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Agir pour reussir : Comment arreter de remettre les choses au lendemain

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Langue:
french
Pages:
200 / 207
ISBN 10:
2840016397
ISBN 13:
9782840016397
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Mots Clefs

 
2 comments
 
OUEYE NOEL
Merci infiniment !
Ce sont des livres qui vont changer ma vie ! Merci
13 November 2020 (01:07) 
nhovaly
nul par ailleurs le meilleurs des site très content!
01 December 2021 (11:21) 

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14:42

Page 1

V

ous ne parvenez pas à sortir de vos problèmes ? Vous en
ressassez les moindres détails et ne voyez que des raisons
qui vous empêchent d'avancer ?

Dans ce livre, le Docteur Achard vous fait prendre conscience
des freins qui vous paralysent et vous apprend à vous
débarrasser des idées toxiques qui vous empêchent d'aller de
l'avant. Vous proposant une méthode efficace pour redéfinir vos
objectifs et priorités, il vous aide à franchir les étapes pour
atteindre des résultats concrets.
Grâce à son approche pragmatique, ce livre vous permettra de
faire rapidement des progrès et de trouver (ou retrouver)
l'équilibre entre les décisions qui vous tiennent à cœur et leur
réalisation.
Basée sur la réflexion et des exercices simples, la méthode
présentée dans Agir pour réussir a d'ores et déjà fait ses preuves
auprès des nombreux utilisateurs à qui l'auteur l'a enseignée !
Docteur en médecine, Pierre Achard est praticien du changement
comportemental et personnel, du stress et des stratégies de vie.
Auteur de plusieurs ouvrages de référence, il exerce en tant que formateur
et coach au sein de Life-Map, où il a mis au point, testé et amélioré la
méthode qu'il présente dans ce livre.

19,80 € TTC France
ISBN : 978284001 639 7

infos/nouveautés/catalogue :
www.maxima.fr
Photo de couverture : Yuri Arcurs

DR PIERRE ACHARD

25/03/2010

AGIR POUR RÉUSSIR
LA MÉTHODE

Achard.qxp

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 2

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 1

AGIR POUR RÉUSSIR

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 2

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 3

DR PIERRE ACHARD

Agirpour
réussir

Comment arrêter de remettre les
choses au lendemain

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 7/4/2010 - 18 : 59 - page 4

Docteur en médecine, Pierre Achard est praticien du
changement comportemental et personnel, du stress
et des stratégies de vie.
Auteur de plusieurs ouvrages de référence; , il exerce
en tant que formateur et coach au sein de Life-Map
(docteurachard@life-map.com) où il a mis au point,
testé et amélioré sa méthode avant de la formaliser
dans ce livre.Il peut être joint à l’adresse suivante :
pierre.achard@maxima.fr

Infos/nouveautés/catalogue : www.maxima.fr

192, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris.
Tél : + 33 1 44 39 74 00 – Fax : + 33 1 45 48 46 88
© Maxima, Paris, 2010.
ISBN : 978 2 8188 0158 1

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 32 - page 5

Sommaire

Introduction. Au moment d’agir… il n’y a plus
personne ....................................................................
1. Prenez conscience de ce qui bouge autour de
vous ......................................................................
• Vous ne réagissez pas toujours de la même façon
• L’adaptation permanente vous invite à prendre
position donc à agir ...........................................
• En pratique : privilégiez l’action dans un milieu
de plus en plus exigeant ....................................

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2. Prenez conscience de la nécessité d’agir .........
• Vous ne pourrez indéfiniment remettre le passage à l’action ....................................................
• Remettre l’action à plus tard ou la procrastination ......................................................................
• Remettre à demain aggrave les problèmes à
régler ..................................................................
• Agissez par anticipation plutôt qu’en réaction à
un événement .....................................................
• En pratique : reporter l’action à demain ne règle
rien ......................................................................

23

3. De la difficulté de passer à l’action .................
• Vos interrogations au moment de passer à
l’action ................................................................
• Les facteurs qui freinent votre passage à l’action
• Des idées reçues pour justifier l’inaction .........
• Des pensées irrationnelles pour ne pas agir .....

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Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 6

Agir pour réussir

• Votre passé ne justifie pas votre inaction .........
• Seul le présent incite à l’action .........................
• En pratique : ne laissez pas l’anxiété vous enva-

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61

hir .......................................................................

64

4. Anticiper facilite le passage à l’action .............
• Vous n’avez pas besoin de tout réinventer pour
vous mettre au travail ........................................
• Pour agir, vous devez savoir où vous voulez aller
• Agissez pour faire ce que vous aimez ..............
• Agissez dans la direction de votre objectif de vie
• Agissez dans le cadre du parcours que vous avez
tracé ....................................................................
• Acceptez le risque d’erreur pour passer à l’action
• Agissez uniquement sur les paramètres qui
dépendent de vous .............................................
• En pratique : réajustez vos stratégies ................

67

5. Importance de votre interprétation des événements pour agir ..................................................
• Conviction et anticipation positive facilitent
votre passage à l’action .....................................
• Le pessimisme vous précipite dans l’inaction ..
• Votre monologue interne entretient vos pensées
toxiques ..............................................................
• L’optimisme au démarrage de toute action ......
• Seuls les femmes et les hommes responsables
agissent ...............................................................
• Le piège des émotions .......................................
• Respectez vos valeurs fondamentales ...............
• En pratique : débarrassez-vous des idées négatives ....................................................................
6. L’action au cœur du changement ....................
• De la difficulté de modifier vos habitudes pour
agir ......................................................................
6

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Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 7

Sommaire

• Mettez-vous dans les meilleures conditions pour
agir ......................................................................
• La volonté d’apprendre rend l’action plus efficace .....................................................................
• Osez sortir de la routine pour agir ....................
• Explorez les alternatives avant d’agir ...............
• Privilégiez l’efficacité dans l’action ..................
• En pratique : prenez le temps d’agir .................

129
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134
136
139
141

7. Malgré les difficultés, la volonté d’agir ...........
• Agir lorsque le changement ne va pas dans le
sens de vos intérêts ............................................
• Lorsque l’action menée ne suffit pas à maintenir
les acquis : la rechute ........................................
• Agir après la rechute .........................................
• Agir lorsque les autres ne perçoivent pas l’intérêt
de votre action ...................................................
• Agir, même lorsque l’action vous remet en question ......................................................................
• En pratique : arrêtez de jouer aux victimes et
agissez ................................................................

147

8. Vous êtes capables d’agir pour réussir ...........
• Opportunités versus risques encourus ...............
• Vos profils définissent votre détermination à agir
• Ce qui vous incite à passer à l’action ...............
• Une grille simple pour quantifier la probabilité
de passer à l’action ............................................
• En pratique : ne dispersez pas vos efforts, attaquez-vous aux priorités pour réussir .................

169
169
171
176

Epilogue. Agir pour réussir ...................................

187

Bibliographie ............................................................

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165

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Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 8

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 9

Introduction

Au moment d'agir…
il n'y a plus personne

D

ans la fable Conseil tenus par les Rats, Jean de la Fontaine nous rappelle que si nous sommes actifs lorsqu’il
faut discuter, méditer, planifier, nous perdons subitement toute initiative au moment de passer à l’acte.
Pour illustrer ce constat, il nous invite à assister au conseil tenu
par les rats brutalisés et désireux d’en finir avec ce « diable » de
chat, Rodilardus, qui les massacre sans pitié.
Au cours du débat, les idées foisonnent et chacun y met du sien.
La stratégie est désormais claire : il faut impérativement attacher
une cloche à la queue de Rodilardus pour mettre un terme à
l’hécatombe et retrouver la vie paisible d’antan.
Chacun partage l’avis de « Monsieur le Doyen » et de ses
conseillers. Cette mesure est à prendre « plus tôt que plus tard »
afin que Rodilardus ne puisse plus les surprendre.
Le problème est autrement plus complexe lorsqu’il faut passer à
l’acte.
Qui « attachera le grelot » ?
Comment allait-il s’y prendre ?
L’un dit : « je n’y vais point, je ne suis pas si sot » ; l’autre
justifie son inaction par un « je ne saurais le faire ».
Toujours est-il qu’au moment de délibérer, « la Cour en
Conseillers foisonne » et qu’au moment « d’exécuter, l’on ne
rencontre plus personne ».
9

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 10

Agir pour réussir

A travers cet ouvrage, notre objectif est de trouver l’équilibre
entre la bonne stratégie d’action et sa mise en place ; pour que
ne « foisonnent » que les idées devant aboutir. Car après l’analyse, vient le moment du passage à l’action.

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 11

1•
Prenez conscience de ce qui bouge
autour de vous

V

ous vivez dans un univers en pleine mutation. Tout bouge
autour de vous et à une vitesse qui ne finit pas d’étonner.
Ne soyez pas naïfs ; vos atouts d’aujourd’hui ne suffiront
pas à faire vos fortunes de demain. Vous devez évoluer avec
votre temps et le faire inlassablement car au moindre répit la
vague du changement refait surface et peut vous entraîner sur
des voies que vous avez hésitées à prendre.
Vous êtes en permanence appelés à vous adapter à ce qui bouge
autour de vous à la fois pour y faire face mais aussi pour poursuivre votre chemin dans la direction que vous souhaitez. Certains y voient une contrainte, d’autres au contraire jettent un
regard plus clément et parlent plutôt d’évolution. Etes-vous tous
affectés par le changement ? Sans doute. Le serez-vous tous un
jour ou l’autre ? Certainement. Etes-vous nombreux à n’avoir
pas été confrontés à ces bouleversements ? Probablement pas.
Pour y voir plus clair, vous allez regarder ce qui a changé dans
votre vie au cours des douze derniers mois. La liste proposée
ci-dessous n’est pas exhaustive et chacun d’entre vous pourra y
rajouter des événements personnels qui l’ont marqué. Cette liste
montre que le changement ne survient pas qu’aux autres : il
touche chacun d’entre vous. Pour vous en rendre compte, répondez par « oui » ou « non » aux interrogations qui suivent. A vous
de juger. Si en fin d’exercice, le nombre de réponses affirmatives
est élevé, vous faites partie de cette majorité d’individus frappés
par le virus du changement et appelés à l’occasion à réagir. Si,
au contraire, vous répondez « non » à la grande majorité des
questions, c’est que vous êtes en sursis ; autrement dit si le virus
ne vous a pas encore atteint, il ne tardera pas à le faire.
11

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 12

Agir pour réussir

Cette liste reprend un certain nombre d’événements imprévus ou
attendus qui ont modifié votre quotidien. Avec plus ou moins de
force ils ont nécessité de votre part des efforts d’adaptation pour
retrouver une sérénité qu’ils ont perturbée.
L’exercice (p. 13) est largement inspiré des travaux de Holmes
et Rahe (Social Readjustment Rating Scale).
Tous ces changements, petits et grands, vont obligatoirement
vous obliger à modifier votre façon de travailler et d’une manière
ou d’une autre à suivre le flux des transformations qui entraîne
dans son cours tout ce qu’il trouve sur son chemin.
Que dire enfin de ces bouleversements financiers et économiques
que vous avez sans doute vécus et que vous continuez peut-être
à vivre. L’achat d’un bien immobilier, d’une nouvelle voiture,
l’endettement donnent des soucis financiers qui ne sont pas négligeables et qui appellent de votre part une attitude bien plus
prudente que par le passé. Certains ont peut-être gagné en bourse,
d’autres y auront perdu beaucoup d’argent.
Arrêtons ici cette liste pour ne pas vous surcharger de détails et
faisons le bilan. Combien de « oui » avez-vous enregistré dans
cette liste ? Combien de « non » ? Avez-vous répondu « oui »
plus souvent que « non » ? Si tel est le cas, vous avez été témoin
de l’implantation du changement dans votre vie et vous avez
probablement ressenti le besoin permanent d’adaptation auquel
vous avez été soumis.

