cache derrière les injections de Botox et les berlines
de luxe allemandes : les Piétons sont une majorité. On estime à 60 % le
pourcentage d’adultes qui mènent leur vie comme des Piétons. Oui, le monde
est plein d’illusionnistes financiers. Une fois que les chiffres des crises
financières récentes seront pris en compte, les résultats prendront des
proportions à faire froid dans le dos ; j’estime que 85 % des familles
américaines ont une valeur nette nulle ou négative. Mais vous pouvez parier
qu’elles ont 5 écrans plats à haute définition et le câble avec 650 chaînes. Si
vous avez plus de 35 ans et que vous avez moins de 13 000 $ de valeur nette,
permettez-moi d’être franc : ce que vous faites ne marche pas. Vous avez
besoin d’une nouvelle feuille de route.
LE PIÉTON STANDARD : FAIBLE REVENU
Les Piétons « à faible revenu » sont la majorité de la population et ils
reflètent les classes sociales inférieures et la classe moyenne. Ils travaillent
pour des salaires modestes et possèdent tous les gadgets à montrer, mais ils
ont peu d’économies et aucun plan de retraite. Leur avenir est hypothéqué
jusqu’à la garde au profit d’un certain style de vie, dont les extravagances ne
sont limitées que par le coût mensuel. Chaque dollar est utilisé d’avance
(crédit auto, vêtements) ou utilisé pour apaiser la faucheuse du crédit.
Si vous vivez de cette manière, vous avancez dangereusement sur un
chemin étroit en bord de falaise. Il y a peu d’espoir pour les utilisateurs du
Trottoir, parce que leur feuille de route est corrompue par la satisfaction des
désirs, l’égoïsme et l’irresponsabilité. Cette disposition problématique
repousse la richesse et rejette la dépendance sur des hôtes trop sollicités : les
contribuables, les employeurs, les amis, les parents et les proches. Les
Piétons à faible revenu raisonnent ainsi : « La vie est courte. Pousse-toi de
mon chemin ou je te passe dessus ! »
SYMPTÔMES DU PIÉTON : ÊTES-VOUS CONCERNÉ ?

Vous n’avez pas appris grand-chose depuis que vous avez eu votre bac
ou votre licence.
« L’école, c’est fini pour moi, hourra ! »
Vous changez souvent de travail.
« Allons, MJ, je suis parti parce que cet autre boulot paye plus. »
Vous pensez que les gens ont de l’argent parce qu’ils ont eu des parents
riches, de la chance ou une vie plus facile que vous.
« J’en ai bavé. Si mes parents m’avaient payé des études, j’aurais pu avoir
un bon boulot. J’ai eu une enfance difficile. Ces gens qui ont de l’argent ne
peuvent pas imaginer ! »
Vous êtes facilement impressionné et vous cherchez à impressionner.
« J’adore les sacs à main de marque, les voitures allemandes, les vêtements
italiens et les chiens de race. Je travaille dur pour gagner ce que je gagne, et
c’est bien mérité ! »
Vous êtes mauvais payeur.
« En règle générale, je paie ce que je dois payer… C’est juste que je ne
peux pas toujours payer à temps à cause d’aléas que je ne maîtrise pas. De
toute manière, les banques et les fournisseurs de service de base comme l’eau
et l’électricité sont de gros groupes pleins de fric – c’est eux l’ennemi. »
Vous comptez sur les hommes politiques et le gouvernement pour
changer le système, au lieu de vous concentrer sur la façon dont vous
pouvez vous-même changer.
« La solution, c’est un système politique plus fort. Il faut plus de législation,
de programmes et de