12

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 13

Prenez conscience de ce qui bouge autour de vous

Ce qui a pu changer sur le plan de votre santé

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

1. Vous avez connu la maladie à travers vous-même
ou l’un de vos proches
2. Vous avez pris ou perdu du poids ?
3. Vous avez changé votre régime alimentaire
4. Vous avez changé vos habitudes d’endormissement
5. Vous avez perdu une ou plusieurs vieilles habitudes
6. Vous avez subi une intervention chirurgicale
7. Vous avez changé de traitement médical
8. Vous avez arrêté ou repris la cigarette
Ce qui a pu changer sur le plan professionnel
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.

Vous avez perdu votre emploi
Vous avez été mis sur une voie de garage
Vous avez été promu
Vous avez été éloigné du cercle des décideurs
Vous avez pris votre retraite
Vous avez intégré un enseignement supérieur
Vous vous êtes inscrits à des journées de formation
Vous avez fait face à une restructuration interne,
un rachat, une acquisition
9. Vous avez eu des problèmes avec vos collaborateurs
10. La tension augmente avec vos supérieurs hiérarchiques
Ce qui a pu changer sur le plan économique
1.
2.
3.
4.
5.

Vous vous êtes acheté un bien immobilier
Vous vous êtes endettés
Vous avez gagné en bourse
Votre épargne a beaucoup progressé ou s’est effondrée
Vous avez perdu beaucoup d’argent
Ce qui a pu changer autour de vous et en famille

1. Vous avez rencontré l’âme sœur
2. Vous vous êtes mariés ou divorcés
3. Vous avez décidé de vivre en couple, peut-être même
de vous marier.
4. Vous avez déménagé
5. Vous avez perdu la garde des enfants
6. Vous avez accueilli un beau-frère, une belle-sœur,
un nouveau-né, un ou une ami (e)
7. Vous avez perdu un proche
8. Vous avez eu des aventures extra conjugales
9. Vous avez fait un voyage bouleversant
Tableau 1 : Potentiel stresseur des événements marquants
13

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 14

Agir pour réussir

Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Vous êtes tous concernés par le changement.
Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, et
quelles que soient les fonctions que vous exercez.
2. Tous les changements que vous rencontrez vous
amènent à réagir pour trouver un nouvel équilibre
qui tienne compte des situations qui évoluent.
3. Parce que ce qui change n'est pas obligatoirement
une prolongation des événements vécus, vous ne
pouvez pas y faire face avec les réflexes du passé.
Vous devez agir.

• 1.1.

Vous ne réagissez pas toujours
de la même façon

Votre comportement n’est pas stéréotypé et vous ne réagissez
pas de la même façon quel que soit le problème à traiter. A côté
du contexte émotionnel qui détermine l’intensité de votre réaction, force est de constater que votre attitude varie également en
fonction du caractère prévisible ou non de l’événement. Lorsque
vous êtes pris par surprise, celle-ci ajoute une composante
anxieuse et précipitée à votre action. Vous sortez du seul cadre
rationnel et une part de déraisonnable vient grossir vos gestes et
votre comportement. Par contre, lorsque l’événement est attendu,
sans surprise, il trouve en face de lui des individus capables de
l’affronter et qui ont pris la décision de le faire calmement et
sans céder à la panique. Vous avez donc intérêt à ne pas vous
laisser surprendre.
Prenons l’exemple d’un salarié qui perd son emploi. Le licenciement peut faire suite à un lourd passé conflictuel entre lui et
sa hiérarchie laissant pressentir une rupture de contrat avec son
employeur. Le licenciement peut également survenir de manière
14

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 15

Prenez conscience de ce qui bouge autour de vous

inattendue. Dans l’un et l’autre cas, le salarié ne réagira pas
exactement de la même façon, même si en arrière plan, la tristesse
et la déception occupent une place centrale dans son raisonnement.
Dans le cas d’un licenciement annoncé, le salarié aura eu le temps
de penser à des solutions de rechange tant l’événement était
pressenti. Il aura pris contact avec les personnes d’influence qu’il
connaît ; il aura activé son réseau relationnel et professionnel. Il
aura également pu consulter des hommes de confiance, explorer
les modalités de défense qui lui sont ouvertes. Son passage à
l’action lui sera certes imposé dans la douleur mais il le sera
avec une certaine prise de conscience de l’enjeu et du poids à
terme des décisions retenues.
Dans le cas d’un licenciement inattendu, la brutalité de l’annonce
ajoutera une composante émotionnelle excessive à sa réaction.
Des expressions maximalistes viendront illustrer des déclarations
d’un pessimisme douloureux et les voies du tout ou rien s’empareront de son raisonnement. Il n’y a plus de juste milieu dans
ses commentaires. Cette vision du tout est blanc ou tout est noir
imprègnera lourdement ses choix. Dans le même temps, une
place de plus en plus importante sera occupée par la composante
affective et émotionnelle laissant beaucoup moins de place à la
raison. Que l’événement soit pressenti ou non, dans les deux cas
le sentiment d’impuissance face à la décision peut plonger dans
l’immobilisme, l’indifférence ou tout simplement la résignation.
Sans chercher des exemples dans le vécu des autres, essayez de
vous souvenir d’une expérience que vous avez vécue. Essayez
de comparer votre réaction « à chaud » par rapport à celle que
vous auriez eu « à froid ». Dans les deux cas, l’événement est le
même ; seule sa chronologie change. C’est elle qui lui donne un
caractère plus ou moins « catastrophique » justifiant certaines
réactions excessives.
La morale de l’histoire est que vous devez éviter au maximum
d’être surpris. Ce changement brutal qui vous prend à la gorge
vous précipite dans la réaction excessive. Vous risquez alors
15

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 16

Agir pour réussir

d’agir dans le sens contraire de vos propres intérêts. Inversement,
vos adversaires ont tout intérêt à amplifier l’effet de surprise
pour neutraliser vos capacités rationnelles à réagir et obtenir votre
défaite.
Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Vous aves tout intérêt à rester vigilants par rapport
à ce qui se passe autour de vous pour éviter de
vous laisser surprendre et d'avoir ainsi à réagir « à
chaud ».
2. Il est toujours plus douloureux de faire face à un
événement inattendu qui fait irruption dans votre vie
et la transforme. Anticipez autant que possible les
événements prévisibles.
3. La « réaction à chaud » comporte un risque de
débordement émotionnel évident. Ne commettez
pas l'irréparable.

• 1.2.

L'adaptation permanente vous invite
à prendre position donc à agir

Lorsque les changements survenus autour de vous ne sont pas
fréquents, lorsqu’ils sont isolés et non récurrents, vous pouvez
prendre du temps pour vous adapter et réagir.
En général, ces problèmes ne sont pas graves ; ils sont rattrapables. Malheureusement, le plus souvent les changements que
vous vivez sont permanents, répétitifs, en salves plus ou moins
intenses. En conséquence, le retard pris à réagir croît d’une
manière exponentielle et devient si important que les efforts de
rattrapage deviennent de plus en plus difficiles au fur et à mesure
que le temps passe.

16

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 17

Prenez conscience de ce qui bouge autour de vous

• Parce que le changement est permanent, votre adaptation
doit impérativement suivre.
• Parce que le retard pris est difficile et dans certains cas
impossible à rattraper, l’action est obligatoire.
• Il n’y aura pas d’alternative si ce n’est de vous remettre
au travail et de vous adapter.
Vivre dans un environnement changeant n’est peut être pas du
goût de tous. Vivre sans tenir compte des changements qui s’opèrent en vous et autour de vous, n’est pas non plus porteur de
stabilité. Dans les deux cas, vous devez agir pour faire face,
retrouver un nouvel équilibre et transformer vos difficultés en
opportunités d’évolution.
L’exemple qui suit permet de comparer les conséquences d’une
attitude qui s’adapte au changement par rapport à celle qui ignore
les nouvelles contraintes et poursuit son cours comme si de rien
n’était.
Jean-Pierre a été muté dans un pays étranger. Il refuse certaines
coutumes locales qu’il juge incompatibles avec son éducation. Il
a le choix entre deux attitudes face à sa nouvelle situation : agir
et s’adapter ou au contraire conserver ses anciennes habitudes
sans tenir compte de son environnement.
Evidemment, les conséquences ne sont pas les mêmes. La flexibilité entraîne plus d’ouverture et plus de tolérance de la part de
ceux qui ne partagent pas exactement ses traditions.
Son intransigeance au contraire rend les choses plus difficiles et,
à force de résister, Jean-Pierre construit autour de lui une carapace de non-intégration qui deviendra au fil du temps infranchissable. Autant dire qu’il s’enkyste et avec le temps il ne reste plus
à son entourage d’autres options que celle d’isoler puis d’éliminer
le kyste que Jean-Pierre aura largement contribué à mettre en
place faute d’adaptation.
17

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 18

Agir pour réussir

Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. L'inadaptation plonge dans l'inaction et fige les protagonistes dans une guerre de tranchées sans
espoir d'en sortir. L'un face à l'autre sans la moindre
concession.
2. L'adaptation à laquelle le changement donne lieu
vous permet de sortir de l'immobilisme et de passer
à l'action
3. Les premiers résultats obtenus encouragent la poursuite des efforts quelle que soit la difficulté qui se
présente. « L'appétit vient en mangeant ».

• 1.3.

En pratique : privilégiez l'action dans
un milieu de plus en plus exigeant

Le tableau 2, ci-dessous, vous permet de comparer des situations
d’hier à celles d’aujourd’hui. Ces changements bouleversent vos
habitudes et ne vont pas nécessairement dans le sens que vous
auriez souhaité. Certaines transformations vous fragilisent
d’autres au contraire vous mettent en valeur et vous rapprochent
de vos ambitions. Pris entre le marteau et l’enclume, vous êtes
maintenant conscients du caractère irréversible de ces transformations.
Vous avez peut-être plus d’une raison de manifester votre mécontentement mais si leur caractère inéluctable se confirme, toutes
les expressions émotionnelles par lesquelles vous allez passer
sont importantes à condition qu’elles n’envahissent pas le tableau
et ne retardent pas votre passage à l’action.
Autrement dit, quelle que soit la vitesse à laquelle vous traversez
les stades menant à l’action, cette dernière étape est fondamentale. C’est d’elle que dépendra votre positionnement par rapport
18

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 19

Prenez conscience de ce qui bouge autour de vous

à ce qui bouge autour de vous ; c’est-à-dire votre capacité d’adaptation et votre efficacité.
• Si vous bougez moins vite que votre environnement, vous
devez à un moment ou à un autre rattraper le temps perdu.
• Si vous bougez à la même vitesse que votre milieu, vous
pouvez vous donner le temps de l’adaptation sélective
pour que vos actions servent au mieux vos intérêts.
• Enfin, si vous allez plus vite que ce qui vous entoure,
vous pouvez espérer exercer un peu plus d’influence sur
le cours des choses et aspirer à en tirer le meilleur profit.
Dans le tableau 2 (p. 20), vous utiliserez une quantification arbitraire allant de 1 à 5, pour vous faire une idée sur l’ampleur du
changement d’un même paramètre entre hier et aujourd’hui, à la
fois dans votre milieu professionnel et familial. Ainsi par exemple, les exigences des patrons d’hier ne sont plus les mêmes
aujourd’hui. Une quantification arbitraire de « 2 » pour hier doit
faire face à un durcissement plus grand aujourd’hui passant de
« 2 » à « 4 » voire « 5 ».
Ces ruptures par rapport au passé nécessitent plus que jamais un
passage à l’action et une adaptation permanente pour rester en
phase avec ce qui change autour de vous.

19

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 20

Agir pour réussir

Paramètres qui changent

Hier

Aujourd’hui

1 2 3 4 5 1 2 3 4 5

Evaluation
1. Exigences des patrons
2. Précarité des postes pourvus
3. Besoin d’apprendre en permanence
4. Importance de rester informés
5. Gestion des outils de communication
6. Impératifs d’efficacité exigés des seniors
7. Importance du travail en équipes
8. Echelles hiérarchiques nombreuses et
ramifiées
9. Difficulté à trouver un équilibre entre vie
professionnelle et personnelle
10. Fragilité du couple
11. Vulnérabilité de votre espace personnel
12. Complexité de l’éducation des enfants
13. Rythme de vie, négociations et conflits
en famille

Tableau 2 : Ampleur du changement

• Tout paramètre gagnant en importance par rapport à ce
qu’il représentait « hier », vous impose une plus grande
vigilance et une adaptation.
• Si, pour vous, l’importance du travail en équipe croît,
passant d’un score de 3 à 5 par exemple, il est évident
qu’il s’agit d’un facteur essentiel de survie pour demain
et qu’une action allant dans ce sens doit être engagée
rapidement.
• L’action à mener ne sera pas la même selon votre degré
d’adhésion au changement en cours. En effet si ce dernier
se fait dans le sens de vos intérêts ou si vous disposez
des moyens et de la volonté d’y faire face, l’action serait
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Prenez conscience de ce qui bouge autour de vous

facilitée. Elle sera plus difficile si le changement va dans
le sens contraire à vos intérêts.
• Encore une fois l’analyse détaillée de l’ensemble des
actions à mener ne doit pas s’éterniser aux dépens du
passage à l’acte.

Que faut-il retenir ?
1. Vous vous apercevez à un moment ou à un autre
qu'un décalage s'amplifie entre vos habitudes et
celles exigées par les changements dans votre environnement. Il faut agir.
2. Vous ne pouvez pas vous attaquer d'emblée à tous
les problèmes à la fois : il faut choisir non pas en
fonction de vos préférences mais des priorités.
3. La nécessité d'agir ne veut pas dire accepter tous
les risques et vous mettre en mauvaise position :
la vigilance s'impose.
4. Votre action se fera au rythme que vous déciderez
sans excès ni dans un sens ni dans l'autre.
5. Vos valeurs ne seront pas remises en question par
vos efforts d'adaptation. Elles leur donneront un
sens.

Notes personnelles

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2•
Prenez conscience de la nécessité d'agir

D

ans la fable Le lièvre et la tortue vous avez de la sympathie pour cette tortue qui « porte sa maison » et par
sa persévérance réussit un exploit inattendu. En même
temps vous restez persuadés que son triomphe vient essentiellement de la maladresse de son concurrent.
– Que fait-il ? Alors que la tortue s’est mise en mouvement, « il
s’amuse à toute autre chose ». Il prend du retard.
– Quand se décide-t-il à agir ? Quand il voit que la tortue
touchait presque au but.
– Il « partit comme un trait » puisqu’il en avait les moyens.
Malheureusement faute de synchronisation, « les élans qu’il
fit furent vains ». Il aurait dû « partir à temps ».
Interrogez-vous, justement, sur le facteur temps. Quand faut-il agir
et peut-on indéfiniment retarder le passage à l’acte ? Cette question
est importante car si la réflexion est souvent nécessaire avant de
vous engager dans une nouvelle voie, c’est au cours de cette longue
phase d’attente que vous risquez de prendre du retard et de vous
faire surprendre. Mais ce n’est pas tout ; car à trop tarder à prendre
une décision, d’autres décideront à votre place et les conséquences
risquent alors d’être beaucoup plus douloureuses.
Pour vous en convaincre, regardez de plus près le destin de la
grenouille dans l’exemple qui suit. Une grenouille plongée brusquement dans l’eau bouillante exerce sur le fond du récipient
une force ascendante puissante et suffisante pour la propulser
hors de l’eau. La grenouille réagit vite et fort : elle s’en sort
vivante. Bravo ! Vous vous en réjouissez. Que se passe-t-il lorsque la grenouille repose tranquillement dans l’eau froide que l’on
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Agir pour réussir

chauffe progressivement jusqu’à une température incompatible
avec sa survie. Elle ne se doute de rien. La température de l’eau
monte sans à-coups et la grenouille ne semble pas s’en apercevoir. Elle se laisse mourir sans le savoir, faute de réagir à temps.
Votre délai d’action dépend de votre interprétation de la situation
dans laquelle vous vous trouvez : avez-vous perçu ou n’avezvous pas perçu une menace ? Un mélange de flair, d’anticipation
et d’expérience du passé feront que vous réagirez plus ou moins
vite face à certains paramètres. Le temps de l’action sera ainsi
avancé ou reculé. Une sorte de réactivité qui a manqué à notre
grenouille.
Ne cherchez pas des exemples comparables dans la littérature. Il
vous suffit de regarder ce qui se passe dans votre quotidien :
– lequel d’entre vous n’a pas le souvenir d’un vécu comparable
où il a laissé pourrir une situation et payé le prix fort avec des
conséquences douloureuses ?
– vous avez également dans votre répertoire des expériences plus
heureuses où au contraire vous avez su réagir vite et bien.
– il y a dans ces histoires une grande leçon de vigilance pour
agir à temps avant que l’irréparable ne se produise.

Que faut-il retenir ?
1. Tout bouge autour de vous et à grande vitesse.
2. Vous pouvez ignorer ce qui change, au risque d'être
dépassés.
3. Vous pouvez également vous adapter et agir.
4. Les conséquences ne sont pas les mêmes dans les
deux cas.
5. L'idéal serait « d'agir à temps ».

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Notes personnelles

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Prenez conscience de la nécessité d'agir

• 2.1.

Vous ne pourrez indéfiniment remettre
le passage à l'action

Du lièvre ou de la tortue lequel d’entre vous parierait sur la
victoire de « celle qui se hâte avec lenteur » face au lièvre qui
« croit qu’il y va de son honneur de partir tard » ? La fable donne
raison à la tortue qui triomphe malgré son « train de sénateur »
et l’emporte face au lièvre qui n’a pas su « profiter de sa
vitesse » !
Invraisemblable diriez-vous, si vous vouliez faire preuve de rationalité ; mais derrière cette aventure se cache un état d’esprit qui
clame haut et fort : « à quoi sert la vitesse » lorsque vous ne
partez pas à temps ! Cela explique pourquoi, souvent et malgré
votre empressement, vous manquez votre objectif. Vous en aviez
les moyens, mais vous n’êtes pas « partis à temps ».
L’image du surfeur prenant la vague au bon moment permet de
bien visualiser le défi. La règle du jeu est simple. Il faut s’engager
au bon moment, avant même que la vague ne devienne gigantesque, pour l’accompagner et réussir sa performance.
• Si le surfeur la prend trop tôt, la vague poursuivra son
chemin sans lui.
• S’il la prend trop tard, il sera renversé et écrasé sous le
poids de cette gigantesque masse d’eau qui s’est formée.
• Il n’a au fond qu’un seul choix ; celui de la prendre au
bon moment.
Certains sont plus doués que d’autres pour « partir à temps ».
Mais ce flair invisible qui dicte le moment de passer à l’acte
n’est pas obligatoirement inné. Il s’acquiert à force d’entraînement. Ceci veut dire que vous êtes tous pleinement capables de
synchroniser votre passage à l’action avec l’arrivée de la vague.
Il suffit de vous’y préparer et de vous entraîner.

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Agir pour réussir

• Dans cet exemple, la vague n’est rien d’autre que
l’ensemble des événements qui bougent autour de vous
et qui appellent de votre part une réaction.
• La vague évoque l’ensemble des décisions que vous
devez prendre tous les jours.
• Elle vous rappelle que plus vous tardez à agir et plus les
problèmes se compliqueront rendant les décisions encore
plus difficiles à prendre.
• Vous n’avez pas le choix. Vous devez prendre cette
vague et vous adapter.
En d’autres termes, la question n’est pas de savoir s’il faut la
prendre ou non mais quand la prendre pour rester en phase avec
votre environnement. L’exemple du surfeur montre encore que
l’essentiel précède l’action et permet à cette dernière de se faire
« à temps » pour atteindre son objectif.
Mais que représente le surfeur ? Il représente chacun d’entre
vous. Comme lui, vous êtes confrontés au même défi : ou bien
vous adaptez vos mouvements en épousant ceux de la vague ;
ou au contraire vous évoluez en totale rupture avec les variations
de la vague qui se forme autour de vous. Les conséquences ne
seront pas les mêmes. En extrapolant cet exemple, vous pourrez
dire que les transformations qui s’opèrent dans votre environnement se font à une vitesse bien définie. De deux choses l’une :
– ou bien vous adaptez votre rythme de changement à celui de
votre environnement ;
– ou alors vous restez en décalage avec un retard qui s’accumulera au fur et à mesure de la progression des transformations.
Parfois vous hésitez à juste titre à passer à l’action pour prendre
du recul, réfléchir, comprendre et vous préparer. Dans ce cas,
prendre du retard peut paraître nécessaire à condition qu’en
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Prenez conscience de la nécessité d'agir

cumul, il ne vous mette pas « hors jeu », c’est-à-dire largement
dépassés par les autres.

Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Tout retard à l'action peut avoir des conséquences
graves.
2. N'attendez pas d'être mis au pied du mur pour
envisager les actions à initier dans votre vie et les
mettre en place.
3. Votre efficacité est plus grande quand elle se fait
sans précipitation.
4. A la notion d'agir vite, pensez à ajouter celle d'agir
efficacement.

• 2.2.

Remettre l'action à plus tard ou la
procrastination

La procrastination est la tendance à tout remettre au lendemain.
Elle permet d’éviter d’y penser tout en caressant l’illusion de
maîtriser une situation complexe et qui ne semble pas vous
emballer. Sur votre bureau les dossiers s’accumulent et ne semblent pas vous inquiéter. Plus le temps passe et plus l’exécution
des tâches reportées devient pressante.
Joseph R. Ferrari, coauteur de Procrastination and Task Avoidance, Theory, Research, and Treatment, distingue deux types
de procrastination :
– l’« arousal » ou « excitation, dans lequel l’objectif est de retarder l’action jusqu’à l’extrême pour profiter du plaisir d’exécuter la tâche dans la précipitation. Cela rappelle, en partie, le
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Agir pour réussir

plaisir « rétention-expulsion » largement décrit par Freud au
stade anal de notre évolution ;
– le deuxième semble refléter la peur du passage à l’acte, par
crainte de l’échec ou tout simplement par « évitement » de
certaines tâches. « Ce n’est pas encore le moment de prendre
la décision », « il reste deux ou trois dossiers à terminer avant
de traiter ceux qui traînent », et enfin « pas de panique, les
engagements non tenus aujourd’hui le seront demain, c’est
promis ! ».
Ce que vous refusez de faire à froid, le sera tôt ou tard et rapidement. Vous vous réveillerez alors du jour au lendemain dans
une précipitation excessive ou tout est à faire rapidement, massivement et intensément. La précipitation crée des circonstances
difficiles ; le plus souvent sans appui des proches faute de temps,
pour un résultat mitigé et une performance qui ne s’inscrit pas
dans le long terme.
De nombreux ouvrages se sont penchés sur les raisons pour
lesquelles certaines tâches sont reportées sans arrêt jusqu’au
moment où la règle de l’urgence s’impose à elles. Vous retrouvez
souvent au départ de la procrastination, un certain nombre
d’expressions telles par exemple, « il n’y a pas le feu, je m’y
mettrai au moment voulu et tout s’arrangera », « pas d’affolement, tout rentrera dans l’ordre, j’ai bon espoir, j’ai le temps,
rien ne presse ». Il se développe une sorte de banalisation des
tâches à effectuer comme pour justifier leurs mises en attente.
Le passage à l’acte se fait attendre et l’on finit par l’accepter.
• Derrière ces formules se cache un manque de confiance
dans vos capacités à régler le problème posé.
• Cette inaptitude souvent consciente, vous conduit à
démissionner face aux difficultés qui se présentent à
vous. Vous n’avez tout simplement pas envie de faire ce
que l’on vous demande de faire ; et comme l’entourage
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Prenez conscience de la nécessité d'agir

se fait pressant, vous feignez le débordement en remettant à demain ce qui peut être largement réglé aujourd’hui.
• Ce report du moment de passer à l’acte vous donne bonne
conscience. Il vous encourage à rester sans rien faire et
dans le même temps il renforce votre sentiment d’incapacité à réussir certaines tâches.
• Le résultat est le même car remettre à plus tard – « procrastiner » – conduit à l’immobilisme tout en entretenant
votre illusion d’agir.
La procrastination est un problème qui nous touche tous, sans
exception. Les cas bénins peuvent se résoudre en vous imposant
des règles élémentaires de gestion du temps ou en prenant l’habitude de terminer systématiquement toute action commencée.
D’autres sont plus complexes à résoudre.
Voici à titre d’exemples certaines situations appelant à la procrastination :
– prolonger une relation amoureuse qui s’écroule dans l’espoir
que le temps ou les nouveaux nés vont arranger les choses ;
– rester dans une entreprise où vous avez perdu l’espoir de progresser ou de changer les choses ;
– accumuler les problèmes sans les traiter une fois pour toute ;
– éviter de mettre les choses au point et laisser pourrir les situations ;
– s’il faut arrêter de fumer autant commencer immédiatement ;
– refuser de vous engager dans des actions immédiates : le
régime alimentaire débutera demain et ce soir sera mon dernier
« bon » repas ;
– reprendre à votre compte des expressions qui invitent à remettre à plus tard ce que vous pouvez faire aujourd’hui : « tout
finit par s’arranger », « ce n’est pas la fin du monde », « je
peux si je le veux, et ce sera demain »…
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Agir pour réussir

– vous engager dans de nouvelles actions sans en définir au
préalable le temps de réalisation.
Cette liste montre que la solution de facilité n’existe pas et qu’il
n’y a pas de remède standard pour ce type de difficultés.
Voici comment le processus s’organise :
Il faut passer à l’acte
Vous avez peur de ne pas bien faire
Etes-vous à la hauteur ?
Vous n’avez pas envie de faire
Vous le ferez ultérieurement.
C’est promis
Vous évitez ainsi de reconnaître ne pas vouloir
passer à l’action tout en entretenant l’illusion d’agir
Rien n’est réglé.
Vous n’avez toujours pas agi
Vous agissez dans la précipitation.
L’action ne s’inscrit pas dans
le long terme.

Vous remettez à plus tard.
L’action est à nouveau reportée.

Rien n’est réglé. Il faut passer à l’action

Fig. 1 : La cascade de la procrastination

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Prenez conscience de la nécessité d'agir

Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Il est certes plus confortable de regarder faire les
autres, de les conseiller ou tout simplement de les
critiquer sans même leur proposer de l'aide. Cela
n'engage à rien.
2. Les optimistes trouvent le temps pour agir.
3. Les pessimistes passent leur temps à se plaindre
d'en manquer et en attendant, ils remettent au lendemain, reportent à plus tard ou tout simplement
ne font pas.
4. Les optimistes préfèrent l'action à la parole, les
pessimistes se plaisent dans la critique. Cette dernière leur évite de prendre des risques et encore
moins d'agir.
5. Remettre sans arrêt à demain exaspère votre entourage qui finit par ne plus compter sur vous.
6. La procrastination accentue l'hésitation et le doute ;
elle vous fait perdre progressivement le goût de
l'action et de ce fait elle s'auto-entretient.

• 2.3.

Remettre à demain aggrave les
problèmes à régler

On entend partout à quel point il est important de ne pas remettre
à demain ce que l’on peut faire le jour même. On va jusqu’à
culpabiliser ceux parmi nous qui reportons sans arrêt les tâches
les plus simples ; poster une lettre, rédiger un compte rendu,
passer un coup de fil ou parfois des tâches plus compliquées
comme dépanner un ami, terminer un mémoire, et bien d’autres
choses. Plus vous négligez les tâches les plus simples, plus vous
cultivez l’art de les ajourner et de les remettre à plus tard. En
tolérant leur report systématique, vous glissez progressivement
dans la procrastination (voir ci-dessus, 2.2). Lorsque cette habi31

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Agir pour réussir

tude touche à des activités plus sérieuses, les conséquences peuvent être plus graves et retentir sur vos proches.
Ainsi, si Pierre a un différent avec Paul et qu’il refuse d’en parler,
à un moment ou à un autre leur conflit deviendra suffisamment
grand pour empoisonner leur relation et s’inviter au débat. Ce
qui a été écarté revient tôt ou tard en force et le conflit naissant
devient inextricable faute d’avoir agi à temps.
L’art de reporter à plus tard relève du conditionnement comportemental. C’est-à-dire que devant toute difficulté vous feignez
de ne pas lui accorder de l’importance. Vous vous conditionnez
à ne pas agir et votre inaction progressivement devient automatique. On dit alors que vous avez acquis un réflexe d’évitement
et de « réexpédition » du problème. Il est tout simplement sorti
du champ de votre conscience. Le résultat est le même : rien
n’est fait, tout est remis à plus tard et les tâches s’accumulent
sans le moindre espoir de revenir dans l’action.
Prenez l’exemple de ce couple qui a pris l’habitude de ne pas
regarder les problèmes qui fâchent jusqu’au jour où le seuil de
tolérance est atteint et l’explosion relationnelle fait son apparition. Le malaise est visible entre Brigitte et son compagnon. Le
flux amoureux qui circulait sans difficulté semble avancer avec
hésitation. Il y a bien un problème entre eux mais aucun ne veut
en parler. Les rancœurs sont enfouies avant leur apparition pour
ne pas heurter ou décevoir. On fait comme si de rien n’était et
chacun y met du sien pour ne rien changer.
Avec le temps le silence pèse de plus en plus lourd. Au moment
de prendre la parole l’on décide de se taire pour ne pas rompre
une routine dans laquelle tout semble rodé. En attendant les
ressentiments augmentent. Le silence engendre la rancœur. Enfin,
la critique bat son plein même si elle n’est pas exprimée.
Comme les difficultés ne sont jamais abordées, chacun se substitue à l’autre en imaginant sa réponse et en l’exagérant pour
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Prenez conscience de la nécessité d'agir

conforter sa position de victime. Le résultat ne se fait pas attendre. Le flux amoureux qui avait un peu de mal à circuler se
trouve pour un bon moment bloqué sans trop savoir par où commencer pour le rétablir. Brigitte et son compagnon ont préféré
ne pas parler des difficultés que traverse leur couple avec l’espoir
d’éviter de faire face aux changements survenus entre eux.
A force de remettre au lendemain la décision de s’attaquer aux
vrais problèmes, ils ont fait le choix de l’inaction. A force de
remettre à plus tard, ils ont même perdu l’habitude d’échanger
et encore plus celle d’aborder leurs difficultés
Auraient-ils fait le pari que tout pouvait se régler comme par
enchantement et sans leur intervention ? Il faut le croire. Mais
ils sont obligés d’admettre que cette approche ne règle aucun
problème, bien au contraire. Leurs ennuis ne disparaissent pas
spontanément. Leur intervention est nécessaire pour normaliser
leur relation dans leur intérêt et celui de leur couple.
Le résultat serait tout autre si le couple avait convenu d’aborder
les questions qui fâchent au fur et à mesure qu’elles se présentent.
Ils se seraient entraînés tous deux à la résolution de leurs problèmes tout en gérant ce qu’ils sont encore capables de contrôler.
• Combien de fois avez-vous remis à plus tard des discussions pour le regretter après ?
• Combien de fois avez-vous évité d’aborder telle ou telle
autre personne par peur du rejet et vous apercevoir par
la suite à quel point vous étiez dans l’erreur ?

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Agir pour réussir

Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Tout comme la grenouille qui reste immobile alors
que la température de l'eau s'élève progressivement, vous devez veiller à réagir au moment où
votre intervention a encore des chances d'aboutir.
2. Lorsque vous tardez à agir, le passif est beaucoup
plus lourd à vivre.
3. En même temps vous aurez perdu l'habitude de
régler les problèmes.
4. On ne règle pas un problème en en créant un autre
et encore moins en l'évitant. Ne faites surtout pas
un bébé pour sauver votre couple.

• 2.4.

Agissez par anticipation plutôt qu'en
réaction à un événement

Dans Le lion malade et le renard, Jean de La Fontaine raconte
que le roi des animaux, malade, convoque l’ensemble des animaux à venir s’enquérir de son état de santé. Tous sans exception
pénètrent dans sa tanière sauf le renard qui, bien malin, s’aperçoit
que de nombreuses traces de pas entrent dans la grotte mais
curieusement qu’aucune n’en ressort. Ce constat appelle à la
méfiance. Le renard anticipe la succession des événements s’il
venait à entrer dans la tanière : « je vois fort bien comment l’on
entre, et ne vois pas comment on en sort ». Comme le montre
cette fable, il a suffi au renard un mélange de méfiance et d’anticipation pour sauver sa peau.
Prenez un autre exemple plus classique. Marc a mal à la tête, il
prend un comprimé de paracétamol et le mal de tête s’atténue
puis disparaît. Le lendemain il a toujours les mêmes symptômes
et le même traitement lui donnera les mêmes effets. Ces symptômes réapparaissent tous les jours sans exception et Marc ne
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Prenez conscience de la nécessité d'agir

trouve d’autres solutions que de recourir aux antalgiques mis à
sa disposition. Son attitude est dite passive, car elle se fait sans
aucune prise de position visant à s’expliquer le pourquoi de ces
récurrences douloureuses et encore moins de les soigner.
Au vingtième jour il se plaint toujours de son mal de tête au
réveil. A ce stade il commence à s’inquiéter. Il se demande
pourquoi cette douleur se prolonge-t-elle et quelle est la nature
de sa récurrence. Jusqu’à lors, il s’est contenté de subir sa douleur
sans s’interroger sur ses causes possibles. Dans son comportement, aucune anticipation du moindre risque encouru et une passivité inquiétante.
Pensez-vous qu’il soit prudent d’attendre si longtemps avant de
réagir ? Vingt jours paraissent longs. Il aurait pu consulter son
médecin bien avant pour faire face à sa douleur et s’attaquer aux
causes sous-jacentes de ces algies.
Examinons maintenant l’exemple d’un comportement diamétralement opposé. Pauline est la maman de Céline. Elle remarque
que les notes de sa fille accusent des variations inexpliquées.
Sans en faire un drame, mais sans attendre, elle se met en position
d’écoute pour lui permettre d’exprimer son malaise et de comprendre. Manifestement sa fille a des difficultés avec son professeur de Philosophie. Sans tarder, Pauline trouve en librairie
des fiches de synthèse couvrant les sujets du programme de
Philosophie. Progressivement elle amène sa fille à s’en servir
pour pallier à ses difficultés. L’anticipation est payante car elle
lui a permis de mettre un terme à un conflit sous-jacent, à redonner confiance à sa fille et à lui permettre de maintenir son niveau
de motivation. Sans anticipation, la relation entre sa fille et son
professeur se serait dégradée. Céline aurait perdu confiance en
sa capacité à gérer les sujets de philosophie. La démotivation
aidant, Céline accuserait une fatigue inexpliquée que l’anticipation de Pauline a permis d’éviter.
• Il est préférable d’anticiper un événement que de réagir
à chaud lorsqu’il se produit. Faites comme Pauline,
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Agir pour réussir

n’attendez pas le dernier moment pour vous mettre en
ordre de marche.
• Faites-le sans dramatisation ni culpabilisation. Les problèmes existeront toujours. Ils ne disparaîtront pas parce
que vous auriez trouvé un bouc émissaire ou une explication savante. Il faut « agir à temps » et de préférence
par anticipation.
• Le plus souvent l’anticipation permet une réaction plus
adaptée et mûrement réfléchie. Malheureusement, elle
n’est pas si évidente que cela et surtout, elle n’est pas
toujours possible.
Chacun d’entre nous a plein d’histoires à raconter au cours desquelles nous avons été capables d’anticiper un événement et de
nous y préparer. C’est également ce que font les étudiants
lorsqu’un test est annoncé et qu’ils anticipent le travail à faire
en attendant la date de l’examen. Il n’y a pas de secrets ni de
recettes miracles pour réussir les examens. Il faut les préparer et
cela ne peut pas se faire au hasard des humeurs et des envies de
dernière minute. Une véritable stratégie d’approche doit être
décidée et appliquée. Les questions ne manquent pas : par quoi
commencer ? Quel domaine couvrir en premier ? Quels cours
rattraper sans attendre la dernière semaine avant les épreuves et
bien d’autres interrogations à gérer par anticipation pour réduire
au mieux le stress habituel qui accompagne les périodes de fin
d’année.
Pour que ces exemples ne restent pas théoriques, rappelez-vous
des expériences similaires où tour à tour vous avez pu anticiper
un événement majeur ou au contraire des circonstances où vous
vous êtes laissés surprendre. Quel a été le prix de la non-anticipation ?

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Prenez conscience de la nécessité d'agir

Vécu comparable
Au cours duquel
vous avez anticipé
l’événement.
..............................
Au cours duquel
vous n’avez pas
anticipé
l’événement.
..............................

Pourquoi ?
..............................
..............................
..............................
..............................
..............................
..............................
..............................
..............................
..............................

Quelle leçon en avez-vous tirée ?
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................
.......................................................

Tableau 3 : De l’intérêt d’anticiper les événements

Que faut-il retenir ?
1. Il est à la fois nécessaire d'être vigilant, d'anticiper
les événements à venir et tout particulièrement ceux
qui comptent dans votre vie pour vous y préparer.
2. Il est préférable d'anticiper que de réagir en catastrophe chaque fois que l'anticipation est possible.
3. Vous connaître et connaître votre environnement
vous permet d'adopter une attitude « proactive »,
c'est-à-dire qui anticipe les événements à venir et
les intègre dans votre plan d'action.
4. Une situation est plus simple à vivre lorsque vous
êtes préparés à l'affronter.
5. Elle est plus difficile lorsque vous êtes pris au pied
du mur. Dans ce dernier cas, l'hésitation accroît
l'immensité de la tâche, c'est le résultat de l'impréparation.

37

Notes personnelles

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Agir pour réussir

• 2.5.

En pratique : reporter l'action à demain
ne règle rien

Il vous arrive souvent de tourner la page du passé pour vous
plonger dans des prévisions d’avenir qui vous font rêver. Vous
réalisez des choses dans l’absolu sans que tout cela n’ait le
moindre impact sur votre quotidien. Qui d’entre vous n’a pas fait
face un jour ou l’autre à une tâche difficile que vous n’aviez
vraiment pas envie d’accomplir. Dans ce cas, que faites-vous ?
Rien pour l’instant puisque vous êtes occupés à d’autres choses,
plus passionnantes. En attendant et pour vous donner bonne
conscience, vous programmez de faire dans un avenir proche ce
que vous n’avez pas envie de faire aujourd’hui. Demain, vous
ferez, par miracle, ce que vous n’avez pas le courage de faire
aujourd’hui et cette projection suffit à vous donner l’impression
d’agir.
En réalité, vous ne faites que reporter et ce report en lui-même
ne vous engage en rien, bien au contraire. Il retarde des échéances
difficiles mais tôt ou tard vous devez revenir sur ce qui fâche.
« Demain, j’arrête de fumer » est une affirmation qui ne coûte
pas grand chose et pourtant elle permet d’extraire le problème
du temps présent et de le projeter dans l’avenir sans engagement
réel sur des efforts concrets. L’impression de prendre le problème
en main vous rassure et pourtant en termes d’actions, rien n’est
fait.
Prenez par exemple le patient qui souffre d’un excès de cholestérol et qui se soigne. Il est surpris en train de croquer sans
complexe une entrée à base de charcuterie délicieuse certes, mais
préjudiciable à sa santé. « Juste pour aujourd’hui et demain je
ne recommencerai pas ». Voilà une projection dans l’avenir qui
retarde l’action sans vraiment apporter la moindre solution au
problème évoqué. Les exemples ne manquent pas. Juste cette
cigarette et puis ce sera fini. Juste un verre et l’on ne parlera
plus d’apéritif.

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Prenez conscience de la nécessité d'agir

• Demain se prépare dès aujourd’hui car ce qui n’est pas
fait au présent, le sera encore moins plus tard. L’appétit
vient en mangeant et c’est en marchant que vous avez
appris à vous déplacer et non en reportant sans arrêt
l’action à plus tard.
• Vous avez tous dans votre entourage des décideurs qui
n’ont pas envie d’assumer certaines responsabilités ;
encore moins de s’impliquer sur la base des informations
disponibles. Ils répètent à qui veut bien les entendre que
tant que l’ensemble des éléments ne sont pas réunis,
l’action est risquée et donc il n’y a pas lieu de prendre
une décision. Ils exigent « toujours plus » : plus d’informations, plus de détails, plus de commentaires, plus
d’analyse alors qu’au fond ce qui est demandé c’est tout
simplement plus d’assurance et une sécurisation plus
large.
• La demande de plus de détails avant de passer à l’action
peut être justifiée pour certaines décisions mais en général, attendre d’avoir toutes les informations pour agir
revient à se condamner à l’inaction. Personne d’entre
vous ne disposera de l’ensemble des données nécessaires
avant d’agir. Il agira en assumant une part de risque,
quitte à adapter sa trajectoire au fur et à mesure de sa
progression.
• « Demain je serai ingénieur » est une affirmation qui
n’engage à rien. Pour réaliser ce projet, l’affirmation « je
travaillerai mieux les mathématiques aujourd’hui pour
être ingénieur » semble mieux correspondre à la réalité.
En plus elle vous engage : vous n’êtes plus dans les
projections gratuites dans un futur hypothétique : vous
êtes déjà dans l’action.

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Agir pour réussir

Que faut-il retenir ?
1. La tentation est grande de renoncer aux petites
difficultés en les reprogrammant sans arrêt dans un
avenir plus ou moins proche.
2. Tout retard pris rendra plus difficile la réalisation
des tâches reportées.
3. Le rêve n'a pas de limites lorsqu'il se réduit à une
simple projection passive sans engagement immédiat.
4. Le rêve devient réalisable dès l'instant où les étapes
à traverser sont programmées et qu'elles engagent
vos efforts dès aujourd'hui.

Notes personnelles

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3•
De la difficulté de passer à l'action

T

out challenge s’apparente à un changement par rapport à
des habitudes acquises. L’action en elle-même est une
rupture dans l’exercice quotidien et une percée dans l’avenir. Elle porte en elle un changement qui s’introduit dans votre
vie pour que les choses bougent et avancent. Il est toujours facile
de demander aux autres de changer et d’agir mais, même si cela
vous paraît évident, il est bien plus difficile de le faire soi-même.
• Souvent les habitudes sont tellement ancrées en vous
qu’elles deviennent une seconde nature.
• Les changements obtenus sont souvent soumis aux pressions du passé et finissent par justifier le retour aux
habitudes antérieures.
• Un vrai travail sur soi est nécessaire pour agir autrement
et sortir des sentiers battus.
• Ceci explique toute la difficulté à maintenir les résultats
obtenus puisque la rupture avec les automatismes initiaux
est souvent très difficile à conserver.
Tout peut basculer d’un moment à l’autre si vous marquez un
temps d’arrêt. Il faut savoir persévérer en espérant que les nouvelles pratiques imprègnent votre façon de faire et se substituent
aux anciennes. En attendant, vous restez à la merci d’une ou
plusieurs rechutes. Pour prendre conscience de la difficulté de
lutter contre les automatismes ou réflexes auxquels vous avez
été longtemps conditionnés, vous pouvez faire un exercice simple : taper une page en utilisant le clavier QWERTY au lieu du
clavier AZERTY auquel vous êtes habitués. Le QWERTY est
41

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Agir pour réussir

une disposition des touches de clavier d’ordinateurs ou de
machine à écrire et familière des utilisateurs anglophones. Elle
diffère de la disposition des premières lettres que vous utilisez
avec le clavier AZERTY. Il s’agit de reproduire une tâche d’une
grande banalité, celle de taper une page sur son ordinateur. Il y
a maintenant une différence de taille : le clavier n’est plus un
clavier AZERTY, il a changé. Il suffit de peu de choses pour
que vous perdiez subitement vos réflexes. Ce qui paraissait simple devient compliqué. Le soulagement ressenti en reprenant le
travail sur votre clavier AZERTY est à la hauteur de l’effort
d’adaptation donc de la difficulté à changer de routine.
Un autre exercice consisterait à conserver votre clavier classique
mais vous mettre à deux pour taper une même page. Un exercice
facile à reproduire mais qui rompt avec ce que vous avez l’habitude de faire. A nouveau vous vous retrouvez dans la désorganisation la plus totale. Dans ce cas, le texte ne change pas, le
clavier non plus ; toute la difficulté vient du fait de vous retrouver
à deux sur un même clavier, chacun devant mettre un terme à
ses automatismes pour respecter le travail de l’autre et progresser.
Le nombre de gestes à coordonner pour ne pas déborder l’un sur
l’autre rend la tâche presque impossible. A la moindre inattention
c’est la rechute.
Ces deux exemples montrent toute la difficulté à vous adapter à
de nouvelles exigences surtout à celles qui s’opposent à vos
vieilles habitudes.
Maintenant posez-vous la question suivante : s’il vous a été si
difficile de changer des habitudes récentes quelle ne serait pas
la difficulté lorsqu’il faut modifier une habitude acquise très tôt
dans la vie ?
• Voilà plus de vingt ans que vous fumez.
• Voilà plus de vingt ans que vous répétez des gestes automatiques.
42

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De la difficulté de passer à l'action

• Voilà pourquoi vous arrêter de fumer reste difficile même
si c’est à votre portée.

Que faut-il retenir ?
1. Le passage à l'acte est d'autant plus difficile qu'il
nécessite de votre part des efforts par rapport à des
automatismes antérieurs et bien ancrés en vous.
2. Un temps de désensibilisation progressive est
nécessaire si vous voulez agir en changeant vos
vieilles habitudes.
3. Ne jugez pas votre lenteur à agir en termes négatifs
évoquant un manque de volonté ou une incapacité
à agir : le problème est souvent bien plus complexe
qu'il n'en a l'air.
4. Une fois la décision de changer prise, vous vous
engagez sur une route semée d'embûches. Il faut
beaucoup de volonté, de travail et de préparation
pour qu'un stimulus donné ou une tâche engendre
d'autres réactions que celles qu'elle a toujours provoquées.
5. Le plus difficile est certes de démarrer. Une fois sur
la route, il va falloir garder la confiance en vousmêmes face aux épreuves et persévérer dans vos
efforts encouragés par vos propres réussites. Ce
n'est qu'à ce prix que le passage à l'action devient
possible.
6. La partie semble gagnée mais le retour vers les
réflexes du passé vous guette. Combien êtes-vous
à avoir réussi à vous arrêter de fumer du premier
coup ? Une cigarette après le café et tout reprend
comme par le passé. La rechute rode et revient à la
moindre inattention ou imprudence. C'est ce qui fait
que le changement est un processus lent et difficile.

43

Notes personnelles

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Agir pour réussir

• 3.1.

Vos interrogations au moment de
passer à l'action

L’observation de votre quotidien vous apprend qu’un certain
nombre de réflexions réapparaissent chaque fois que vous êtes
appelés à faire les choses différemment, à sortir de la routine et
à passer à l’action. Ces interrogations cachent des préoccupations
universelles que l’on retrouve quels que soient les pays, les
cultures ou les croyances des uns et des autres.
• Il est nécessaire de prendre le temps d’exprimer vos
inquiétudes au moment d’exécuter une action.
• Cette formulation n’est pas un gadget mais un « must »
qu’il va falloir impérativement aborder et dépasser.
• A défaut, vous aurez tendance à revenir sans cesse en
arrière pour vous interroger sur la finalité de l’action
demandée.
Il serait utile de lister ces pensées qui font leur apparition au
moment de passer à l’action et auxquelles vous devez répondre.
Il s’agit des idées qui vous préoccupent et que vous devez maîtriser pour ne pas devoir justifier sans arrêt tel ou tel autre pas à
franchir. Ces interrogations sèment l’hésitation en vous et souvent retardent votre action. Leur analyse montre qu’elles sont
souvent légitimes et justifiées. Sans hésitation, le changement
aura du mal à s’implanter faute de conviction suffisante. Une
fois qu’une réponse a été apportée, leur persistance ne peut que
vous ralentir
Avant de passer à l’action, une réponse doit donc être apportée
aux interrogations qui suivent :
– Pourquoi agir maintenant ?
– N’y a t-il rien d’autre à faire qui soit plus prioritaire ?
– Où est votre intérêt ?
44

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De la difficulté de passer à l'action

– Qui s’est plaint de votre manque d’action ?
– Dans l’intérêt de qui devez-vous agir ?
– Pourquoi devez-vous passer à l’action et pourquoi le faire
maintenant ?
– Qu’est-ce que vous y gagnez ?
– Qu’est-ce que vous y perdez ?
– Quelles sont les vraies raisons de votre intervention ?
– Que vous apportera le passage à l’action ?
– Que va-t-il vous arriver si vous agissiez ?
– Quels risques devez-vous prendre pour y arriver ?
– Quelle sera l’importance des efforts à déployer pour atteindre
vos objectifs ?
– Quelles compétences devez-vous encore acquérir ? En
êtes-vous capables ?
– Où trouver le temps pour acquérir les nouvelles compétences ?
– Pourquoi tant de mobilisation et tant de précipitation ?
– Qu’est-ce qu’on vous cache ? Pourquoi ? Qui sera épargné et
pourquoi pas « vous » ?
– Vos responsables n’ont-ils rien d’autres à faire que de restructurer sans arrêt ?
– Les restructurations ne cachent-elles pas souvent leurs erreurs
du passé ?
– Pour quel résultat devez-vous faire tous ces efforts ?
– Par quoi allez-vous commencer ? Qu’est-ce que vous ferez
dans un deuxième puis troisième voire en quatrième temps ?
Encore une fois, dans tout ce que vous rappelez, force est de
constater que sans arrêt vous revenez sur la notion d’équilibre
entre le temps de l’analyse et celui de l’action. Le temps d’analyse est celui que vous vous donnez pour évaluer le projet avant
toute décision. Le temps de l’action est celui qui aboutit à l’exécution du projet évalué. Les deux temps sont d’une importance
capitale et l’équilibre porte essentiellement sur le respect du
temps qui leur sera imparti.
La tentation est grande de privilégier le temps de l’analyse aux
dépens du passage à l’action. L’inverse est aussi vrai lorsque la
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Agir pour réussir

précipitation vous conduit à agir sans réflexion suffisante. Vous
devez respecter ces deux temps et veiller à ne pas vous disperser
pour rester dans vos priorités et agir efficacement.
Sans être exhaustive, cette liste d’interrogations vous permet
d’évaluer votre état d’esprit chaque fois qu’une décision est à
prendre ou à appliquer. Vous aurez ainsi réussi à formuler par
écrit les inquiétudes et les préoccupations qui vous traversent au
moment de passer à l’action. Cette approche permet de prendre
les mesures pour mieux vous en sortir.
Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Au moment d'agir, toutes vos interrogations véhiculent indirectement votre inquiétude par rapport à ce
qu'il adviendra à la suite de votre action ou du
changement en cours.
2. Tant que vous n'avez pas répondu à ces interrogations, vous avancerez dans l'insécurité et avec hésitation.
3. Face aux contraintes vous aurez beaucoup de mal
à trouver l'accélération nécessaire à l'exploitation
des nouvelles pratiques.
4. Trop d'importance accordée à la recherche exclusive de votre propre intérêt installe le cynisme dans
le groupe et le chacun pour soi, mettant un terme
à toute cohérence collective et pouvant conduire à
la démotivation.
5. Un certain degré de maturité est nécessaire pour
préserver le principe du « gagnant-gagnant » et
encourager votre interaction positive avec votre
entourage.

En réalité, l’expérience montre que vos inquiétudes portent
essentiellement sur le sort qui vous sera réservé une fois l’action
terminée. Autrement dit, votre propre lecture des événements
46

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De la difficulté de passer à l'action

sera centrée sur vos préoccupations majeures et les conséquences
que le changement impactera. Qu’est-ce qui va vous tomber sur
la tête ? Qu’adviendra-t-il de vous et de vos proches ? Qu’est-ce
que vous y perdez ? Qu’est-ce que vous y gagnez ?

• 3.2.

Les facteurs qui freinent votre passage
à l'action

Entre la décision d’agir et le passage à l’acte, il y a toujours un
temps plus ou moins long qui s’écoule. Certains parlent d’un
temps de latence, d’autres de phases d’hésitations ou tout simplement d’un report de décisions. Vous n’échapperez pas à la
règle et comme bien d’autres autour de vous, vous laissez souvent
traîner les choses avec l’espoir de retarder les échéances jusqu’à
l’extrême limite.
Une caricature de ce phénomène se reproduit chaque année à
l’approche de la période d’été. Tout le monde se précipite sur
les revues détaillant telle ou telle autre formule miracle pour
perdre ses kilos « en trop ». Tout le monde donne l’impression
de redécouvrir ce qu’il connaît déjà. Au bout du compte, la
déception est toujours au rendez-vous car l’on s’aperçoit après
des heures de lecture que ce que l’on savait déjà reste d’actualité
à savoir la nécessité de réduire les apports caloriques pour espérer
perdre quelques kilos.
La conviction est présente, le savoir aussi et malgré cela, vous
avez beaucoup de mal à perdre les kilos en trop et encore plus
à maintenir la perte de poids obtenue après tant d’efforts. La
volonté est affichée. La demande semble formulée. L’information utile est perçue et comprise. La marche à suivre est bien
claire. Mais les avancées sont fragiles. Le résultat se fait attendre.
Les résolutions sont peu à peu mises de côté. On attend l’été
prochain pour maigrir.
Il n’est donc pas inintéressant que vous puissiez regarder de plus
près ce qui se passe chaque fois que vous traînez à agir. Pour
47

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Agir pour réussir

cela nous vous proposons un exercice simple dans lequel nous
avons décrit huit cas pratiques où les personnes mises en scène
éprouvent de la difficulté à agir.
1. Jean-Paul doit prendre une décision. Il estime que les informations dont il dispose sont insuffisantes et réclame encore
plus d’information, toujours plus d’information mais cela ne
lui permet toujours pas d’agir. Ses collaborateurs pensent qu’il
est particulièrement angoissé et que l’on a beau lui donner
toutes les informations disponibles, il ne trouvera pas le
moyen de passer à l’action.
Frein à l’action : Pour Jean-Paul l’information dont il dispose
ne suffit pas pour agir.
2. Andrée ne veut pas prendre position. Elle refuse d’agir par
méconnaissance du sujet sur lequel elle est appelée à se prononcer. Malgré les avis de ses collaborateurs, elle hésite toujours à trancher et la décision tarde à venir.
Frein à l’action : Andrée refuse d’agir par méconnaissance du
problème à régler.
3. Jacques a du mal à s’engager. Il juge ne pas disposer de
moyens suffisants pour mener à terme son action. « A quoi
bon commencer un travail qui ne sera pas achevé » ? Pour
lui, il ne faut pas systématiquement demander plus aux
salariés lorsqu’on ne leur donne pas les moyens ni les combinaisons gagnantes pour mener à terme leurs tâches.
Frein à l’action : Jacques estime manquer de moyens pour
agir. Ce constat explique le non passage à l’action
4. Florence est tellement désorganisée qu’elle a du mal à programmer son emploi du temps. Elle passe souvent à côté des
missions qui lui sont confiées. On dit qu’elle ne se souvient
de rien et pourtant elle est loin d’être la moins brillante du lot.
Frein à l’action : Florence manque d’organisation et a du mal
à retrouver ses arguments faute d’organisation.
5. Quant à Luc, il n’éprouve aucune gêne à répéter qu’il n’a pas
envie de faire ce qui lui est demandé. Dans ce cas, pourquoi
le ferait-il ?
48

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De la difficulté de passer à l'action

Frein à l’action : Luc n’agit pas, par manque de volonté. Il
est satisfait de sa situation et ne veut surtout pas bouger.
6. Stéphane ne veut pas faire plus qu’il n’est stipulé dans sa
définition de fonction. Son intérêt est ailleurs ; pas dans le
travail. Il dit maintenir un niveau d’activité suffisant pour
gagner sa vie mais ne veut pas aller plus loin.
Frein à l’action : Vous pouvez évoquer chez Stéphane un
manque d’ambition au départ de l’inaction
7. Eleonora n’est pas prête à assumer certaines responsabilités
et s’abstient d’agir, faute de préparation.
Frein à l’action : Eleonora manque de préparation et peut-être
même de formation pour se lancer.
8. Enfin, Mathieu ne veut prendre aucun risque ; pour cela il
décide de ne rien faire qui puisse le mettre en difficulté. Après
tout, pourquoi s’attirer la foudre de ses supérieurs hiérarchiques lorsqu’il peut poursuivre sans problème son train de
vie ?
Frein à l’action : Mathieu ne veut pas prendre de risques et
refuse toute gestion de l’incertitude. Dans ces conditions, il a
peu de chances d’agir.
En ce qui vous concerne, avez-vous remarqué la récurrence d’un
certain nombre de facteurs qui vous font hésiter et retardent votre
passage à l’acte ? Pour vous aider à y réfléchir, voici certaines
pensées qui peuvent vous traverser l’esprit au moment de passer
à l’action. La liste proposée est loin d’être exhaustive. A vous
de la compléter en mettant en évidence vos propres freins à
l’action.
– Méfiance : « je crains les conséquences »
– Inquiétude : « je n’ai pas toutes les informations pour me décider »
– Indifférence : « je ne vois pas pour quelle raison bouger »
– Perfectionnisme : « je veux être irréprochable »
– Indécision : « je ne sais pas si je prends la bonne décision »
– Impréparation : « je ne suis pas prêt »
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Agir pour réussir

–
–
–
–
–
–
–
–

Inexpérience : » je n’ai aucune expérience »
Maladresse : »je ne suis pas doué pour m’y aventurer »
Indétermination : « je n’ai pas les moyens »
Empêchement : « je dois tenir compte d’autres facteurs »
Hésitation : « je ne veux pas prendre de risques »
Incertitude : « je ne sais pas vraiment où je veux aller »
Dépendance : « j’attends le feu vert des autres »
Perplexité : « cela me met dans tous mes états et je ne sais
plus ce que je fais »
– Peur de l’échec : « je n’y arriverai pas »
– Autres : ...................................................................................
Ces exemples illustrent un certain nombre de situations pratiques
que vous avez pu vivre ou dont vous avez été les témoins et qui
s’accompagnent d’un retard au passage à l’action. Forts de ce
constat, vous allez évoquer dans l’exercice qui suit, une expérience que vous avez vécue au cours de laquelle vous n’avez pas
été aussi réactifs que vous l’auriez souhaité ; et une autre où au
contraire vous avez été plutôt réactifs. Remplissez le tableau qui
suit :
Expérience vécue où vous avez tardé à
agir

......................................................
......................................................

Quels étaient dans ce cas particulier les ......................................................
freins à l’action ?
......................................................
Expérience vécue où vous avez agi à
temps.

......................................................
......................................................

Quels étaient dans ce cas particulier les ......................................................
facteurs encourageant le passage à
......................................................
l’action ?
......................................................
Tableau 4 : Freins et inducteurs d’action

Maintenant que vous avez décrit les freins qui sans arrêt vous
découragent à agir ; vous allez les analyser de plus près. Certains
de ces freins sont réels tels par exemple, une information insuffisante. D’autres sont entretenus par des pensées pessimistes et
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De la difficulté de passer à l'action

négatives qui vous envahissent et qui rendent le passage à l’action
plus difficile. Si vous pouvez agir sur un certain nombre de ces
freins, vous devez par contre apprendre à vivre avec ceux sur
lesquels aucune action n’est envisageable.
Que faut-il retenir ?

Notes personnelles

1. Vous devez regarder de plus près les freins qui
vous empêchent d'agir pour y porter un terme. Les
plus souvent retrouvés sont :
- Manque de volonté d'agir.
- Méconnaissance du problème à régler.
- Manque d'ambition personnelle et collective.
- Information dispersée et insuffisante.
- Manque de préparation.
- Manque de moyens pour faire face.
- Manque d'initiative et peur du risque.
- Manque d'organisation.
- Manque de confiance en soi.
2. A chacun ses freins ; une solution personnalisée
reste réalisable.
3. L'accent sera mis sur les facteurs sur lesquels vous
pouvez agir. Les autres relèvent d'un travail à plus
long terme que vous développerez seul et si nécessaire en vous faisant aider. A vous de jouer.

• Cette démarche passe par une prise de conscience des
problèmes à régler, de vos points forts et vos points de
vulnérabilité.
• Elle met en lumière vos objectifs personnels et professionnels ainsi que les moyens de les réaliser.
• Si toutefois des obstacles se dressent devant vous, de
quels moyens disposez-vous pour les éviter et/ou les
réduire
51

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Agir pour réussir

• Les problèmes inhérents au manque de confiance en vous
et à vos difficultés à échanger et à partager sont des freins
réels auxquels tôt ou tard vous devez vous attaquer seuls
ou en vous faisant aider.

• 3.3.

Des idées reçues pour justifier
l'inaction

Très souvent vous êtes enfermés dans un univers d’a priori et
d’affirmations qui faussent votre évaluation de la réalité et limitent votre capacité à agir. Ainsi lorsque vous confondez le besoin
de réussir avec celui d’atteindre la perfection dans ce que vous
faites, vous vous condamnez à hésiter longtemps avant de faire
le premier pas car la perfection est difficile à atteindre.
La loi du « tout ou rien » n’est qu’une conséquence de cette
recherche compulsive de la perfection. Plus rien ne sera fait tant
que celle-ci ne sera pas au rendez-vous. La volonté de n’agir
qu’avec l’assurance de réussir à la perfection est une stratégie
qui conduit à l’inaction. Pourquoi ? Tout simplement parce que
n’ayant pas atteint le niveau de réalisation souhaité, l’insatisfaction s’installera pour longtemps sans jamais vous encourager à
avancer.
De même si vous ne concevez votre efficacité qu’à travers
l’appréciation des autres ; tant que ces derniers n’ont pas donné
leur feu vert, vous resterez immobiles et incertains quant à l’utilité de vos interventions. Ils décideront à votre place et par leurs
attitudes ils conditionnent votre niveau de passage à l’action. Ces
freins sont réels. Ils vous minent de l’intérieur et vous imposent
une inertie de laquelle il faut sortir si vous voulez retrouver votre
marge de manœuvre.
Dans le tableau 5, nous rassemblons des « déclarations » dont
certaines vous sont familières. Vous êtes invités à réfléchir sur
l’influence que ces affirmations exercent sur vous et tout parti52

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De la difficulté de passer à l'action

culièrement le rôle facilitateur ou inhibiteur de l’action qu’elles
peuvent induire. A chaque fois, vous allez chercher les deux ou
trois mesures à prendre pour améliorer votre capacité à agir.
Raisons invoquées
pour ne pas agir : les
« affirmations
toxiques ».

Quelques réflexions en
marge de ces
affirmations

Mesures à prendre
pour contrer ces
« affirmations
toxiques »

- « Je n’ai pas le
temps »
- « J’ai trop de choses à
faire »
- « Je le ferai plus tard »

Vous n’aurez jamais le
temps de faire une
activité non
programmée.
Dire ce qui est à faire, et
quand le faire

Je définis mes priorités.
Je rédige un plan
d’action. Je donne une
date limite pour agir. Je
fais ce que je dis

- « Ce n’est pas le bon
moment pour agir »
- « Je suis fatigué pour
le faire »

Répartissez les tâches
dans la journée en
respectant votre rythme
biologique.
Programmez une
activité tôt le matin
lorsque vous n’avez pas
besoin de beaucoup de
sommeil.

Du travail théorique le
matin. Du relationnel
l’après-midi. Le
week-end pour vous
reposer.

- « J’ai sous estimé le
temps que cette
activité allait
prendre »
- « Je me fais toujours
piéger ». « Je suis trop
désorganisé, pour
agir »

Evitez la surcharge, elle
conduit à la fatigue
chronique et au stress.
Evitez l’emballement et
apprenez à dire « non »
lorsqu’il le faut.

Je dis « non » à toute
tâche qui sort du cadre
de mes priorités. Je
programme mes
activités. Je me fais
aider s’il le faut.

- « J’ai du mal à dire
– non – et ce travail
n’est pas pour moi »

Vous n’êtes pas
supposés tout faire ni le
faire mieux que les
autres.
Déléguez, cela vous
libère et allège votre
charge de travail. Vous
agirez ainsi plus vite et
plus efficacement.

Je reste dans le cadre de
mes compétences et de
mes priorités. Je délègue
quand il le faut. Je
délègue ce que je ne sais
pas ou n’aime pas faire.

53

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Agir pour réussir

Raisons invoquées
pour ne pas agir : les
« affirmations
toxiques ».

Quelques réflexions en
marge de ces
affirmations

Mesures à prendre
pour contrer ces
« affirmations
toxiques »

- « Je m’engage
toujours sur des voies
sans issue »
- « Quelle galère ! »

Certaines tâches sont
très complexes et
prennent beaucoup de
temps. D’autres seraient
traitées plus rapidement
par des mains plus
expertes. Apprenez à
décloisonner en vous
tournant vers des
partenaires qui en savent
plus. Simplifiez en
scindant une tâche
complexe en
composants plus
accessibles.

Je partage avec les
autres. Je joue le
décloisonnement et
l’interactivité. Je divise
une tâche difficile en ses
composants

- « Je ne sais jamais ce
que je dois faire ».
- « Ca c’est moi,
j’oublie toujours »
- « Cela n’arrive qu’à
moi de tout oublier »

Vous êtes bousculés toute
la journée et il est tout à
fait normal d’oublier
certains engagements.
Notez les rendez-vous et
les tâches prioritaires.
Votre mémoire sature
elle aussi

Je planifie. Je prends
note. Je ne laisse rien au
hasard. Je consulte mon
agenda la veille au soir.

- « Mon bureau est
toujours dans un tel
état que je ne retrouve
rien »

L’information non
classée se faufile dans
des dossiers où elle sera
difficile à retrouver.
Remettre tout en place
du premier coup est une
discipline que tout le
monde connaît et que
peu appliquent.

Je classe
systématiquement et au
fur et à mesure. Je m’y
tiens. J’évalue ma
fidélité au principe du
classement au fur et à
mesure. Une chose à la
fois et jusqu’au bout.

Tableau 5 : Quelques affirmations toxiques,
leurs conséquences et leurs solutions

Dans le tableau 5, la colonne de gauche reproduit certaines affirmations que vous prétextez souvent pour ne pas agir. En les
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De la difficulté de passer à l'action

relisant, vous vous apercevrez qu’elles ne sont ni imposées ni
obligatoires. Elles surgissent spontanément dans votre esprit et
donnent un coup de frein à toute tentative de passer à l’action.
Elles constituent des points de vulnérabilités chaque fois que
vous devez passer de la réflexion à l’action. Ces idées qui vous
précipitent dans l’inaction sont appelées « idées toxiques » car
elles vous empoisonnent la vie et vous projettent dans l’immobilisme. Elles sont dites toxiques car elles s’imposent à vous sans
preuves quant à leur véracité et détruisent votre capacité à passer
à l’action.
Que faut-il retenir ?
1. Certaines idées vous traversent l'esprit et s'imposent à vous comme une réalité.
2. Ces pensées inhibent votre action et prolongent
indéfiniment votre temps d'analyse qui ne sera pas
suivi d'un passage à l'action.
3. Ces distorsions faussent votre interprétation du
contexte et vous empêchent d'agir.
4. Elles sont le plus souvent des conclusions sans
preuves qui s'imposent à vous automatiquement et
d'une manière stéréotypée chaque fois que vous
devez passer à l'action.
5. Derrière ces pensées « toxiques » des postulats de
base que vous vous répétez à longueur de journée
et qui aboutissent à l'exagération du travail à accomplir et à la sous-évaluation de votre capacité à y
contribuer.
6. L'action recherchée prend alors une dimension
excessive qui angoisse et paralyse.
7. L'idéal serait d'isoler ces postulats, de démontrer
leurs caractères excessifs pour les remplacer par
des évidences plus réalistes et moins toxiques.

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Notes personnelles

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Agir pour réussir

• 3.4.

Des pensées irrationnelles pour ne pas
agir

Laetitia occupe un poste de manager dans une entreprise du
bâtiment. Elle doit affronter un certain nombre d’obstacles,
acquérir un savoir nouveau, élargir son réseau relationnel et
mener à terme toutes les missions qui lui sont confiées. Elle
s’interroge sur sa capacité à assumer toutes ses responsabilités.
Laetitia est au courant des difficultés auxquelles elle doit faire
face. Elle sait également que ses difficultés sont maintenues grâce
à un système de sape interne qu’elle nourrit avec des idées noires
qui ne sont pas toujours justifiées.
Ces sentiments négatifs vont provoquer un comportement perdant. En conséquence, Laetitia fera tout pour échapper aux situations qui génèrent ces idées noires. Elle reste en retrait, ce qui
constitue pour son entourage la preuve de son incompétence et
de sa vulnérabilité.
Langage
interne

Idées pessimistes
Stress

Sentiments
négatifs

Comportement
perdant

Fig. 2 : Idées négatives et leurs conséquences

Laetitia vous révèle ce qu’elle ressent au fond d’elle-même. Elle
vous dévoile les idées qui reviennent en boucle dans sa tête. Ces
dernières suscitent chez elle des sentiments variables d’anxiété,
de peur, d’affolement, d’incompétence ou d’insignifiance dont
le seul point commun est le caractère négatif et pessimiste de sa
vision de son avenir.
Dans le tableau qui suit, nous avons mis face à face les idées
que Laetitia se répète à longueur de journées, les émotions
qu’elles engendrent et enfin les conséquences à la fois des idées
pessimistes et des émotions sur son comportement. Le but de
l’exercice est de vous rendre compte à quel point certaines idées
sont « toxiques » pour vous et surtout les entraves à l’action
qu’elles introduisent dans votre vie.
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De la difficulté de passer à l'action

Ce que Laetitia croit au fond
d’elle-même

Ce qu’elle
ressent

Son comportement

1. « Je ne me sens pas capable de
faire les efforts qu’on me
demande ».

Impuissance
face aux défis

Elle remet au
lendemain sans arrêt,
etc.

2. « Même si les autres me disent
que je possède largement les
moyens pour y parvenir, je ne
les crois pas ».

Inaptitude.
Isolement

Elle fuit les situations
difficiles et les défis.
Elle évite tout contact
avec les autres.

3. « J’anticipe l’échec et si par
Pessimisme
hasard je venais à réussir, ce
serait suite à l’aide apportée par
les autres et non à mes
capacités ».

Elle ne fait rien pour
ne pas connaître à
nouveau l’échec.

4. « Je me reprocherai toujours
d’avoir pris tant de risque en
sachant au préalable que je n’y
parviendrai pas ».

Anxiété

Enfermement dans le
statu quo. Peu ou pas
d’initiative.

5. « Je n’ai pas l’impression
d’avoir confiance en mes
capacités à agir ».

Fragilité,
vulnérabilité

Effacement et
indécision.

Tableau 6 : Vos interprétations influencent votre comportement

Prenez quelques minutes pour penser à vous-mêmes :
– Quelles sont les idées qui vous traversent la tête, en boucle et
à longueur de journée ?
✍.................................................................................................
....................................................................................................
....................................................................................................
– Quels messages négatifs vous transmettent-elles ?
✍.................................................................................................
....................................................................................................
....................................................................................................
– Quel impact sur votre comportement ?
✍.................................................................................................
....................................................................................................
....................................................................................................
57

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Agir pour réussir

– A quel point ces idées sont-elles responsables de votre hésitation à dépasser le stade de l’analyse pour passer à l’action ?
✍.................................................................................................
....................................................................................................
....................................................................................................
Que faut-il retenir ?
1. Il est important que vous preniez conscience de
l'existence dans votre système de pensée d'un certain nombre d'idées préconçues, souvent transmises par vos expériences passées et qui ne
reposent pas nécessairement sur des faits et encore
moins sur des preuves tangibles.
2. Ces idées sont enfouies en vous et tant que vous
ne les avez pas reconnues, vous ne pourrez pas
vous en débarrasser. Alors comment les reconnaître ? Pour y parvenir vous allez vous poser cinq
questions :
a) Ces idées vous maintiennent-elles enfermés
dans le problème sans véritablement vous
préoccuper de la solution ?
b) Ces idées vous maintiennent-elles dans l'inaction malgré votre volonté d'agir ?
c) Ces idées vous enferment-elles dans une logique du tout ou rien où une seule solution est
possible parce que vous n'avez aucune autre
alternative ?
d) Ces idées engendrent-elles la culpabilité lorsque vous ne faites pas ce qu'elles recommandent ?
e) Ces idées vous invitent-elles à éviter les problèmes, à remettre à plus tard, à fuir sans vous
battre ?
Une seule réponse positive à ces cinq questions et
vous pouvez affirmer que l'idée en question est « toxique », « irrationnelle », en tous les cas elle empêche
tout passage à l'acte.

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Notes personnelles

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De la difficulté de passer à l'action

• 3.5.

Votre passé ne justifie pas votre
inaction

Certaines de vos expressions véhiculent un goût de défaite. « J’ai
toujours été comme cela », « ça c’est moi », « je ne sais pas faire
autrement », « je ne peux pas m’empêcher de réagir de la sorte »,
« c’est ma nature » et bien d’autres constats qui laissent prévoir
que le comportement passé sera obligatoirement celui que vous
adopterez demain.
Plus graves encore sont les références socioculturelles que vous
sortez sans arrêt pour justifier votre comportement, votre immobilisme et votre démission face aux changements. « Que voulez
vous, c’est dans cette mentalité que j’ai grandi », comme si le
respect des traditions vous ancrait systématiquement dans le
passé et l’inaction.
Encore une fois, vous êtes invités à répondre aux mêmes questions :
1. Qu’est-ce que vous voulez faire et où voulez-vous aller ?
2. Comment vous mettre dans les meilleures conditions pour y
arriver ?
3. Quelles sont les adaptations nécessaires pour progresser ?
Dans ce contexte, le passé devient pour vous une source d’information exceptionnelle sur ce que vous aimez ou n’aimez pas
faire. Il vous apprend ce que vous savez et ne savez pas faire ;
ce qui vous réussit le mieux et pourquoi.
Le passé devient source d’inspiration pour vous permettre de
réadapter votre parcours en direction de l’objectif final. Pris ainsi,
votre passé n’est plus un handicap, bien au contraire. Enfin, s’il
y a une chose à éviter, c’est celle de vivre dans le passé en
regrettant sans arrêt ce qui n’a pas pu être achevé car cela
n’apporte rien et n’encourage pas le passage à l’action.
• Vous devez apprendre à vous connecter au passé pour
comprendre qui vous êtes, d’où vous venez, comment
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Agir pour réussir

vos racines ont façonné votre destinée ainsi que votre
cursus personnel et professionnel. Il n’y a pas de hasard.
Un lien existe entre tous ces événements et vous en êtes
plus ou moins conscients.
• De même, revoir le film de certains de vos comportements passés, surtout ceux que vous reproduirez très probablement si aucune correction n’est engagée.
• Ce n’est pas parce que vous changez d’entreprise que vous
êtes totalement transformés. Des efforts seront faits certes
pour ne pas reproduire les erreurs du passé, mais un certain nombre de comportements répondant à des croyances
que vous placez en vous et dans les autres, auront de fortes
chances de refaire surface si rien n’est fait pour les corriger. Les chasseurs de tête le savent très bien : un candidat reproduira tôt ou tard son comportement en passant
d’un poste à l’autre. Il n’y aura pas de miracle à moins
de travailler sur soi pour ne plus recommencer.

Que faut-il retenir ?
1. La nostalgie du passé permet de l'évoquer en permanence, de le regretter, de le souhaiter différent
qu'il n'a été, sans pour autant parvenir à le modifier.
2. Le passé est terminé et rien ne saurait le réécrire.
3. Quant à l'avenir lointain, il s'inscrit au conditionnel
et reste souvent difficile à gérer.
4. Le plus dur c'est de vivre au présent dans l'effort
et l'action.
5. Seul le présent reste capable de modifier le cours
de votre histoire. « Je suis trop vieux » ne vous
empêchera pas de réussir un projet ; encore faut il
que vous preniez des risques ; et c'est déjà le présent

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Notes personnelles

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De la difficulté de passer à l'action

• 3.6.

Seul le présent incite à l'action

A trop vouloir revenir en arrière, vous oubliez le temps qu’il
vous reste à vivre et toutes les réalisations qui restent à votre
portée. Comme nous venons de le voir, votre passé ne suffit pas
à vous condamner pour le restant de votre vie, même s’il est
souvent vrai que certains faux départs peuvent vous plonger
sérieusement dans l’inaction.
• Quel que soit votre passé et les difficultés que vous avez
pu connaître et qui persistent, votre marge de manœuvre
reste suffisante. Pour qu’elle le soit réellement vous
devez non seulement y croire mais agir comme si cette
réalité s’appliquait dans votre cas particulier.
• A force de regretter un échec, une expérience, un comportement ou des décisions, vous figez votre histoire.
Elle s’arrête pour repasser sans arrêt et en boucle dans
votre imagination l’expérience malheureuse que vous
avez pu vivre. Cette nostalgie du passé et ce regret perpétuel ne conduisent à rien de précis si ce n’est l’immobilisme par anticipation de l’échec.
• A force de revivre par la pensée vos échecs passés, vous
vous conditionnez à les prédire au moindre défi à relever.
Vos pressentiments d’incapacité et d’échec n’incitent pas
à l’action bien au contraire. A quoi bon agir lorsque vous
avez connu telle ou telle autre expérience malheureuse ?
A quoi bon agir lorsque vos rêves ne seront plus jamais
ce qu’ils étaient et que vous devez revoir à la baisse
toutes vos ambitions et vos projets ? A quoi bon lorsque
d’autres ont réussi là où vous vous êtes enlisés et que la
simple évocation de leur nom vous met dans l’embarras
et vous fige dans l’inaction ? L’auto-flagellation se prolonge ainsi allègrement et semble justifier à terme
l’immobilisme dans lequel vous vous trouvez. Heureu61

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Agir pour réussir

sement votre capacité de revenir au premier plan reste
plus ou moins intacte, en tous les cas capables de vous
sortir de l’inaction. Vous devez y croire et par votre
conviction pousser les autres à y croire à leur tour créant
ainsi les conditions pour vous en sortir.
• Prenez acte de votre passé en regardant plutôt devant
vous. Pour vivre au présent, vous devez accorder une
place plus importante à la recherche d’efficacité et à
l’action plutôt qu’à l’analyse. Le « que faire ? », maintenant que le problème est posé doit tôt ou tard prendre
le dessus sur le « pourquoi ? » tout ceci vous tombe sur
la tête. Si l’analyse est importante elle ne représente que
la moitié du chemin à parcourir pour résoudre vos difficultés. Ne prolongez pas l’analyse jusqu’à faire oublier
les solutions à apporter. Ne passez pas d’une interprétation à une autre dans une cascade infernale qui à un
moment s’apparente au gargarisme intellectuel, souvent
intéressant mais peu productif.
• Vous pouvez toujours analyser dans les plus petits détails
votre passé, « revu et commenté » pour comprendre le
présent. L’analyse est certes utile mais elle ne conduit
qu’à la moitié du chemin si le passage à l’action ne vient
pas la compléter. Retenez qu’un diagnostic est nécessaire
avant tout acte thérapeutique ; mais aucun patient ne
comprendrait que l’on s’arrête au diagnostic. Ce qui lui
importe avant tout c’est de s’en sortir par l’action thérapeutique qui suivra le diagnostic.
• Les gènes transmis par vos parents n’expliquent pas tout
ce qui vous arrive. Votre passé ne changera pas quoique
vous fassiez alors à quoi bon l’évoquer sans arrêt ?
Toutes vos réalisations futures se préparent aujourd’hui
mêmes si certaines ont déjà commencé. Votre passé est
bel et bien terminé, il ne reviendra plus. Seul le présent
reste capable de modifier le cours de votre histoire. Enfin,
62

Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 63

De la difficulté de passer à l'action

votre comportement d’hier n’est pas obligatoirement
celui de demain. Vous avez votre marge de manœuvre
et votre capacité à changer.

Que faut-il retenir ?
1. Il ne s'agit pas de nier l'influence du passé dans
votre comportement présent. Il s'agit tout simplement de refuser votre emprisonnement permanent
dans un passé virtuel qui ne changera pas quoi que
vous fassiez.
2. L'action ne peut pas se situer au passé en ce sens
où, ce qui a pu se dérouler dans les années précédentes, voire même dans votre enfance, aucune
action immédiate ne saurait le modifier.
3. L'action ne se situe pas non plus dans une projection simpliste dans l'avenir comme si ce qui n'a pas
pu se réaliser jusqu'à ce jour trouvera demain sans
peine le dénouement favorable que vous poursuivez.
4. L'action se situe au présent c'est-à-dire que c'est
maintenant que vous prenez les mesures nécessaires pour résoudre vos problèmes. Le présent
tient compte de l'expérience passée et œuvre dans
la direction que vous vous êtes tracées ; le regard
fixé sur vos réalisations de tous les jours. En s'additionnant ces dernières finissent toujours par vous
rapprocher du lendemain que vous recherchez.

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Notes personnelles

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Agir pour réussir

• 3.7.

En pratique : ne laissez pas l'anxiété
vous envahir

Tout changement vous précipite dans de nouvelles situations qui
vont remettre en question vos habitudes et votre routine de vie.
L’action qui se décide, apporte son lot d’incertitudes et modifie
l’équilibre antérieur. Pour la mener à terme, il faut sortir du
comportement routinier, c’est-à-dire du statu quo, endosser
l’habit de l’explorateur et avancer.
Sortir de la zone de confort c’est opter pour un nouveau départ.
C’est, passer de la zone de confort à la zone d’apprentissage
puisqu’en agissant vous vous enrichissez d’une expérience nouvelle. C’est accepter la rupture par rapport à l’état antérieur et
cela est anxiogène. C’est accepter l’instabilité, l’insécurité et de
nouveaux défis.
Zone de confort
Action
Zone
d’apprentissage
Fig. 3 : Zone de confort

Si vous regroupez les termes que vous venez d’utiliser pour
qualifier les conséquences de votre sortie du statu quo vous
retrouvez une terminologie anxiogène faite de complexité,
d’incertitude, d’aventure, de nouveaux défis à relever. Vous comprenez ainsi pourquoi certains d’entre vous auront du mal, beaucoup de mal, à engager les premiers pas et passer à l’action. A
ce stade, une forte dose de motivation sera nécessaire pour avancer.

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Maxima - - Agir pour réussir - 155 x 220 - 23/3/2010 - 18 : 9 - page 65

De la difficulté de passer à l'action

Avant tout passage à l’acte vous
affrontez votre propre anxiété pour la
dominer et permettre à
l’apprentissage de progresser.

Nouveau défi
9
Nécessaire sortie du statu quo
9
Stress
Lorsque vous vous laissez envahir par
9
les pensées pessimistes vous
Pessimisme face au défi
entretenez votre anxiété.
9
Désormais votre énergie sera déployée Vulnérabilité anxieuse biologique et
non pour passer à l’action mais pour
cognitive
réduire cette charge anxieuse qui pèse
9
lourdement sur vous.
Energie déployée à réduire l’anxiété
plutôt qu’à agir
Vous vous réfugiez à nouveau dans la
9
routine et reprenez le chemin du statu
Evitement de toute prise de décision
quo en évitant toute prise de décision
9
et par voix de conséquence tout
Absence de passage à l’action
passage à l’acte.
Fig. 4 : Défi et stress

Que faut-il retenir ?
1. L'échec malgré l'effort déployé n'aboutit pas obligatoirement à l'inaction. C'est plutôt l'absence d'essai
qui y conduit. Il n'y a pas d'avancée sans faux pas.
2. Pour agir, vous devez accepter d'abandonner un
certain confort et progresser.
3. L'anxiété exagérée détourne votre attention de
l'impératif d'agir pour vous consacrer à prendre des
mesures visant à la réduire.
4. L'anxiété est une réaction de défense contre tout
emballement pouvant avoir des conséquences
néfastes sur votre équilibre.
5. L'a